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Côte d'Ivoire - Grâce à sa condamnation à 20 ans, Soro et ses obligés vont enfin mettre à exécution leurs menaces de "casser des PAPOS" .

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Cette condamnation à 20 ans, accompagnée de privations de droits civiques arrive à point nommé. Soro et ses affidés vont enfin mettre leurs menaces à exécution.


Alassane Ouattara, plus avisé, charge Soro.

La condamnation par contumace du personnage ne présente à prime abord aucun intérêt particulier. Après tout, c'est une histoire entre eux. Une histoire de rebelles comploteurs, des fossoyeurs de démocratie, des casseurs de banques, des égorgeurs d'êtres humains. Des individus qui, muent par une soif inextinguible d'assouvir des bas instincts, n'ont jamais reculé devant la barbarie, en commettant des actes ignominieux que la raison et l'humanité reprouvent et condamnent. Sale temps pour l'insignifiant "étudiant", devenu soudainement un "héros" sanguinaire, sans scrupule.

Qui se sert d'une épée meurt par l'épée. Soro se trouve dans de beaux draps. Les hypocrites, les faux bien-pensants de la compassion malsaine, s'offusqueront contre ceux qui osent tirer sur l'ambulance dans laquelle s'époumone Soro. Mais entre un corbillard que Soro connaît très bien, pour y avoir fait engloutir quelques milliers de personnes et une ambulance, beaucoup aimeraient se trouver dans l'ambulance.

Le Président Gbagbo et son ministre Blé Goudé ont été acquittés. La CPI a tranché. Ils n'ont pas commis de crimes contre l'humanité. Alors à qui incombe la responsabilité des crimes commis pendant cette période sombre (2002-2011) de notre histoire ?

Plus avisé, Alassane Ouattara aura peut-être, au moins, pour l'instant, réussi à se dédouaner et à faire porter la responsabilité de la rébellion au seul instrument, à savoir Kigbafori Soro dont il s'est servi pour arriver à ses fins.

Le jeune homme bouffi d'un orgueil démesuré et une inconscience absurde n'a pas pressenti le danger et s'est mis à insulter l'avenir, en s'autoproclamant tout de go, seul chef de la rébellion.

Les menaces en l'air ?

Les rebelles tendance Soro n'ont cessé de crier sur les toits que, si on touchait un cheveu de Soro, ils allaient tout dévoiler. Qu'ils détenaient des secrets de la plus haute importance, documentés par des preuves irréfutables sur la rébellion, donc des bombes qui pouvaient anéantir et faire disparaître le Dramanistan à jamais. Ils se vantaient d'avoir été initiés, - on ne sait à quoi d'ailleurs - qu'ils fréquentaient le bois sacré. Que des sornettes !

Car, quand Alassane Ouattara a changé la constitution pour écarter Soro de la succession, rien ne s'est produit. Ces initiés se sont tus. Quelques temps plus tard, il a chassé Soro de la présidence de l'Assemblée nationale comme un moins que rien. Le monde ne s'est pas non plus effondré. Ses affidés vantards se sont aplatis pour devenir des paillassons. Aucun soulèvement populaire pour contester. Traqué dans le pays, Soro s'en est sauvé en mai 2019 pour se réfugier en France auprès de ses possibles protecteurs.

En homme de théâtre avisé, il a créé des conditions pour se mettre en représentation, le but étant de faire parler de lui. D'abord comme un persécuté. La Côte d'Ivoire aurait voulu l'enlever en Espagne par le biais de faux agents d'Interpol. Dans la surenchère de se mettre toujours en avant et se glorifier, ses proches ont claironné que leur patron aurait été la première personnalité africaine à être reçue à trois reprises à la "Chatham House" de Londres. Vanité des vanités, comme si cet endroit apportait quelque chose à la vie et au bien-être des Africains en général et des Ivoiriens en particulier.

Avait-il réellement envie de retourner en Côte d'Ivoire ou serait-ce plutôt un plan machiavélique, soigneusement élaboré pour qu'il soit plaint une fois de plus, d'être la victime du pouvoir de Dramane Ouattara ?

Le simulacre d'un retour au pays natal.


Le 23 décembre 2019, le voici embarqué dans un jet privé pour un soi-disant retour en Côte d'Ivoire. Oui, un jet privé vous avez bien lu. Un individu à qui on ne connaît ni entreprise ni fortune héritée, affrète des jets privés. Malgré les autorisations pour que son avion atterrisse, une trouille soudaine provoquée par un danger hypothétique, l'a conduit à dérouter celui-ci vers le Ghana. Ce pays lui a permis de faire le plein de kérosène pour qu'il déguerpisse le plus rapidement possible de son sol.

Ses partisans ne se sont pas manifestés davantage sur le terrain. Certes, quelques excités dont Lobognon, Soro Kanigui Mamadou ont essayé de s'agiter mais ont été vite réprimés. D'ailleurs, agacé par ces petits plaisantins, le régime a décidé de nettoyer les écuries d'Augias pour faire disparaître même l'ombre de Soro de la vie politique et publique de la nation. Il les a arrêtés et enfermés sans procès. Et au diable l'immunité parlementaire.

