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La Dépêche d'Abidjan

Disparition de Théophile Abega: assassinat mystique ou mort naturelle?

Depuis l'annonce du décès de l'ex-maire et ancien Lion indomptable, les commentaires les plus tendancieux allant jusqu'à bousculer les barrières de la rationalité rythment les conversations dans la capitale politique. Entre la vie politique et celle privée du défunt, les raisons de la disparition «brutale» de l'homme se déclinent dans les 7 coins de Yaoundé. On est en plein dans ce que le journal l'Anecdote qualifie depuis quelques semaines de «La tragédie des Béti par les Béti». Révélations


Disparition de Théophile Abega: assassinat mystique ou mort naturelle?


Depuis le 15 novembre 2012, Yaoundé piapiate plus qu'à l'accoutumée dans ses 7 arrondissements. Tant le passage de vie à trépas, tôt le matin (6h50), ce jour de l'influent maire du 4e arrondissement ne nourrit pas seulement les commentaires dans les milieux politiques du département du Mfoundi, mais les engendre. Un patriarche de cette unité politique et administrative du défunt qui a préféré l'anonymat résume fort bien la situation en ces termes «A vouloir comprendre la vie politique dans la section Rdpc du 4e, rythmée par les guerres fratricides plus qu'ailleurs, sorcelleries, espiègleries, fourberies, trahisons politiques et parfois des assassinats mystique liés aux combats politiques, c'est comme chercher à comprendre l'amour: Plus on s'y intéresse, plus on s'y perd». Dans les 7 municipalités de la capitale politique du Cameroun, au faîte du climat politique délétère entre les fils et les filles du 4e arrondissement, rares sont ceux qui tablent sur la thèse d'une mort naturelle de Théophile Abega, jeudi dernier à l'hôpital Général de Yaoundé. De ce côté, des sources hospitalières, on placarde que le désormais ex-maire de la commune de Yaoundé 4e est décédé des suites d'une courte maladie. S'il est de notoriété qu'aucune mort n'est naturelle en Afrique, les causes de la mort de Théophile Abega, entre autres ancien joueur clef de l'équipe nationale de football, les Lions indomptables, déclinées du côté de Kondengui où habite la mairie et railleurs dans le Mfoundi ont de quoi faire prêter une oreille attentive même aux scientifiques, ces hommes et femmes guidés la plupart du temps par la rationalité. Ces commentaires tendancieux n'ont pas épargné le domicile même du défunt le 15 novembre dernier. Aux quartiers Nkomo, où résidait le «Docta» comme on appelait affectueusement Théophile Abega et Kondengui, la plupart des affectés par la mauvaise nouvelle (famille, amis et collaborateurs) ne feignaient pas de pointer un doigt accusateur vers les adversaires politiques de l'illustre disparu.


Assassinat mystique.

«Il fallait leur laisser la mairie...», «Ils l’ont tué pour la mairie…», «La politique rime-t-elle avec élimination physique?»...Pouvait-on entendre jaillir sans effort, en Ewondo, la langue vernaculaire de la tribu de Théophile Abega, dans les pleurs. Des informations, Théophile Abega de retour des Etats-Unis en début de semaine dernière n'aura même plus eu l’opportunité d'entrer dans son domicile de son vivant. Le malaise qui l'a emporté de vie à trépas ayant commencé dès l'atterrissage de l'avion l'ayant à son bord à l'aéroport international de Nsimalen. Le maire sera transporté d'urgence à l'hôpital Général de Yaoundé. De l'entourage du défunt, Théophile Abega avait profité de son séjour américain pour faire son «check-up» (bilan de santé). Les médecins du pays de Barack Obama lui auraient signifié un Ok, après quelques administrations de traitements de petits bobo, pour dire que le «Docta» dégageait une santé de fer. A l'hôpital Général de Yaoundé, des langues confient aujourd’hui que le malaise dont avait été victime Théophile Abega avait été géré. Le mercredi qui précédait le jeudi fatal, des confidences affirment que: satisfait de son état de santé, le maire confiait au médecin qu'il souhaiterait quitter l'institution hospitalière jeudi le 15. Un point de vue qu'aurait partagé le médecin. Malheureusement, ce jeudi 15, aux 1 ères heures du matin, l'ange de la mort était à la porte de la chambre d'hôpital du Lion indomptable dompté.

