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Comment neutraliser en Côte d'Ivoire l'armée redoutable de l'Elysée ?


Comment neutraliser en Côte d'Ivoire l'armée redoutable de l'Elysée ?
La France observe, en Europe, le principe de la subordination des militaires aux politiques ; elle s’est toujours efforcée, par exemple, de trouver une issue politique à la crise grecque ou ukrainienne. En Afrique, elle soutient, au contraire, le principe de la subordination des politiques aux militaires français, en envoyant, sous un prétexte fallacieux, trois mille militaires, veiller, avant tout, à la réinstallation des hommes politiques, à leur solde, à la tête de leurs ex-colonies. La politique africaine de la France fait de l’arène politique des pays africains des champs de bataille perpétuels, assiégés discrètement par les troupes françaises qui bénéficient d’une liberté d’actions particulière, dont le but est de créer un climat de terreur constant aussi bien dans l’esprit des gouvernants que des gouvernés, des partis au pouvoir que ceux qui forment l’opposition. Sur ce champ de bataille, nous avons deux camps adverses ; les démocrates ivoiriens (les africains partisans de la souveraineté) opposés aux africains assimilés (exclusivement à la solde de la France), victimes d’un complexe d’infériorité, convaincus du fait que les Africains, responsables de leurs propres maux, sont incapables d’assumer leur destin. L’arme redoutable de l’Élysée en Côte d’Ivoire, n’est pas, cependant, la présence de cette armée d’occupation, mais plutôt l’EFFET DE SURPRISE inhérente à leurs décisions politico-juridiques qui précèdent et justifient toujours leurs interventions militaires. L’effet de surprise crée en l’adversaire un choc émotionnel, psychologique très important parce qu’il ne répond, le plus souvent, à aucune logique politique, militaire, morale, à aucun bon sens. Le président Gbagbo, sous les bombes de l’armée française, se demandait, en effet, si son pays avait fait une déclaration de guerre à la France. Pour Sun Zu, un ennemi surpris est à demi vaincu, puisque cette stratégie le désorganise. Cette arme psychologique très appréciée par l’Élysée a été, maintes fois, utilisée, « avec succès » en Côte d’Ivoire, dans le but d’annihiler la lutte politique des démocrates. Citons deux faits, afin que nous appréhendions mieux cette stratégie de guerre. Au moment de la proclamation des résultats présidentiels en Côte d’Ivoire, nos fantasmes les plus osés ne pouvaient nous amener à imaginer ce scénario insolite écrit par l’avocat des affaires Sarkosy pour le compte du directeur adjoint du FMI Alassane Ouattara. Qui pouvait, en fait, émettre l’hypothèse selon laquelle les résultats provisoires de la Commission électorale indépendante de la Côte d’Ivoire se seraient, du jour au lendemain, mués en résultats officiels, proclamés par ladite Commission face à la Presse internationale dans le QG de campagne d’Alassane Ouattara. Ces résultats provisoires auraient été ensuite entérinés, au grand dam de la Cour Constitutionnelle ivoirienne, par l’ONU et par la Communauté internationale. Les diplomates ivoiriens nommés par le président Gbagbo seraient devenus dans cette fiction politique des représentants d’un gouvernement illégitime, aux yeux de tous les alliés de la France. Le recomptage des voix, comme solution pacifique au contentieux électoral, préconisé par le président Gbagbo et son gouvernement aurait été rejeté par Ouattara, qui aurait choisi de demander aux Forces Nouvelles et à ses milices de livrer la guerre aux troupes républicaines ivoiriennes fidèles à la Constitution de leur pays, lorsque la Cour Constitutionnelle ivoirienne aurait proclamé vainqueur le président Laurent Gbagbo. Si un tel scénario avait été annoncé par un quelconque individu aux Ivoiriens, aux Africains, avant l’accomplissement des faits, ils se seraient gaussés à la barbe et au nez de ce dernier. Une fois que le choc émotionnel provoqué par l’effet de surprise est atteint, pour éviter que l’adversaire se réorganise, l’Élysée passe à la stratégie de la strangulation au moyen de la propagande politique qui discrédite l’adversaire, à travers des sanctions politiques économiques, et fait intervenir, en définitive, l’armée française d’occupation. Le limogeage récent de Wattao suivi d’informations à la presse visant à le présenter comme une brebis galeuse de l’armée s’inscrit dans cette stratégie de l’effet de surprise. Les frasques de Wattao nous sont familières, mais lorsqu’on veut se débarrasser de son chien jugé gênant on l’accuse publiquement de rage. Ce n’est que partie remise puisque l’Élysée a plus d’un tour dans son sac. Comment neutraliser, en fait, cette arme redoutable des hommes politiques français, en vue d’une meilleure organisation des présidentielles de 2015 ? Nous devons, avant tout, nous rendre compte que la réalité politique en Côte d’Ivoire conçue dans l’ombre par la France, est plus immense que nos fantasmes (notre imagination). La Loi y est adoptée sur mesure, à la mesure des intérêts respectifs de chacune des parties opposée à la démocratie en Afrique. L’armée d’occupation française veille au grain : les assassinats, les emprisonnements, se font sous son couvert. Elle n’intervient que lorsque les démocrates ivoiriens, africains, remportent des victoires sur le terrain politique. Devons-nous pour autant, à cause de ce rapport de force inégal, concéder à l’Élysée le loisir d’orienter nos vies, de trouver des solutions idoines aux crises politiques et sociales que nous connaissons ?
