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Chu de Yopougon/Les accouchements pas gratuits

La gratuité de l’accouchement et de la césarienne incluse dans la politique de gratuité ciblée mise en place par le gouvernement en février dernier se poursuit. Elle n’est pas effective au Centre hospitalier universitaire (Chu) de Yopougon, mais l’est à Cocody. Reportage.


Chu de Yopougon/Les accouchements pas gratuits
«Parents de Zahui Chantal, allez chercher ce médicament à la pharmacie de garde. Nous n’en avons pas dans nos stocks. Dépêchez-vous !», lance une sage-femme sortie de la salle d’accouchement. Cette scène s’est déroulée, il y a quelques jours, aux environs de 22 heures, dans le hall du service de gynécologie du Centre hospitalier universitaire (Chu) de Yopougon. L’ordonnance a été remise à une dame dans la quarantaine. Affolée, elle se dirige d’abord vers une autre moins âgée qu’elle. Ensemble, elles fouillent un sac. Elles sont à la recherche de quelque chose. Elles retrouvent le porte-monnaie après avoir renversé le contenu sur une natte. «Donne-moi le porte-monnaie et reste ici au cas où les docteurs ont besoin de nous», lui signifie la moins âgée qui court en sortant. Dix minutes après, elle revient avec un sachet de pharmacie. Elle le remet à l’aide-soignante qui l’attendait devant la porte. Interrogée, la dame qui répond au prénom de Rosalie nous présente l’ordonnance. Nous pouvons lire ‘’syntocinon injectable’’. Et, il coûte 1.300 FCFA. Selon l’aide-soignante qui a requis l’anonymat, ce médicament fait partie du kit d’accouchement qui, lui, est gratuit. Mais très souvent, les kits sont incomplets, raison pour laquelle la sage-femme l’a prescrit. «C’est un grave problème auquel nous sommes confrontés. Nous avons très souvent des différends avec les accompagnateurs des patientes», avoue-t-elle. Moins d’un quart d’heure plus tard, même scène. Cette fois-ci dans la famille Anoh. Une de ses filles doit subir une épisiotomie (acte chirurgical consistant à ouvrir le périnée au moment du travail afin de laisser passer l’enfant). La sage-femme fait comprendre aux parents qu’il faut se rendre à la pharmacie pour l’achat d’un fil pour l’intervention. «Fil, c’est quel fil ?», s’interroge la mère. La praticienne lui répond: «présentez ce papier à la pharmacie, on vous donnera le fil». Renseignement pris auprès d’un aide-soignant, il ressort que tout comme le kit d’accouchement de la première, le kit d’épisiotomie de cette autre patiente est incomplet. «Il n’y a pas de fils résorbables dans le kit. Il faut bien la suturer après l’intervention», explique-t-il. La conversation n’ira pas plus loin. Il se précipite dehors, car une ambulance provenant d’une clinique de la commune vient de stationner. Une femme enceinte couchée sur un brancard est transportée dans la salle d’accouchement. Quelques minutes plus tard, un médecin remet deux ordonnances aux parents de la nouvelle venue. «Nous devons la césariser. Allez chercher ces médicaments à la pharmacie de garde», leur ordonne-t-il. Il échange quelques minutes avec l’un des hommes qui accompagnaient la dame et il retourne dans la salle. Le médecin lui a fait savoir que le kit de césarienne est disponible. Cependant, compte tenu du poids de la parturiente (plus de 100 kg), il lui faut des compléments anesthésiants qui ne sont disponibles que dans les officines privées pour commencer l’acte chirurgical. Le lendemain soir, nous nous rendons au service de gynécologie-obstétrique du Chu de Cocody. René Koffi s’y est rendu avec sa compagne ce matin-là. Assis sur un banc, il déguste un sandwich. Il note que la gratuité de l’accouchement est une réalité dans cet établissement sanitaire de référence. «Depuis ce matin, je n’ai déboursé aucun sou. Je suis même surpris. Les médecins m’ont remis des ordonnances et tous les médicaments étaient disponibles à la pharmacie», raconte-t-il, le sourire aux lèvres. Danielle Ahou indique également qu’elle n’a acheté aucun médicament depuis la veille. Date à laquelle sa belle-fille a été internée. Une source bien introduite dans cet établissement sanitaire confirme que la gratuité de parturition et de la césarienne est une réalité, depuis bientôt deux mois. Selon elle, hormis quelques rares cas, l’accouchement et la césarienne sont gratuits. «Toutes les ordonnances qui sortent de la salle d’accouchement sont servies. Il n’y a plus de problèmes. La pharmacie est approvisionnée et tout - bien», révèle-t-elle.


Adélaïde Konin- in NORD SUD QUOTIDIEN
Dimanche 12 Août 2012
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