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Côte d’Ivoire : L’hypothétique promesse d’une présidentielle ouverte et apaisée en 2015

Comme il est de tradition chaque année de présenter ses vœux au Président de la République, cette année encore, à l’occasion du nouvel an, les présidents d’institution, les diplomates, les autorités militaires, politiques et traditionnelles, sans oublier les chefs religieux, étaient, le lundi 5/1, à la salle des pas perdus du palais de la présidence de la République, pour la cérémonie de présentation de vœux à SEM Alassane Ouattara.


Côte d’Ivoire : L’hypothétique promesse d’une présidentielle ouverte et apaisée en 2015


Une énième promesse de Ouattara…

Et pour cette année 2015, année électorale, année décisive qui permettra au pouvoir en place de savoir s’il conduira le train de l’émergence ou s’il laissera un autre régime le faire, le Président de la République a pris un engagement fort devant toute la nation mais également devant la communauté internationale, affirmant que les élections à venir seront transparentes, apaisées et ouvertes, afin de tourner définitivement la page de la crise post-électorale de 2010. On aimerait bien le croire! Ecoutons-le: «Je peux prendre l’engagement et je le dis solennellement qu’elles le seront… Dans l’ordre, la discipline et la paix».Et faisant allusion précisément à la présidentielle qui se déroulera dans le dernier trimestre de l’année, il ajoute: «Cette élection doit consacrer nos efforts de normalisation totale, de construction de la démocratie, afin de sceller définitivement la réconciliation nationale.» Mais malheureusement, on promet une chose, et on semble faire son contraire. Notre cher président ne peut promettre des élections ouvertes, transparentes et apaisées à ses compatriotes, tandis que le constat sur le terrain n’est pas du tout conforme au propos qu’il tient. Voyons ensemble quelques agissements qui pourraient compromettre cette belle promesse du président.

Qui n’est pas vérifiée dans les faits

Dans le mois de décembre 2014, une semaine après le dépôt au siège du PDCI de l’acte d’intention de candidature de Charles Konan Banny à la présidentielle de 2015, deux de ses proches, Arthur Aloco et Oka Sylvain, sont arrêtés, suspectés de délits économiques. Même si on ne pourrait directement s’en prendre à l’ancien premier ministre, on pourrait quand même essayer de l’affaiblir en attaquant ses proches : ainsi va la méthode chinoise qui prospère de plus en plus sous nos cieux. Et cette méthode ressemble étrangement à de l’intimidation qui aurait pour but de dissuader le futur candidat. Mais, ce n’est pas tout ! Le jeune vieux député de Port-bouet, devrait certainement être convaincu par cette promesse d’élections transparentes et apaisées faite par notre président. Lui qui était attendu à Yopougon le 3 janvier dernier pour animer un meeting sur invitation du Congrès des jeunes patriotes (Cojep) et des populations de Yopougon, n’a pu s’y rendre parce que les forces de l’ordre, ont carrément dispersé la foule qui s’y rassemblait. Il n’a pas eu d’autre choix que de convoquer la presse pour se faire entendre du pouvoir : «Ce n’est pas de cette façon que nous irons à l’Emergence. L’Emergence suppose le droit à la différence, le respect des autres et de leurs opinions. Nous sommes dans un contexte multi-partisan et démocratique…Je ne m’imagine pas que c’est comme ça qu’on va faire la campagne.» Sûrement que notre président n’en savait rien!

Et que dire du cas Tiburce Koffi? Celui qui, dans un passé très récent, était le directeur général de l’Institut national supérieur des arts et de l’action culturelle (INSAAC), établissement public, a été suspendu fissa de ses fonctions le 31 décembre dernier et remplacé par Paul Marie Koffi Kossonou, conseiller technique au ministère de la Culture et de la Francophonie qui assure son intérim, pour avoir écrit un livre intitulé «Présidentielle d’octobre 2015. Non à « l’appel de Daoukro »». Non, il a osé! Justement un crime de lèse-majesté, puisqu’il a poussé l’outrecuidance dans son ouvrage jusqu’à s’attaquer au «couple» Bédié-Ouattara. Mais où se croirait-il? Aux Etats-Unis, où il s’est réfugié après cette forfaiture? Eh bien sentence oblige, il paye cash en ce moment cet acte de liberté d’expression. Heureusement que depuis l’endroit où il se trouve, ses enfants lui ont offert une guitare pour le consoler avec des mélopées langoureuses aux accords retentissant l’Appel de Daoukro! Cette promesse de notre président a sûrement enthousiasmé les militants du FPI. Eux qui devraient certainement être habitués à ce genre d’injustices car depuis que le pouvoir leur a échappé, ils n’ont pu en réalité mener aucune activité de leur parti, dans la paix. Le 16 février 2013, la jfpi a prévu organiser à la place cp1 à Yopougon, un meeting de soutien au président Gbagbo qui devait comparaître le 19 février à la CPI avec pour slogan, «Libérez Gbagbo». Mal leur en a pris, puisque ce meeting n’aura pas lieu car déjà à 3H du matin, un important dispositif de la police et la gendarmerie, soutenues par les forces onusiennes, a pris d’assaut les lieux. En octobre 2013, le préfet du département d’ Oumé a dans la même veine, annulé un meeting de ce parti qui devait se tenir dans sa localité sous prétexte qu’il pouvait avoir un risque d’affrontement s’il avait lieu. Et quand ce ne sont pas les forces de l’ordre, ni les politiques qui perturbent les rencontres des partisans de Gbagbo, ce sont les populations elles-mêmes qui s’y mettent. Affi N’Guessan en sait quelque chose, lui qui a été obligé d’annuler un de ses meetings dans la commune d’Abobo en février 2014, parce que les jeunes de cette commune ont exigé la repentance et le pardon du FPI avant la tenue de ce meeting. A l’analyse de tous ces signes avant-coureurs, la météo politique ne présage vraiment pas des élections ouvertes et apaisées, au risque d’être en contradiction avec sa majesté. Il n’y a qu’à regarder du côté de l’ADDR et du désarmement qui se fait à pas d’escargot, pour s’en convaincre. Conclusion, notre président aurait-il fait sien cette maxime selon laquelle «en politique on ne fait pas ce qu’on dit, et on ne dit pas ce qu’on fait»?

YAO RAISSA
In L’Eléphant déchaîné avec africanewsquick.info
Samedi 17 Janvier 2015
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