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Côte d'Ivoire : les vérités de Bertrand Delanoë

Lors de sa visite en Côte d'Ivoire, du 25 au 27 novembre, le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, ne s'est pas privé d'exprimer clairement des griefs à l'encontre du pouvoir d'Alassane Ouattara.


Côte d'Ivoire : les vérités de Bertrand Delanoë
En visite en Côte d’Ivoire du 25 au 27 novembre pour le 32e congrès de l’Association des maires francophones (AIMF), Bertrand Delanoë, maire de Paris et actuel président de l’organisme, n’a pas hésité à assener publiquement quelques vérités crues aux autorités ivoiriennes. Très en verve lors d’une conférence de presse qui s’est tenue le 27 octobre au soir dans un hôtel d’Abidjan, il s’est laissé emporter par des déclarations qui ont mis mal à l’aise Beugré Mambé (gouverneur du district d’Abidjan) et Augustin Thiam (gouverneur du district de Yamoussoukro), deux barons du régime ivoirien. Petit florilège.

« Je ne suis pas en Côte d’Ivoire, pour soutenir un parti. Je suis pour la démocratie et pour le respect du peuple. (…) Les dirigeants de Côte d’Ivoire ont le devoir de rassembler. (…) Il faut respecter le pluralisme. La Côte d’ivoire sort du traumatisme d’une guerre civile, il y a eu des morts. La CDVR [Commission vérité, dialogue et réconciliation, NDLR] doit rassembler des gens qui ne pensent pas pareil. (…) La justice doit être indépendante, elle ne doit pas être un instrument politique. Si nous sommes les représentants d’un clan, nous ne pouvons pas rassembler. Il y a des améliorations à faire. Dans un État de droit, il faut une justice indépendante qui ait le courage, sans esprit de vengeance, de sanctionner ceux qui ont commis des fautes d’où qu’elles viennent ».

"Justice des vainqueurs"

Le maire socialiste de Paris faisait clairement allusion à la « justice des vainqueurs » que l’opposition accuse le pouvoir de mettre en oeuvre. Bien que les crimes durant la crise postélectorale aient été commis par les camps de Laurent Gbagbo et de Alassane Ouattara, seuls ceux du premier font pour l’instant l’objet de procédures judiciaires. Environ une centaine de proches de l’ex-président, qui a lui-même été transféré à la CPI, sont en détention.


Par Baudelaire Mieu, à Abidjan in Jeuneafrique.com






Voulant soutenir Alassane Ouattara: Delanoë s’égare sur l’ampleur du drame ivoirien


Le maire de Paris et président de l’Aimf, Bertrand Delanoë, a raté le coche, lundi dernier, en voulant démontrer son soutien à Alassane Dramane Ouattara.

Les maires de l’espace francophone réunis au sein d’une association internationale utilitaire dénommée Aimf ont ouvert leur 32ème Assemblée générale, le lundi 27 novembre dernier, à l’hôtel Ivoire d’Abidjan-Cocody. A cette occasion, M. Bertrand Delanoë, maire de Paris (France) et président en exercice de cette association, a tenu des propos qui méritent des commentaires. Pour la mémoire des victimes (femmes, enfants et hommes) de la rébellion armée et des milices armées pro-Ouattara, pour le respect du combat incessant mené par les Ivoiriens, depuis avril 2011, en faveur de la démocratie, l’Etat de droit et les droits humains en Côte d’Ivoire. Sans doute mu par la volonté de soutenir publiquement un acteur françafricain en mal de légitimité, Bertrand Delanoë a tenu les propos suivants : «la Côte d’Ivoire mérite le meilleur. La Côte d’Ivoire a surmonté la crise par la démocratie, par la sagesse de son Président élu, son Président issu du suffrage universel, son président légitime, pour rassembler la nation ivoirienne». Que dire d’une telle déclaration ? pure démagogie. Elle flatte certes l’égo du destinataire et contente ses partisans, mais en vérité, elle s’écarte dangereusement des faits.
Certes, Alassane Ouattara dirige la Côte d’Ivoire en tant que chef de l’Etat mais peut-on vraiment soutenir qu’il a été élu démocratiquement ? Le scrutin présidentiel de 2010 fut entaché de graves irrégularités et de fraude. Même la proclamation des résultats n’a pas échappé à cette sordide réalité. Il a fallu une guerre avec l’intervention de l’armée française et de l’Onu en faveur d’un camp pour assujettir l’autre. Et imposer un dirigeant à la Côte d’Ivoire voulu, en définitive, par la communauté internationale. La volonté des Ivoiriens n’a pas constitue la préoccupation. Au quel cas, on aurait choisi une option démocratique et apaisée qui est le recomptage des voix. Une option qui a triomphé en Haïti et même dans la grande démocratie mondiale que sont les Etats-Unis d’Amérique. Une option qui s’est brutalement imposée aux Français à travers l’élection à la présidence de l’Ump.
De toute évidence, la démocratie n’a pas été utilisée en Côte d’Ivoire pour sortie de l’imbroglio. Le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë ne dit donc pas juste lorsqu’il affirme que « la Côte d’Ivoire a surmonté la crise par la démocratie».

