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Côte d’Ivoire : l’investiture d’Alassane Ouattara pour briguer un troisième mandat suscite des violences dans le pays

Le président candidat a mené une démonstration de force à Abidjan, samedi, vantant son bilan et accusant l’opposition de fomenter les violences qui émaillent le pays.


La chaleur était écrasante dans le stade Félix-Houphouët-Boigny d’Abidjan. Outre les effets du soleil d’août, le lieu était surchauffé aussi par des dizaines de milliers de militants du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) – parti au pouvoir – venus assister à l’investiture de leur candidat, le chef de l’Etat Alassane Ouattara (« ADO »), pour la présidentielle d’octobre.
Profitant de ce qui avait été pensé comme une démonstration de force, le chef de l’Etat, qui s’est au passage félicité du bilan de ses deux premiers mandats, a surtout tenté de répondre aux nombreuses interrogations suscitées par sa candidature. Depuis cette annonce le 6 août, le pays a enregistré des violences et des tensions.
Comme pour reposer le contexte, le président a commencé son discours par une minute de silence en l’honneur de celui qu’il appelle encore aujourd’hui son « fils », l’ancien premier ministre Amadou Gon Coulibaly, décédé brutalement d’un infarctus le 8 juillet. Homme de confiance d’Alassane Ouattara durant près de trente ans, M. Coulibaly était son successeur désigné, celui qui devait prendre la relève.

Candidature sacrifice

Aux nombreux militants qui affichaient sur leur tenue les initiales « AGC » de l’ancien premier ministre, le président a expliqué que c’est en raison de ce funeste événement, qualifié de « cas de force majeure » qu’il a dû revenir sur sa promesse du 5 mars de renoncer à la présidentielle. Cette décision avait été alors unanimement saluée par la classe politique ivoirienne. Estimant par ailleurs « qu’il était difficile dans ce calendrier très serré de quatre semaines d’organiser des primaires pour désigner un candidat de substitution qui fasse l’unanimité au sein du parti », Alassane Ouattara a qualifié sa décision de briguer un troisième mandat, de « sacrifice ».

Mais l’unanimité dont il dit bénéficier au sein de son parti est loin de se vérifier au niveau national. A rebours de l’image d’un président « moderne » qu’il voulait laisser, sa candidature, jugée inconstitutionnelle par l’opposition et de nombreux observateurs, cristallise en effet les tensions.
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Dimanche 23 Août 2020
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