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La Dépêche d'Abidjan

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Exactions et violations des droits de l’homme: Les grands crimes de la rébellion

De septembre 2002 à ce jour, de graves violations des droits de l’homme ont été commises par les combattants pro-Ouattara. Durant la rébellion armée, mais également pendant et après la prise de pouvoir par Alassane Dramane Ouattara. Notre enquête.


Exactions et violations des droits de l’homme: Les grands crimes de la rébellion
Le procureur Luis Moreno Ocampo de la Cour pénale internationale (Cpi) a accepté enfin de s’investir dans la crise ivoirienne. Au delà du symbole de voir une si haute juridiction s’occuper des affaires brumeuses voire sales d’une république telle que la nôtre, il apparaît important que cette cour ne fasse pas preuve de cécité et de perte de mémoire suspecte à propos de la crise en Côte d’Ivoire. Elle ne doit pas avoir la naïveté de croire que les évènements de novembre 2010 à avril 2011 sont des faits détachés de toutes les autres crises que ce pays a connu depuis décembre 1999. Date du premier coup d’Etat dans ce pays. Ce serait une erreur gravissime. La Cpi doit faire la lumière sur tous les crimes y compris ceux susceptibles d’embarrasser ceux qui les ont actionnés. La crédibilité des conclusions des travaux en dépens. Les exemples d’exactions et de graves violations des droits de l’homme ne manquent pas qui jalonnent le parcours des nouveaux « hommes forts » du pays. Pour la Cpi, nous tentons d’énumérer certaines graves violations par devoir de mémoire.

Septembre 2002 : la mère patrie balafrée

La Côte d’Ivoire expérimente son premier coup d’Etat en décembre 1999 avec l’arrivée au pouvoir du général de Brigade, Robert Guéi. L’opinion publique découvre aux côtés du chef de la junte militaire, des soldats (ils seront plus tard rejoins par d’autres chefs de guerre) que l’on retrouvera dans tous les coups fourrés qui suivront ce coup de force. Notamment Ibrahim Coulibaly dit IB, Koné Zakaria, Cherif Ousmane, Wattao, Hervé Touré dit Vetcho etc. De décembre 1999 au 19 septembre 2002, la Côte d’Ivoire essuiera un putsch et plusieurs tentatives de coup d’Etat. Soit en l’espace de deux ans et demi. La tentative de coup de septembre 2002 se muera en rébellion armée avec son corollaire de morts et de désolation. Et c’est l’œuvre des militaires cités plus hauts mais également des politiques notamment l’actuel Premier ministre, Guillaume Soro Kigbafori (il a assumé ouvertement la rébellion armée). D’ailleurs, il continue d’être le secrétaire général des forces nouvelles (rébellion armée). L’attaque d’Abidjan par cette rébellion armée en septembre 2002 a fait 300 morts (chiffre officiel), une centaine de morts à Bouaké, après une première série de combats, le 25 septembre. En outre, cette crise déclenchée dans la nuit du mercredi 18 au jeudi 19 septembre 2002, avec la prise de casernes par des rebelles à Abidjan, a occasionné la perte de hautes personnalités dont l'assassinat notamment de l'ex-président Robert Gueï (qui a perdu les élections présidentielles en octobre 2000) ainsi que celle du ministre de l'intérieur, Emile Boga Doudou (proche de l’ex-chef de l’Etat Laurent Gbagbo). L’actuel chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara, chef du parti d'opposition Rassemblement des républicains (RDR), avait pu trouver refuge, à cette époque, auprès de l'ambassade d'Allemagne puis de l'ambassade de France. Les forces loyalistes ont pu rétablir l'ordre dans la capitale économique du pays. Quand au président Laurent Gbagbo, il était en Italie où il effectuait une visite officielle.

