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La Dépêche d'Abidjan

Côte d’Ivoire – Je t’aime… moi non plus entre ADO et des suiveurs passés « réfugiés politiques »


Côte d’Ivoire – Je t’aime… moi non plus entre ADO et des suiveurs passés « réfugiés politiques »
Même les aveugles voient que tout ne tourne pas rond en Côte d’Ivoire. Les relations entre Alassane Dramane Ouattara et les partisans de Laurent Gbagbo n’ont jamais été au beau fixe. La nouveauté, c’est qu’avec certains des soutiens du chef de l’État, elles tournent au vinaigre. De sorte que le nombre de réfugiés politiques commence à augmenter dans le milieu des artistes.

En 2014, parti en févier pour des spectacles en France, Suisse et Italie, Yao Billy Serge alias Billy Billy, notre slameur national, a pris la clé des champs pour se retrouver, après l’exécution de son contrat, en Autriche où il a demandé… l’asile politique. En cause, des menaces de mort après son dernier Opus.

Deux morceaux ont mis le feu aux poudres des inimitiés: l’un, c’est «Lettre au président», titre assez aigre à Alassane Ouattara dans lequel il stigmatise les nombreux voyages du chef de l’Etat, la présence massive des Casques bleus de l’ONU dans sa sécurité, les exactions des FRCI et les quantités innombrables d’armes de guerre en circulation; l’autre, c’est «Dioula a pris coupe» où il dénonce notamment le «Rattrapage ethnique» et les velléités d’hégémonie politico-sociale des ressortissants du nord du pays.

Depuis lors, la lune de miel, concrétisée par la visite du candidat Ouattara, le 16 septembre 2010, à la famille de l’artiste-chanteur Billy Billy dans le quartier Wassakara, de la commune abidjanaise de Yopougon (notre photo), a pris fin. Et Billy Billy a choisi de s’exiler.

C’est le même chemin du divorce que suit Koffi Tiburce. Dans la grave crise post-électorale qu’a connue la Côte d’Ivoire après la présidentielle de 2010, cet écrivain, journaliste et artiste, ancien conseiller technique de Gbagbo, a pris fait et cause pour Ouattara contre «le régime criminel et impopulaire de Laurent Gbagbo». Dans la foulée, en octobre 2011, il était nommé directeur de l’Institut national supérieur des arts et de l’action culturelle (INSAAC).

Entrée au titre du droit d’asile

Mais là aussi, le ménage va voler en éclats. En cause, les relations tendues au lendemain de «L’Appel de Daoukro». Le 17 septembre 2014, en effet à Daoukro, Aimé-Henri Konan Bédié, président du PDCI-RDA, demandait et obtenait au forceps que tous les partis membres du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP, alliance du RDR, du PDCI-RDA, de l’UDPCI, du MFA et de l’UPCI) soutiennt la candidature unique d’Alassane Dramane Ouattara à la présidentielle de 2015.
C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Dans un livre intitulé «Présidentielle d’octobre 2015. Non à l’appel de Daoukro», Tiburce Koffi s’oppose à la candidature d’Alassane Ouattara à la présidentielle de 2015. «Laurent Gbagbo en prison, Henri Konan Bédié mis hors course par les textes, vous restez le dernier du trio infernal qui a conduit la Côte d’Ivoire dans la fournaise. Votre départ à la retraite politique aurait sans doute sonné la fin du cycle maléfique», juge Tiburce Koffi.

Partisan de Charles Konan Banny (militant du PDCI-RDA) qui, parce qu’il rejette «L’appel de Daoukro», brigue la magistrature suprême, Tiburce Koffi ajoute que «La Côte d’Ivoire entamerait ainsi un cycle nouveau, avec des hommes nouveaux et de nouvelles espérances, pour une nouvelle histoire nationale sans cette culture de la violence qui nous a tant divisés». Aussitôt le couperet tombe. Le 30 décembre 2014, il est suspendu de ses fonctions alors qu’il se trouve aux États-Unis d’Amérique.
En provenance de ce pays, il a été interpellé, le jeudi 4 juin, au terminal 2 de l’aéroport Charles de Gaulle, à Roissy. En l’espace de quelques heures seulement, nous rapporte l’hebdomadaire Jeune Afrique, Tiburce Koffi a été incarcéré en cellule de rapatriement à l’aéroport de Roissy, puisqu’il a épuisé les 90 jours que lui autorise son visa, avant d’obtenir l’entrée sur le territoire français au titre du droit d’asile. Il peut donc, en délicatesse avec le pouvoir Ouattara, entamer la procédure pour obtenir le droit d’asile et le statut de …réfugié politique. Or, l’alinéa 1 de l’article 12 de la Constitution ivoirienne dispose: «Aucun Ivoirien ne peut être contraint à l’exil.»

F.B.
Dimanche 7 Juin 2015
La Dépêche d'Abidjan



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