En moins de 30 minutes de l'heure du décès de Théophile Abega qui pour d'aucuns était déjà érigé au rang de patriarche du Mfoundi, au regard de son influence, d'une rédaction à une autre dans la capitale, il ne s'agissait plus d'une information à recouper mais d'une information recoupée. Comment l'information du décès de Théophile Abega a-t-elle pu se retrouver dans la presse en si peu de temps, si tant est que le disparu n'était plus une personnalité de simple étage, au regard des pratiques des peuples Béti qui veulent que la disparition d'un baobab comme Théophile Abega ne soit révélée qu'après un temps nécessaire...? Certains frères et sœurs du maire avaient-ils planifié la mort de Théophile Abega ?... Sur cette dernière interrogation, peu de divergences de point de vue se dégagent des piapiatages des uns et des autres.

On plastronne en off, que Théophile Abega a été assassiné mystiquement. Par qui et pourquoi? A ces préoccupations, on se retrouve face à face avec les causes du décès du président de la section Rdpc de Yaoundé 4 telles laissées entendues au domicile du défunt jeudi dernier. Telle une ritournelle, les différentes sources interrogées martèlent que c'est la volonté manifestée par Théophile Abega de violer les clauses du deal politique qui abouti à son arrivée a la tête de la mairie en 2007 qui a conduit à son assassinat mystique par ses adversaires politiques. Quelles étaient les clauses du deal politique entre Théophile Abega et ses adversaires? De ces recoupements, la violence des joutes politiques entre le clan Abega et celui de Mme Amougou Noma, la veuve de l'ancien Délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé, pour la conquête de la maire du 4e arrondissement en 2007 avait à l'époque obligé les patriarches du Mfoundi et les élites du coin à arrêter la guerre fratricide.

En convainquant l'actuel 1er adjoint au maire décédé de laisser son contradicteur politique (Théophile Abega) prendre les rênes de la municipalité aux échéances électorales de 2007. Avec pour contrepartie que ce sera le tour de la veuve Noma de diriger la mairie en 2012. Maigre ces accords politiques, le climat entre les deux camps auxquels se sont ajoutés d'autres pour la conquête de la mairie, sera resté tendu durant le magistère de Théophile Abega de 5 ans. A la mairie de Kondengui, on se souvient à peine des moments où on a vu le maire et son 1er adjoint se serrer la main. Des sources, ils étaient quasi inexistants les dossiers quottés par le chef de l'exécutif municipal à son 1er adjoint. Dans la même logique, les conclaves des conseillers municipaux, pour l'adoption du budget de la mairie ou autres sujets étaient systématiquement devenus des occasions de confrontation entre les clans Abega, veuve Noma et les autres. Les clashs entre le maire Abega et Cyril Efila Azemba, le président de la section Ojrdpc du Mfoundi 4e et non moins conseiller municipal que l'on dit proche du 1er adjoint au maire son aujourd’hui mémorables. Malgré ces tensions, et au mépris des accords officieux de 2007, Théophile Abega avait décidé de se relancer à la conquête de la mairie et de la section pour l'échéance de 2012, reportée en 2013 pour les raisons de constitution d'un fichier électoral flambant neuf arrimé à la biométrie. Non sans narguer ses adversaires politiques, des sources. Il était donc question, des dires des uns et des autres, que Théophile Abega, ayant décidé de passer outre les «clauses» du deal, des adversaires auraient décidé de l'arrêter par tous les moyens. Y compris mystiques? A ce sujet, un connaisseur de paysage politique du Rassemblement démocratique du peuple camerounais(Rdpc) de Yaoundé 4 lâche: «s'il est souvent admis que c'est ce qui passionne un être humain qui le tue aussi, finalement c'est la 2e passion de Théophile Abega, après le football, la politique qui l'a tué. Ses adversaires politiques étaient désormais prêts à tout». D'autres langues vont plus loin en faisant remarquer que les batailles politiques ou mystiques entre les familles Abega et Amougou Noma commencent déjà à dater. Notre interlocuteur nous fait également remarquer que des histoires particulières rythment les vies des deux familles en opposition. En insistant sur le fait que l'ancien Délégué du gouvernement auprès de la Communauté, farouche adversaire politique de Théophile Abega avait trouvé la mort il y a quelques années, des suites d'une «over-sodomisation» par d'autres élites du Mfoundi. Alors que le fils de l’ancien Lion indomptable loge à la prison centrale de Kondengui pour une autre histoire d'homosexualité.