Ni crise surmontée, ni meilleur obtenu

Ce qui a pris fin en Côte d’Ivoire, c’est la rébellion armée et la guerre postélectorale avec la victoire militaire du camp Ouattara appuyé par la France et l’Onu. La crise, quant à elle, demeure. Plus profonde que jamais au double plan social et politique. La Côte d’Ivoire ne l’a pas encore surmontée et la gouvernance Ouattara faite de tribalisme (rattrapage), de violations des droits humains, de Justice des vainqueurs etc. n’est pas un gage pour venir à bout de cette situation. En tant qu’homme politique français, M. Delanoë suit la crise qui déchire l’UMP, le principal mouvement politique français de droite précédemment dirigé par Nicolas Sarkozy, ancien Président français. Face à la crise qui menace l’existence de l’UMP, née d’un contentieux électoral relatif à la présidence de ce parti, c’est la voie démocratique qui est en train d’être prospectée pour sortir du gouffre. Ce n’est ni la violence ni les armes qui ont été choisies comme option. Plus de 70 députés UMP favorables à l’un des candidats, François Fillon, ont non seulement décidé de créer un nouveau groupe parlementaire «Rassemblement UMP» mais ils proposent même la reprise du scrutin dans trois mois sous l’égide d’une commission électorale véritablement indépendante. Le camp Jean-François Copé se braque sans toute fois remettre en cause l’option démocratique de sortie de crise.
En Côte d’Ivoire, face au contentieux électoral, la France et l’Onu ont écarté du revers de la main la démocratie. Du coup, le dirigeant installé est frappé d’illégitimité puisqu’une partie de la population ivoirienne ne se reconnait toujours pas en lui. Pour tenter de s’imposer à tous, le dirigeant use de dictature ; les opposants et les journalistes sont embastillés, un Etat policier et un climat de terreur sont installés, la Justice est fortement instrumentalisée, les droits de l’homme sont violés en toute impunité… La Côte d’Ivoire est loin de mériter le meilleur. Elle est de plain-pied dans le pire. Un tel tableau démontre clairement que M. Delanoë s’est lourdement égaré sur la réalité de la situation ivoirienne.
Il aurait pourtant suffi à M. Delanöé quelques minutes de lecture pour se rendre compte que toutes les Ong de défense de droits de l’homme qui font autorité dans le monde occidental dénoncent unanimement les dérives du régime qu’il est en train d’encenser. Ou alors croit-il que les critiques de Human Rights Watch, Amnesty international et International Crisis Group sont des éloges quand elles s’adressent à Alassane Ouattara ? En tout cas, les propos de M. Delanöé sonnent comme une injure pour toutes les victimes du régime actuel et principalement le peuple wê qui vit le martyre depuis l’éclatement de la rébellion armée en septembre 2002. Espérons qu’il ne reniera pas son poulain quand il s’agira d’assumer ses méfaits devant l’histoire. Or quand on voit comment Hosni Moubarak et Ben Ali ont terminé, on ne peut pas dire que les gens de la trempe de Delanöé brillent particulièrement par leur fidélité à l’amitié.

Didier Depry, in NOTRE VOIE
didierdepri@yahoo.fr



Jeudi 29 Novembre 2012
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