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Cybercriminalité : Dans le secret des « brouteurs » à Yamoussoukro

Selon des statistiques, la Côte d’Ivoire arrive au premier rang en matière de cybercriminalité. A Abidjan, comme dans toutes les grandes villes du pays, le phénomène est réel. Ces cybercriminels sont affectueusement appelés « brouteurs». Qui sont-ils ? Où se recrutent-ils ? Comment sont-ils organisés ? Que gagnent-ils ? Nous avons infiltré ce milieu, dans la capitale politique et administrative.


Cybercriminalité : Dans le secret des « brouteurs » à Yamoussoukro
Il est 19 heures, ce lundi. Nous voici dans un cyber café de la place. Tous les postes sont occupés. En face de la dizaine d’écrans, des jeunes. Ils sont pour la plupart élèves et étudiants. Leur âge varie entre 15 et 32 ans. Ce sont des « brouteurs ». Ils ont un look qui ne passe pas inaperçu. Dreads, cheveux ébouriffés, boucles d’oreille, barbichette dressée en forme de couronne, pantalon sauté, pantalon taille basse...Bref tout y passe.

Les « brouteurs » peuvent passer plusieurs heures devant l’ordinateur. Nous avons fait le constat Après plus d’une heure d’attente, quelques ordinateurs sont libérés. Nous pouvons enfin nous installer et surfer. Nous n’avons pas le temps de nous connecter, quand surgit Max, un autre « brouteur ». Il occupe le poste d’à côté. Apparemment, ce n’est pas un étranger en ce lieu. « Je suis venu bara » lance-t-il aux autres surfeurs, pour dire qu’il est là pour travailler. C'est-à-dire « brouter ».
Un clic, deux clics. Mon voisin est en conversation sur Messenger avec un correspondant. Ce dernier apparaît sur l’écran. Il porte une casquette et des écouteurs. Son visage laisse transparaître l’image d’un homme qui se suffit et prêt à toutes sortes de folies. Ce dernier doit être un arabe. Son français approximatifs et son expression l’indiquent. Vu les propos du genre « ton numéro », « tu vé pas lamour arab chaud ? ». Vraisemblablement, Max s’est fait passer pour une femme. Quelques instants après, le correspondant donne son contact téléphonique. C’est la joie dans le cyber. Les camarades de Max accourent et l’aident à relever rapidement le numéro. Le correspondant insiste pour qu’il l’appelle. Mais le « brouteur » trouve des subterfuges pour s’échapper.

Le temps de trouver les moyens nécessaires pour le faire. Pour ne pas nous faire remarquer, nous sortons du cyber. Quand nous revenons dans le même cyber quelques semaines après, l’on nous apprend que l’un des « brouteurs » a reçu un mandat de la part de son correspondant qui croit avoir à faire à une femme. Dans le jargon du milieu, ce coup réussi s’appelle le « Kassa ».
Scène identique dans tous les cybers que nous avons visités. Les « brouteurs » ont les mêmes techniques et la même solidarité. A en croire Sargone, le pseudonyme d’un arnaqueur du net, les « brouteurs » sont très patients. « Des fois, le correspondant doute. Mais avec le temps, il finit par céder, explique-t-il. Ajoutant qu’ils disposent de plusieurs techniques.

Généralement, ils se font passer pour des filles. Et les amoureux ou les pervers se font avoir facilement. Pour y arriver, certains téléchargent des albums de professionnelles du sexe sur des clés USB. Ce sont ces images qu’ils expédient lorsque la proie veut des preuves. « Souvent, nous nous faisons aider par de jeunes filles qui sont généralement nos camarades. Quand il s’agit de donner le nom pour recevoir l’argent, elles prêtent leurs identités et le tour est joué », explique notre compagnon du interlocuteur. Et quand le correspondant s’exprime en anglais ou en espagnol par exemple ? Sargone répond qu’ils traduisent le texte à partir de Google.

Les 24 heures passées en compagnie de ces « amis peu recommandables » nous ont permis de savoir que ceux-ci maîtrisent tous les logiciels. Mais parfois, il arrive que le « brouteur » tombe sur un correspondant qui est lui aussi arnaqueur. « L’un de nos amis a été une fois victime. Alors qu’il avait réclamé 1000 euros, son correspondant lui a promis 1500 euros. Celui-ci devait lui envoyer le code de transfert le lendemain. Séance tenante, notre ami a commandé une moto. Le lendemain lorsqu’il s’est retrouvé devant l’écran, son correspondant avait fermé sa boîte. Il n’a plus eu de contact avec lui, jusqu’à ce jour », raconte le jeune Alexandre. Il signale qu’ils en font autant, une fois qu’ils ont réussi un « Kassa ». A malin, malin et demi…

KOFFI KOUAME
Agence de Yamoussoukro in FRATERNITE MATIN


Mercredi 16 Janvier 2013
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1.Posté par Labesse isabelle le 12/10/2014 20:46 (depuis mobile) | Alerter
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Question : existe t il des brouteurs blancs ....

2.Posté par l''ami le 26/11/2019 02:20 (depuis mobile) | Alerter
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Moi je viens vous faire part de ma tristesse .il ya 2 semaine j étais victime d''un arnaqueur blanche du nom de Daniella soit disant directrice d''une entreprise qui aufre des emplois en europ.. J''appelle vigilance a tout les jeunes diplômé d''Afrique

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