La 2e ex-épouse. Déjà à la mairie de Kondengui, des langues appellent à scruter la réaction du 1er adjoint au maire Abega, depuis l'annonce du décès de ce dernier pour couvrir de rationalité leurs commentaires: Ces mauvaises (?) langues remarquent le retour de veuve Amougou Noma dans la vie de la mairie depuis jeudi dernier. Elle qui, de ces sources avait presque déserté son bureau. Si sur le plan hiérarchique, c'est le ler adjoint qui doit assurer la continuité de la marche des affaires de cette unité administrative, ces dires vont dans tous les sens pour déceler l'attitude épanouie à souhait de veuve Amougou à la cérémonie d'inauguration officielle du siège flambant neuf, de la mairie de Yaoundé 12e de Luc Assamba, en sa qualité de représentante de l'exécutif communal de Yaoundé 4, au moment où son institution est secouée par cette mauvaise nouvelle. Ici et là, on ne manque pas de lâcher que le 1er adjoint, sans même feindre de respecter la mémoire du disparu, s'est empressé de récupérer l'objet de bataille politique depuis des lustres. Mais, la disparition de Théophile Abega du champ politique du 4e arrondissement ne fait pas seulement les affaires de ses adversaires politiques ou mystiques, notamment veuve Amougou Noma et Cyril Efila Azemba, elle crée aussi la débandade dans le camp du défunt maire. Les protégés de Théophile Abega ne voyant leur avenir politique désormais qu’en noir. On voyait encore jeudi dernier un proche collaborateur de l'ex-maire s'enrouler par terre en se demandant «papa Abega, que vais-je devenir sans toi?». Mais, dans le champ des bruissements des raisons de la mort de Théophile Abega, il n'y a pas que ses adversaires politiques qui sont indexés. L'autre jour, des confidences les plus folles affirmaient que c'est le vol par une copine du maire de ses 80 000 000 de FCFA qui aurait provoqué l'Avc qui aurait conduit au décès de Théophile Abega. De cette version, les multiples efforts du maire pour rattraper sa «petite» et récupérer son fric ont été improductifs. A Kondengui, Nkomo, Biteng et autres quartiers du 4e arrondissement où la tradition occupe encore une place importante, si la disparition de l'ancien Lion indomptable est un choc, c'est la gestion de l'aspect traditionnel des obsèques qui donne des craintes les plus insurmontables. Le problème? L'épouse en 2nd noces, le divorce avec la 1ère ayant été officiellement consommé, est elle aussi-partie du foyer conjugal depuis près de 02 mois. Des sources la disent dans un pays occidental. Si tant est que Théophile Abega était déjà considéré comme un patriarche, comment se déroulera cette cérémonie traditionnelle quand on sait que M. le maire était «célibataire» depuis deux mois?

Autant de choses, agrémentées des guerres fratricides qui vont s'accentuer pour le remplacement du défunt à la mairie et à la section Rdpc qui vont renvoyer à n'en point douter aux calendres grecs le programme des obsèques de ce digne fils du Mfoundi... Bâtiment flambant neuf de la mairie? Dans la ribambelle de commentaires les plus tendancieux nés de la chute du baobab Abega, la gestion de l'ex-maire ne manque pas également de passer au scanner. Ici, ce sont les réticences de l'ancien maire à faire entrer la mairie dans le bâtiment flambant neuf, en attente des finitions, construit par le prédécesseur de Théophile Abega, Mme Ottou qui font jaser.

Même les menaces de l'autorité administrative du département du Mfoundi, qui aurait sommé Théophile Abega de déménager le siège de la mairie pour le building inoccupé d'Ekounou, sis à côté de l'entrée Lycée d'Ekounou, sous peine d'attribuer le bâtiment au service de la sous-préfecture n'arrivaient pas à faire bouger M. le maire Lion indomptable. De l'entourage du disparu, on confie que l'ancien homme fort de Yaoundé 4 était entrain de négocier des centaines de millions de FCFA au Feicom pour les simples finitions de la bâtisse. De ces bouches, ces négociations étaient sur le point d'aboutir. Théophile Abega devait donc avoir une occasion de se mettre pleins les poches. Dans n'importe quel bout que les raisons de la mort de Théophile Abega sont envisagées, on se rend bien compte que l'on est en plein dans ce que votre hebdomadaire l'Anecdote qualifie depuis quelques semaines de «La tragédie des Béti orchestrée par les Béti». A travers une enquête qui met à nu les guerres fratricides, trahisons, mesquineries, fourberies, sorcellerie...qui caractérisent les fils Beti Théophile Abega aujourd’hui comme d'autres hier, à quel autre fils de la tribu Béti demain...?



