Connectez-vous S'inscrire
La Dépêche d'Abidjan

La Dépêche d'Abidjan

LA LIBERTÉ D'INFORMER









FESPACO 2015 : LA TRANSITION ET APRÈS ?

La 24ème édition du Festival du film et de la télévision de Ouagadougou qui s'est tenue du 28 février au 7 mars 2015 était une édition de transition, bouclée en urgence après la révolution (qui a entraîné le limogeage de son délégué général Michel Ouedraogo, trop impliqué dans le parti de Blaise Compaoré) et dont la tenue était incertaine en raison de ces bouleversements et des menaces du virus Ebola. De petite dimension, avec bien moins d'invités et de festivaliers que de coutume, sans fêtes qui l'accompagnent et sans projections publiques de masse, cette édition s'est révélée fort problématique en terme de sélection des films. En dehors de quelques valeurs sûres qui avaient déjà fait le tour des festivals, cette édition sans découverte confirmait une tendance qui met en danger l'avenir même du festival. Analyse.


FESPACO 2015 : LA TRANSITION ET APRÈS ?
Enjeu : maintenir l'objectif d'un cinéma de qualité

Le grand enjeu du Fespaco, manifestation biennale jusqu'ici et dont la couverture médiatique est internationale, ne serait-il pas de rendre compte des meilleurs productions des deux années écoulées afin d'affirmer l'apport et l'impact des cinémas d'Afrique dans le monde ? Force est de constater que ce n'est pas le cas et que plutôt que de rechercher pays par pays ce qui fait bouger les lignes du cinéma sur le plan international, la sélection du Fespaco semble s'effacer derrière des considérations géopolitiques ou idéologiques et une paresseuse croyance que l'on peut attendre que les films viennent d'eux-mêmes, alors même que tous les festivals font un gros travail de prospection, même Cannes, avec en général un réseau de correspondants actifs et de nombreux déplacements.

Il est clair que la direction artistique d'un festival continental et diasporique n'est pas chose facile : la sélection est soumise à de multiples pressions. Il faut doser la visibilité des cinéastes installés et celle des nouveaux talents, tout en gérant les attentes contradictoires des professionnels internationaux et du public burkinabé qui voudrait voir ses propres productions mises en avant. Le dosage entre cinéma d'accès aisé et d'accès plus exigeant est également une délicate alchimie. Mais le résultat 2015, qui confirme mais semble dépasser 2013, est alarmant, ce qui nous pousse à rappeler quelques fondamentaux.

Le débat critique qui a animé le cinéma depuis la dernière guerre (issu d'une permanence de questionnement dans l'Histoire du cinéma) a fait émerger une notion érigée aujourd'hui comme un critère de qualité : le film d'auteur, qui a également marqué les cinémas d'Afrique et corrélativement le Fespaco qui a toujours mis les cinéastes en avant, jusque dans ses monuments. Le fait de considérer comme central un créateur signant une œuvre artistique par opposition au produit d'une industrie cherchant à plaire pour engranger des bénéfices implique :

- l'affirmation et la liberté d'un regard dans sa capacité à retravailler le réel pour en éclairer la part invisible et engager une réflexion valable au-delà de sa propre singularité,

- une recherche formelle servant cette vision et contribuant à l'enrichir et la renouveler.

C'est à ce titre que le cinéma n'est plus seulement outil de distraction mais s'inscrit aussi dans la compréhension et la transformation de soi et du monde. C'est à ce titre que le cinéma est le "7ème art".

Dépendant d'une certaine recherche formelle et/ou thématique, une vision artistique est ainsi forcément déstabilisante et dérangeante. Hollywood manie l'illusion pour retravailler les angoisses modernes avec des moyens permettant un professionnalisme du spectacle inégalable mais les films se résolvent bien souvent dans une vision conformiste ne remettant rien en cause. Au contraire, les autres cinémas prennent la réalité à bras-le-corps en essayant de sortir des ornières de la représentation pour enclencher une réflexion sur cette réalité.

Ce faisant, deux démarches se dégagent sans forcément s'opposer mais donnant souvent deux types de films :

- ceux qui, cherchant à intervenir directement sur leur société, mettent en avant un message social. De facture souvent didactique et pédagogique, ils s'adressent avant tout à un public local. Ils seront regardés au Nord avec curiosité mais avec distance et sont souvent peu adaptés à une exploitation dans les salles occidentales, risquant de conforter les clichés réducteurs.

