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CÔTE D'IVOIRE : MONHEVEAGATE OU LA GOUTTE D’EAU DE TROP ?

Le gouvernement d’Alassane Ouattara a décidé de s’attaquer à la filière “Agrobusiness” au motif que celle-ci s’adonnerait à du blanchiment d’argent et à de l’escroquerie, causant ainsi la colère des souscripteurs estimée à environ 40 000 (selon le gouvernement) et à 200000 (selon certains responsables du secteur de l’Agribusiness). Il a donc gelé les comptes des compagnies agrobusiness et a décidé de poursuivre les premiers responsables de ces compagnies dont certains sont déjà en prison. Le Groupe de Travail du Gouvernement, commis pour faire une enquête a publié un rapport, http://news.abidjan.net/h/608600.html, qui confirme les présomptions d’escroquerie de l’ensemble du secteur de l’Agrobusiness.


De nombreux souscripteurs révoltés de ne pouvoir recevoir leurs Retours Sur Investissements (RSI) , dénoncent l’implication du gouvernement ivoirien, quand bien d’autres y voient un hold-up de l’Etat ivoirien, confronté à des difficultés de trésorerie, sur les fonds de ces compagnies agrobusiness. Certains vont plus loin pour affirmer que les fonds gelés des compagnies Agrobusiness ont été utilisés pour payer les mutins. D’autres encore ont commencé à s’organiser pour réclamer au gouvernement la levée des sanctions, notamment le dégel des comptes afin qu’ils puissent recevoir leurs RSI. Certains des responsables de ces compagnies sont soit en prison, soit en cachette. Le PDG de Mon Hévéa, Yapi Honore Christophe a fait une sortie sur YouTube, pour donner une certaine version des faits.
Dans la présentation des deux narratives, où se trouve la vérité ? Que faut-il savoir ? Quels sont les faits réels irréfutables qui situent les responsabilités des uns et des autres ? Et quelles sont les interprétations potentielles de ces faits ?
Ce dossier se subdivise en trois parties : les faits, l’analyse économique, et l’interprétation politique de la crise au sein du secteur Agrobusiness.

Les Faits

La plus connue des compagnies du secteur agribusiness, celle qui a ouvert le chemin est Mon Hévéa (MH), appartenant à la holding Agronomix, dont le site est www.MonHevea.com. Celle-ci dispose d’une variété d’activités, qui vont de l’agro-industrie, à la microfinance, à la restauration, et à l’immobilier. MonHevea.com existe depuis 2009 et c’est en 2012-2013 que la compagnie a véritablement décollé et s’est fait connaitre du grand public. Des structures financières comme NSIA ont accompagné Mon Hévéa avant de se retourner contre elle. Depuis l’année de son décollage, à en croire de nombreux souscripteurs, cette compagnie n’a jamais eu un défaut de paiement jusqu’en octobre 2016, le début de sa descente aux enfers. En effet, elle a commencé à ne plus honorer ses paiements vis-à-vis des souscripteurs quand les banques ont commencé à refuser le paiement de ses chèques ainsi que de ceux des autres structures, exigeant en lieu et place des ordres de virement. Lesquels virements n’allaient pas être exécutés comme il se doit par les banques. Cette attitude des banques faisait suite à des notes d’information successives émanant du ministère des finances et de plusieurs autres institutions de la finance traditionnelle qui assimilaient l’activité d’agrobusiness soit à de l’escroquerie, soit à un placement d’argent sans qu’aucune enquête préalable n’ait été menée.
Dans le rapport du Groupe de Travail conduit par la Direction Générale du Trésor, le gouvernement a déclaré qu’aucune des structures du secteur agro-industriel n’a de plantation et a demandé au procureur de les poursuivre pour escroquerie et blanchiment d’argent. Or il est important de signaler que Mon Hévéa est sous investigation depuis 6 mois environ. Et le ministère de l’agriculture avait bouclé son rapport d’enquête qui n’a jamais été rendu public. Selon ce rapport, il est établi que Mon Hévéa avait des plantations et du matériel agricole. Ceci a été confirmé par de nombreux souscripteurs. En outre, le péché originel du Groupe de Travail, c’est qu’il est composé exclusivement de toutes les structures qui avaient maille à partir avec le secteur de l’Agribusiness, qu’il n’a pas étendu sa composition aux souscripteurs, et qu’il n’a pas cherché à entendre les premiers concernés, lesdits souscripteurs. Ces derniers ne comprennent pas le gel des comptes des compagnies de l’Agribusness notamment de ceux de Mon Hévéa qui avait réussi à se bâtir une réputation de crédibilité et de confiance. J’ai eu des témoignages de plusieurs souscripteurs ou de leurs proches. Certains ont même souscrit trois fois et les trois fois, ils ont eu leurs RSI. Le gouvernement annonce à cor et à cri qu’il va rembourser les souscripteurs dans la mesure du possible et en fonction des fonds disponibles. En filigrane, cela signifie trois choses :
1. Les RSI ne seront payés à personne.
2. Les investissements initiaux des souscripteurs ne seront pas remboursés dans leur totalité.
3. Tous les souscripteurs ne seront pas remboursés