Bouaké : une centaine de gendarmes et leurs familles massacrés

Le massacre des gendarmes aux mains nues et leurs familles par les combattants de Guillaume Soro, alors secrétaire général du Mpci, branche armée de la rébellion (dont l’un des combattants, Koné Zakaria, a affirmé qu’elle était en mission pour Alassane Ouattara), a indigné le monde. Ce triste fait s’est passé à Bouaké, le 06 octobre 2002. Le journaliste Didier Samson de Rfi s’est fait l’écho de ce drame, le 27 février 2003, dans un bulletin d’information. Notre confrère a commenté, ce jour-là, un rapport de Amnesty international rendu public et intitulé «Côte d’Ivoire : une suite de crimes impunis». Voici ce que Didier Samson a déclaré à ce propos : « Selon certains survivants, les auteurs des exécutions des gendarmes de Bouaké et leurs enfants, ont justifié, devant leurs futures victimes, les actes qu’ils allaient poser en se référant aux massacres des populations originaires du nord de la Côte d’Ivoire par des gendarmes de la caserne d’Abobo à Abidjan. Les survivants qui témoignent aujourd’hui devant Amnesty international, ont eu la vie sauve, parce que leurs familles ont dû payer une rançon comprise entre 750 000 et 1 million de francs CFA. Ils racontent dans le détail le déroulement des tueries. » Et le journaliste de poursuivre : « Amnesty international accuse dans ce rapport le MPCI, responsable moral du massacre des gendarmes et de leurs enfants. Les responsables politiques du MPCI ne nient pas la mort de la cinquante de gendarmes et l’existence des fosses communes mais l’imputent aux rudes combats pour la prise de la ville. Or, tous les témoignages concordent pour dire de que les massacres ont été planifiés et froidement exécutés ». Les rebelles du Mpci, Mpigo et Mjp, aujourd’hui frci, n’ont pas été poursuivis devant la Cpi, au dire du confrère, parce que « la Côte d’Ivoire a signé le statut de la Cour pénale internationale, mais l’a pas encore ratifié. De fait, la CPI n’a pas compétence pour juger les faits incriminés en Côte d’Ivoire. ». Cet obstacle, il semble, n’existe plus en 2011.Le procureur Luis Moreno Ocampo a donc le champ libre pour enquêter. A ces crimes perpétrés avant l’élection présidentielle du 28 novembre 2011 par la rébellion armée, il faut ajouter les massacres de civils à Guitrozon et à Petit Duekoué, à l’ouest de la Côte d’Ivoire, dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2005. Des rebelles armés ont fait irruption dans ces villages et ont assassiné froidement plus d’une quarantaine de personnes qui dormaient paisiblement au moyen d’armes de guerre et d’armes blanches. La violence fut inouïe. Ce fait s’est produit dans un contexte de tensions entre le pouvoir Laurent Gbagbo et la rébellion armée, avant la signature de l’accord de Ouagadougou (le 4 mars 2007). L’on a également en mémoire, les affrontements sanglants internes à la rébellion, entre pro-Soro (actuel premier ministre) et pro IB (ex-sergent chef, ex-chef de guerre de cette rébellion) entre le 20 et le 21 juin 2004 à Bouaké. Selon l’Onuci qui a diligenté une enquête et rendu les conclusions en 2004, un charnier de 94 corps a été découvert à la suite de ces combats fratricides. Qui était, en réalité, une guerre de positionnement entre ces deux tendances. Elle a tourné à l’avantage de Guillaume Soro devenu par la suite Premier ministre. L’on a enregistré l’assassinat du chef de guerre Kass, proche de Ibrahim Coulibaly (IB). Il faut, par ailleurs, mentionner l’assassinat de Adam’s à Korhogo (un autre chef de guerre proche de IB), attribué aux hommes de Soro.

La crise post électorale

La crise post électorale du 28 novembre 2010 a fait officiellement, selon un nouveau bilan de l’Onu, 296 morts et 38.000 déplacés. Force est de reconnaître que ce chiffre doit être revu à la hausse compte tenu du fait que les exactions se poursuivent et qu’elles ne sont pas toujours su à cause de l’insécurité ambiante qui ne permet pas de diligenter certaines enquêtes dans la sérénité sur l’étendue du territoire. La folie meurtrière qui est survenue, à la suite de la chute du président Laurent Gbagbo, est symbolisée par l’assassinat de l’ex- ministre de l’intérieur, Désiré Tagro, le 11 avril 2011. Dans des conditions troubles que certaines sources attribuent aux combattants pro-Ouattara devenues Frci. Il faut noter, en outre, les atrocités commises à Duekoué par ces mêmes forces avant le départ de Laurent Gbagbo du pouvoir. Elles ont été commises entre le 29 mars et 01 avril 2011. De nombreuses organisations telles que le Cicr, Human right watch, Amnesty international et sans compter l’Onu ont dénoncé les tueries perpétrées « par les hommes de Ouattara ». Certaines de ces organisations ont avancé le chiffre de 800 morts (500 morts selon l’Onu) issues principalement de l’ethnie Guéré et de ceux qui ont soutenu le président Laurent Gbagbo. Le charnier découvert à Yopougon, après l’entrée des Frci dans cette commune réputée être un bastion de Laurent Gbagbo, a choqué des organisations de défense des droits de l’homme. En effet, 68 corps dissimulés dans dix fosses communes ont été découverts.
De même que les tueries perpétrées dans le village d’Anokoua Kouté (Abobo), le 8 avril 2011. En effet, ce jour là, le commando invisible du défunt chef de guerre IB, affirmant agir pour le compte d’Alassane Ouattara, a massacré (parfois décapité) une trentaine d’habitants de ce village au motif qu’ils n’étaient acquis à leur cause


In Notre Voie
Mardi 28 Février 2012
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