- ceux qui, développant à partir du particulier une réflexion sur l'humain et sur le monde, entrent en dialogue avec les oeuvres contemporaines. Ils savent aussi bien toucher le public du Sud que celui du Nord par l'universalité de leurs discours. Leur recherche formelle peut parfois désarçonner mais reste matière à interrogations.

Le critique Serge Daney faisait ainsi la différence entre "les films qui montrent du doigt et ceux qui désignent d'un regard". Ces derniers sont souvent considérés comme élitistes, et condamnés par certains car ils ne parleraient pas aisément au public de leurs pays d'origine (que l'on a dès lors souvent tendance à sous-estimer voir mépriser comme s'il s'agissait de sociétés arriérées alors que la différence peut provenir des failles de l'accompagnement critique et des structures d'éducation). Ils restent cependant aussi souvent marginaux dans leur succès public au Nord, le récent succès de Timbuktu restant une exception qui confirme la règle. Mais il n'est nulle part facile pour des artistes innovateurs d'être compris de leur public. Cette contradiction est inhérente à toute création et une politique culturelle se doit de promouvoir les œuvres indépendamment de leurs chances de succès. Il s'agit d'appliquer ce que Maïakovski appelait de façon provocatrice "l'élitisme pour tous". L'expérience montre que le talent n'est pas forcément dans une catégorie plutôt qu'une autre. Et que la qualité est possible dans toute production. Des films faits avec des bouts de ficelles dépassent parfois en grâce les plus grands, des films qui savent parler simplement à leur public atteignent souvent une dimension universelle et il est bien difficile de savoir avant qu'il soit terminé si un film marquera ou non.

Le problème d'une sélection reste donc avant tout de chercher à identifier les films qui marquent leur temps et resteront dans l'Histoire. Cela demande une connaissance du cinéma et une bonne dose de regard critique.

Le numérique comme nouvelle donne

Après des années de lobbying des financeurs comme des cinéastes, et après beaucoup d'exclusions et d'injustices dans sa compétition et son palmarès, le Fespaco s'est enfin décidé à lâcher l'obligation du 35 mm pour la compétition et a fini par s'ouvrir à la réalité : le cinéma se produit et se diffuse dorénavant en numérique.

S'il avait si longtemps résisté, ce n'était pas dans l'attente du choix de la Fédération des cinéastes comme le prétendait son précédent délégué général, mais parce qu'il ne se sentait pas la force de gérer la masse d'images ainsi produite. Comment visionner autant de productions ? Mais aussi comment tenir compte de cette production pléthorique d'images souvent faites pour plaire, et dont la médiocrité technique peine à cacher le vide ?

De par son accès à tous, le numérique pose la question de la professionnalisation, de la formation non seulement technique mais aussi en tant que réflexion sur son objet, et donc des politiques et structures correspondantes. Un bon festival de cinéma est avec une bonne école et une bonne revue critique une pièce essentielle du développement d'une cinématographie marquante. Héritier d'une tradition qu'il a longtemps cherché à perpétuer, celle de cinématographies africaines portées par des auteurs dont les œuvres ont marqué l'Histoire du cinéma, le Fespaco a joué à cet égard un double rôle : lieu de débats et d'émulation cinématographique d'une part, lien avec un public enthousiaste d'autre part. Le Fespaco était la plus grande fête du Burkina lorsque quelque 400 000 spectateurs se ruaient dans les salles.

Ce double rôle s'est émoussé dans le courant des années 2000, ce que confirme l'édition 2015 : on a voulu singer le tapis rouge de Cannes, le prix des places a augmenté (jusqu'à passer de 1000 à 1500 Fcfa en soirée cette année) tandis que les projections gratuites de masse ont disparu, à quoi il faut ajouter une sélection incompréhensible. Dans le même temps, les productions burkinabées ont baissé en qualité, le succès des produits grand public et des séries entraînant l'ensemble de l'industrie d'un pays où, corrélativement, les salles ferment de plus en plus. Dans la fiction, la relève de Gaston Kaboré, Idrissa Ouédraogo ou Pierre Yaméogo se fait attendre. Le Fespaco n'a pas échappé à ce contexte et cette tendance.

Une ambigüité non-résolue en a ainsi guidé les choix : comment accompagner l'évolution vers des productions dites populaires (qui se sont vues sélectionnées en compétition) tout en portant l'héritage des pionniers ? Comment gérer le fait que c'est surtout dans des coproductions avec le Nord que se produisent les images africaines en phase avec l'oeuvre des pionniers ? Et face à la pression et au succès des images importées, quelles images endogènes soutenir ?

