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Côte d'Ivoire - “69 jours ou le temps des assassins”, le documentaire révisionniste et abject du Français Jérôme Pin, fils d’un diplomate français


Un ignoble enseignant de sociologie

Dans “69 jours ou le temps des assassins”, le documentaire révisionniste et abject du Français Jérôme Pin, fils d’un diplomate français qui avait des accointances avec Dramane Ouattara, le Béninois Francis Akindès devenu Ivoirien et enseignant la sociologie à l’Université de Bouaké, parle de “rebelles super bien organisés [qui] ont réussi à marquer les esprits à Abidjan” et regrette qu’ils aient “raté leur cible qui était la prise du pouvoir” et qu’ils se soient “repliés sur Bouaké”. Pour donner du crédit ou du poids à son dithyrambe, il ajoute avoir “rencontré des fonctionnaires des Nations unies, et plus particulièrement de l'OMS” qui [qualifiaient Soro et sa bande de] rebelles civilisés.

Akindès a le droit de détester le pays qui l’a accueilli et qui lui a permis d’avoir une riche et belle carrière universitaire, il est libre de penser que les Ivoiriens ne méritent pas ce pays convoité et jalousé par certains esprits tordus de la sous-région, mais peut-il nous dire en quoi des égorgeurs de gendarmes, des éventreurs de femmes enceintes et des braqueurs-casseurs de banques sont des “rebelles civilisés”?

Non, la civilisation ne saurait être du côté de ceux qui préfèrent le raccourci des armes et des coups de force aux élections. Ceux qui ont attaqué et endeuillé la République le 19 septembre 2002, ceux qui ont fait le choix de tuer et d’assassiner pour accéder au pouvoir, ceux qui ont mis un embargo sur la livraison de médicaments alors que seules 5 millions de personnes avaient avaient pris part à l’élection présidentielle de novembre 2010, ceux qui ont fermé les banques, ceux-là appartiennent plutôt au royaume de la barbarie et de la cruauté.

En un mot, toute personne sensée trouverait étrange et contraire à l’éthique que l’on nomme “rebelles organisés et civilisés” des gens qui ne sont rien d'autre que “des salopards échevelés qui exerçaient leur pouvoir avec une incroyable brutalité, une violence inouïe” (cf. Gildas Le Lidec, ambassadeur de la France en Côte d’Ivoire de 2002 à 2005, “De Phnom Penh à Abidjan. Fragments de vie d’un diplomate” (Paris, L’Harmattan, 2014). À moins que le sieur Akindès n’ait une autre signification du mot “civilisation”, peut-on voir une quelconque civilisation dans les atrocités commises froidement par ceux que les responsables militaires français appelaient “des traîne-savates ayant mis le nord du pays en coupe réglée' avec des trafics en tout genre” ?

“En Afrique, la compromission des peuples s’effectue à 3 niveaux : Le 1er niveau est constitué d’intellectuels opportunistes qui se servent de leurs connaissances livresques pour aider les dictateurs à donner un contour idéologique et politique à leur tyrannie… Le tyran peut voler, tuer, emprisonner, torturer, il sera défendu, intellectuellement réhabilité par des « cerveaux » au nom de leurs propres intérêts. Résultat : la plupart de ces intellectuels finissent par s’exiler, ou sont froidement exécutés ou « se suicident » en prison. Les plus heureux sont ceux qui sont dépouillés de leurs biens et de leurs privilèges avant d’être jetés en pâture au peuple.”
Ces mots ô combien justes ne sont pas de moi mais de feu Norbert Zongo assassiné le 13 décembre 1998 par le dictateur et criminel Blaise Compaoré parce qu’il enquêtait sur la mort de David Ouédraogo, l’un des chauffeurs de François Compaoré.

Akindès fait probablement partie des enseignants qui ont donné à l’Université de Bouaké le nom d’un individu dont on n’a jamais vu un petit article dans son domaine, juste pour bénéficier de ses largesses et conserver des postes pas toujours mérités.
Jusqu’à quand notre pays restera-t-il sans réaction face à ceux qui crachent dans la soupe après avoir été nourris par elle ? Pendant combien de temps tolérera-t-il le comportement de ceux qui fuyaient la mort et la famine chez eux et à qui nous avons offert le gîte et le couvert ?

En attendant les assises de notre Nuremberg, Akindès et les autres méprisables adeptes de la rébellion pourraient me rendre service en répondant aux questions suivantes : La Cour pénale internationale acquitte-t-elle des “assassins” ? Un individu, qui est censé ne pas avoir de parti pris dans une élection capitale alors qu’il est en même temps dans un deal avec l’un des candidats, est-il crédible et honnête ?

Jean-Claude DJÉRÉKÉ
Jeudi 30 Janvier 2020
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