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Côte d'Ivoire - Région du Bounkani : Les communautés Lobi et Koulango sur le pied de guerre: • Un chef de village enlevé et battu

Les peuples LOBI et Koulango vivant dans la région du Bounkani sont en ce moment sur le pied de guerre. Au centre de cette affaire, l'on parle de l'enlèvement d'un chef de village LOBI par des jeunes Koulango, puis conduit à la Brigade de gendarmerie de Bouna où ledit chef aurait été gardé pendant deux jours pour avoir refusé d'exécuter l'ordre du roi de Bouna. Mais comment en est-on arrivé à cette situation qui fragilise la paix sociale dans la région ? Voici les faits.


Côte d'Ivoire - Région du Bounkani : Les communautés Lobi et Koulango sur le pied de guerre: •  Un chef de village enlevé et battu
Selon des témoins, cette fragilisation de la paix sociale dans le Nord-est serait partie du comportement déplorable du Préfet de Région, Préfet du Département de Bouna qui, le 29 Février dernier, lors de la cérémonie d'installation du sous-préfet du village de Ondefidouo ( localité située dans la zone Kolodio-Bineta) dit "Zkb", aurait tenu des propos malveillants à l'encontre de la communauté LOBI. Et ce, en présence de notables Koulango qu’il avait pris soin d'inviter à cette cérémonie à travers une forte délégation.

En effet, dans son discours solennel, le représentant de l'État aurait lancé à la face du peuple LOBI que ce dernier n'est propriétaire d'aucune terre dans la région, et que c'est à lui seul que revient le droit exclusif de délivrer un arrêté de nomination de chef de village au gré de son pouvoir discrétionnaire, comme le mentionne le document dont nous avons eu copie.

Depuis lors, la communauté LOBI très choquée et indignée par les propos du Préfet savait que les jours à venir ne seraient pas tranquilles pour elle. Leurs frères Koulango, ragaillardis par ce discours se voyaient dès lors en terrains conquis. Et c'est dans cette atmosphère délétère que ce mardi 21 Avril dernier, au moment où les habitants de Harpoutedouo, village LOBI dont le chef, un sexagénaire père de quarante enfants, s'attendaient le moins à une attaque, sera envahi par des ravisseurs. Des individus, tous jeunes, armés d'armes blanches, de fusils de chasse et des pistolets, font irruption dans le village vers 14h, et saisissent le vieux chef sexagénaire qu'ils ligotent, et quittent les lieux en menaçant les quelques habitants qui n'ont pu vaquer ce jour-là aux travaux champêtres. En un temps record, la nouvelle fait le tour de la région. Mais les habitants se demandent où a été conduit leur chef.
C'est dans cette panique qu'ils apprennent que leur chef a été conduit d'abord dans le village de Vonkoro par ses ravisseurs, tous des Koulango, avant d'être conduit à la Brigade de gendarmerie de Bouna où il sera écroué.

À en croire nos sources, le chef de village aurait été victime de sérieux sévices corporels dans le village de Vonkoro, avant d'être conduit à la gendarmerie où il est gardé comme un vulgaire bandit.

Informé de la situation, le Substitut du Procureur, toujours selon nos informateurs, dit n'avoir jamais émis de mandat d'arrêt contre ce chef. Il affirme aussi qu'aucune enquête n'a été ouverte contre lui. Alors, la question que l'on se pose est la suivante : qui a ordonné l'arrestation du chef du village de Harpoutedouo?

Dans la recherche de la réponse à cette préoccupation, les villageois apprennent par la voix du Commandant de Brigade de la gendarmerie de Bouna que "cette arrestation serait consécutive au refus du chef du village de répondre à une convocation du roi de Bouna, sa Majesté NIGUÉ Gbliman, au sujet d'un site d'orpaillage clandestin dans le village de Harpoutedouo", mentionne le document en notre possession. Le vieux chef a, dit-on, refusé de signer un document fait en deux exemplaires et émis par le roi de Bouna, au risque de voir les nombreux bois de vène être abattus et le site d'orpaillage être exploité sauvagement ; puis livrer son village à la famine avec la destruction des cultures agricoles par les exploitants.
C'est donc cette raison qui a poussé le chef sexagénaire à ne pas signer le document du roi parce qu'ignorant son contenu. Soulignons que ledit document aurait été apporté par un émissaire du roi accompagné de deux éléments de la Brigade de gendarmerie commis par le commandant lui-même.

L'enlèvement du chef du village et le traitement honteux subi par ce dernier a suscité une onde de choc et de colère qui a failli entraîner un soulèvement du peuple LOBI de la région et vivant dans d'autres contrées du pays. Mais le calme est revenu grâce à l'intervention des cadres et élus de la région. Ce calme reste cependant précaire car le sentiment de vengeance est encore perceptible sur le terrain.
C'est pourquoi cadres, élus et jeunes LOBI du Bounkani appellent le Président de la République Alassane Ouattara à user de son pouvoir pour régler cette affaire qui met la cohésion sociale en péril. Ils lancent également un appel à leurs parents LOBI au calme et à la retenue afin d'éviter que le pire ne se reproduise entre les deux communautés appelées à vivre ensemble.

José Teti, Correspondant permanent à Abidjan

Mardi 28 Avril 2020
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1.Posté par Prao le 01/05/2020 02:30 | Alerter
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Trop passionné et fougeux le traitrement de l'information dans cet article. Plein d'adrénaline à même, non d'apaiser le lecteur lobi, mais de jeter l'huile sur le feu.

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