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La Dépêche d'Abidjan

Côte d'Ivoire : Où se trouve le combat contre le troisième mandat anticonstitutionnel de Dramane Ouattara ?

Triste sort pour la Côte d'Ivoire. Que Dramane Ouattara ait acheté la haute hiérarchie militaire, et que ces individus, supposés officiers supérieurs, chargés de protéger la République dans ce qu'elle possède de fondamental, notamment le respect de sa constitution, aient sans honneur ni vergogne consenti à se vendre comme de simples marchandises  atteste de la déliquescence dans laquelle se trouve l'État Ivoirien avec l'arrivée de ce type en Côte d'Ivoire et surtout depuis son coup d'état militaro constitutionnel  de 2010, hélas, avec la complicité de la communauté internationale et notamment de la France  de Sarkozy.


Le dilemme des nouveaux opposants.
 
Il faut rappeler à Dramane Ouattara à chaque instant, qu'il n'est président de qui que ce soit et d'aucun pays. Konan Bédié et Affi Nguessan ainsi que les candidats évincés conservent donc leurs candidatures intactes pour les élections d'octobre 2020 reportées pour cause d'avortement.
 
Quand Vabé Christian, le Président du RPCI-AC clame sa candidature pour 2021, sa démarche relève d'un bon sens et s'inscrit dans la lutte contre le non respect de la constitution. Les autre candidats devraient agir de la même façon afin de harceler Dramane avec leurs candidatures respectives jusqu'à ce que de vraies élections s'organisent et mettent un terme à la triste parenthèse des dix ans du Dramanistan, dite République du golf, afin de combler ce vide constitutionnel. Vabé Christian à l'extérieur porte en quelque sorte la voix de ces candidats que Dramane muselle à l'intérieur.

Le pouvoir d'Abidjan, est vacant depuis le 31 octobre 2020. Cette évidence s'impose à tous et ne souffre aucune contestation. Dramane n'est pas président de la République, Constitution Ivoirienne oblige.  
 
Le peuple a cru avoir trouvé dans tous ceux qui se sont déclarés "opposition" un galvaniseur et catalyseur de sa colère. Car l'opposition face à ce viol de la constitution avait semblé avoir surmonté ses divisions internes pour privilégier la défense de l'intérêt supérieur du pays, en demandant au peuple de s'opposer à ce mandat non prévu par la constitution.
 
Pour l'instant, Dramane vit dans l'illusion que le peuple s'est résigné. Cette perception du rapport de force visible du moment est la conséquence de ce que dans cette opposition autoproclamée, certains voudraient jouir des prébendes que distribue Dramane tout en le contestant comme légitime.

Cette frange d'opposants qui hier encore partageaient, soutenaient le pouvoir Dramane et le servaient obséquieusement, devenus des opposants de circonstance, se trouvent écartelés entre obéir ou s'opposer réellement. Le fils de l'ancien ministre Amon Tanoh Lambert est la partie visible de cette race d'individus qui gangrènent l'opposition.

 Le peuple est déboussolé et se sent trahi. 
 
Au moment où l'insurrection populaire prenait de l'envergure pour mettre un terme à l'usurpation du pouvoir d'Abidjan, a surgi l'idée d'une rencontre inopinée entre Dramane Ouattara un citoyen lambda et Konan Bédié le Président du Conseil National de Transition. (C.N.T).

Ce dernier a été choisi à la tête de ce Conseil parce qu'il a une aura et possède un charisme tout au moins auprès d'une partie des citoyens. De surcroît son ancienneté dans les rouages de toutes les fonctions des pouvoirs ivoiriens depuis Houphouët, dont celle de Président de la République, le désignait de facto comme la personnalité habilitée à mener à bien cette périlleuse mission de chef de l'opposition.

Et puis soudainement alors que les dirigeants de ce conseil dont des élus (Kakou Guikahué - Affi Nguessan- Mabri Toikeuse et bien d'autres ont été kidnappés ou en fuite, on apprend qu'une rencontre Bédié - Dramane va avoir lieu à l'hôtel du golf pour dit-on, tendre la main à la paix. De quelle paix peut-on discuter avec un individu qui n'a aucune légitimité et qui n'a fait preuve d'aucun geste de bonne foi ?
 
