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Diallo Ticouaï Vincent, président de la Fitp et du Soleil de Cocody : «Les impôts que payent les Ivoiriens doivent aussi servir à construire des salles de spectacle»

La Journée mondiale du théâtre (Jmt), version ivoirienne. Il faudra s’y attendre sur une semaine à Abidjan, du 27 mars au 6 avril 2013, à l’Hôtel de la culture, anciens locaux de la mairie de Cocody, si l’on en croit Vincent Diallo Ticouaï qui prépare l’événement avec la structure Dtv Fm, sous l’égide de la Fédération ivoirienne de théâtre professionnel (Fitp), deux structures qu’il dirige.


Diallo Ticouaï Vincent, président de la Fitp et du Soleil de Cocody : «Les impôts que payent les Ivoiriens doivent aussi servir à construire des salles de spectacle»
Durant cette manifestation, selon Viencent Ticouaï, différents prix seront décernés aux pionniers du théâtre en Côte d’Ivoire, qu’ils soient vivants ou morts, sur fond d’une animation qui sera assurée par l’orchestre Harmonie de l’Institut national supérieur des arts et de l’action culturelle (Insaac). Entre autres futurs récipiendaires, le président de la Fitp coche Bernard de Yancali, Bitty Moro, Antoine Soudé, Jean-François Eyou, Kodjo Ebouclé, Mathieu Attawa, Alexis Don Zigré, Lance Touré, Camarah H, Bienvenu Néba, Sikiki Bakaba, Albertine N’Guessa, Thérèse Taba, Lucie Dagri, Atchori Memel, Adjé Daniel, Wèrè-Wèrè Liking-Gnépo et Jeanne Banna. Ils recevront précisément, comme trophées, des pagnes et des boubous. «En Afrique, quand on pose un grand acte dans la société, on n’offre pas d’argent en récompense. On tend des présents ou des habits de valeurs tels que du kita. C’est la façon la plus retentissante d’honorer le mérite des uns et des autres», explique Diallo Ticouaï Vincent.
Trois principaux spectacles sont également inscrits au programme de ce rendez-vous dont Vincent Diallo veut profiter pour donner un coup de fouet à l’activité théâtrale en Côte d’Ivoire. Seront en attraction, promet-il, les comédiens de l’Insaac dans une mise en scène de Vagba Dessales. Maï La Bombe, auteur et metteur en scène de la pièce «La tour de contrôle» sera rejointe par Adrienne Koutouan Marie-Louise Asseu, Guéhi Thérèse Gbazé et Amélie Wouabéhi Zaguet dans un spectacle cent pour cent féminin. Le public retrouvera également le Théâtre des Ambassadeurs d’Abobo à travers «Profession : ménagère» de Bamba Major, alors que «L’impossible voisinage» de Vincent Diallo Ticouaï sera interprétée par Le Soleil de Cocody dans une mise en scène de l’auteur. En filigrane, comme pour marquer que la relève est garantie au plan national, le comédien annonce la participation des élèves-dames du Lycée Sainte-Marie de Cocody.

Opération 1 million d’Ivoiriens

«A la suite de cet événement, et face à nos difficultés financières, nous allons lancer l’opération «1 million d’Ivoiriens» à raison de 100 Fcfa par tête pour la mise en place d’un Fonds d’aide à la création. Certes, ce fonds est déjà disponible au ministère de la Culture et de la Francophonie, mais nous allons demander encore des efforts aux contribuables pour sauver le théâtre en Côte d’Ivoire. Et ce fonds sera recueilli au cours d’une grande cérémonie qui de déroulera au siège de la Fitp, à l’Hôtel de la Culture, à Cocody», lance-t-il. A cette occasion, nous expliquerons les critères d’attribution des sommes que nous auront recueillies aux troupes et compagnies à vocation professionnelle, afin de permettre la création de pièces, selon un calendrier bien déterminé. Ainsi, chacune des 10 troupes membres-de la fédération sera en mesure de proposer au public, un spectacle à Abidjan, à Yamoussoukro et à Daloa où elles sont basées», ajoute Ticouaï.

