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FRANCE - Soutenance de thèse : Mention très honorable pour Karim Wally

Le 19 octobre 2017, à l'Université Paris 8 Vincennes, à Saint Denis, le journaliste Karim Wally a soutenu, avec brio, sa thèse de doctorat en Sciences et techniques de l'Information et de la Communication, sous le thème : " Pacifier la presse écrite en Côte d'Ivoire. Analyse des deux décennies de tentatives de professionnalisation des quotidiens ivoiriens depuis 1990"


Sept ans de recherches. Sept longues années de travail de fourmi. À tous les étages du milieu professionnel de la presse écrite en Côte d'Ivoire. Sous la direction de Tristan Mattelart. 84 mois après, le journaliste politique, Karimu Wali alias Karim Wally, vient d'atteindre l'un de ses objectifs professionnels : le Doctorat en Sciences et techniques de l'Information et de la Communication. Avec la mention très honorable et les félicitations du jury. L'aboutissement.
Le jury de quatre membres a été présidé par le Pr Jacques Guyot (France) qui avait à ses côtés les Professeurs en Sciences de la Communication, Auguste Aghi (Côte d'Ivoire), Tristan Mattelart (France) et Marie-Soleil Frere(Belgique). Les sept ans de travaux de Karim Wally ont tourné autour du thème " Pacifier la presse écrite en Côte d'Ivoire. Analyse des deux décennies de tentatives de professionnalisation des quotidiens ivoiriens de puis 1990". En tout
cas, ce n'est pas un sujet qui brille. Bien partie pour se prendre en charge lors de l'éclosion de ce qu'on a appelé le "printemps de la presse" ivoirienne, elle a fini par s'enliser et se retrouver dans une précarité économique sans nom. Avec des journalistes à la fois professionnels du métier et militants. D'où l'épineuse question de savoir s'il peut y avoir une presse professionnelle et d'opinion en même temps en Côte d'Ivoire ?
Un travail en phase avec le paysage de la presse écrite en Côte d'Ivoire et en Afrique.
Après la présentation de la conclusion de ses travaux, les membres du jury ont émis des critiques aussi objectives que constructives avant d'accorder à Karim Wally le très honorant titre de Docteur en Sciences et techniques de l'Information et de la Communication.
En somme, ce travail de recherche effectué par le confrère montre le visage misérabiliste de la presse écrite en Côte d'Ivoire. "Mon vœu le plus ardent, c'est que ce travail puisse servir à la presse ivoirienne. Car mon ambition après le Doctorat est de continuer dans cette presse, mais de faire aussi de la recherche à l'Université ou dans une grande école", conclut Karim Wally qui compte publier sa thèse en ouvrage.

