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La Dépêche d'Abidjan

Côte d'Ivoire : le procès de Simone Gbagbo aura-t-il lieu ?

Le procès de Simone Gbagbo et de ses 82 coaccusés devait s'ouvrir le 22 octobre, mais il a été reporté sine die. Manque de préparation de la justice ivoirienne ? Précipitation des autorités pour devancer la CPI ? Certains commencent à douter que le procès pour atteinte à la sûreté de l'État se tienne jamais.



 Côte d'Ivoire : le procès de Simone Gbagbo aura-t-il lieu ?
Le 22 octobre, alors que le tout Abidjan n'attendait que l'ouverture du procès de Simone Gbagbo et de ses 82 autres co-accusés, le gouvernement annonçait le report sine die des audiences. En promettant cependant que le procès se tiendrait... bientôt. Mais le temps passe et l'enregistrement des prévenus tarde. Or, il faut deux semaines minimum après la fin de l'identification pour que les audiences puissent réellement débuter. Le "procès du siècle", comme on le surnomme déjà en Côte d'Ivoire, n'est donc pas prêt de s'ouvrir.

En attendant, Simone Gbagbo, l'accusée la plus médiatique, fourbit ses armes. "Elle est assez impatiente que ce procès se tienne et elle ne va pas se laisser faire, confie Habiba Touré, l'une de ses avocates. Elle n'est pas dans un esprit revanchard et haineux, mais, si les juges viennent la chercher, elle dira : Vous voulez qu'on parle de droit ? D'accord, allons-y !" Simone Gbagbo, 65 ans, se prépare au combat.

Depuis son arrestation à Abidjan, le 11 avril 2011, et son transfert à Odienné, dans le nord-ouest de la Côte d'Ivoire, elle ne regrette rien et ne se reproche rien. Début octobre, dans la villa où Simone Gbagbo était assignée à résidence, elle a été longuement interrogée par le doyen des juges d'instruction de Côte d'Ivoire. Un autre de ses avocats, Toussaint Dako Zahui, était présent. "Elle était au point, moralement et physiquement, raconte-t-il. Elle a répondu à toutes les questions. Elle ne s'est pas débinée. Au procès, elle dira sa part de vérité."

Depuis son inculpation, le 18 août 2011 par la justice ivoirienne, l'ex-première dame de Côte d'Ivoire est poursuivie pour trois crimes majeurs : "atteinte à la sûreté de l'État, crimes de sang et crimes économiques". Mais curieusement, pour le moment, elle n'est convoquée que pour le premier chef d'inculpation, l'atteinte à la sûreté de l'État.

En clair, elle va répondre à l'accusation de ne pas avoir reconnu le verdict de l'élection présidentielle de novembre 2010 - la victoire d'Alassane Ouattara - et d'avoir provoqué la très grave crise postélectorale.

"Ce procès ne va pas concerner les crimes eux-mêmes, regrette Florent Geel, le directeur du bureau Afrique de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH). On va parler de l'État comme victime, mais pas des quelque 3 000 ou 4 000 personnes qui ont été tuées. Celles-ci seront les grandes absentes de ce procès, et c'est fort regrettable."

Simone Gbagbo va-t-elle échapper à l'accusation d'avoir commandité des crimes de sang ? "Dans les semaines à venir, nous allons ouvrir un procès dans une autre matière concernant Simone Gbagbo, avec des faits relativement connexes à la crise postélectorale", répond le ministre ivoirien de la Justice, Gnénéma Coulibaly - un proche de Guillaume Soro, le président de l'Assemblée nationale. De fait, l'inculpation de l'ex-première dame pour "crimes de sang" est examinée par un autre juge d'instruction ivoirien, qui a déjà interrogé la prévenue mais n'a pas encore transmis son dossier au parquet d'Abidjan. Le temps que la chambre d'accusation décide s'il y a lieu ou non de poursuivre Simone Gbagbo pour "crimes de sang", ce premier procès pour "atteinte à la sûreté de l'État" devrait déjà être bien entamé.

La CPI veut juger Simone Gbagbo pour "crimes contre l'humanité"

Va-t-on vers un double procès ? C'est une question clé. Au temps où la députée d'Abidjan était de facto la numéro deux du régime Gbagbo, le chef de sa garde personnelle, Anselme Seka Yapo, dit Seka Seka, était le chef présumé d'un escadron de la mort. Il est mis en cause par la justice ivoirienne dans de nombreux crimes non élucidés : la mort, le 19 septembre 2002, de Robert Gueï et de son épouse ; la tentative d'assassinat, le même jour, d'Alassane Ouattara et de son épouse ; les assassinats ciblés, à la même époque, de plusieurs personnalités de l'opposition, dont le docteur Benoît Dacoury-Tabley ; l'enlèvement, le 16 avril 2004, de Guy-André Kieffer, probablement tué dans les heures qui ont suivi.

Ce jour-là, c'est Michel Legré, le beau-frère de Simone Gbagbo, qui a servi d'appât pour le kidnapping du journaliste français. Cette question clé des crimes de sang est au coeur du bras de fer actuel entre la Côte d'Ivoire et la Cour pénale internationale (CPI). Celle-ci veut juger Simone Gbagbo pour "crimes contre l'humanité". En février 2012, la CPI a donc lancé contre elle un mandat d'arrêt - ce qui fait de l'ex-chef du groupe parlementaire du Front populaire ivoirien (FPI) la première et unique femme à être poursuivie par le tribunal de La Haye.

Aussitôt, le président Ouattara a dit qu'il ne souhaitait pas livrer la prisonnière d'Odienné à la CPI. Peur d'être le premier chef d'État à envoyer une femme devant cette cour, peur de devoir ensuite transférer à La Haye des gens de son propre camp... Les raisons d'Alassane Ouattara sont multiples. Ce qui est sûr, c'est que, depuis 2012, il a été approché par plusieurs chefs d'État africains. "Ils lui ont dit qu'en Afrique ça ne se faisait pas de livrer une maman, et que, quoi qu'elle ait fait, on devait la respecter", confie un conseiller du président ivoirien.

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Mercredi 29 Octobre 2014
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