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La Dépêche d'Abidjan

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Cadre de concertation entre l’opposition et la majorité : des citoyens burkinabè entre espoir et méfiance

Le président du Faso a reçu, dans la matinée du 23 septembre 2014, l’opposition, la majorité et le Front républicain pour leur demander de mettre en place un cadre de dialogue sous son égide. Cette proposition du chef de l’Etat, qui se positionne comme un « arbitre », est diversement appréciée par les hommes politiques et les leaders d’opinion. Si certains y voient une solution pour une sortie de crise, d’autres y voient un piège à éviter. C’est, du reste, ce qui est ressorti des propos des leaders politiques et d’opinion que nous avons rencontrés le mercredi 24 septembre 2014. Lisez !


Cadre de concertation entre l’opposition et la majorité : des citoyens burkinabè entre espoir et méfiance

Abraham Nignan dit « Le Général» : « Aller dialoguer avec Blaise Compaoré, c’est demander son consentement s’il va partir ou pas »

Un dialogue par rapport à quoi ? Etant le Chef de file de l’opposition radicale au Burkina, j’ai toujours dit que le seul problème, c’est Blaise Compaoré. Dans un pays, il n’y a que deux situations qui peuvent créer une situation de crise grave : la dictature et les hommes politiques malhonnêtes qui brûlent le pays. Ceux qui sont allés au palais pour rencontrer Blaise Compaoré, ce sont eux les ennemis du peuple. Si on n’y prend pas garde, le régime en place et le CFOP vont mener le pays vers sa perte. Quand un régime dure au pouvoir et qu’il réussit à fabriquer des opposants, cela est dangereux pour le pays. Le dialogue n’engage que ceux qui sont allés à Kosyam. Blaise Compaoré a pu canaliser des groupes comme un troupeau pour canaliser sa cause. Les responsables de partis politiques sont allés à Kosyam pour se faire corrompre par Blaise Compaoré. En réalité, le peuple doit comprendre que le changement ne peut venir ni du côté du CFOP, ni du côté du régime. Nous voulons un changement radical au Burkina Faso : pas de Blaise Compaoré, pas de CFOP. On ne peut pas comprendre qu’on parle de dialogue avec la classe politique sans que tous les acteurs politiques ne soient représentés. Oublie-t-on que tous les opposants ne sont pas réunis au sein du CFOP ? Que fait-on des autres opposants qui ne sont pas affiliés au Chef de file de l’opposition ?
Voulez-vous que je vous confie un secret ? Ceux du CFOP sont de la majorité. Je prends cette image : ‘’le CFOP ressemble à un enclos construit pour contrôler et canaliser tout un troupeau. Seuls les moutons qui sont dans l’enclos peuvent être effectivement contrôlés’’. C’est dire que le CFOP a été créé pour casser les autres opposants. La preuve, je connais des partis politiques qui ont quitté Bobo pour cette concertation, notamment le Mouvement patriotique pour l’alternance. Ils n’ont pas pu rentrer à Kosyam parce qu’ils ne sont pas du CFOP. Cela veut dire que tant que tu n’es pas canalisé dans le cadre du CFOP, tu ne peux pas prendre part à un dialogue. Or, il ne peut pas avoir de dialogue sans la participation de l’ensemble des partis politiques. Le vrai cancer, c’est Blaise Compaoré. Alors tous ceux qui ont pris part à ce dialogue sont allés se faire corrompre davantage. Aller dialoguer avec Blaise Compaoré, c’est demander son consentement s’il va partir ou pas. C’est comme demander à Blaise Compaoré s’il va partir ou rester, avant de discuter des différentes modalités selon qu’il aura refusé ou accepté de partir en 2015. Que le peuple ouvre l’œil sur l’ensemble des acteurs, qu’ils soient de la majorité ou du CFOP.

Marcel Kouraogo, secrétaire national adjoint chargé de la mobilisation de la jeunesse du CDP : « Le dialogue en soi-même est la bienvenue en ce sens qu’il permet à tous les acteurs de se parler »

C’est avec beaucoup d’intérêt que nous avons appris l’appel du président du Faso au dialogue auquel nous avons nous-mêmes pris part en tant que formation politique. En tant que jeunes, nous accueillons positivement cette initiative prise par le président du Faso. Cela traduit la grandeur d’esprit et la disposition du président du Faso à permettre aux Burkinabè de se parler pour trouver une solution endogène pour le bien du Burkina Faso. Nous avons constaté que toutes les tendances politiques ont répondu à cet appel même si nous déplorons le fait que l’opposition dit aller au dialogue tout en restant camper sur leur position. Nous fondons l’espoir que tout ceci puisse trouver une solution qui puisse satisfaire toutes les parties. Sinon la solution qui resterait, serait d’aller au référendum parce que c’est un droit constitutionnel. Pour l’instant, nous espérons que cet appel aux acteurs politiques nationaux puisse aboutir à des résultats probants. Le fait qu’il y ait des échanges pour aboutir à un cadre de dialogue est salutaire. On peut dire que la particularité de ce dialogue est qu’il a été convoqué par le Chef de l’Etat lui-même. La prédisposition des uns et des autres à aller au dialogue est déjà positive. Le dialogue en soi-même est la bienvenue en ce sens qu’il permet à tous les acteurs de se parler. Pour nous tant qu’on peut dialoguer, il faut le faire. Le Chef de l’Etat n’a fait que respecter une tradition africaine qui voudrait que les filles et fils d’un village s’asseyent sous l’arbre à palabre pour échanger en vue de parvenir à des solutions à leurs divergences. C’est pourquoi au CDP, nous avons toujours prôné le dialogue. Je ne suis pas un devin mais si les uns et les autres ont accepté de s’asseoir pour discuter c’est également parce qu’ils ont foi qu’on peut s’entendre sur le strict minimum. Je suis optimiste et je sais qu’au Burkina Faso, nous avons des gens assez mûrs qui veulent le dialogue et la paix pour le bien du pays. Le respect de la Constitution qui permet d’aller au référendum, est aussi une voie que nous pouvons explorer. Durant les négociations si les parties peuvent s’entendre pour aller au référendum. Cela est une autre hypothèse et pour cela je ne doute pas un seul instant qu’on puisse aboutir à de bonnes solutions.

Adama Kanozoé, président de l’Alliance des jeunes pour l’indépendance de la république (AJIR)
: « Il est important de déterminer le contenu du dialogue que nous devrons mener avec la majorité »

Le dialogue en démocratie est une valeur cardinale et sur cette base, l’opposition ne refuse pas d’aller dialoguer avec la majorité. Mais ce dialogue ne doit pas fondamentalement remettre en cause la démocratie et le respect de la Constitution. On peut dialoguer avec son pire ennemi à plus forte raison que nous ne sommes pas des ennemis mais des frères d’un même pays. Nous devons nous parler. Le débat sur l’article 37 de la Constitution est une mise au point avec nos frères qui se sont égarés. C’est dire donc que tout en étant ouvert au dialogue à l’opposition, nous n’entendons pas brader la démocratie contre le peuple Burkinabè qui s’est suffisamment fait entendre sur ces questions politiques relatives à la non modification de l’article 37 de la Constitution et la mise en place du Sénat. Ceci dit, nous attendons de nous imprégner des termes du dialogue parce que pour aller au dialogue, nous devrons savoir les raisons et les objectifs de ce dialogue et les limites à ne pas franchir. Il est important de déterminer le contenu du dialogue que nous devrons mener avec la majorité. Ce qui est sûr, c’est que conformément à la Constitution, le Chef de l’Etat, Blaise Compaoré est en fin de mandat et ne saurait être candidat aux élections présidentielles de 2015. Nous pouvons faire des compromissions pour que la mère patrie puisse concéder une sortie honorable si ce n’est déjà fait au président du Faso. Nous ne pouvons compromettre la démocratie qui a été le fruit des sacrifices des filles et fils du Burkina Faso dont le journaliste Norbert Zongo.

Ousmane Danfodio Diallo, président de l’Alliance pour la renaissance, la démocratie et l’intégration (ARDI) : « Le président du Faso peut être entouré d’alliances mercantilistes. Il y a ceux qui misent sur sa chute d’une part, et d’autre part ceux qui misent sur sa survie »

Le dialogue est un facteur qui permet de civiliser davantage les positions. L’initiative du président du Faso est ce qu’on attendait depuis longtemps parce qu’il reste et demeure jusqu’en 2015, le seul arbitre à même de pouvoir régler la crise. Nous ne doutons pas de ses capacités et de ses compétences à régler les crises d’autant plus qu’il l’a déjà fait en Côte d’Ivoire où les frères avaient pris les armes. Nous savons également qu’il a permis au Mali d’aller aux élections alors que les armes étaient déjà prises, pour ne citer que ces cas. Maintenant, le problème qui peut être posé, c’est que le président du Faso peut être entouré d’alliances mercantilistes. Il y a ceux qui misent sur sa chute d’une part, et d’autre part ceux qui misent sur sa survie. Certains misent aujourd’hui sur sa perte. C’est cette dualité qui est là. Je n’ai pas beaucoup confiance à ceux qui l’entourent. Sinon, je ne doute pas que le président lui-même puisse parvenir à résoudre la crise. Seulement, étant dans ce conglomérat de mercantilistes, ça peut être difficile pour lui. Je vois également un certain déséquilibre parce que l’opposition est seule, alors que la majorité présidentielle est additionnée au Front républicain. Je souhaite que l’opposition refuse d’y aller prochainement si le Front républicain est associé à la majorité. Soit l’opposition va discuter directement avec la majorité qui est reconnue, soit elle discute avec le Front républicain sous ordre du président, mais pas les deux à la fois. Il faut rapidement trouver une solution à ce déséquilibre en écartant notamment le Front républicain qui n’est pas suffisamment représentatif. Le président du Faso peut élargir ce débat à la société civile, aux autorités religieuses et aux autres partis politiques. Je souhaite que ce dialogue aboutisse à une solution pour la résolution de la crise, mais je ne vois pas comment ce cadre peut être salutaire à partir du moment où il y a un déséquilibre. Ensuite, je ne vois pas une solution à la crise en dehors de la société civile parce qu’elle est toujours présente aux différentes marches. Les autorités religieuses et coutumières sont également présentes quand il s’agit de développement et autres. Probablement que le président veut d’abord entendre les hommes politiques avant les autres couches sociales. De toute façon, il gagnerait à associer toutes les couches sociales.

Pascal Zaïda, secrétaire exécutif du Mouvement populaire des jeunes (MPJ) : « Rien au monde ne peut empêcher la tenue obligatoire du référendum »

Je voudrais avant tout propos vous dire merci pour cette considération. Pour notre part, cela ne nous a pas surpris si on s'en tient aux propos depuis Dori, en décembre passé, lorsque le président du Faso disait que si les acteurs politiques ne s'accordent pas sur la question de l'article 37, il fera recours au peuple pour trancher. Cela sous-entendait que tôt ou tard, il allait tendre la main aux acteurs politiques. Le moment est donc venu malgré le temps mis et ça tend aussi vers la fin de la recréation. Parce qu’avec le durcissement des positions, il serait difficile de prédire un consensus. Par contre, il est évident que la fin de ce dialogue soit sanctionnée par un recours au peuple souverain pour trancher, et celui qui s'oppose est contre le peuple et est responsable de toutes les conséquences. Et, c'est vous dire aussi que ceux qui se flattaient seront surpris parce ce que rien au monde ne peut empêcher la tenue obligatoire du référendum et c'est ça qui est la vérité.

Issaka Lingani, directeur de publication de L’Opinion : « J’invite chacun à la retenue pour qu’on mène à bien ce dialogue »

Je ne suis pas étonné de cette action du chef de l’Etat parce que le président Blaise Compaoré est reconnu comme étant un homme de dialogue et de paix. Ce qu’il entreprend actuellement entre en droite ligne des actions qu’il a précédemment menées. Nous avons assisté à de nombreuses initiatives à l’instar des marches, des publications, des conférences sur le sujet et à mon sens, à l’heure actuelle où nous sommes, des décisions devraient émerger. Maintenant qu’une porte vers le dialogue se dessine, je pense que c’est une nouvelle chance qui est offerte à l’élite dirigeante nationale de se retrouver face à ses responsabilités qui consistent à trouver des solutions par le dialogue.
Je dirais que quand on va vers un dialogue, on va avec des propositions maximales et non avec des propositions minimales, de sorte qu’à l’issue des discussions, on trouve un compromis qui serait bénéfique aux différentes parties. Le fait que chaque partie fixe ses exigences ne constitue pas à priori un problème, mais nous en tant que journaliste et analyste politique, devons nous attarder sur l’évolution des déclarations faites par les différents acteurs.
L’opposition a émis certaines fermetés qui m’inquiètent, car elles n’ont pas changé d’un iota. Depuis maintenant deux ans, l’opposition s’oppose à l’installation du Sénat, à la modification de l’article 37 et son refus au référendum. C’est pour ces trois raisons que l’opposition politique a refusé de se rendre au CCRP. Car selon elle, cela constituait un piège. C’est dans cette même lancée qu’elle a fait échouer la médiation du président Jean-Baptiste Ouédraogo, prétextant que cette médiation était une farce initiée par le président Compaoré pour s’accorder un « lenga ». Pour ce qui est de la majorité, je ne sens pas la même fermeté. Bien au contraire, je sens une certaine flexibilité car la majorité est à l’origine du dialogue. A ma connaissance, sauf une omission quelconque, aucun parti d’opposition n’a demandé le dialogue. Mais, je dis que beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, car quelques mois en arrière, la tension était vive mais actuellement, il y a une certaine accalmie dans les esprits. C’est dire que cette situation évolue. Peut-être que la situation de paix qui s’impose va contraindre les acteurs à revoir leurs positions. Pour moi, la responsabilité incombe à la classe politique dirigeante, la question majeure, c’est de savoir si cette classe politique peut sortir le pays de cette situation.
Ces alternatives sont énumérées dans la Constitution et le président a déjà affirmé que si la classe politique ne s’entend pas, il va demander au peuple de se prononcer. Je pense que c’est une suite logique qui s’impose. Si la classe dirigeante se montre incapable de résoudre cette situation de crise que moi je considère comme étant un processus normal dans toute démocratie vivante, on demandera au peuple de se prononcer. Si le peuple se prononce, alors la classe dirigeante n’a plus sa raison d’être. C’est dire que ces personnes sont incapables de diriger le pays. Donc il faudra élire de nouvelles personnes qui pourront diriger le pays.
La société civile est impliquée, car elle est en grande partie responsable des menaces sur la paix sociale. Aucune formation politique n’a osé menacer la paix sociale par contre au niveau de la société civile, il y a des organisations qui prônent la violence. Ces organisations affirment qu’elles s’opposeront par tous les moyens à la tenue d’un référendum. Elle est en vérité très politisée mais qui, malheureusement n’a aucune responsabilité, car si la situation dégénère, elle n’a de compte à rendre à personne. Donc, j’invite chacun à la retenue pour qu’on mène à bien ce dialogue.

Sam’K Le Jah, chargé de mobilisation du Balai citoyen : « Blaise Compaoré n’est pas le plus intelligent de tous les Burkinabè »

D’abord, dialoguer, c’est s’asseoir et parler. C’est toujours important, surtout quand on connait les valeurs africaines en matière de règlement d’un certain nombre de problèmes. Déjà, le principe de s’asseoir et d’échanger ensemble, n’est pas mauvais. Enfin, Blaise Compaoré apprend à écouter les gens de son pays. Passé tout le temps dehors en train de parler, il faut être à l’intérieur du pays et attaquer de façon sincère et franche ce qu’on a comme difficultés. Donc, partant de là, jeter les bases d’un dialogue n’est pas mauvais. Maintenant, comme on le sait, ce sont les politiciens. Comme je le dis dans une de mes chansons, le chien ne peut pas changer sa façon de s’asseoir. Donc, la rédemption en politique, je n’y crois pas trop. À l’église et à la mosquée, oui. Mais en politique, il faut toujours faire attention.
Je pense que jusque là, les politiciens n’ont pas encore pris la mesure des choses. Parce que c’est vrai qu’il y a une crise politique, du fait des politiciens, mais la crise ne se limite pas à la sphère politique aujourd’hui. C’est dommage que le président ou ses conseillers et autres n’ont pas encore intégré cela dans le processus de dialogue. Ce n’est pas seulement les politiciens qui font la démocratie. La démocratie, c’est un ensemble d’acteurs. Parmi ces acteurs, il y a la société civile qui joue un rôle super important. Donc, les politiciens peuvent se retrouver pour dialoguer entre eux. Mais tant que la société civile ne sera pas associée, comme on le dit, on les attend au tournant. C’est l’occasion de le rappeler, que ce soit l’opposition ou le pouvoir en place, qu’ils comprennent que cette génération est très différente des autres. Surtout, à l’opposition, nous l’avons à l’œil. S’ils vont « dealer » la lutte du peuple pour des intérêts personnels, on les a à l’œil. Parce que pour nous, l’engagement pris par la jeunesse est aujourd’hui d’aboutir à un véritable changement dans ce pays. Ce n’est pas seulement le fait des politiciens. Mais aussi une envie profonde de ceux là, qui se battent pour une vraie démocratie. La démocratie comme je le disais avant, ne se limite pas seulement aux politiciens. C’est tous les acteurs, y compris la société civile, l’armée, la police, la gendarmerie. Donc, tout le monde de se retrouver à deux ou trois. Je ne sais même pas ce que le Front républicain va chercher là-bas. Puisque la majorité fait partie de ce front républicain. Je pense que s’il y a une volonté de sortir réellement de la crise aujourd’hui, c’est d’impliquer tout le monde.
Ce n’est pas une question d’échec. Honnêtement, si c’est pour discuter d’autres sujets, on peut comprendre. Si c’est pour discuter du vol d’air Algérie qui est tombé et jusque là, on ne comprend rien, là on peut accepter. Ou il y a une répression de la police à Djibo et il y a une femme qui est morte, qu’est-ce que les acteurs politiques peuvent faire ? Ça, on peut comprendre. Mais si c’est pour parler de l’article 37, je pense que c’est un faux dialogue. Peut-être qu’on va la rappeler, la limitation du nombre de mandats présidentiels, ne concerne qu’une seule personne parmi les 17 ou 18 millions de Burkinabè. Tout Burkinabè qui a l’âge de se présenter à l’élection présidentielle peut le faire à l’exception de Blaise Compaoré. C’est le seul individu sur la terre du Burkina Faso qui est concerné par cette affaire. Mais il n’est pas au dessus des autres Burkinabè. Pour l’instant, il bénéficie d’un certain nombre d’avantages parce qu’il est président. Mais cela ne fait pas de lui un super burkinabè. La question de l’article 37, on l’espère et on le souhaite, l’opposition ne va pas dealer la lutte. Parce que même cette rumeur qui circule comme quoi on veut prolonger le mandat de Blaise Compaoré est anticonstitutionnel car dans la Constitution, il n’est pas prévu qu’on prolonge le mandat d’un président qui qu’il soit. Pour nous, l’article 37 reste en l’état déjà pour une chose, c'est-à-dire respecter le sacrifice de Norbert Zongo. C’est après son assassinat que le collège des sages a proposé qu’on revienne sur la clause limitative des mandats et à un quinquennat, renouvelable une fois. Donc un, c’est pour la mémoire de Norbert Zongo que l’article 37 ne doit pas être modifié. C’est pour le respect du collège des sages, pour cette valeur traditionnelle que nous avons pour les anciens, pour le respect de la parole du collège des sages, l’article 37 ne doit pas être modifié. Et pour le respect de la démocratie, l’article 37 ne doit pas être modifié. À ce niveau, il n’y a plus de débat et il n’est même plus question de discuter là-dessus. Si blaise, c’était quelqu’un de grand, de visionnaire comme on aime à le dire, il aurait préparé un dauphin. Son parti qui est majoritaire a pleins d’éminences grises, beaucoup de têtes pensantes, donner l’occasion à d’autres de s’exprimer. Il n’est pas le seul. Les temps ont changé, les générations aussi. Dialoguer, c’est bien, mais on dialogue autour de quoi ? Si c’est sur la question de l’article 37, en tout cas, comme on le dit au ghetto, nous « guettons »l’opposition. Si l’opposition doit vendre la lutte, elle va comprendre que ce n’est pas seulement les tripatouilleurs de Constitution qui auront à faire à la jeunesse, même les opposants qui vont vendre la lutte, seront dans leur collimateur. Ils peuvent discuter de tout, mais il ne faut pas qu’il y ait de deals autour de l’article 37 ou pour prolonger un mandat de qui que ce soit. Novembre 2015, comme j’aime à le dire, c’est le terminus du bus Blaise Compaoré. Ils peuvent désigner quelqu'un d’autre qui va se présenter aux élections. Comme je le dis, c’est le seul Burkinabè dans les Burkinabè de l’intérieur comme de l’extérieur, qui est concerné par la question de l’article 37. En dehors de lui, tout le monde peut se présenter. Qu’on respecte le peuple, c’est tout !
Quand on lit les déclarations d’un cerveau comme Laurent Bado, quand j’ai lu la déclaration des jeunes juristes, il y a quand même des têtes pensantes qui ont dit de façon claire et avec des mots simples qu’un referendum se convoque autour de sujets sensibles et d’intérêt national. Je dis que Blaise Compaoré n’est pas un sujet d’intérêt national. Si l’article 37 empêchait beaucoup de Burkinabè de pouvoir se présenter, là c’est un problème d’intérêt national. Mais, il empêche une seule personne. Ce n’est pas tout le monde ! S’il y avait cent mille ou deux cent mille burkinabè qui étaient empêchés par l’article 37, là on peut comprendre. Mais c’est le seul ! Il ne peut pas représenter une question d’intérêt national. La même Constitution proscrit le pouvoir personnel. Vouloir sauter le verrou, ça nous amène vers une monarchie. Si nous on tombe dans la monarchie, avec le système qu’on a, Blaise va mourir au pouvoir ! Quand est-ce qu’il va partir ? La preuve, les gens ont commencé à parler pour que son petit frère François lui succède. Après François, ça risque d’être Djamila, etc. Or, je ne pense pas que les burkinabè normaux puissent accepter cela. Le pouvoir n’est pas une affaire de famille !
Et cela va nous éviter les histoires de régionaliser les choses. Non, attendez ! Nous sommes tous des Burkinabè, chacun doit avoir la possibilité d’apporter sa contribution. Blaise Compaoré n’est pas le plus intelligent de tous les Burkinabè ! Il a fait ce qu’il avait à faire et tout le monde a vu ses forces, ses faiblesses, ses qualités et ses défauts ! D’ailleurs, ce sont des gens qui ne tiennent pas parole ! Quand on prend ce qui s’est passé récemment à Djibo, les jeunes sont sortis manifester. Mais en 2005 pendant la campagne électorale, Blaise Compaoré a fait la promesse ! Il a juré devant Dieu et les hommes que le goudron n’est pas fou pour s’arrêter à Kongoussi. Mais, les jeunes ont manifesté jusqu’à ce que mort s’en suive. Mais du fait de quoi ? Du fait que le président n’a pas tenu sa parole. Nous avons une pensée pour cette femme qui est morte. Une pauvre femme qui se débrouillait dans son coin comme on le dit, qui ne se sentait même pas concernée par ce type de mouvement. Voilà qu’elle s’est fait tuer. Mais quand on va essayer de relier les faits, pourquoi elle est morte ? Elle est morte parce qu’il y a eu manifestation qui a été réprimée violemment. Mais pourquoi la manifestation a été réprimée ? D’abord, pourquoi il y a eu manifestation ? Quand on remonte, le premier responsable ici, c’est Blaise Compaoré. Il a fait la promesse de faire une route qu’il n’a pas tenue. Donc, c’est pour que la jeunesse prenne conscience que personne n’est à l’abri. Il faut se mobiliser et je pense à cette stratégie de lutte non violente qui est celle des fourmis magnans. Il n’y a que ça qui va constituer notre force et il faut que les gens en soient conscients1
Blaise Compaoré est en fin de mandat et ne saurait être candidat aux élections présidentielles de 2015. Nous pouvons faire des compromissions pour que la mère patrie puisse concéder une sortie honorable si ce n’est déjà fait au président du Faso. Nous ne pouvons compromettre la démocratie qui a été le fruit des sacrifices des filles et fils du Burkina Faso dont le journaliste Norbert Zongo.

Ousmane Danfodio Diallo, président de l’Alliance pour la renaissance, la démocratie et l’intégration (ARDI) : « Le président du Faso peut être entouré d’alliances mercantilistes. Il y a ceux qui misent sur sa chute d’une part, et d’autre part ceux qui misent sur sa survie »

Le dialogue est un facteur qui permet de civiliser davantage les positions. L’initiative du président du Faso est ce qu’on attendait depuis longtemps parce qu’il reste et demeure jusqu’en 2015, le seul arbitre à même de pouvoir régler la crise. Nous ne doutons pas de ses capacités et de ses compétences à régler les crises d’autant plus qu’il l’a déjà fait en Côte d’Ivoire où les frères avaient pris les armes. Nous savons également qu’il a permis au Mali d’aller aux élections alors que les armes étaient déjà prises, pour ne citer que ces cas. Maintenant, le problème qui peut être posé, c’est que le président du Faso peut être entouré d’alliances mercantilistes. Il y a ceux qui misent sur sa chute d’une part, et d’autre part ceux qui misent sur sa survie. Certains misent aujourd’hui sur sa perte. C’est cette dualité qui est là. Je n’ai pas beaucoup confiance à ceux qui l’entourent. Sinon, je ne doute pas que le président lui-même puisse parvenir à résoudre la crise. Seulement, étant dans ce conglomérat de mercantilistes, ça peut être difficile pour lui. Je vois également un certain déséquilibre parce que l’opposition est seule, alors que la majorité présidentielle est additionnée au Front républicain. Je souhaite que l’opposition refuse d’y aller prochainement si le Front républicain est associé à la majorité. Soit l’opposition va discuter directement avec la majorité qui est reconnue, soit elle discute avec le Front républicain sous ordre du président, mais pas les deux à la fois. Il faut rapidement trouver une solution à ce déséquilibre en écartant notamment le Front républicain qui n’est pas suffisamment représentatif. Le président du Faso peut élargir ce débat à la société civile, aux autorités religieuses et aux autres partis politiques. Je souhaite que ce dialogue aboutisse à une solution pour la résolution de la crise, mais je ne vois pas comment ce cadre peut être salutaire à partir du moment où il y a un déséquilibre. Ensuite, je ne vois pas une solution à la crise en dehors de la société civile parce qu’elle est toujours présente aux différentes marches. Les autorités religieuses et coutumières sont également présentes quand il s’agit de développement et autres. Probablement que le président veut d’abord entendre les hommes politiques avant les autres couches sociales. De toute façon, il gagnerait à associer toutes les couches sociales.

Pascal Zaïda, secrétaire exécutif du Mouvement populaire des jeunes (MPJ) : « Rien au monde ne peut empêcher la tenue obligatoire du référendum »

Je voudrais avant tout propos vous dire merci pour cette considération. Pour notre part, cela ne nous a pas surpris si on s'en tient aux propos depuis Dori, en décembre passé, lorsque le président du Faso disait que si les acteurs politiques ne s'accordent pas sur la question de l'article 37, il fera recours au peuple pour trancher. Cela sous-entendait que tôt ou tard, il allait tendre la main aux acteurs politiques. Le moment est donc venu malgré le temps mis et ça tend aussi vers la fin de la recréation. Parce qu’avec le durcissement des positions, il serait difficile de prédire un consensus. Par contre, il est évident que la fin de ce dialogue soit sanctionnée par un recours au peuple souverain pour trancher, et celui qui s'oppose est contre le peuple et est responsable de toutes les conséquences. Et, c'est vous dire aussi que ceux qui se flattaient seront surpris parce ce que rien au monde ne peut empêcher la tenue obligatoire du référendum et c'est ça qui est la vérité.

Issaka Lingani, directeur de publication de L’Opinion : « J’invite chacun à la retenue pour qu’on mène à bien ce dialogue »

Je ne suis pas étonné de cette action du chef de l’Etat parce que le président Blaise Compaoré est reconnu comme étant un homme de dialogue et de paix. Ce qu’il entreprend actuellement entre en droite ligne des actions qu’il a précédemment menées. Nous avons assisté à de nombreuses initiatives à l’instar des marches, des publications, des conférences sur le sujet et à mon sens, à l’heure actuelle où nous sommes, des décisions devraient émerger. Maintenant qu’une porte vers le dialogue se dessine, je pense que c’est une nouvelle chance qui est offerte à l’élite dirigeante nationale de se retrouver face à ses responsabilités qui consistent à trouver des solutions par le dialogue.
Je dirais que quand on va vers un dialogue, on va avec des propositions maximales et non avec des propositions minimales, de sorte qu’à l’issue des discussions, on trouve un compromis qui serait bénéfique aux différentes parties. Le fait que chaque partie fixe ses exigences ne constitue pas à priori un problème, mais nous en tant que journaliste et analyste politique, devons nous attarder sur l’évolution des déclarations faites par les différents acteurs.
L’opposition a émis certaines fermetés qui m’inquiètent, car elles n’ont pas changé d’un iota. Depuis maintenant deux ans, l’opposition s’oppose à l’installation du Sénat, à la modification de l’article 37 et son refus au référendum. C’est pour ces trois raisons que l’opposition politique a refusé de se rendre au CCRP. Car selon elle, cela constituait un piège. C’est dans cette même lancée qu’elle a fait échouer la médiation du président Jean-Baptiste Ouédraogo, prétextant que cette médiation était une farce initiée par le président Compaoré pour s’accorder un « lenga ». Pour ce qui est de la majorité, je ne sens pas la même fermeté. Bien au contraire, je sens une certaine flexibilité car la majorité est à l’origine du dialogue. A ma connaissance, sauf une omission quelconque, aucun parti d’opposition n’a demandé le dialogue. Mais, je dis que beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, car quelques mois en arrière, la tension était vive mais actuellement, il y a une certaine accalmie dans les esprits. C’est dire que cette situation évolue. Peut-être que la situation de paix qui s’impose va contraindre les acteurs à revoir leurs positions. Pour moi, la responsabilité incombe à la classe politique dirigeante, la question majeure, c’est de savoir si cette classe politique peut sortir le pays de cette situation.
Ces alternatives sont énumérées dans la Constitution et le président a déjà affirmé que si la classe politique ne s’entend pas, il va demander au peuple de se prononcer. Je pense que c’est une suite logique qui s’impose. Si la classe dirigeante se montre incapable de résoudre cette situation de crise que moi je considère comme étant un processus normal dans toute démocratie vivante, on demandera au peuple de se prononcer. Si le peuple se prononce, alors la classe dirigeante n’a plus sa raison d’être. C’est dire que ces personnes sont incapables de diriger le pays. Donc il faudra élire de nouvelles personnes qui pourront diriger le pays.
La société civile est impliquée, car elle est en grande partie responsable des menaces sur la paix sociale. Aucune formation politique n’a osé menacer la paix sociale par contre au niveau de la société civile, il y a des organisations qui prônent la violence. Ces organisations affirment qu’elles s’opposeront par tous les moyens à la tenue d’un référendum. Elle est en vérité très politisée mais qui, malheureusement n’a aucune responsabilité, car si la situation dégénère, elle n’a de compte à rendre à personne. Donc, j’invite chacun à la retenue pour qu’on mène à bien ce dialogue.