Les films sélectionnés dans des festivals internationaux sont la fierté d'un pays et renforcent sa présence dans le monde. Mais ils proposent aussi une vision, un apport qui, même s'il est le produit artistique individuel d'un créateur, défend des valeurs et fait avancer le dialogue des cultures. Enfin, parce que le cinéma est la mémoire d'un pays, c'est aussi un patrimoine qui se construit dont les chefs d'œuvres continueront de marquer les générations futures.

La question demeure donc : de quel cinéma le Fespaco se fait-il le reflet ?

Alors que son impact hors du continent reste faible, le Fespaco conserve une grande visibilité en Afrique et, même si les structures de distribution manquent, les prix du Fespaco sont un tremplin pour atteindre les publics africains. Si Abderrahmane Sissako a voulu maintenir son film en compétition, c'est bien parce qu'il a envie qu'il soit vu en Afrique. (1)

La diaspora n'est plus ostracisée

La deuxième grande nouveauté de 2015, également annoncée à la clôture de 2013, est la suppression de la catégorie "diaspora" (prix Paul Robeson), ces films étant dorénavant sélectionnables en compétition. En théorie, Spike Lee pourrait ainsi concourir pour l'étalon de Yennenga. Il s'agit là d'une évolution significative, pour ne pas dire révolutionnaire : la catégorisation territoriale fait place à une appartenance globale à l'ascendance africaine. Certes, l'origine africaine, même seulement familiale, des réalisatrices et réalisateurs autorisait leurs films à entrer dans la compétition, mais dorénavant, la dimension historique de l'origine entre en ligne de compte et le Fespaco ouvre sa compétition à l'Amérique noire du Nord au Sud.

Lorsqu'Abderrahmane Sissako avait reçu d'Idrissa Ouedraogo l'étalon d'or pour Heremakono, Idrissa l'avait félicité et lui avait conseillé de "revenir vers nous". Abderrahmane lui répondit qu'il n'était jamais parti. Ce débat autour d'une pseudo-authenticité qui sous-entendait le rejet d'un cinéma pouvant désarçonner le public africain (réduit à une entité globalisante alors que tout public se différencie dans sa réception des films selon les structures de la société) a marqué l'Histoire des cinémas d'Afrique, le soupçon de faire "du cinéma pour les Occidentaux" remontant à la moindre occasion.

L'enjeu est dès lors de sortir enfin du vocable "cinéma africain" qui en ferait un genre définissable et excluant tout ce qui ne rentrerait pas dans cette catégorie, pour s'ouvrir à la diversité des productions africaines contemporaines, dans toutes leurs dimensions multiculturelles et métissées. En somme, plutôt que d'en faire un pays à part, de ramener l'Afrique à une expérience dans le monde, rendant compte des migrations et déplacements forcés ou non des Africains dans leur Histoire. Cela n'empêche nullement les films de porter des spécificités culturelles et des vécus singuliers. Mais cela évite de les y enfermer.

Nécessité du renouveau

Sans doute n'était-il pas superflu de rappeler ces quelques points avant d'aborder les compétitions du Fespaco 2015, édition réduite en envergure du fait de la menace du virus Ebola et surtout édition de transition puisque le pays est lui-même en redéfinition après sa révolution des 30 et 31 octobre 2014 où le peuple, après de multiples révoltes les années précédentes, a massivement fait tomber en deux jours un régime qui menaçait de ne jamais évoluer.

On notera qu'alors que les marchands ambulants vendent de nombreux films des événements, aucun n'était présenté au Fespaco. Sans doute était-il encore trop tôt pour qu'émergent des films autres que du reportage sur le vif. On se souvient de l'édition des Journées cinématographiques de Carthage qui suivit la révolution tunisienne : un déferlement de documentaires dans une grande multiplicité de thématiques et de points de vue.

Qui dit transition dit réflexion et nouveauté. Nous avions intitulé notre article sur le Fespaco 2013 : "le renouveau ou la mort", estimant que le Fespaco sciait la branche sur laquelle il était assis et qu'il serait ainsi facilement menacé par l'émergence d'un autre festival d'envergure en Afrique. Ce titre et son contenu restent d'actualité pour l'édition 2015, mais avec la transition, le renouveau semble tout d'un coup possible. Il incombera aux nouvelles autorités de renouveler les équipes pour aboutir enfin à un festival professionnel digne de son rôle en Afrique et dans le monde.

