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Chronique diplomatique : Le Président Ouattara ne doit pas parler comme un citoyen ordinaire


Chronique diplomatique : Le Président Ouattara ne doit pas parler comme un citoyen ordinaire
‘’Personne ne peut me déboulonner sauf par les élections en 2015’’ cette phrase librement prononcée à Kinshasa, en République démocratique du Congo par le Président de la Côte d’Ivoire, met Alassane Ouattara encore une fois, au cœur de l’actualité politique de son pays, après le concept du ‘‘rattrapage’’. Alassane Ouattara n’est pas un citoyen ordinaire. Président de la République, il doit parler utile à son peuple, surtout, quand le Président de la République est en mission, au non du peuple ivoirien, surtout à l’extérieur de la Côte d’Ivoire. ‘’Personne ne peut me déboulonner’’ n’est pas un message, quand je traque et localise l’émotion du Président Ouattara. A l’arrivée, la phrase est une menace, dans la version personnelle du métier politique du Président Ouattara. Durant toute cette semaine, nous avions tenté de localiser ‘’le mot déboulonner’’, identifié chez le dictionnaire ‘’Hachette Education’’ de la langue française et des connaissances, comme : ‘’perdre son poste’’ ou ‘’perdre son prestige’’. Si je récupère l’émotion du Président Ouattara, dans le sens identifié par le dictionnaire ‘’Hachette Education’’, le chef de l’Etat ivoirien peut se heurter à la constitution de son pays. Ou encore se faire rappeller à l’ordre par les institutions judiciaires de son pays. ‘’Personne ne peut me déboulonner’’. Dans les principes élémentaires de l’Etat de droit, le Président Ouattara porte atteinte à sa propre stature constitutionnelle, en sa qualité de Président de la République, et à son accession au pouvoir d’Etat. Dans ce sens institutionnel, le Président Ouattara peut être ‘’déboulonner’’, à l’image que le Président de la République a été élu par les Ivoiriens. Juridiquement validé par le Conseil constitutionnel, qui donne un charme démocratique, au succès électoral du Président Ouattara, en 2010. A Kinshasa, le Président Ouattara a personnalisé le pouvoir, en faisant ombrage à ceux qui l’ont élu, aux institutions constitutionnelles. Dans un Etat de droit, c’est une image flatteuse. D’autant plus que la stature morale du député, du maire, du conseiller économique, des chefs des partis politiques est protégée par le succès électoral décidé par le peuple et contrôlé par la commission électorale. Le tout validé par le Conseil constitutionnel. Dans ce respect pour la constitution, et dans l’Etat de droit, ‘’Personne ne peut me déboulonner’’ est une devenue une attitude défavorable au Président Ouattara, chef de l’Etat, chef suprême des armées, chef suprême de la magistrature, de l’administration nationale par la faute de ses partisans qui n’est pas transcris tout le bout de phrase. C’est pourquoi, le Président Ouattara en s’exprimant, surtout à l’extérieur de la Côte d’Ivoire, doit prendre soin des intérêts de tous les Ivoiriens. Et, en ce moment précis, ’Personne ne peut me déboulonner’’ n’est plus une simple phrase. C’est bien un risque, pour le Président Ouattara, garant de la constitution. Dans cette volonté morale, le Président Ouattara est garant de la sécurité des 22 millions d’Ivoiriens, et de la protection des 322 462 Km2 de la Côte d’Ivoire. Autrement dit, le Président Ouattara est le seul locataire constitutionnel du Palais présidentiel. Il ne doit pas parler comme un citoyen ordinaire. Ou encore, comme un opposant. Certes, le Président Ouattara a sa version personnelle du métier politique, mais il n’a pas à ‘’pleurer’’ quand il se sent heurté à des résistances politiques de ses adversaires. Etre Président de la République, c’est le métier le plus ingrat en Afrique. Le Président Ouattara ne doit pas menacer quand il se sent heurté à des résistances qui rendent inopérant ses projets de société et de promesses électorales. Ce qui est sûr, le Président Ouattara a déjà appris le goût ‘’amer’’ de la vie politique. Je conseille au Président Ouattara de rester dans son rôle de Président de tous les Ivoiriens. La méthode de gouvernance, et la meilleure, dans un pays comme la Côte d’Ivoire, reste le dialogue ; ce qui est bon en ce moment, c’est la libération des prisonniers politiques, largement positive pour le prochain bilan du Président Ouattara. Autrement dit, ‘’Personne ne peut me déboulonner (...)’’ n’est pas le besoin de compromis, pour sortir la Côte d’Ivoire du ‘’marasme’’ politique, et de la crise de confiance. En toute sincérité, ni aucun coup d’éclat, ni aucune boutade ne peut vider la Côte d’Ivoire de son esprit de toutes traces d’hypocrisie politique, ou de méchanceté. Le Président Ouattara doit prendre soin de tous les Ivoiriens, dans sa volonté de Président de la République, garant de la constitution ivoirienne, loin de l’émotion personnelle du métier politique du Président Ouattara. Qu’Allah l’inspire dans ce chemin !

Par Ben Ismaël in L'Intelligent d'Abidjan
Lundi 22 Octobre 2012
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