Edson Titi

EXPOSÉ

Monsieur le président,
Madame et Messieurs les membres du jury
Chers parents, frères, amis et invités qui me faites l’amitié de venir assister à cette soutenance.
La thèse de doctorat que j’ai l’honneur et le plaisir de présenter devant vous aujourd’hui est intitulée : « Pacifier la presse écrite en Côte d’Ivoire. Analyse de deux décennies de tentatives de professionnalisation des quotidiens ivoiriens depuis 1990 ». Elle été préparée au sein du laboratoire CEMTI ( Centre d’études sur les médias, les technologies et l’internationalisation) du département des Sciences de l’Information et de la Communication de l’université Paris 8 Vincennes à Saint-Denis.
Avant de poursuivre cette présentation, je tiens à remercier mon directeur de Thèse M. Tristan Mattelart (Professeur en SIC) précédemment en poste ici à l’Université Paris 8 Vincennes à Saint-Denis et désormais à l’Université Paris 2 Panthéon-Assas. Merci à vous de m’avoir inlassablement soutenu au-delà de mes attentes, durant ces années de recherche qui n’ont pas été de tout repos pour moi, en raison de mes occupations professionnelles tant dans les académies de Lille et de Rouen qu’à Abidjan à Nord-Sud Quotidien. Je voudrais dire sincèrement merci à M. le président du jury M. Jacques Guyot, professeur en SIC au sein de cette université Paris 8 Vincennes à Saint-Denis. Je remercie du fond du cœur Mme Marie-Soleil Frère, professeur en SIC à l’Université Libre de Bruxelles qui, comme vous le constatez, a effectué spécialement le déplacement pour cette soutenance. Enfin, j’adresse des remerciements les plus chaleureux à M. Aghi Bahi, Professeur en SIC au Département des Sciences et de la Communication à l’Université FHB d’Abidjan-Cocody qui a effectué aussi spécialement le déplacement d’Abidjan à Paris pour cette cérémonie. Mille mercis à vous tous de l’intérêt que vous avez bien voulu porter à ce travail, en acceptant de prendre part à ce jury et en me permettant de soutenir aujourd’hui cette thèse.
Cette recherche doctorale est née d’une motivation personnelle à proposer à mon humble niveau, une étude sur la presse écrite en Côte d’Ivoire, autrement dit une énième contribution sur l’évolution des journaux ivoiriens depuis plus d’une vingtaine d’années. Il est bon de préciser que c’est depuis le mois de décembre 1999 que j’ai intégré ce secteur d’activités, au moment même où j’achevais une Maîtrise en Histoire Moderne et Contemporaine à l’Université d’Abidjan-Cocody. Déjà, durant mes années collèges et lycées, j’adorais lire les publications du groupe Fraternité Matin que sont Ivoir ‘Dimanche en abrégé i.d et Ivoir’Soir. Sur le campus, pendant mes premières années à l’Université de Cocody, j’étais fasciné par des quotidiens tels Le Jour crée par Diégou Bailly. Je n’étais pas insensible aussi à d’autres journaux d’opposition lus dans mon entourage tels L’œil du Peuple ou BolKotch. Ma trajectoire est similaire à celle de centaines d’autres journalistes qui ont intégré le secteur de la presse ivoirienne, à la faveur du « printemps de la presse » de 1990, sans être passés par une Ecole de journalisme. Dans ce cas de figure, l’apprentissage sur le tas a donc constitué notre moyen essentiel pour pallier le manque de formation initiale.
Cependant, depuis l’époque de la réinstauration du multipartisme en Côte d’Ivoire, la presse ivoirienne fait parler d’elle de la façon la plus négative possible. En effet, passés les moments d’euphorie liés à la contribution de la presse écrite privée dans le processus démocratique, le secteur est accusé de tous les maux, parfois à raison. La violence verbale, les outrances inimaginables, les dérives de toutes sortes qui se répandent à travers les contenus des journaux, depuis l’aube des années 90, suscitent de profondes inquiétudes. Du côté de l’Etat ivoirien, comme des organisations professionnelles soutenues par les ONGs, il devenait urgent de mettre en place des dispositifs pour calmer les ardeurs de ces journaux qui piétinaient allègrement les règles éthiques et déontologiques. Diégou Bailly a même utilisé les termes « pacifier » et « normaliser » pour qualifier les mesures à prendre pour cette presse dans son ouvrage intitulé « La réinstauration du multipartisme en côte d'ivoire ou la double mort d'Houphouët-Boigny » paru en 1995. L’objectif essentiel était ainsi de parvenir à professionnaliser les nombreux journaux ivoiriens. Que renferment d’ailleurs les termes « professionnel » et « professionnalisation » dans ce contexte ivoirien ? Il s’agit pour les journalistes d’exercer leur métier sur la base de critères de « compétence, de qualité, de sérieux. Ces critères sont ceux contenus dans la grille de lecture de l’organe de régulation, le Conseil National de la Presse de Côte d’Ivoire que les animateurs des journaux sont censés connaître et appliqués.
Dès lors, mon objectif était de recenser toutes les mesures qui ont été élaborées depuis 1990, de les analyser et de parvenir à répondre à une question essentielle : quels sont les résultats concrets obtenus à travers tous les dispositifs mis en œuvre au profit des journaux et des acteurs de cette presse ivoirienne ? En d’autres termes, après plus d’une vingtaine d’années de mise en application de ces différentes initiatives, nous nous interrogeons sur leur impact réel dans la production des journaux. Ont-elles été réellement efficaces ? En quoi ont-elles permis à ces médias de s’améliorer, si tel était le cas?
Au plan théorique, nous prenons comme repère les travaux réalisés sur la presse africaine et ivoirienne par des chercheurs tels Marie-Soleil Frère, André-Jean Tudesq, Aghi Bahi et Francis B. Nyamnjoh. Notre recherche s’inscrit dans une approche sociohistorique développée par Gérard Noiriel qui permet de désigner des travaux qui se placent au carrefour de l’histoire et de la sociologie. C’est ce qui justifie le fait que la première partie de notre thèse tente de suivre un fil chronologique qui débute vers la fin du XIXe siècle. Elle s’intitule : « L’essor de la presse écrite en Côte d’Ivoire de l’époque coloniale au printemps de la presse (1893-1990). Quant à la seconde partie, elle évoque « les journaux ivoiriens en période de crise sociopolitique (1995-2004). Enfin, la troisième et dernière partie met l’accent sur les nouvelles initiatives pour la professionnalisation des journalistes ivoiriens à partir de 2004.
Pour mener à bien cette recherche, nous nous sommes appuyés sur une série d’ouvrages spécifiques ainsi que des articles de presse. Nous avons également mené une trentaine d’entretiens semi-directifs à Abidjan entre septembre 2012 et janvier 2015, avec des journalistes encartés de la presse écrite ainsi que plusieurs autres acteurs importants de la sphère médiatique en Côte d’Ivoire (responsables d’organes de régulation et d’autorégulation, anciens journalistes, patrons de presse, experts locaux chargés de la formation des journalistes…). Enfin, nous avons exploité des documents produits en interne par les organisations professionnelles médiatiques, notamment les décisions prises à l’issue des monitorings réguliers de l’Observatoire de la liberté de la presse, de l’éthique et de la déontologie (OLPED) et surtout du Conseil national de la presse (CNP).
Notre réflexion s’est donc recentrée autour de cette question centrale : « Dans quelle mesure les différentes politiques mises en œuvre depuis les années 1990 ont-elles permis à la presse écrite ivoirienne de se professionnaliser tout en permettant à l’Etat de peser sur le secteur ? » Nous partons du principe que la presse ivoirienne contemporaine évolue dans un environnement de grandes difficultés qui ont pour noms : des soucis économiques chroniques, l’insuffisance de formation de la majorité des journalistes (encartés ou non), et surtout la très grande proximité des journaux avec les hommes ou les formations politiques.
En prenant en compte les difficultés de la presse ivoirienne dans cette configuration de journaux politiquement marqués produits pour mener le combat partisan, nous nous sommes dit que la plupart des mécanismes mis en œuvre par l’État (à savoir les lois portant régime juridique de la presse, la création d’organes de régulation, les aides financières) et également par les organisations professionnelles ( à travers les séminaires de formation et la mise en place d’un organe d’autorégulation entre autres), pouvaient difficilement produire des résultats efficients.
Au terme de plusieurs années de recherche, nous sommes parvenus à quelques résultats suivants : Plus de vingt ans après la période du « printemps de la presse », le visage de la presse ivoirienne reste encore profondément marqué par son accointance avec les milieux politiques et son engagement ferme à leurs côtés. Ce modèle de journalisme semble bien s’enraciner. Nombreux sont les journaux qui sont maintenus sous respiration artificielle, malgré les apports financiers occultes pas toujours suffisants des entrepreneurs politiques.
Quant aux multiples dispositifs mis en place depuis plusieurs années, ils ont sans aucun doute permis une certaine prise de conscience de l’ensemble des acteurs médiatiques, de sorte à favoriser la disparition des « médias de la haine » et autres journaux de la « presse poubelle » d’une certaine époque. Toutefois, ces dispositifs portent en eux-mêmes les germes de leurs insuffisances et exigent d’être revisités par leurs initiateurs. Pour ce qui concerne les fonds étatiques, nous notons qu’ils apportent certes un peu d’oxygène aux entreprises de presse, mais ils demeurent encore en deçà des attentes des éditeurs de presse qui en appellent sans cesse à leur augmentation. Quant aux journalistes, l’analyse de leurs productions largement évoquées dans cette thèse, démontre qu’elles sont encore entachées de lacunes en termes de respect scrupuleux des règles éthiques et déontologiques. Réaliser l’inventaire des sanctions du CNP et les décortiquer nous a permis de mesurer leur part de responsabilité dans la dépréciation de leurs journaux qui se vendent de plus en plus difficilement. A la lumière de ces manquements à eux reprochés, nous tirons la conclusion que leur évolution qualitative semble anémiée par plusieurs facteurs : leur allégeance au champ politique, leur ignorance des principales règles éthiques et déontologiques et leur mauvaise volonté à appliquer certaines lois qui régissent leur profession et dont la mise en œuvre ne pose pourtant pas de problème à priori.