Le peuple déboussolé s'est senti trahi avec la sensation qu'il était poussé implicitement à mettre fin à toute action revendicative. Les ailes venaient de lui être coupées par l'hétéroclite opposition politique.
 
La rencontre du golf hôtel ou le renouvellement du pacte de Paris de 2005.

Homme de mauvaise foi, Dramane a refusé tout débat préalable sur l'inconstitutionnalité de sa troisième candidature. Après avoir commis son forfait, il se prend pour un "président". Dans la posture d'un brigand qui te vole ta montre et t'oblige à lui demander l'heure, il "offre" une rencontre à Bédié que ce dernier accepte sans rechigner.
 
Les corps des Ivoiriens tombés au champ d'honneur de la lutte contre le viol de la constitution étaient encore chauds et jonchaient le sol, les éclopés à vie de cette lutte se comptaient par milliers sans que leurs agresseurs identifiés, n'aient été poursuivis ni sanctionnés, des politiques pris par les macoutes de Dramane pour être jetés en prison et y subir des châtiments cruels et humiliants n'aient été libérés, que Bédié se précipitait à l'hôtel du "golf" où l'attendait Dramane Ouattara qui, quelques mois auparavant clamait n'avoir rien à dire à l'opposition, surtout à Bédié.

La rencontre et son lieu, ne pouvaient qu'être considérés comme l'amorce d'une capitulation, un acte de soumission de cette partie de l'opposition qui hier cogérait le pays et qui semble prête aujourd'hui à retourner au bercail au moindre sifflement de leur ancien mentor.

Car le lieu de naissance de la "république du golf de 2010" réveillait un souvenir douloureux quant aux origines de la division actuelle du pays et signifiait en creux, que les liens entre Bédié et Dramane demeuraient intacts. Au fait que se sont-ils dit lors de cette fameuse rencontre du golf ? Silence. Personne ne le sait.

Les rumeurs les plus folles non démenties d'ailleurs, évoquent le renforcement du pacte que les deux hommes avaient conclu sous l'égide de la France de Chirac en mai 2005 à Paris pour chasser le régime légal de Gbagbo, et exécuté par Sarkozy en 2010 au golf. Après cette rencontre que rien ne justifiait, le "Conseil National de Transition" (CNT) est entré en hibernation pour être dissous le 10 décembre 2020, alors que les Ivoiriens mobilisés pour combattre l'imposture, attendaient de nouveaux mots d'ordre qui n'arriveront jamais.

Dans ce jeu de rôle digne d'un polar, il ne peut être exclu que Dramane soit le mauvais flic qui terrorise et brime alors que Bédié donnerait l'image du bon flic pour mieux endormir l'opposition et le peuple.

Les spécialistes en "Bédiologie" se sont empressés pour justifier cette incongruité, arguant que tout cela procédait de stratégie et que s'il n'allait pas dans ce lieu maudit, il serait accusé par l'occident de tous les péchés et la détérioration à venir de la situation en Eburnie lui incomberait.
 
Et puis le 10 décembre 2020, changement de cap. Plus de C.N.T, vive le "Dialogue National"
 
Pourquoi remettre aux calendes grecques ce qui pouvait être fait le 14 décembre 2020 ? 
 
Ce 10 décembre 2020, Bédié a prononcé un discours dont la teneur pourrait le classer dans ces oeuvres qui marquent l'histoire. Malheureusement, il a conclu ce brillant plaidoyer par des termes qui interrogent et paradoxalement, en ternissent la portée.
 
" (...) Pour conclure, j’invite chaque ivoirien, chaque ivoirienne, en Côte d’Ivoire, dans le monde entier, dans chaque ville, chaque village à une GRANDE MARCHE POUR LE DIALOGUE ET LA PAIX dont la date sera fixée dans les jours prochains."  
 
Ce beau discours a été prononcé avant la date fatidique du 14 décembre 2020, c'est à dire quatre jours avant l'officialisation du viol de la constitution.  La date de la GRANDE MARCHE était donc toute trouvée. Pourquoi avoir remis aux calendes grecques cette grande marche qui pouvait être faite ce 14 décembre 2020, et empêcher Dramane de se donner une légalité et légitimité de façade à la face du monde ?
 
Voici plus d'un mois que le peuple a été endormi par ce discours lénifiant pour que les cérémonies du "sacre" de ce viol de la constitution se déroulent sans accroc.

