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CÔTE D'IVOIRE - Pour préserver son ’’tabouret’’, Anne Ouloto nie le génocide des Wê


CÔTE D'IVOIRE - Pour préserver son ’’tabouret’’, Anne Ouloto nie le génocide des Wê
Anne Désirée Ouloto, la ministre de l'Assainissement et de la Salubrité serait-elle en train d’insulter la mémoire de ses parents wê ? Tout porte à le croire, au regard de sa récente sortie à Tiassalé où elle était le week-end dernier. Selon la native de Nezobly, dans le département de Toulepleu, il n’y a jamais eu de génocide du peuple wê. Au point qu’elle se dit choquée par l’appel de Simone Gbagbo qui demande au régime Ouattara de reconnaitre ce génocide . « Si le peuple wê avait été victime de génocide, je ne serais pas en vie, moi qui vous parle parce que je suis Wê. Faisons la politique de la paix, du rassemblement et du développement. Faisons la politique de la cohésion et du vivre ensemble », a déclaré Anne Ouloto. Ainsi selon la ministre de l’Assainissement et de la Salubrité, il est faux de soutenir qu’il y a eu un génocide wê, vu qu’elle-même, une fille wê est vivante et se porte bien. Pourtant, lors de leur descente vers le sud du pays, en mars 2011 des troupes fidèles à Alassane Dramane Ouattara (ADO) ont bien massacré des Wê, pour leur appartenance ethnique et leurs opinions. Plusieurs organisations de défense de droits de l’Homme et autres organismes avaient dénoncé ces massacres. En effet, le 1er avril 2011, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), indiquait dans un court communiqué : « Au moins 800 personnes auraient été tuées le 29 mars lors de violences intercommunautaires dans le quartier Carrefour de la ville de Duékoué, dans l'ouest du pays ». La Croix rouge s’était convaincue de ces massacres. « Le CICR ne fait pas ce genre de communiqué à la légère, il est très rare que nous donnions des chiffres. Si l'on parle d'au moins 800 victimes, c'est parce que nous étions à Duékoué le 31 mars et le 1er avril, et que ce sont nos équipes qui ont ramassé les corps, soit dans les maisons, soit à l'extérieur, pour les enterrer dans la dignité. Donc nous les avons comptés », avait martelé Steven Anderson, un porte-parole du CICR, avant d’ajouter : « Nous sommes devant un cas exceptionnel et une situation particulièrement choquante ». Le regretté Florent Geel, alors responsable Afrique de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) avait également déploré ces massacres. « S'il s'agit bien, comme c'est en train de se préciser, d'exécutions sommaires en masse commises en seulement deux jours, mardi 29 et mercredi 30 mars, on est vraiment devant un massacre de grande ampleur. Nos différentes sources sur le terrain ont dénombré à ce jour 816 morts. Mais on continue à découvrir des corps(…) », avait-il indiqué. Les auteurs de ces massacres sont d’ailleurs connus de tous, comme l’avait indiqué le confrère lemonde.fr. « Au lendemain du communiqué du CICR, et contrairement à toutes les ONG qui se sont refusées à désigner clairement un responsable du massacre, la mission des Nations unies en Côte d'Ivoire a affirmé que "la plupart" des victimes avaient été "exécutées par les dozos, chasseurs traditionnels du nord et les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), pro-Ouattara ». Même si Anne Ouloto, pour préserver son ’’tabouret’’ insulte la mémoire des victimes, en niant le génocide des Wê, les observateurs de la scène politique ivoirienne sont unanimes à soutenir qu’il a bel et bien eu un génocide. Cela, au regard de la définition de ce mot. En effet, un génocide se définit comme ’’un crime qui consiste en l'élimination physique intentionnelle, totale ou partielle, d'un groupe national, ethnique ou religieux, en tant que tel , ce qui veut dire que ses membres sont détruits ou rendus incapables de procréer en raison de leur appartenance au groupe. Par ailleurs, le génocide peut être perpétré par divers moyens, dont le meurtre collectif, direct ou indirect. Certains juristes et historiens précisent la définition, estimant notamment que le génocide est systématique et programmé. Et c’est ce que le peuple wê a subi en 2011. C’est ce fait que Simone Ehivet Gbagbo a demandé au régime d’Abidjan de reconnaitre. « Nous sommes venus ici (Duekoué, ndlr) pour dire au monde entier et particulièrement à ceux qui sont aujourd’hui responsables du pays et qui dirigent la Côte d’Ivoire qu’ici, nous appelons à la restitution de tous ce qui nous a été pris. Nous appelons à la réparation, nous appelons à la reconnaissance du génocide (…) », avait-elle lancé, lors de la fête de la liberté qui a eu lieu les 26 et 27 avril derniers à Duékoué. Nier ce génocide, c’est faire preuve d’une inculture criarde et d’une malhonnêteté intellectuelle. Ainsi, soit Anne Désirée Ouloto, la native de Nezobly ignore la définition du mot génocide, soit elle fait preuve d’une grande malhonnêteté, jamais égalée.

De notre correspondant à Abidjan
Modeste Gbopo

Lundi 6 Mai 2019
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