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Chez moi au Bénin, les femmes jurent de rester fidèles à leur époux


Chez moi au Bénin, les femmes jurent de rester fidèles à leur époux
« C’est une histoire de « Je t’aime à mourir »
Le phénomène peut paraître incompréhensible pour celui qui n’est pas de cette culture. Et pourtant il s’agit d’un fait banal en cours dans certaines régions du sud du pays, notamment dans la région de Porto-Novo, la capitale du Bénin. Je peux dénommer le phénomène comme » Rituel de fidélisation de la femme à son mari ». De quoi s’agit-il ? Il s’agit d’un ensemble de rites au cours desquels, la femme en particulier l’épouse est appelée à jurer de rester fidèle à son époux jusqu’à sa mort: soit la mort du mari ou celle de la femme. Comprendre par rester fidèle deux choses principalement:

Les interdits

→ Le plus important et non négociable : ne jamais commettre l’adultère

Ici, c’est la plus grande promesse que la femme est appelée à faire : ne jamais coucher ou avoir des rapports sexuels avec un autre homme en dehors de son mari. Mais les prescriptions vont très loin. Par exemple, il est interdit à la femme mariée de laisser découvrir par des yeux indiscrets une partie de son corps, que ce soit ses cuisses, ses seins, sa nudité, ses sous-vêtements. Il luii est aussi défendu de s »asseoir à califourchon sur une moto, sauf pour raison de maladie. Tous ces faits que je viens d’énumérer sont considérés comme des intentions réelles d’adultère et donc passibles de sanction par le dieu qui veille au strict respect des prescriptions.

→ Ne jamais tenter d’ envoûter son mari.

Au Bénin et partout en Afrique, il existe des actes magiques par lesquels les femmes envoûtent leur mari pour les avoir à elles seules. Les Français parleraient de philtre, mais ici chez moi on parle de » gbô témi“ c’est-à-dire » écoute pour moi ou écoute-moi seule “. Par ce procédé magique, les femmes arrivent à soumettre leur époux et en quelque sorte à le rendre « mouton“ qui n’obéit qu’à sa maîtresse, la femme. Au cours de ces pratiques, certains charlatans ou prêtres vodoun en profitent pour tuer les maris en remettant des poisons aux femmes qui naïvement l’administrent à leur mari sans savoir que le produit est mortel. C’est un fait qui n’est toléré par personne. Ainsi les familles combattent farouchement les femmes qui s’adonnent à ces pratiques à la limite diaboliques.Pour empêcher et décourager les femmes de recourir à ces méthodes, les familles organisent des séances de fidélisation de la femme au mari et à toute sa belle famille.

Le motif

Plusieurs événements peuvent constituer l’élément déclencheur des manifestations : un fait extraordinaire qui survient dans la maison, la naissance ou la mort de jumeaux ou des décès inexpliqués à répétition. Dans le cas d’espèce dont j’ai été témoin, il s’agit de la naissance de jumeaux qui sont décédés à la naissance. En médecine, on parlerait de mort périnatale. Mais dans l’anthropologie béninoise, les jumeaux sont considérés comme des dieux et donc vénérés. Il existe ainsi des temples de dieux « ahooo“ ou jumeaux. Leur naissance et encore plus leur décès constituent donc des occasions de consultation de l’oracle « fa » qui permet de décrypter le message qui sous-tend la venue ou la mort de ces dieux. C’est ainsi que les parents des jumeaux morts ont consulté ces jumeaux qui ont révélé le message de leur conception, mais surtout et surtout de leur mort dans les heures qui ont suivi leur naissance. J’ai pu participer à cette consultation, au cours de laquelle on entendait les jumeaux décédés parler à leurs parents et aux autres membres de la famille. Beaucoup seraient surpris en me lisant, mais je ne rapporte ce dont j’ai été témoin.
Dans leur aveu les jumeaux expliquaient que les femmes de cette maison n’étaient plus fidèles aux prescriptions de la maison et qu’elles profèraient des malédictions, raison qu’ils n’ont pas voulu rester trop longtemps dans cette atmosphère qui est leur est néfaste. D’où leur retour à Dieu de façon inattendue et précipitée. Alors par le biais du « hounnon“, le chef d’oracle qui servait d’interprete, les parents ont posé la question de savoir ce que l’on doit faire pour conjurer le mauvais sort? A cette question, les jumeaux ont aussitôt répondu qu’il faut passer toutes les femmes de la maisonnée au test de fidélité pour dénicher les femmes infidèles et celles qui profèrent des malédictions dans la maison.

Le rituel

Le rituel commence par la convocation d’un prêtre ou d’un féticheur. Ici dans les images que j’ai prises, il s’agit d’un adepte d’une religion chrétienne d’origine africaine appellée les Chérubains et Séraphins, une église issue de l’ Eglise du Christianisme Céleste, elle aussi originaire du Bénin et basée à Porto-Novo.
Ce prêtre qui se fait appellé apôtre va expliquer en long et en large le motif de sa mission qui consiste à dénicher les femmes adultères, les mauvaises langues, aussi bien au sein des femmes que des hommes de la maison. Ainsi toute personne qui se sent coupable d’un fait quelconque qui serait contre la morale est invitée à se dénoncer, à déclarer ses intentions ou tout simplement à s’abstenir de jurer sur la bible. Car si quelqu’un animé d’une mauvaise intention jurait sur la bible, il risquerait de devinir fou ou tout simplement de mourir. Après toutes ces explications et mise au point, on passe au rituel proprement dit, au cours duquel les femmes jurent fidélité infaillible à leur mari jusqu’à la mort et aussi les hommes se promettent de ne jamais se jeter de mauvais sort. On se maudit disant qu’en cas d’nfrsaction à cette promesse que la foudre de la Bible abbatte le contrevenant.
Mais chose bizarre, je n’ai entendu aucun homme jurer de rester fidèle à sa femme, et aucune femme ne la reclammer d’ailleurs. Je n’ai fait que rapporter ce que j’ai vu de mes yeux et entendu de mes propres oreilles.

Source
Mercredi 11 Novembre 2015
La Dépêche d'Abidjan



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