Les résultats qui découlent de notre recherche ne permettent pas d’épuiser le sujet. Il est évident que des approfondissements possibles et des pistes de recherches sont nombreux. Je conclurai cet exposé en me tenant à quelques-unes de ces perspectives parmi celles qui me semblent les plus centrales et sur lesquelles j’espère continuer à travailler après cette thèse, avec votre soutien précieux. En effet, des réflexions doivent encore être menées sur le modèle éditorial de la presse ivoirienne dans son ensemble et sur cette double identité militante et professionnelle des journalistes ivoiriens. En outre, il est probable que dans quelques mois ou quelques années, d’autres nouvelles mesures viendront suppléer ou se greffer aux anciennes déjà éprouvées dans le sens d’aider la presse ivoirienne et leurs animateurs à se professionnaliser. Je citerai l’exemple d’une nouvelle loi portant régime juridique de la presse ivoirienne qui doit être débattu incessamment à l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire. Cette loi suscite déjà des attentes mais aussi des appréhensions, en raison de multiples mutations qui s’opèrent irrémédiablement dans le secteur de la presse. Je veux parler de l’émergence fulgurante de la presse en ligne, de la dépénalisation des délits de presse que les journalistes espèrent cette fois totale, la politique de formation après les ratés constatés dans celles qui ont été mises en œuvre depuis plusieurs années, la régulation parfois musclée du CNP qui suscite méfiance et défiance de la part des journaux qui occupent le palmarès des titres les plus sanctionnés. J’ai conscience que cette thèse s’est exclusivement limitée à la presse écrite ivoirienne. Je mesure enfin que pour mieux comprendre son évolution, il y a un intérêt certain à opérer une comparaison avec d’autres environnements médiatiques, notamment ceux des pays voisins francophones et anglophones. Voici là autant de perspectives non exhaustives.
Monsieur le Président, Madame et Messieurs les membres du jury, je vous remercie pour votre écoute attentive. Je me tiens à votre disposition pour répondre à vos questions et prendre bonnes notes de vos éclairages sur le sujet.

Karimu Wali alias Karim Wally
Dimanche 22 Octobre 2017
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