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LA LIBERTÉ D'INFORMER









FRANCE - PERSONAE NON GRATA À L'AMBASSADE DE CÔTE D'IVOIRE


TRI SELECTIF ET PARTISAN A L’AMBASSADE DE CÔTE D’IVOIRE DE FRANCE
Voilà comment nous nous sommes retrouvés personae non grata à l’ambassade de Côte d’Ivoire de Paris. ll y a 2 jours, nous étions tombés sur une invitation à une réunion d'information à l'ambassade portant sur le Fonds d'Investissement de la Diaspora Ivoirienne ce samedi 03 octobre 2015. Constatant que l'invitation était diffusée publiquement et mentionnait des institutions publiques françaises en soutien à ce FIDI tels la région Ile de France, le département Seine Saint-Denis, l'Université Paris 13, nous décidions de nous y rendre pour nous informer sur les modalités ainsi que les mises en oeuvre de cette initiative que le Ministre Daniel Kablan Duncan motivait en février 2015 en disant qu’il s’agissait « de capter les ressources venant de la diaspora ivoirienne » [1] . Nous devions nous retrouver sur place avec Fatou Mahine, Nicoletta Fagiolo et Stanley Prager. Arrivés devant l’ambassade, nous sommes rentrés avec Stanley puis ressortis car à 14h passés, la salle de réunion était totalement vide. Sur les conseils du maître de cérémonie, nous ressortions pour aller chercher nos deux autres amies. Ne les ayant pas trouvées, nous revenions devant l’ambassade et alors que d’autres personnes entraient munis du même flyer d’invitation que nous, la police française nous stoppait net à quelques mètres de l’entrée de l’ambassade invoquant un filtrage de sécurité. Après un quart d’heure d’attente, alors que l’on nous faisait toujours patienter sans nous dire ce qui bloquait tandis que d’autres personnes entraient sans problème, Fatou et Nicoletta nous rejoignaient. On leur fit subir le même traitement leur demandant de se mettre de côté ou de rebrousser le chemin. Nous eûmes beau réclamer des explications, produire le carton d’invitation trouvé sur le site même de l’ambassade, rien n’y fit et l’officier de police en charge de notre éviction, trancha net au bout d’une demi-heure : « l’ambassade nous fait savoir que vous êtes indésirables ». Nicoletta Fagiolo eut beau invoquer sa carte de presse, rien n’y fit, nous fument repoussés manu militari par des policiers français en charge des basses besognes de l’Etat français jusque sur la chaussée parisienne.
Quelles leçons en tirer :
- La toute-puissance et l’impunité sont-elles dans le camp OUATTARA et ses supporters institutionnels français que l’ambassade de Côte d’Ivoire est devenue la résidence dérivée de son club de supporters RDR au mépris de l’intérêt général et ce même quand le projet est soutenu par des financeurs publics français ;
- La liberté d’expression et même d’information n’existe plus à l’ère OUATTARA sauf pour ses partisans, et surtout pas pour les journalistes.
- La police de l’Etat français obéit aux ordres du Gouvernement OUATTARA de la force, pour la force et par la force.
Puisque l’on ne nous a pas donné l’occasion de rencontrer les porteurs et les partenaires de ce projets de Fonds d’Investissement de la Diaspora Ivoirienne, nous leur posons 4 des questions -2 sur la forme et deux sur le fond- que nous aurions aimé pouvoir leur poser si la censure n’était pas la deuxième nature du régime OUATTARA :
1 Quel est la part d’autofinancement de ce projet ?
2 Quelles sont les garanties de confidentialité concernant ces transferts de fond tant au niveau de l’expéditeur que du destinataire ?
3 Est-il cohérent que ce Fond d’investissement de la Diaspora Ivoirienne qui se revendique du champ de l’économie sociale et solidaire bénéficie du soutien d’institutions publiques françaises alors qu’il cautionne le régime illégal et liberticide d’Alassane OUATTARA qui bafoue quotidiennement la morale et les droits fondamentaux dont se targuent les porteurs de ce projet ?
4 Même avec les meilleures intentions du monde, peut-on réellement mettre en place un fond éthique qui porte sur des transferts monétaires avec le franc CFA qualifié de monnaie esclavagiste par un nombre grandissant d’économistes et d’hommes politiques depuis le « suicidé » Joseph Tchundjang Pouémi jusqu’à l’éminent professeur Nicolas AGBOHOU et tant d’autres ?
Une fois de plus les autorités ivoiriennes font la preuve de leur irrespect total de toute forme d’opposition, voire même tout simplement de regard critique… Et ce qui n’est pas nouveau pour nous manifestants du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes qui sommes dans la rue depuis 2011, la police française jouait le rôle de maître d’œuvre des basses besognes de OUATTARA.

Christine Tibala
Dimanche 4 Octobre 2015
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