Connectez-vous S'inscrire
La Dépêche d'Abidjan

La Dépêche d'Abidjan

LA LIBERTÉ D'INFORMER








CÔTE D'IVOIRE - Rapport intellectuel–Politique : ‘’Les gens sont tirés vers le politique et ils n’arrivent plus à s’affirmer’’ (Prof. Jean Marie Kouakou)


Un « café intellectuel » pour poser le débat politique et produire de la réflexion sur le rapport de l’intellectuel avec le politique en Afrique face enjeux socio-politiques du moment. L’activité critique des intellectuels devrait fondamentalement préserver la société de la dérive oligarchique et populiste, car la démocratie libère la parole, appelle le débat d’idées.

« Les intellectuels et les transformations socio-politiques en Côte d’Ivoire des origines à nos jours », voici la bannière de ce café intellectuel, organisé le vendredi 23 novembre, à l’immeuble Carbone d’Abidjan, grâce à un financement de la Fondation Friedrich Naumann pour la Liberté, en collaboration avec l’ONG INIDAF (Initiatives pour le développement en Afrique), le LABOREID (Laboratoire interdisciplinaires sur le développement) et la CIEC (Revue scientifique cahiers ivoiriens d’études comparées).

D’entrée de jeu, le chargé de programmes de la Fondation Friedrich Naumann, M. Magloire N’Déhi, a souligné que cette institution internationale étant politique, croit que la liberté est le support de tout développement. Selon lui, si cette liberté, face aux principes de la démocratie, en est le socle, est-ce que les intellectuels ivoiriens arrivent à garder leur neutralité ou à résister aux politiques ? Autrement dit, est-ce qu’on peut être à la fois homme politique et homme de réflexion, sans porter atteinte à la vocation de l’autre ?

Ainsi, ce panel a-t-il proposé plusieurs thèmes autour de la thématique principale. Entre autres communications, nous pouvons citer, le Prof. Jean Marie Kouakou, de l’Université Félix Houphouët-Boigny (UFHB) qui s’est prononcé sur : « Intellectuels ou politiques ? ». Selon lui, l’évidence de la capitulation des intellectuels ivoiriens au profit des politiques est avérée. Un renoncement qui se fait de la liberté de réflexion, d’observation, par rapport à la tutelle du politique. « Les gens sont tirés vers le politique et ils n’arrivent plus à s’affirmer. Le politique guide notre moral et nous oriente malgré nous », soutient-il.

L’ayant précédé, Dr. Gaoussou Karamoko, de l’Université Péléforo Gon Coulibaly (UPGC) de Korhogo, avait, pour sa part, exposé sur : « L’intellectuel face au renouvellement du paradigme démocratique ». L’occasion lui a été donnée de poser les questions de savoir, si la démocratie peut être intellectuelle ? Est-ce que l’intellectuel peut avoir un rôle à jouer dans un système démocratique ? Par la suite, il a défini le mot intellectuel en ces termes : savoir, savoir donner, vaincre l’ignorance. Pour Dr. Gaoussou Karamoko, être intellectuel, c’est faire usage d’un savoir pour faire reculer l’ignorance. ‘’ On peut donc ne pas avoir été à l’école, et être un authentique intellectuel’’ dixit-il. Dans sa conclusion, s’inspirant d’I. Boulaga, un auteur camerounais, il a indiqué que l’intellectuel est en danger permanent.
Un autre sujet : « Repenser l’intellectuel africain », présenté par Dr. Konaté A. Siendou, de l’UFHB, a permis de présenter des intellectuels ivoiriens qui ont également occupé la scène politique, à l’exemple de Barthelemy Kotchy et Memel Foté. De son argumentaire, il ressort que dans le contexte sociopolitique actuel, l’intellectuel ivoirien ait besoin de créer un discours objectif de cohésion sociale pour la consolidation de la démocratie gage de la paix.

A toutes ces approches liées au rapport de l’intellectuel avec le politique, la réponse est venue d’un homme politique, en occurrence le Député de Bouna (nord), Likoumane Camara. Selon lui, chaque pouvoir a eu ses intellectuels. L’intellectuel et le politique doivent travailler ensemble, car le premier a le pouvoir du savoir et le second le pouvoir budgétaire.

Il a intervenu sur le thème suivant : « Pourquoi un Ivoirien nouveau pour l’émergence de la Côte d’Ivoire ? » Soutenant ainsi qu’il faut commencer la reforme par la tête pour avoir un Ivoirien nouveau. «En lieu et place d’un ministère de la réforme administrative, j’aurais voulu un ministère de l’Ivoirien nouveau », a indiqué le Député de Bouna.

Plusieurs communications et contributions ont enrichi ce café intellectuel dont la pertinence du thème, a laissé tous les participants sur leur faim. Ce genre d’initiative qui pose le débat politique avec courtoisie doit se multiplier et être médiatisé pour édifier toutes les couches sociales. Car de l’intellectuel au politique et vice-versa, la matière c’est le contribuable. D’où, l’intention de vous amener à continuer ce débat à travers cette question de l’un des participants de ce café intellectuel : Quel est le rapport de l’intellectuel illettré dans la gestion et la consolidation du pouvoir politique ?
abidjan.net
Lundi 26 Novembre 2018
La Dépêche d'Abidjan



Actualité
Notez

Nouveau commentaire :
Twitter

Conditions d'utilisation
Merci d'écrire dans un langage correct et d'éviter des affirmations sans preuves.




Opinion | Actualité | Interviews | Contributions | Vidéos | Zouglou Feeling | People | Reportages | Tribune | Faits et Méfaits | Lu pour vous | Arts et Cuture | Insolite | Communiqué | Sports | Santé | Économie | Tourisme - Voyages | À ne pas manquer | VOTRE PUBLICITÉ SUR LA DÉPÊCHE D'ABIDJAN | ESPACE KAMITE | EN RÉGION



"Le Franc des Colonies Françaises d'Afrique (FCFA) est une propriété à part entière de la France."

La Dépêche d'Abidjan | 19/06/2019 | 1745 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
La Dépêche d'Abidjan | 11/06/2019 | 1554 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
La Dépêche d'Abidjan | 31/03/2019 | 2615 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
La Dépêche d'Abidjan | 27/03/2019 | 1723 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire