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La Dépêche d'Abidjan

Calixte Beyala crache du feu - À propos de son inculpation : « Cela présage d'une méthode de travail digne d'un Etat voyou ». « Je n'entrerai pas dans le délirium de la Côte d'Ivoire vengeresse » Mali : « Ce sont le

Connue pour ses positions qui tranchent avec les pratiques ancestrales de la France et pour son activisme aux côtés des Patriotes et de Laurent Gbagbo durant la grave crise qu’a connue la Côte d’Ivoire, Calixte Beyala est l’objet de poursuite judiciaire par le régime Ouattara, depuis vendredi 8 juin 2012. Dans cette interview à nous accorder, l’écrivaine franco camerounaise revient sur ses rapports avec le régime Gbagbo et fustige le comportement des présidents Africains qui se sentent les obligés de l’occident.


Calixte Beyala crache du feu -  À propos de son inculpation : « Cela présage d'une méthode de travail digne d'un Etat voyou ».  « Je n'entrerai pas dans le délirium de la Côte d'Ivoire vengeresse » Mali : « Ce sont le


Abidjandirect.net : qu’est ce qui vous a poussé à vous engager aux cotés du président Gbagbo dans la crise Ivoirienne ?

Calixthe Beyala : IL n'y a pas eu de crise Ivoirienne mais une crise Africaine, symbolisée par la Côte d'Ivoire. Il y a eu remise en question de la souveraineté des pays Africains, symbolisée par la Côte d'Ivoire comme en témoigne son bombardement et plus tard celui de la Libye. En tant que Intellectuelle je travaille sur des principes. Je défends la souveraineté des Etats et refuse toute ingérence étrangère dans les pays Africains qui se traduit toujours par la mort des milliers de citoyens, la désolation et la rancœur... Les résultats sont palpables aujourd'hui aussi bien en CI Qu'en Libye... Donc je renoncerai jamais à ces principes qui vont au delà des personnes CAR LES HOMMES PASSENT, ils symbolisent ces principes et passent... Mais les principes restent. Je ne défends jamais les personnes mais les principes.
Abidjandirect.net : Le pouvoir Ouattara vient de vous inculper pour recel de biens volés. Qu’en dites-vous ?
Calixthe Bbeyala : Merci de m'informer d'une inculpation dont je n'en connais pas la teneur, seulement via internet, ce qui laisse présager d'une méthode de travail digne d'un Etat voyou ! Car avant d'inculper quelqu'un, il faudrait l'avoir entendu, non ? Pauvres ivoiriens, si ce type de comportement caractérise votre justice, il y a fort à craindre de l'aspect arbitraire des institutions judiciaires de votre pays.

Abidjandirect.net : qu’est ce qui s’est passé réellement avec madame Appiah la fille du président ?

Calixthe Bbeyala : Il ne s'est rien passé avec cette personne. Pourquoi cette question ? Aurait-elle tué, volé ? Travaillait-elle pour l'Etat Ivoirien ? Serait-elle coupable exclusivement parce qu'elle porte le mauvais patronyme pour les Ouattara ?

Abidjandirect.net : Ne craignez-vous pas ? D’autant plus que le parquet Ivoirien a annoncé la saisie de la justice française ?

Calixthe Bbeyala : Pour avoir peur, il faut avoir commis un délit... Et jusqu'à preuve du contraire, écrire un livre, faire des conférences, faire des entretiens à une personne par quelqu'un de ma profession n'est pas un délit, les droits d'auteurs ne sont pas un délit. Donc je n'entrerai pas dans le délirium de la Côte d'Ivoire vengeresse, celle qui estime que j'aurais dû me taire face aux abominations faites à ce peuple par des mercenaires étrangers et des forces étrangères.
Abidjandirect.net : Vous êtes la présidente du MAF. Pendant la campagne électorale, vous avez soutenu le candidat Hollande. Pensez vous qu’il mettra fin aux méthodes subversives de la françafrique ?

Calixthe Bbeyala : Enfin, j'espère que Hollande retirera les bases militaires de l'Afrique et mettra fin à la françafrique qui ronge le continent et empêche l'épanouissement des hommes et des institutions.
Il serait temps que l’Afrique ait son indépendance politique, économique et militaire, car il s'agit là des trois éléments constitutifs de la souveraineté d'un Etat. Et à ce jour, l'Afrique francophone n'est pas libre...

Abidjandirect.net : Le Togo vient de livrer un des collaborateurs du président Gbagbo au pouvoir Ouattara. Quelle est votre analyse de cette situation ?

Calixthe Bbeyala : Ah, c'est dommage que les gens ne puissent pas jouir du droit d'exil comme partout dans le monde. C'est inquiétant pour les peuples s'il s'avérait que les dirigeants africains se mettaient d'accord pour livrer les opposants. C'est vraiment très grave et extrêmement dangereux.

Abidjandirect.net : Aujourd’hui, le Mali est coupé en deux et la France ne semble pas s’intéresser à ce pays. Contrairement à la Côte d’Ivoire où elle avait déployée armada. Quelle est la position de votre mouvement sur cet état de fait.

Calixthe Bbeyala : Quant au Mali, ce sont les puissances Occidentales qui ont livré les armes dans le Sahel afin que les Africains s'entretuent ! Tant que les Africains feront le sale boulot de s'entretuer, elles se frotteront les mains et n'interviendront pas. Dans l'absolue, si les Africains pouvaient tous s'entretuer, il y aura l'Afrique débarrassée des Africains ! On pourra alors puiser toutes ses richesses sans aucun souci. Il appartient aux Africains de réfléchir, d'arrêter de se faire la guerre pour ces faux pouvoirs qu'on leur fait briguer. Car aucun dirigeant africain n'est puissant. Ils sont tous très fragiles, objets dans les mains des puissances étrangères

Abidjandirect.net : Votre dernier mot à nos internautes ?

Calixthe Bbeyala : Le combat pour l'indépendance de l'Afrique ne fait que commencer. Merci
Jeudi 14 Juin 2012
La Dépêche d'Abidjan



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