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Cybecriminalité : LA POLICE ARRÊTE UN « VENDEUR DE... MARIS »

Sa profession pourrait se voir attribuer trois qualificatifs : vendeur de rêves, marchand de maris ou commerçant d’argent. Tant tous résument parfaitement ses activités. Marschal Toni Brouo est aux arrêts depuis hier. Il a été cueilli à Yopougon, par la police scientifique, alors qu’il s’apprêtait à allonger la liste de ses victimes.


Cybecriminalité : LA POLICE ARRÊTE UN « VENDEUR DE... MARIS »
Comment opérait ce cyber escroc ? Sa dernière histoire est édifiante.
Brouo entre en contact avec une jeune fille sur le site de rencontres Badoo. Il se fait passer pour un diplomate bulgare, en mission pour le compte de l’Onu en Côte d’Ivoire. Il avance que pour des raisons de sécurité, il est obligé de demeurer sur le site de l’Onuci à Sebroko. Mais manifeste le désir d’épouser une Ivoirienne avant son départ du pays. La jeune dame mord à l’hameçon. Elle demande même 5.000 euros, soit 2,28 millions de Fcfa, pour ses courses et s’apprêter pour le grand jour. L’escroc de l’Internet indique, pour sa part, une agence (fictive) matrimoniale qui se trouverait en Zone 4, pour…enquête de moralité. Il donne le numéro. Et quand la jeune dame appelle, tout naturellement, c’est l’escroc qui est son interlocuteur. Rendez-vous est pris, non pas à l’agence, mais à Yopougon. Le cybercriminel avance qu’il doit coucher avec sa victime afin d’attester de sa santé et convaincre le diplomate. Au cours de la causette qui a lieu dans un maquis, il réussit à glisser une substance dans le verre de la dame. Cette dernière se retrouve nue dans une chambre d’hôtel avec le sentiment que son agencier a abusé d’elle. Il recueille son urine pour des analyses. Quelques temps après, il appelle sa proie, pour annoncer que le Bulgare a promis de verser les 5000 euros. Toutefois, l’argent doit passer par l’agence et les commissions s’élèvent à 10%. La jeune fille paie alors à son bourreau 230.000 Fcfa et lui laisse son portable comme gage pour règlement de frais annexes. Mais depuis, plus rien. Elle se rend à l’évidence qu’elle vient d’être grugée. Sa sœur et elle décident d’aller à la recherche de l’escroc. Elles ne cherchent pas loin : utiliser la même méthode, sur le Net, pour le retrouver. Le profil de l’escroc en poche, la soeur ne tarde pas à se faire remarquer par Brouo. Ce dernier lui donne rendez-vous, à Yopougon, pour une prise de contact. Seulement, cette fois, la potentielle victime n’était pas seule. La police, ayant eu vent de l’affaire, met en place un dispositif adéquat. Le vendeur d’illusions tombe du coup dans la souricière. L’opération menée rondement par la police scientifique est la première de l’année 2012. Cette équipe d’enquêteurs fait partie de la Plateforme de lutte contre la cyber criminalité (Plcc). Celle-ci comprend les techniciens de l’Agence de télécommunications (Atci), les polices scientifique et économique. La Plcc est le fruit d’un partenariat entre la direction de la police nationale et l’Atci.

ADAMA KONÉ in Frat-Mat

Jeudi 12 Janvier 2012
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