Non ! Les assimilés, les victimes du complexe d’infériorité vis-à-vis de l’Occident sont eux les véritables rêveurs, puisqu’ils sont incapables de comprendre que les relations internationales représentent une jungle où les plus faibles sont dévorés par les plus forts. Il nous suffit de jeter un regard sur la Lybie ; un pays en pleine déliquescence que le « libérateur français » Sarkosy prétendait avoir sauvé, pour s’en rendre compte. Ramener nos pays africains au point 0, selon la doctrine de l’ordre qui jaillit du chaos, afin d’avoir le contrôle total de tous nos leviers de développement est l’objectif final de l’Élysée. Les démocrates ivoiriens, africains, qui sont loin d’être des rêveurs luttent, par conséquent, pour la survie de leurs populations, contrairement à l’Élysée et à la domination noire, soucieux d’avoir, à leur merci, une masse de désespérés, d’esclaves. L’arène politique étant devenue, par volonté de l’Élysée, un champ de bataille où les opposants sont assassinés, torturés, persécutés, emprisonnés, déportés à la Haye, nous nous devons de conquérir notre liberté, synonyme de souveraineté, en neutralisant l’arme redoutable de l’Élysée. Étant des combattants aux mains nues, pour y arriver, il nous faudra observer scrupuleusement les conseils prodigués par Sun Zu sur la victoire que l’on peut obtenir sur un adversaire, sans engager de bataille. Il écrit en effet dans son traité intitulé : « L’art de la guerre »: « Sans bataille, immobiliser l’armée ennemie, voilà qui est excellent » « Les grands généraux y parviennent en éventant toutes les ruses de l’ennemi, en faisant avorter ses projets […] en lui enlevant toute possibilité d’entreprendre rien qui puisse être avantageux pour lui » « Ne cherchez pas le nombre : la quantité est souvent nuisible qu’utile. Sous un bon général, une petite armée, bien disciplinée est invincible ». Pour vaincre l’adversité, il nous revient donc d’exploiter tous nos fantasmes, toute notre imagination pour anticiper et éventer l’EFFET de SURPRISE ; tous les pièges politiques tendus par l’Élysée et ses spécialistes au service d’Alassane Ouattara, dans le cadre des présidentielles de 2015. Les différents points d’un scrutin susceptibles d’être manipulés sont les suivants:1) La composition du corps électoral : il s’agit soit d’éliminer des électeurs favorables au président Gbagbo soit d’inscrire de nombreux électeurs favorables à Ouattara : les apatrides venus du Nord. 2) L’organisation du bureau du vote : nous pouvons assister au bourrage des urnes 3) La campagne électorale : la manipulation des Média 4) Le vote électronique et tous les dérapages liés à cette technologie électorale 5) Des procurations erronées peuvent permettre à l’électeur de voter plusieurs fois. 6) La proclamation des résultats :
Qui proclamera, cette fois-ci, les résultats présidentiels officiels, définitifs, en Côte d’Ivoire, la Cour Constitutionnelle ou la CEI ? Les résultats seront-ils proclamés dans notre pays ou à Paris, à cause de l’insécurité provoquée par une éventuelle arrestation d’un com’zone proche de Soro Guillaume ? Créer les conditions d’un désordre, comme à Abobo, qui permettrait de proclamer les résultats dans une situation confuse est à prévoir puisque des opérations militaires ont lieu en Côte d’Ivoire pour contenir toute émeute. Or pour éviter toute émeute, il serait plutôt mieux d’organiser des élections libres et transparentes, en permettant la libération des prisonniers politiques et le retour des exilés, au lieu de s’évertuer à manipuler indirectement la composition du corps électoral, en suspendant au dessus de ces derniers l’épée de Damoclès puisqu’ils courent tous le risque d’être arrêtés une fois en Côte d’Ivoire. Certains d’entre eux ont leurs terres et leurs maisons encore occupées par des apatrides. Quant à l’opposition burkinabé, la victoire de Blaise Compaoré au référendum relatif à la modification de l’article 37 de la Constitution de son pays, quelques mois avant les présidentielles de 2015, serait suivi d’un éventuel retour massif des grosses têtes de son parti qui peuvent avoir feint de le quitter pour fragiliser, au dernier moment, son opposition. Une telle situation politique créerait un effet de surprise dont ne pourrait pas se remettre une opposition burkinabé désorientée, à demi vaincue. Les présidentielles ne seraient, alors, pour Blaise Compaoré, qu’une pure formalité.
L’effet de surprise au Burkina et en Côte d’Ivoire doit être anticipé et éventé pour que les démocrates ivoiriens et burkinabé assument désormais le destin de leurs peuples respectifs, de peur de finir comme la Lybie où règne la loi des armes. Soyons donc sur nos gardes pour ne pas être surpris et être à demi vaincus, car la réalité est plus immense que nos fantasmes, notre imagination. La somme de nos fantasmes nous permettra,
cependant, de mieux approcher la réalité…

Une contribution par Isaac Pierre BANGORET (Écrivain)
Samedi 2 Août 2014
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