Sam’K Le Jah, chargé de mobilisation du Balai citoyen : « Blaise Compaoré n’est pas le plus intelligent de tous les Burkinabè »

D’abord, dialoguer, c’est s’asseoir et parler. C’est toujours important, surtout quand on connait les valeurs africaines en matière de règlement d’un certain nombre de problèmes. Déjà, le principe de s’asseoir et d’échanger ensemble, n’est pas mauvais. Enfin, Blaise Compaoré apprend à écouter les gens de son pays. Passé tout le temps dehors en train de parler, il faut être à l’intérieur du pays et attaquer de façon sincère et franche ce qu’on a comme difficultés. Donc, partant de là, jeter les bases d’un dialogue n’est pas mauvais. Maintenant, comme on le sait, ce sont les politiciens. Comme je le dis dans une de mes chansons, le chien ne peut pas changer sa façon de s’asseoir. Donc, la rédemption en politique, je n’y crois pas trop. À l’église et à la mosquée, oui. Mais en politique, il faut toujours faire attention.
Je pense que jusque là, les politiciens n’ont pas encore pris la mesure des choses. Parce que c’est vrai qu’il y a une crise politique, du fait des politiciens, mais la crise ne se limite pas à la sphère politique aujourd’hui. C’est dommage que le président ou ses conseillers et autres n’ont pas encore intégré cela dans le processus de dialogue. Ce n’est pas seulement les politiciens qui font la démocratie. La démocratie, c’est un ensemble d’acteurs. Parmi ces acteurs, il y a la société civile qui joue un rôle super important. Donc, les politiciens peuvent se retrouver pour dialoguer entre eux. Mais tant que la société civile ne sera pas associée, comme on le dit, on les attend au tournant. C’est l’occasion de le rappeler, que ce soit l’opposition ou le pouvoir en place, qu’ils comprennent que cette génération est très différente des autres. Surtout, à l’opposition, nous l’avons à l’œil. S’ils vont « dealer » la lutte du peuple pour des intérêts personnels, on les a à l’œil. Parce que pour nous, l’engagement pris par la jeunesse est aujourd’hui d’aboutir à un véritable changement dans ce pays. Ce n’est pas seulement le fait des politiciens. Mais aussi une envie profonde de ceux là, qui se battent pour une vraie démocratie. La démocratie comme je le disais avant, ne se limite pas seulement aux politiciens. C’est tous les acteurs, y compris la société civile, l’armée, la police, la gendarmerie. Donc, tout le monde de se retrouver à deux ou trois. Je ne sais même pas ce que le Front républicain va chercher là-bas. Puisque la majorité fait partie de ce front républicain. Je pense que s’il y a une volonté de sortir réellement de la crise aujourd’hui, c’est d’impliquer tout le monde.
Ce n’est pas une question d’échec. Honnêtement, si c’est pour discuter d’autres sujets, on peut comprendre. Si c’est pour discuter du vol d’air Algérie qui est tombé et jusque là, on ne comprend rien, là on peut accepter. Ou il y a une répression de la police à Djibo et il y a une femme qui est morte, qu’est-ce que les acteurs politiques peuvent faire ? Ça, on peut comprendre. Mais si c’est pour parler de l’article 37, je pense que c’est un faux dialogue. Peut-être qu’on va la rappeler, la limitation du nombre de mandats présidentiels, ne concerne qu’une seule personne parmi les 17 ou 18 millions de Burkinabè. Tout Burkinabè qui a l’âge de se présenter à l’élection présidentielle peut le faire à l’exception de Blaise Compaoré. C’est le seul individu sur la terre du Burkina Faso qui est concerné par cette affaire. Mais il n’est pas au dessus des autres Burkinabè. Pour l’instant, il bénéficie d’un certain nombre d’avantages parce qu’il est président. Mais cela ne fait pas de lui un super burkinabè. La question de l’article 37, on l’espère et on le souhaite, l’opposition ne va pas dealer la lutte. Parce que même cette rumeur qui circule comme quoi on veut prolonger le mandat de Blaise Compaoré est anticonstitutionnel car dans la Constitution, il n’est pas prévu qu’on prolonge le mandat d’un président qui qu’il soit. Pour nous, l’article 37 reste en l’état déjà pour une chose, c'est-à-dire respecter le sacrifice de Norbert Zongo. C’est après son assassinat que le collège des sages a proposé qu’on revienne sur la clause limitative des mandats et à un quinquennat, renouvelable une fois. Donc un, c’est pour la mémoire de Norbert Zongo que l’article 37 ne doit pas être modifié. C’est pour le respect du collège des sages, pour cette valeur traditionnelle que nous avons pour les anciens, pour le respect de la parole du collège