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Côte-d’Ivoire – Au Camarade Miaka Ouréto (Pour dire mes condoléances à mon amie Ida Ouhé, notre amie)


J’ai appris, de la France, ce pays qui aura abrité nombre de persécutés du monde – dont le camarade commun Laurent Gbagbo – la brutale nouvelle de ta disparition. Un arrêt cardiaque, une nuit du 23 octobre. Pour toi, comme pour d’autres figures illustres du paysage politique et intellectuel de ce pays (je songe, entre autres, à Mémel Fotê, Bernard Zadi, Désiré Tagro, Bohoun Bouabré, Kuyo à la barbe blanche de sage, J-Baptiste Diagou (on se querellait souvent), c’est la fin de la course, après plus de deux décennies de lutte sans réelle récompense : votre régime fut mis à mal par une rébellion féroce, juste deux années (2000-2002) après votre accession au Palais.
Je ne te compterai pas, Ouréto, l’histoire (aux entournures d’une épopée) de toutes ces années d’incertitudes et de troubles qui ont dérouté nombre d’entre nous. Non, Miaka, je ne jouerai pas à l’imposteur : je ne fus pas ton ami ; nous fûmes tout juste des voisins (éphémères d’ailleurs) de bâtiment, des camarades unis seulement que par l’idéologie de gauche. C’est peu, je le sais, pour faire d’êtres humains pensants et songeants, des amis. Tu ne fus donc pas mon ami. Tu le fus moins encore quand je divorçai avec la ligne du régime pour engager contre les désormais ex-camarades que vous étiez tous devenus à mes yeux, un adversaire des plus farouches.
Tu n’as jamais répondu à mes diatribes hystériques contre les refondateurs – votre régime ; cela, par trait de caractère : tu t’es toujours mis loin des cercles colériques et des joutes verbales orageuses. C’était un signe de sagesse.
Ouréto. Quelles images emportes-tu de notre pays, « ce pays qui n’est plus ce pays » (pour parler comme Laurent Gbagbo) ? Que diras-tu à Fotê, Bouabré et à Désiré, quand ils viendront t’accueillir sur les rives d’Ebro-le-royaume-des-ombres ? Et pourquoi pars-tu, précisément ce jour où Banny de Morofê, après un combat épique pour sauver ce pays, notre pays, baisse les armes ?

C’est le temps des énigmes, Ouréto. C’est aussi le temps des redditions et compromissions. Aide-nous, de là où tu es en ce moment, à débrouiller les fils de cette histoire qui nous dévore, et qui a déjà emporté tant des nôtres. Salut au combattant, salut à l’intellectuel. La résistance continue, camarade.

Loin de notre pays.

Tiburce Koffi
Dimanche 25 Octobre 2015
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