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« Exodus » ou Moïse à l'épreuve de la réalité historique


Presque tous les chercheurs avertis savent que Moïse, personnage central de l’Ancien Testament, n’a laissé aucune trace archéologique. En réalité, l’Exode et Moïse, cette « fiction littéraire » – selon le mot de Yaïr Zakovith, doyen de la faculté de lettres de l’université hébraïque de Jérusalem – est bâtie sur la véritable histoire de leurs ancêtres.

Il y eut effectivement une sorte d’Exode au XIIe siècle menée par un personnage charismatique, mais celui-ci ne correspond en rien, au récit biblique. Il s’agit du chancelier Beya ayant pris la direction de l’Ethiopie (voir mon ouvrage sur les ancêtres des Falachas, qui se seraient métissés avec les compagnons de ce personnage ayant fui l’Egypte). En fait bien que transformés et sublimés, le personnage et l’histoire que racontent les auteurs des récits bibliques, sont vraisemblablement ceux du chancelier Beya.

A la mort du Pharaon Séthi II (1204-1198), petit-fils de Ramsès II et 6e Pharaon de la XIXe dynastie, Beya aida Taousert (1192-1190), la première veuve du souverain défunt, à installer Siptah sur le trône d’Egypte. Mais ce sera une corégence avec l’ambitieuse Taousert, car Siptah (1198-1192) âgé de douze ans, était le fils d'Amemnès, surnommé l’usurpateur, simple demi-frère de Séthi II.

A la mort aussi mystérieuse que subite de Siptah, après six ans de règne, Taousert décida de lui succéder seule, avec l’appui de Beya, contre l’avis de Sethnakht, un militaire égyptien qui n’était pas de sang royal, mais prétendant au pouvoir. Ce différend déclenchera une meurtrière guerre civile. Vers 1186 avant notre ère, Sethnakht en sortit vainqueur et décida de poursuivre Beya à la tête d’une armée, qu’il ne réussit jamais à rattraper. Ces combattants choisirent en fait de prendre la direction de l’Ethiopie et non de traverser la mer Rouge, pour gagner la Terre promise d’Israël.

Beya était métis afro-asiatique de père nubien, non syrien comme l’affirment certains auteurs. Ayant commencé sa carrière comme scribe sous le règne de Séthi Ier, il deviendra chancelier après l’intronisation de Siptah. Mais Beya n’aurait pas régné, contrairement à l’inscription du papyrus Harris, qui le décrit comme étant Iarsou, usurpateur étranger. C’est après sa fuite que Setnakht s’installa au pouvoir, pour inaugurer la XXe dynastie égyptienne.

Pas de trace de Moïse dans les annales égyptiennes

Il est établi aujourd’hui que les historiens égyptiens étaient méticuleux et précis quant aux événements de leurs époques. Or leurs annales, pourtant abondantes et détaillées, ne mentionnent nulle part Moïse, l’Exode, les plaies d’Egypte et tous les faits relatés par le Pentateuque.

En fait, aucun document antérieur au IVe siècle avant notre ère, qu’il soit égyptien, cananéen, assyrien, babylonien ou perse, ne mentionne le personnage de Moïse. Même Hérodote, l’ancêtre des historiens, n’a fait aucune allusion au personnage de Moïse dans ses enquêtes au Ve siècle avant notre ère.

Les rédacteurs de la Bible se seraient inspirés du personnage Beya et de l’épisode de sa fuite d’Egypte, qui sont bien présents dans les annales égyptiennes, pour coucher et affiner le mythe de Moïse et de l’Exode. Un autre détail important contredit aussi les tenants de la thèse de l’historicité de « Moïse et de son « Exode. » Ces derniers avancent que le Patriarche hébreu aurait repris à son compte le monothéisme d'Akhenaton, pharaon du XIVe siècle avant notre ère, qui a proclamé Aton Dieu unique.

Le docteur Sigmund Freud, qui était de cet avis, prétendait aussi que Moïse, fils d'une princesse égyptienne, fut inspiré par le monothéisme d'Akhenaton. C’est tout simplement en réaction contre l’emprise du clergé d’Amon qu'Aménophis IV (futur Akhenaton) érigea Aton en Dieu unique. Mais Aton symbolisait le disque solaire et n’avait rien de commun avec l’idée d’une alliance ou d’un contrat entre un Dieu unique et le peuple qu’il aurait élu.
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Mardi 21 Janvier 2020
La Dépêche d'Abidjan



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