A cet égard, la fonctionnarisation du Fespaco serait à débattre : elle est source de nombre de pesanteurs administratives et humaines, et d'une inféodation au pouvoir qui contredit l'objectif critique d'un festival de cinéma. Partout où c'est le cas, qu'il s'agisse des JCC ou du Dak'art, les équipes dirigeantes demandent davantage d'autonomie sans perdre le soutien étatique.

Le manque de professionnalisme devrait un jour trouver ses solutions : il n'est pas définitif que tant de personnes, parfois âgées, doivent interminablement faire la queue devant les bureaux pour obtenir leur badge ou un catalogue toujours aussi mal imprimé et incomplet. La presse était encore cette année cantonnée aux "séances de presse" du matin et devait mendier un second badge pour pouvoir entrer dans celles du soir si elle voulait pouvoir couvrir le programme du festival. La qualité technique des projections (faible lumière, mauvais format, vérification des dvds qui s'interrompaient en cours de séance, etc.) restait très problématique, notamment au CENASA et au Palais de la Jeunesse et de la Culture Jean-Pierre Guingané. Les animateurs de séances du Neerwaya se croyaient parfois à la radio, couvrant le générique final, et les traducteurs restaient pathétiques, frustrant non seulement le public anglophone mais les réalisateurs présents…

Le requin audiovisuel

Mais tout cela ne serait pas si grave (on finit par s'habituer) si la présence de certains films en compétition ne laissait pantois. Entendons-nous bien : un film grand public n'est pas pour cela un mauvais film et d'excellents films sont produits pour la télévision. Mais s'il est surjoué et théâtralisé à l'extrême, si au mépris du réel ses personnages sont des caricatures jetées en pâture au rire, au rejet ou à l'édification du spectateur au lieu d'avoir l'épaisseur des contradictions du vivant, si sa mise en scène et sa musique privilégient les effets choc plutôt qu'un recul permettant au spectateur de participer lui-même à la réflexion du film, si son esthétique puise dans le clip ou le film de genre plutôt que d'être une création propre au regard développé, alors oui, c'est un mauvais film.

Au Niger, Djingarey Maïga, 76 ans, est un des derniers pionniers des cinémas d'Afrique, au même titre que Mustapha Alassane ou Oumarou Ganda. Le Fespaco a inexplicablement boudé son dernier film, Au plus loin dans le noir. Il a fait ses huit longs métrages sans moyens à Niamey, et sa marque de fabrique est qu'ils ont tous le mot noir dans le titre. Parfaitement grand public, racontant des histoires locales où amour et politique tissent une toile inextricable, ils ont tous une grâce que n'ont pas ces productions manipulatrices. Cela tient au respect des personnages et partant du spectateur. Au plus loin dans le noir tourne autour d'Adi, une femme qui trompe son mari avec M. Gorel, un riche et puissant homme d'affaires. Le mari sera tué par l'amant par inadvertance. L'enquête policière se retourne contre elle mais révèle également les sombres manigances de Gorel qui trempe notamment dans le trafic de drogue. Une constellation de personnages se met ainsi en place, qui tisse une toile affective et politique, la corruption atteignant les plus hautes sphères de l'Etat. Au Niger, tout le monde sait de qui on parle lorsque Gorel se révèle un tyran en puissance qui veut posséder le pays.

Pourquoi un tel film tourné avec un budget ridicule (10 millions de Fcfa, soit 15 000 €) et des acteurs souvent non-professionnels est-il aussi convaincant ? Pourquoi représente-t-il une dernière résistance au déferlement (en vcd et à la télévision) de films nigérians tournés à Kano en haoussa (langue comprise de tous au Niger) qui copient les vieux films de Bollywood mêlant musique et histoires d'amour à l'eau de rose ? Sans doute parce que les nombreux rebondissements d'un récit bien mené sont efficaces mais surtout parce qu'aucun de ces personnages n'est enfermé dans un rôle stéréotypé. Au contraire, ils portent tous à l'écran une histoire qui dépasse le récit du film, prolongeant le temps qu'ils y occupent. La secrétaire du commissariat risque elle-même d'être victime d'un mariage forcé, le commissaire oscille entre la corruption et l'intégrité, l'inspecteur hésite à démissionner face au poids du système… C'est la vie dans sa complexité, le réel qui est là, où chacun reconnaît ses forces et ses faiblesses face aux pouvoirs de l'argent. Adi est elle-même une femme forte, qui sait tenir tête aux juges, et qui est assez lucide pour voir les manipulations politiques. Magnifiquement interprétée, elle est à la fois actrice et victime de son sort. Comme tous les autres personnages, son jeu est mesuré, digne, posé autant que déterminé, ouvrant par cette distance au spectateur des possibilités d'identification bien autres que le sentimentalisme ou les effets choc. La musique a les douces tonalités des mélodies nigériennes et accompagne l'action plutôt qu'elle ne l'impose. (cf. notre entretien avec Djingarey Maïga à venir)

