Connectez-vous S'inscrire
La Dépêche d'Abidjan

La Dépêche d'Abidjan

LA LIBERTÉ D'INFORMER









FPI - Ni code ni honneur

Après avoir multiplié à dessein les dénégations et accusé, au passage, ceux qui trahissaient le contenu de leurs messes basses d’être des renégats à la cause, ceux qui au FPI veulent accompagner le pouvoir dans le triomphe qu’il prépare se sont enfin montré au grand jour. Leur position, il est vrai, devenait intenable au fur et à mesure que l’hostilité grandissante de leurs camarades rendait leur ambition rédhibitoire. Cependant, ils nient toujours vouloir porter atteinte aux intérêts du Président Gbagbo et que, comme le démontrait l’ancien ministre des Affaires étrangères Alcide Djédjé, le week-end dernier à Bingerville, c’est en allant à la conquête du pouvoir que celui-ci sera libéré.


FPI - Ni code ni honneur
C’est qu’au FPI, les partisans du « Gbagbo d’abord » et du « Gbagbo après » se retrouvent encore dos à dos. Puisque, comme dans une danse de sorciers, ceux qui sont apostrophés comme voulant marginaliser l’ancien président continuent de clamer leur innocence en se décernant quelque satisfecit de responsabilité et en accusant l’autre camp… des mêmes griefs. C’est sans doute dans ce registre qu’il faut situer la sortie du ministre Alcide Djédjé.
Mais à part la conséquence immédiate d’une telle attitude qui consiste à sortir Gbagbo du jeu politique national pour toujours en l’isolant un peu plus dans sa prison à La Haye, un parti politique qui aspire à revenir au pouvoir ne peut pas traîner le boulet d’une crise dont on lui impute la totalité de la responsabilité. Car comment se ferait-il un jour des militants parmi ceux à qui on répète inlassablement aujourd’hui que s’ils ont perdu un être cher pendant les événements de la crise postélectorale, c’est parce que le fondateur du parti a imaginé un plan pour les assassiner et que pendant ses dix années de présidence il a mis en place une politique d’extermination collective contre les ressortissants du nord ? Entre l’acceptation d’un tel montage, grossier à tout point de vue mais qui fait mouche et ne pas aller aux élections, qu’est-ce qui menace le plus l’avenir du FPI ? A moins que le vœu secret de ceux qui se préparent pour 2015 soit de se dédouaner publiquement des errements d’un Gbagbo pris de folie dictatoriale avant ou pendant la campagne électorale !
L’ancien président a certes comprimé cet enjeu dans une formule, à savoir qui a gagné les élections ou encore on ira jusqu’au bout, mais c’est son ancien ministre de la jeunesse qui a été on ne peut plus clair. Charles Blé Goudé a en effet expliqué pendant son discours devant la CPI, à l’occasion de la procédure de confirmation des charges, qu’il ne cherche pas seulement à sortir de la prison mais qu’il entendait que toutes les responsabilités soient situées pour qu’il puisse marcher la tête haute en regardant les victimes droit dans les yeux. Simplement parce qu’un homme politique ne peut pas traîner une telle casserole sans se condamner pour l’éternité. Et, comme antidote, il ne suffit pas de dire que les Ivoiriens savent ce qui s’est passé dans leur pays pour que l’effet de ce matraquage des esprits s’estompe comme par enchantement.
Dès lors, ceux qui ne veulent pas que ce lourd contentieux soit vidé sont des alliés objectifs du pouvoir et de la communauté internationale, en difficulté sur le front de la justice internationale. Ils veulent, comme une actualité qui en chasse une autre, déplacer l’intérêt de l’opinion. En un mot, ils veulent tourner la page Gbagbo au moment où l’on commençait à s’interroger sur la partialité de la CPI, et que des ONG élèvent la voix pour condamner ce qui se passe dans ce tribunal clair-obscur.
Mais les partisans de la collaboration laissent croire aussi qu’on ne peut pas être un noir et lutter contre les institutions de blanc et qu’à ce titre le sort de Laurent Gbagbo, emprisonné à La Haye, constitue une pièce à conviction infaillible qui consolide cette réalité. Alors mieux vaut se coucher comme des carpettes. D’ailleurs le président du FPI ne s’en cache pas, puisqu’à Moossou, il expliqué aux militants que le pouvoir ne se gênerait pas à éliminer physiquement les militants du FPI s’ils se hasardaient dans la rue. D’où l’intérêt, se défend-il, de chercher à consolider le parti en allant aux élections… Comprenne qui pourra, puisque le régime de Ouattara est capable de réprimer militairement une marche politique encadrée mais, paradoxalement, manifesterait plus d’intentions pacifiques pendant la période électorale… !
Depuis le vendredi dernier, le premier ministre suédois a pris la décision de reconnaître l’existence de l’état palestinien. Les autorités de Gaza attendent cela depuis 1967. Cette décision a eu pour effet de mettre les soutiens d’Israël sous pression. Ainsi, les Etats-Unis, avec la condescendance qu’on leur connait, ont estimé qu’une reconnaissance d’un état palestinien était prématurée et que les suédois devraient revoir leur copie. Mais le ministre des affaires étrangères suédois a réagi en affirmant que ce ne sont pas aux officiels américains de leur dicter la politique de leur pays. Or, pour le premier ministre suédois la résolution du conflit israélo-palestinien n’est possible que lorsqu’il sera négocié entre les deux états voisins. Dès lors, il est urgent de reconnaître l’existence de l’état palestinien plutôt que de maintenir la politique actuelle dans laquelle la Palestine est occupée et ses populations coincées dans la bande de Gaza. Où veux-je en venir ?
A la réalité simple que toutes les luttes justes finissent par payer. Dans le cas palestinien, on en est qu’au début du mouvement mais rien ne préfigurait, dans le contexte des relations internationales actuelles, qu’une telle décision soit annoncée par un membre de l’Union européenne. D’ailleurs, la Suède menace de quitter la force militaire de l’Occident, l’Otan, si ses partenaires devaient lui dicter sa conduite. Pourquoi donc, après seulement trois années de galère, les proches de Gbagbo sont-ils obligés de courir à aller à des élections préparées par un pouvoir qui ne cherche qu’à se légitimer et à démontrer a posteriori qu’il avait réellement gagné les élections en 2011 ? Comment un parti peut-il ferrailler contre sa propre base, ses propres militants, sans argent et sans soutien financier, pour aller à des élections dans un environnement sécuritaire encore plus volatile que celui de 2010 ? Visiblement, cela ne peut pas être dans l’intérêt des militants qui ont au moins besoin que leur vote serve à quelque chose et qu’ils soient sûrs de rentrer chez eux en paix, ni dans celui du parti. Ses dirigeants seraient alors obligés d’assumer les chiffres que l’administration électorale, tenue par le régime, voudrait leur attribuer. Mais alors pourquoi, malgré tout, une partie de la classe dirigeante du FPI et, singulièrement, ceux qui sont à la manette, tiennent-ils à tous les prix à aller à ces élections ? Visiblement, il y a bien quelque chose de pourri qu’on ne mettra pas du temps à sentir. Parce que même les pires voyous ont leur code d’honneur.