des sages, l’article 37 ne doit pas être modifié. Et pour le respect de la démocratie, l’article 37 ne doit pas être modifié. À ce niveau, il n’y a plus de débat et il n’est même plus question de discuter là-dessus. Si blaise, c’était quelqu’un de grand, de visionnaire comme on aime à le dire, il aurait préparé un dauphin. Son parti qui est majoritaire a pleins d’éminences grises, beaucoup de têtes pensantes, donner l’occasion à d’autres de s’exprimer. Il n’est pas le seul. Les temps ont changé, les générations aussi. Dialoguer, c’est bien, mais on dialogue autour de quoi ? Si c’est sur la question de l’article 37, en tout cas, comme on le dit au ghetto, nous « guettons »l’opposition. Si l’opposition doit vendre la lutte, elle va comprendre que ce n’est pas seulement les tripatouilleurs de Constitution qui auront à faire à la jeunesse, même les opposants qui vont vendre la lutte, seront dans leur collimateur. Ils peuvent discuter de tout, mais il ne faut pas qu’il y ait de deals autour de l’article 37 ou pour prolonger un mandat de qui que ce soit. Novembre 2015, comme j’aime à le dire, c’est le terminus du bus Blaise Compaoré. Ils peuvent désigner quelqu'un d’autre qui va se présenter aux élections. Comme je le dis, c’est le seul Burkinabè dans les Burkinabè de l’intérieur comme de l’extérieur, qui est concerné par la question de l’article 37. En dehors de lui, tout le monde peut se présenter. Qu’on respecte le peuple, c’est tout !
Quand on lit les déclarations d’un cerveau comme Laurent Bado, quand j’ai lu la déclaration des jeunes juristes, il y a quand même des têtes pensantes qui ont dit de façon claire et avec des mots simples qu’un referendum se convoque autour de sujets sensibles et d’intérêt national. Je dis que Blaise Compaoré n’est pas un sujet d’intérêt national. Si l’article 37 empêchait beaucoup de Burkinabè de pouvoir se présenter, là c’est un problème d’intérêt national. Mais, il empêche une seule personne. Ce n’est pas tout le monde ! S’il y avait cent mille ou deux cent mille burkinabè qui étaient empêchés par l’article 37, là on peut comprendre. Mais c’est le seul ! Il ne peut pas représenter une question d’intérêt national. La même Constitution proscrit le pouvoir personnel. Vouloir sauter le verrou, ça nous amène vers une monarchie. Si nous on tombe dans la monarchie, avec le système qu’on a, Blaise va mourir au pouvoir ! Quand est-ce qu’il va partir ? La preuve, les gens ont commencé à parler pour que son petit frère François lui succède. Après François, ça risque d’être Djamila, etc. Or, je ne pense pas que les burkinabè normaux puissent accepter cela. Le pouvoir n’est pas une affaire de famille !
Et cela va nous éviter les histoires de régionaliser les choses. Non, attendez ! Nous sommes tous des Burkinabè, chacun doit avoir la possibilité d’apporter sa contribution. Blaise Compaoré n’est pas le plus intelligent de tous les Burkinabè ! Il a fait ce qu’il avait à faire et tout le monde a vu ses forces, ses faiblesses, ses qualités et ses défauts ! D’ailleurs, ce sont des gens qui ne tiennent pas parole ! Quand on prend ce qui s’est passé récemment à Djibo, les jeunes sont sortis manifester. Mais en 2005 pendant la campagne électorale, Blaise Compaoré a fait la promesse ! Il a juré devant Dieu et les hommes que le goudron n’est pas fou pour s’arrêter à Kongoussi. Mais, les jeunes ont manifesté jusqu’à ce que mort s’en suive. Mais du fait de quoi ? Du fait que le président n’a pas tenu sa parole. Nous avons une pensée pour cette femme qui est morte. Une pauvre femme qui se débrouillait dans son coin comme on le dit, qui ne se sentait même pas concernée par ce type de mouvement. Voilà qu’elle s’est fait tuer. Mais quand on va essayer de relier les faits, pourquoi elle est morte ? Elle est morte parce qu’il y a eu manifestation qui a été réprimée violemment. Mais pourquoi la manifestation a été réprimée ? D’abord, pourquoi il y a eu manifestation ? Quand on remonte, le premier responsable ici, c’est Blaise Compaoré. Il a fait la promesse de faire une route qu’il n’a pas tenue. Donc, c’est pour que la jeunesse prenne conscience que personne n’est à l’abri. Il faut se mobiliser et je pense à cette stratégie de lutte non violente qui est celle des fourmis magnans. Il n’y a que ça qui va constituer notre force et il faut que les gens en soient conscients1


Propos recueillis par SRK, ACG et TLT
In Le Quotidien

Dimanche 28 Septembre 2014
La Dépêche d'Abidjan



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