Le comédien, metteur en scène et auteur, précise que programme n’a rien de commun avec le projet «Pôle Théâtre» initié par le ministère de la Culture et de la Francophonie dont il est nommé délégué. Diallo Ticouaï insite sur une action à mener par la Fitp et les raisons qui la sous-tendent à côte de sa rivale, la Fédération nationale de théâtre (Fenath). «Nous sommes en démocratie où on n’est pas obligé d’avoir les même approches. De toute façon, la classification s’impose et nous pensons qu’en toute chose, il faut faire ses preuves avant d’entrer dans la grande maison. Pour Diallo Ticouï, cela suppose qu’il faut avoir avant tout un minimum de profile professionnel et vivre pleinement de théâtre, avec des créations professionnelles dans les règles de l’art, être reconnu, avoir un programme annuaire à respecter, honorer ses engagements salariaux envers ses employés. Le directeur du Soleil de Cocody ne donne pas dans la dentelle, estimant que ne se proclame professionnel qui veut. «Le public du théâtre est un grand public. Le théâtre est une science qui ne se joue pas n’importe où. Il a besoin d’une scène, d’un parterre, d’une régie son et lumière et des coulisse», argumente-t-il, déplorant que toutes ces conditions ne soient pas aujourd’hui réunies sur les bords de la lagune ébrié. Ce qui l’amène, naturellement à se projeter : «Plus tard, avec l’Opération, nous voulons commencer à y remédier pour laisser à nos héritiers quelques commodités. J’ai pour vocation de ne jamais demander. Par le passé, on m’a donné ce que je méritais».
Se refusant d’admettre que le théâtre n’est ni en crise, ni en déclin en Côte d’Ivoire, Diallo Ticouaï met quiconque au défi de lui montrer «un secteur d’activités qui n’aie pas été affecté par la crise meurtrière ivoirienne depuis l’an 2000. «Le théâtre a connu des difficultés mais n’a jamais été en déclin», soutient le comédien. Et cette question de survie, selon lui, est imputable à l’insécurité grandissante en Côte d’Ivoire, la quasi inexistence de scènes de proximité et à la cherté de la vie en général.

Quelle posture faut-il adopter face à cette situation critique dans laquelle le théâtre se trouve plongé ? La réponse de Vincent Ticouaï qui se souvient que ses derniers spectacles remontent à 1999, à l’ex-Ataci (Abidjan) et au Centre culturel Jacques Acka de Bouaké, est nette : «Nous allons parler à l’Etat. Nous n’allons pas quémander. Nous allons dire à l’Etat que les impôts que payent les Ivoiriens doivent aussi servir à construire des salles de spectacles, des centres culturels, des bibliothèques et des salles de cinéma. On n’a pas d’espace de diffusion, ne seraient-ce de 500 à 1000 places. Et pourtant, nous avons encore des créations. Nous allons nous battre pour rencontrer le ministre de l’Enseignement supérieur pour récupérer le Théâtre de la Cité (Cité Rouge) de Cocody.

«Je ne doute pas du tout, il ne faut pas faire les choses dans la précipitation»

Par ailleurs, bien qu’il trouve naturel qu’un comédien se retrouve au cinéma, surtout lorsque ce dernier «est bien formé», Diallo Ticouï déplore que ce genre de reconversion ou de passage se fasse de manière fantaisiste. «La vidéo n’est pas du cinéma. Le cinéma a une couleur. Il n’y a plus de rigueur», accuse-t-il à l’endroit de certains aventuriers du 7ème Art.
Au niveau du Pôle Théâtre d’excellence, le président de Fitp assure que pour son bon fonctionnement, «es moyens arrivent» et que son devoir primordial consiste à faire des propositions, selon les possibilités du ministère. «Le ministère a une vision qui est celle des hommes d’abord et conformément aux besoins ensuite. J’ai été plusieurs fois été reçu. Il m’a rassuré. Nous sommes inscrit au budget 2013. Je ne doute pas du tout, il ne faut pas faire les choses dans la précipitation», rassure Vincent Ticouaï, regrettant l’époque du défunt journaliste et critique d’art, Jérôme Diégou Bailly, et autres dont les critiques acerbes ne laissaient aucune chance aux créateurs de se complaire dans le légèreté, au moment où ils ont encore tout à apprendre.
Seulement on ne voit rien venir. Et quand on sait que le gouvernement d’Abidjan excelle dans le pipo, des raisons de se demander si ce projet ne restera pas lettre morte existent.

Schadé Adédé
In Notre Voie
Mardi 12 Mars 2013
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Arts et Cuture
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