Théophile Abega: Le «Docta» dans ses œuvres

Du football à la politique, qui l'emportera? Théophile Abega Mbida aura été un acteur exceptionnel dans l'exercice des deux passions de sa vie. Retour sur une vie quoique courte mais bien remplie.

Vendredi 9 juillet 1954, le petit village de Nkomo à Yaoundé voyait naître aux premières heures de la journée Théophile Abega Mbida. A 24 ans, celui qui se comptera plus tard parmi les plus grandes figures du football camerounais commence à faire montre d'un talent hors du commun. Son père qui lui préférait une carrière de médecin va très vite déchanter. Car de 1978 à 1984, soit 6 années durant, Théophile Abega émerveille les spectateurs et supporters du «Canon sportif de Yaoundé». Club qu'il retrouvera après de longues années passées dans le modeste club de «Colombe de Sangmélima». Doté d'une aisance technique, d'un touché de bal inhabituel, d'une intelligence de jeu rare, le jeune Abega devient incontestablement titulaire au sein des «Mekok Mengonda» comme milieu de terrain. Il ne restera pas longtemps dans l'ombre car à 30 ans, il devient le capitaine de l'équipe nationale du Cameroun. C'est d'ailleurs lui qui conduira l'équipe qui offrira le 1er sacre continental aux Lions indomptables du Cameroun face aux Super eagle's du Nigeria, en Côte d'ivoire sur un score de 3 buts contre 1. Sacré meilleur joueur de cette compétition, l'homme qui aura brandi pour la première fois un trophée de Coupe d'Afrique dis nations pour le Cameroun se verra aussi élire ballon d'or africain la même année. Convaincu qu'il a survolé le continent noir, Théophile Abega s'envole pour la France et précisément pour Toulouse pour entamer une nouvelle aventure professionnelle. Il y passe une saison et va voir en Suisse dans le club de Vevey. Malheureusement, son aventure européenne tournera très courts 3 années seulement à cause d'une fracture du genou contracté lors de la Can égyptienne de 1986. De retour au Cameroun, il reprend avec les rouge et vert de Nkoldongo, club dans lequel il se forge un palmarès éblouissant. 3 fois champion, du Cameroun en 1979-1980 et 2 ans plus tard, vainqueur de la Coupe du Cameroun en 1978 et 1983. Double vainqueur de la ligue des champions de la Caf en 1978 et 1980 puis vainqueur en 1979 de la coupe d'Afrique des vainqueurs de coupe. A cela on peut ajouter plusieurs autres distinctions sportives individuelles.


Des stades aux pupitres

Bien qu'ayant arrêté sa carrière comme joueur, « Docta » reste très proche du club. Il y passe d'ailleurs 19 ans à sa tête. Mais en 2009, sa gestion est jugée opaque par le conseil des sage du Pika-Kum, Théophile Abega décide alors de passer à «autre chose». Il s'agissait précisément de la chefferie traditionnelle de 3ème degré de Nkomo avec en toile de fond la mairie de Yaoundé 4e dont il deviendra le 1er magistrat municipal au lendemain des législatives et municipales de 2007. Son ascension politique continuera de manière fulgurante, puisqu'en septembre 2011 à l'issue du Congrès du Rdpc, il est nommé membre titulaire du Comité central de ce parti. Certaines langues font état de ce que celui qui s'en est allé, devait dans les prochains jours devenir titulaire d'un poste ministériel. Lequel? Dans tous les cas, sa forte implication politique et ses relations dans le sérail le prédis posait à de hautes fonctions étatiques. Homme d'exception, Théophile Abega laisse malheureusement une œuvre inachevée... Sa mort soudaine laisse un immense trou dans sa famille, ses pairs politiques et surtout dans les milieux footballistiques nationaux. Théophile Abega s'en est allé, il avait 58 ans.

JEAN EMMANUEL MANGA

NKABEST | L'Anecdote
Mercredi 28 Novembre 2012
La Dépêche d'Abidjan



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