Pour démontrer le peu de considération qu'il accordait à ce supposé surhomme, mystiquement intouchable, Dramane et les siens ont sorti une histoire de détournements de deniers publics et de coup d'Etat dont Soro serait le maître d'oeuvre. C'est un domaine qu'il connaît pour l'avoir déjà expérimenté. Convoqué pour répondre de ces actes répréhensibles, il a fait faux bond, prétextant que la justice en Côte d'Ivoire n'était que parodie.

Pourtant, c'était la même justice, dont il faisait l'éloge lorsqu'elle condamnait à 20 ans les adversaires du régime auquel il appartenait. Jamais, il ne s'est plaint pendant qu'il était au pouvoir, quand cette même justice condamnait à la chaîne, à 20 ans, Assoa Adou, OulaÏ Hubert, Akossi Bendjo, le couple Gbagbo, et bien d'autres...

Cette déchéance était-elle prévisible ?

Aujourd'hui, il est dépouillé d'une partie de ses biens. Son patron veut le jeter en prison. Il ressemble à une carpe sortie de son milieu naturel. Il suffoque et cherche désespérément une bouffée d'oxygène. Il croit l'avoir trouvée aux basques de ceux qui combattent ce régime de concussionnaires et prévaricateurs que Soro a contribué à mettre en place avec les armes fournies par les puissances étrangères.

L'homme a mangé à tous les râteliers, il ne peut donc être ni crédible, ni digne de confiance. Ces rapports aux autres n'ont été que déloyautés et bassesses. Avec lui, tout finit inévitablement par la trahison.

Il n'existe personne dans la classe politique ivoirienne de haut rang, de Bédié à Gbagbo que Soro n'ait vilipendé ou trahi. Sa déchéance n'est donc pas le fruit du hasard. Elle était prévisible comme la sanction logique de son mode de fonctionnement.

Entre lui et Alassane Ouattara, qui a fait quoi dans la rébellion ? Il serait intéressant que Soro livre sa version des faits.

L'orgueil ou l'inconscience d'un instrument !

Enivré par une gloire éphémère, lui, un quidam devenu soudainement célèbre, s'est cru incontournable. Comme la plupart des parvenus incultes, qui, voyant pour la première fois le bout de leur nez, crient Euréka : j'ai tout compris, j'ai conquis le monde, il en a déduit que c'était la fin de l'histoire.

Son euphorie l'a rendu incapable d'imaginer qu'au delà du bout de son nez, se trouvait autre chose, c'est à dire le monde et ses complexités. Soro a ignoré cette rotation de la roue de la fortune de l'histoire.

Et puis, sans vergogne, il a fait tomber le masque de ses intrigues en rendant publique ce qui n'était qu'un secret de polichinelle, qu'un pacte avait été conclu en catimini entre lui et son chef actuel, pour lui succéder. Pour quelqu'un qui réclame à cor et à cri l'application des règles et principes démocratiques, et qui hier, a accusé pour ce, les Présidents Konan Bédié et Koudou Gbagbo de les avoir bafoués, il ne devrait pas compter sur des arrangements véreux pour accéder au pouvoir, sans l'aval du peuple souverain, garant de tout processus démocratique.

Après son exclusion des différents postes régaliens que sa rébellion lui avait permis d'occuper, il fanfaronnait, qu'il était à Bouaké et différents chefs d'Etat venaient le consulter, pour quérir son auguste point de vue et il ajoutait que malgré la perte de ses postes, ces éminentes personnalités continueraient à venir le visiter. Encore une preuve de sa niaiserie. Pauvre homme, il ne lui est jamais venu à l'esprit qu'il n'était à l'époque, qu'un simple instrument comparable à certains égards à l'idiot utile dont on se sert à son insu.

Sa condamnation à 20 ans le révolte et lui faire découvrir le côté malfaisant de son maître. Il veut le quitter, car il aurait finalement compris qu'il n'était qu'une marionnette et regretterait ses orgueil et inconscience juvéniles qui l'ont poussé à se compromettre dans les crimes de la rébellion.

Il est temps que lui et ses acolytes se mettent à la disposition du peuple ivoirien pour tout dire de la rébellion, sa préparation, son financement et le nom de son commanditaire. Et surtout, éclairer les Ivoiriens de qui a gagné les présidentielles de 2010. Il pourrait s'adresser directement à la CPI pour témoigner de ce qu'il sait de la tragédie ivoirienne.

Soro et ses amis détiennent-ils réellement des secrets qui pourraient rendre la vérité à l'histoire de la Côte d'Ivoire et subsidiairement ébranler le pouvoir dictatorial d'Abidjan ?

Si oui, c'est urgent que leurs annonces soient suivies d'actes concrets, sinon, il est possible qu'à l'allure où vont les choses, Soro n'ait plus l'occasion de se confesser librement. A force de tergiverser, il se pourrait qu'il tombe malgré lui, dans les mailles du filet de la CPI. Et là, ce sera une autre paire de manche.

Par T. Briga

Dimanche 10 Mai 2020
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