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La Dépêche d'Abidjan

Côte d’Ivoire : PLUTÔT LE SILENCE QUE DES HOMMAGES


Amadou Gon Coulibaly ne mérite pas des hommages mais seulement le silence pour ne pas creuser encore plus le fossé qu'il a, de son vivant, creusé entre les ivoiriens du nord qui le pleurent, parce qu'il est leur frère, et les autres qui, faut-il le rappeler, ont été chassés de cette région du pays en 2002 quand ils n'ont pas été tués. À Korhogo, ville dont il fut le maire de 2001 à 2018, on a reproché au chef rebelle Fofié Kouakou d'y avoir enfermé des gens dans des conteneurs, ce qui explique la sanction prise à son encontre par L'ONU pour des "exécutions extra-judiciaires. Ces actes n'ont jamais été condamnés par Amadou Gon Coulibaly qui rendra cette ville de Korhogo inaccessible à ses adversaires qu'il considérait en réalité comme des ennemis, même quand ceux-ci étaient ses propres parents.

C'est à Korhogo qu'un fédéral du FPI, qui était un fils de la région, a été abattu à bout portant en pleine journée.
C'est à Korhogo que la maison du ministre Issa Malick Coulibaly, qui est pourtant l'oncle de Gon Coulibaly, a été incendiée parce qu'il était directeur de campagne du président Gbagbo . Celui qui a essayé de s'en occuper après le départ en exil de cet oncle, le cyberactiviste Carton Noir, a été jeté en prison. Il faut aussi rappeler qu'alors que ce cadre du Nord était en mission pour le président Gbagbo en 2009, il fut empêché par Amadou Gon Coulibaly de prendre la parole dans une mosquée quand il fut annoncé par le préfet comme devant prendre sa suite. « A cette annonce, Monsieur Amadou Gon COULIBALY, dans un accès de colère, et pointant du doigt l'envoyé du Président de la République, apostrophe le Préfet de région en ces termes: Monsieur le Préfet, ce monsieur n'a pas droit à la parole; en tant que qui il va prendre la parole?»
(Communiqué du mardi 08 décembre 2009 https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10221430532023701&id=1562044366)

À Korhogo toujours, il faut le rappeler, L'autre parent de Gon Coulibaly, Lanciné Gon, est mort sans avoir pu revenir dans cette ville de Korhogo dont il fut le premier maire. Il fut aussi Conseiller Economique et Social, Député et Vice-Président de l'assemblée nationale, Ministre, Vice-Président de l'Union des Rois et Chefs traditionnels du grand Nord. Sa maison, saccagée totalement, est un spectacle de désolation qui traduit toute l'intolérance qui a régné dans cette ville de Côte d'Ivoire et dont jamais, Amadou Gon Coulibaly ne se sera démarqué. Une intolérance qu'il aura même encouragée. La CNC, KKB, etc, en ont fait les frais (https://news.abidjan.net/h/561815.html)

C'est à Korhogo que Soro Kognon, un jeune étudiant qui avait rejoint le RACI a été tué pour une réunion. C'est d'ailleurs pour cette raison que les partisans de Guillaume Soro qualifient Amadou Gon Coulibaly d''homme sans cœur ".
Feu Mamadou Ben Soumahoro, cet autre fils du nord mort en exil, ancien député de Bako, s'adressant à ses frères du nord en 2001 au Forum de la réconciliation, leur avait dit qu'ils devaient choisir entre Ouattara et la Côte d'Ivoire. Amadou Gon Coulibaly lui, aura choisi Ouattara plutôt que la Côte d'Ivoire, et même Ouattara au détriment de la Côte d’Ivoire qu'il quitte alors qu'elle est plus que jamais divisée. Normal donc qu'il lui rende un vibrant hommage en exaltant ses qualités d'homme loyal et en le présentant même comme son fils.

« Je rends hommage à mon jeune frère, mon fils Amadou Gon Coulibaly qui a été pendant 30 ans mon plus proche collaborateur. Je salue la mémoire d’un homme d’Etat, de grande loyauté, de dévouement, et d’amour pour la patrie » a dit Ouattara. Pour la grande loyauté à Ouattara dont il partage entièrement le bilan, oui, mais pour l'amour pour la patrie, cela reste à démontrer.

Alexis Gnagno
Vendredi 10 Juillet 2020
La Dépêche d'Abidjan



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