Au lieu d'une date pour la prétendue Grande Marche, changement de registre qui se nomme "Participation aux législatives"

La fuite en avant.
 
L'adage qui veut que chat échaudé craigne l'eau froide n'a rien appris à l'opposition ivoirienne. Elle est frappée d'une cécité volontaire.

Le peuple a pris la rue pour empêcher Dramane de le violer une énième fois en violant la constitution ivoirienne. Sur ces entrefaites, l'opposition a recouru à la Cour Africaine des Droits de l'Homme et des peuples (CADHP) pour obtenir l'arrêt de ce troisième mandat inconstitutionnel.

L'opposition ajoute que si par impossible ces élections devraient avoir lieu, leurs résultats ne correspondraient à aucune réalité dans la mesure où la Commission Electorale Indépendante (C.E.I) est en réalité dépendante du pouvoir tout comme le conseil constitutionnel est inféodé au clan Dramane.

Qu'est-ce qui a changé depuis la rencontre du golf pour que certains individus puissent déclarer "On va gagner les législatives, l'opposition est majoritaire dans le pays" en feignant d'oublier que les organes (cei et conseil constitutionnel) qui proclament les résultats et qui en sont les juges en dernier ressort en cas de réclamations, se trouvent détenus par Dramane Ouattara et son clan.
 
L'opposition ivoirienne veut cacher son incapacité à défendre la légalité, la légitimité, à défendre l'ordre constitutionnel. Elle préfère laisser le combat contre le troisième mandat pour le mirage d'éventuels gains aux législatives.

Douloureux souvenirs des élections de 2018.

Les résultats proclamés par la cei aux élections locales régionales couplées aux municipales qui ont eu lieu le 13 octobre 2018 pourraient éclairer et rafraîchir la mémoire de ces nouveaux politologues.

La CEI n'a pas changé, les listes et les circonscriptions électorales n'ont pas été revisitées et l'opposition est certaine de gagner des législatives, curieuse déduction.

Quand la cei proclamera de faux résultats comme en 2018, qui seront confirmés par le conseil constitutionnel aux mains de Dramane, il faudra accepter ce verdict sans pleurnicher d'avoir été floués.

Le PDCI avait déjà crié au voleur en 2018 et saisi la chambre administrative de la Cour suprême de 103 recours pour que son dû lui soit restitué. Lors de ces élections Soro Kigbafori qui n'était plus dans les faveurs de son maître Dramane, voulait mesurer son influence personnelle dans le pays. Le régime ne lui a octroyé aucun élu. D'ailleurs ces représentants comme Koné Théfour à Abobo, ont perdu physiquement leurs soutiens dans l'aventure. Terrorisés ils ont décidé de ne même pas saisir la justice.

Quant aux recours du PDCI, ils ont été traités avec mépris comme le rapporte l'AFP du 24 novembre 2018. Les mêmes causes dit-on produisent les mêmes effets.

Abandonner le combat pour avoir quelques miettes de places de "députés"; pour ceux qui y croient, on peut craindre qu'ils n'aient ni victoires, ni honneur. Et qu'ils ne récoltent dans cette aventure que défaite et déshonneur.

L'opposition ivoirienne comme la grenouille cuite...

Finissons ce qui a été entamé. En voulant participer à ces législatives aujourd'hui, les sénatoriales demain, les cantonales et qui sait peut-être à l'élection de Miss cacao ou café bientôt, Dramane aura réussi à faire une totale diversion sur l'essentiel. Il pourra ainsi continuer son squat du palais réservé au Président de la Côte d'Ivoire.

L'histoire de l'opposition ivoirienne ressemble de plus en plus à celle de la grenouille qui ne savait pas qu'elle cuisait. Cette métaphore raconte comment une grenouille qui placée dans un récipient contenant de l'eau qui chauffait progressivement fut cuite sans jamais avoir pris conscience du danger. Car elle avait fini par s'habituer à la température ambiante.

A force d'avaler des couleuvres, d'aller de compromissions en compromissions, l'opposition ne peut pas se rendre compte que Dramane chauffe de plus en plus l'eau dans laquelle elle barbote.

Pendant ce temps, on ne parle pas ou plus du troisième mandat anticonstitutionnel, à cause duquel tant de sang a été versé.

Une contribution de T. Briga 
Vendredi 22 Janvier 2021
La Dépêche d'Abidjan



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