Joseph Titi
Source : facebook

Lundi 6 Octobre 2014
La Dépêche d'Abidjan



Tribune
Notez

Nouveau commentaire :
Twitter

Conditions d'utilisation
Merci d'écrire dans un langage correct et d'éviter des affirmations sans preuves.




Actualité | Opinion | Contributions | Vidéos | Zouglou Feeling | People | Reportages | Tribune | Lu pour vous | Arts et Cuture | Insolite | Communiqué | Sports | Santé | Tourisme - Voyages | À ne pas manquer | VOTRE PUBLICITÉ SUR LA DÉPÊCHE D'ABIDJAN | Espace Kamite



"Le Franc des Colonies Françaises d'Afrique (FCFA) est une propriété à part entière de la France."

La Dépêche d'Abidjan | 18/05/2018 | 2582 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
La Dépêche d'Abidjan | 12/12/2017 | 3280 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
La Dépêche d'Abidjan | 11/07/2017 | 2154 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
La Dépêche d'Abidjan | 27/04/2016 | 5360 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
La Dépêche d'Abidjan | 24/10/2015 | 51002 vues
33333  (36 votes) | 14 Commentaires
La Dépêche d'Abidjan | 12/05/2015 | 3530 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
La Dépêche d'Abidjan | 04/01/2015 | 5742 vues
00000  (0 vote) | 3 Commentaires