On retrouve dans une certaine mesure cette sensibilité pour ses personnages dans Fille de sa mère de Carine Bado et Serge-Armel Sawadogo (Burkina Faso), présenté hors compétition. Il rend compte des divisions des familles qui se multiplient lorsque les parents impliquent leurs enfants dans leurs conflits. Le film est tourné du point de vue d'Aïda, une adolescente de famille bourgeoise. C'est elle qui, dès la première scène, ouvre les portes et tente de transgresser les séparations et les non-dits. Sa mère découvre que son mari la trompe et en parle à Aïda qui se met à mépriser son père et à le lui faire sentir. Celui-ci cherche à restaurer son autorité sans succès et finit par la répudier en se lavant les mains dans une calebasse d'eau. Ce n'est qu'en lui demandant pardon qu'Aïda pourrait restaurer l'unité familiale…

Le personnage est touchant dans sa solitude, d'autant plus que ce qui lui tombe dessus est foncièrement injuste : le père est irresponsable mais c'est la fille qui doit réconcilier la famille, tout cela parce que l'important reste que les enfants respectent leurs parents. Ce message moral consensuel n'est jamais remis en cause dans le film qui semble juste conseiller de ne pas faire porter les problèmes conjugaux par les enfants (et du coup de ne rien leur dire alors que, vu qu'ils ne sont pas dupes, on peut leur expliquer tout en leur faisant comprendre que ce n'est ni leur faute ni leur problème). La mise en scène table sur l'épure pour aller à l'essentiel : elle est centrée sur les différentes pièces de la maison qui délimitent les devoirs et les pouvoirs ; quelques objets clefs font référence dans le récit comme la calebasse, le pantalon ou la moto ; l'histoire se déroule dans une famille resserrée à un seul enfant et en l'absence de problèmes sociaux ; l'utilisation de la lumière correspond aux situations. Ce dispositif et la dominance des scènes intérieures centrées sur les dialogues renforcent cependant la connotation téléfilm tandis que de longues transitions empêchent le film de décoller.
Lire la suite
Mercredi 11 Mars 2015
La Dépêche d'Abidjan



Arts et Cuture
Notez

Nouveau commentaire :
Twitter

Conditions d'utilisation
Merci d'écrire dans un langage correct et d'éviter des affirmations sans preuves.





Dans la même rubrique :
< >

Vendredi 10 Septembre 2021 - 14:55 En hommage à Amobe Mevegue, mort ce 8 septembre 2021

Opinion | Actualité | Contributions | Zouglou Feeling | Vidéos | People | Reportages | Tribune | Lu pour vous | Arts et Cuture | Insolite | Communiqué | Sports | Santé | Tourisme - Voyages | À ne pas manquer | VOTRE PUBLICITÉ SUR LA DÉPÊCHE D'ABIDJAN | Espace Kamite



"Le Franc des Colonies Françaises d'Afrique (FCFA) est une propriété à part entière de la France."

La Dépêche d'Abidjan | 10/09/2021 | 1438 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
La Dépêche d'Abidjan | 08/09/2021 | 587 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
La Dépêche d'Abidjan | 17/05/2021 | 760 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
La Dépêche d'Abidjan | 17/05/2021 | 722 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
La Dépêche d'Abidjan | 19/02/2020 | 1886 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
La Dépêche d'Abidjan | 09/04/2019 | 3504 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
La Dépêche d'Abidjan | 29/12/2015 | 3035 vues
00000  (0 vote) | 1 Commentaire
La Dépêche d'Abidjan | 13/11/2015 | 4008 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
La Dépêche d'Abidjan | 17/10/2015 | 2643 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
La Dépêche d'Abidjan | 12/04/2015 | 2268 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
La Dépêche d'Abidjan | 24/02/2015 | 4227 vues
00000  (0 vote) | 1 Commentaire