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Carrière musicale, séparation avec Omar Bongo, Patience Dabany fait des révélations « Je prépare un album avec le Président Ali Bongo» « Le coupé-décalé, ça ne me dit rien »

Au cours d'une interview qu'elle a accordée récemment au Mensuel "Afrique Magazine", la Mama Patience Dabany a ouvert son coeur comme jamais, en abordant des sujets relatifs à sa carrière musicale et à sa vie de famille. Un moment de partage entre l'émotion de nombreux souvenirs et celle d'une artiste accomplie, d'une mère aimante et d’une vraie patriote.


Carrière musicale, séparation avec Omar Bongo, Patience Dabany fait des révélations « Je prépare un album avec le Président Ali Bongo» « Le coupé-décalé, ça ne me dit rien »
Votre amour de la musique remonte à votre enfance, dans les années 1940-1950…

Patience Dabany : Mon père jouait à l’accordéon, un rythme qui avait alors beaucoup de succès dans la sous-région, l’ekoda. Je l’accompagnais aux percussions, mais toute la famille faisait la musique, mon frère jouait de la guitare et ma mère était chanteuse traditionnelle.

Mais vous écrivez aussi des chansons ?

PADA : J’en écris depuis que je fréquente l’école catholique, à Brazzaville, ma ville natale. Je composais des cantiques pour la chorale et pour les Âmes vaillantes. J’ai des mélodies dans la tête, je les fredonne ensuite à un musicien ou à un arrangeur qui les met en forme.

Qu’est-ce que vous apporte la musique ?

PADA : Tellement de choses ! La paix du cœur, de l’âme. C’est ma passion. Je peux me mettre en colère de temps en temps ou me montrer dure, le fait de chanter me calme instantanément. C’est comme une sorte de remède, de médicament contre beaucoup de choses…

Ne regrettez-vous pas d’avoir entamé votre carrière professionnelle en 1986 seulement, après votre divorce avec le défunt président Omar Bongo Ondimba ?

PADA : J’ai commencé à faire de la musique professionnellement quand Dieu a décidé qu’il était temps pour moi de le faire. Et Dieu avait décidé que ce ne serait pas avant mon divorce et que ce ne serait pas à Libreville…

Précisément. Pourquoi avoir choisi les Etats-Unis pour vous lancer dans la musique plutôt qu’en France ?

PADA : Je voulais connaître une autre culture. J’aime beaucoup les défis, je voulais voir ce que les Américains pouvaient m’apporter et j’ai appris d’eux la rigueur, l’intensité dans le travail, le «business is business ». J’ai retenu la leçon : en studio d’enregistrement, je me montre extrêmement exigeante, sévère, avec les musiciens, les producteurs et les ingénieurs du son, je ne laisse rien passer.

Les Jackson, Thelma et Withney Houston, Quincy Jones, James Brown… A Los Angeles, vous avez côtoyé les plus grands…

PADA : Ils sont mes amis, et les plus jeunes étaient comme mes enfants. Grâce au studio Elumba que j’avais créé là-bas, j’ai pu rencontrer et devenir amie de stars comme Stevie Wonder, Babyface ou Bobby Brown qui venaient enregistrer chez moi. J’étais leur grande sœur africaine.

Vous faites appel à des rappeurs, vous chantez de la rumba. Mais pas de coupé-décalé…

PADA : Le coupé-décalé, ça ne me dit rien ! (Mimant les interventions des animateurs ivoiriens). Tous ces DJ qui font «rapatacatac, capataca », ça ne m’intéresse pas ! Une chanson, pour moi, c’est un couplet, un refrain et un message. Or, le coupé-décalé ne fait passer aucun message.

Et le ndombolo ?

PADA : J’ai toujours beaucoup aimé Franco, Joseph Kabesele, Madilu. Chez les jeunes, je trouve que Ferre Gola chante bien. Le ndombolo, c’est simplement de la rumba accélérée !

Mais certaines paroles des chansons de ndombolo sont parfois vraiment obscènes…

PADA : Si les mélomanes trouvent les paroles des stars congolaises trop obscènes, ils n’ont qu’à écouter « L’Amour d’une Mère » sur le volume 2 de mon dernier album !(Rires). Ça parle de sentiments purs.

Cette vie en chansons, vous l’avez poursuivie quand vous étiez maman et Première dame ?

PADA : Bien sûr ! Je ne pouvais pas travailler, vivre sans la musique, j’ai appris à mes enfants, Ali et Albertine, à chanter, ça les rendait heureux. Ils ont également appris à jouer des instruments, quand ils sont partis faire des études en Europe.

C’est donc à cause de vous que votre fils, le Président Ali Bongo, est devenu musicien ?

PADA : On peut le dire ainsi ! Ali a appris à jouer du piano et il en joue bien. Ses deux passions ont toujours été la musique et le football. Quand son emploi du temps le permet, il interprète de la salsa, du folklore. Il écrit beaucoup de chansons et il m’en a d’ailleurs offert plusieurs…

Certaines d’entre elles figurent sur vos albums ?

PADA : En effet. Il en a d’ailleurs écrit sur « La Locomotive » …mais je ne vous dirai pas lesquelles !

Peut-on penser qu’un jour vous enregistrerez quelque chose avec le Président ?

PADA : En fait, on prépare actuellement un album. Mon fils a composé toutes les chansons, et je vais les interpréter. On est en train de l’enregistrer, il devrait sortir fin 2013.

Vous conseillez parfois votre fils ?

PADA: Il m’arrive de le conseiller, mais ne me demandez pas quel genre de conseil je lui donne ! (Rires).

Maman, le disque des hommes est-il toujours rayé ? Sont-ils toujours aussi trompeurs ?

PADA : (Rires). Il sera toujours rayé tant que les hommes vivront. Ils trouvent toujours une raison de sortir, d’aller voir ailleurs, mais on a tellement besoin d’eux ! Et tant pis si, sur le plan des relations amoureuses, ce sont des éternels menteurs !

Quel est votre passe-temps préféré ?

PADA: La cuisine, je suis maman, n’est-ce-pas ? J’en fais pour tous les gens qui passent chez moi. J’aime tellement ça que je crée des plats à partir de la gastronomie traditionnelle gabonaise.

Qu’avez-vous à répondre à ceux qui prétendent que « Célébrons l’Afrique » est devenue l’hymne officiel de la dernière Can parce que vous étiez la mère du Président ?

PADA : C’était «Africa shootez ballon» de Jon Loo K qui était l’hymne officiel de la Can 2012. «Célébrons l’Afrique» était une chanson coproduite par une marque de bière qui n’était pas l’un des sponsors de la compétition. Qu’y puis-je si mon morceau a été plébiscité par le public ?


Source : Afrique Magazine
Mardi 6 Novembre 2012
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