Impact Economique

Les Ivoiriens ont le droit de voit clair dans cette affaire. Le soin sera laissé aux promoteurs des structures Agrobusiness de mettre sur pied un portfolio dans lequel ils démontreront l’étendue de leurs activités et l’impact économique et social de celles-ci sur le pays.
Selon des sources dignes de foi, MH employait plus de 450 ingénieurs et des consultants étrangers venant d’Israël et de la Russie. Peu avant le début de ses déboires la compagnie a fait un paiement-versement à 5.000 de ses souscripteurs en un seul mois. Ce qui peut être évalué à des milliards de francs CFA. Le PDG Christophe Yapi lui-même a déclaré qu’il lui est arrivé de faire un versement en mois de plus de 40 milliards de Francs CFA à ses souscripteurs.
S’il est avéré que des structures sont douteuses, il est important de noter, à entendre de nombreux témoignages que Mon Hévéa a une histoire différente. Elle a aidé à faire circuler de l’argent, a également fait accroitre le taux d’épargne en Côte d’ivoire, notamment avec l’accroissement des comptes bancaires qui ont été ouverts dans les différentes banques. Elle a contribué grandement à créer des emplois, a suscité des vocations, et a fait germer des PME.
Sur la base des témoignages que j’ai entendus, Mon Hévéa a contribué à aider de nombreux Ivoiriens, le chômeur, le cordonnier, le chauffeur de taxi, la tresseuse, la vendeuse du marché, l’agent du trésor, le cadre de l’Etat, le ministre, le fonctionnaire international, le membre de la diaspora ivoirienne à épargner et à s’offrir des produits de leurs rêves notamment, des plantations, des business, des voitures de luxe, et des appartements.
L’on comprend donc la colère de ces Ivoiriens. Beaucoup parmi eux estiment être grugés par l’Etat ivoirien, qui en gelant les comptes des compagnies du secteur de l’Agrobusiness, fait en même temps main basse sur leurs épargnes, leurs investissements. Ils sont nombreux ceux qui questionnent l’efficacité de la méthode et de la démarche du gouvernement qui aurait pu donner une injonction aux compagnies de l’Agrobusiness afin qu’elles remboursent les RSI à leurs souscripteurs respectifs dans un délai bien déterminé avant de faire descendre sur elles le couperet de justice.
Autre bénéfice, Mon Hévéa a contribué à la mécanisation de l’agriculture et grâce à ses cultures saisonnières, elle a réussi à maximiser les profits, à faire de l’agriculture intensive. La compagnie a lancé divers types de projets agricoles dont le conditionnement des produits frais et la transformation de la tomate. Tout cela semblait être une aubaine au point que de nombreux conseils régionaux et villages ont eu besoin de leur expertise, de leur modèle pour la mise en valeur de centaines d’hectares et pour l’encadrement des planteurs. Au mois d’aout, Christophe Yapi avait annoncé un projet immobilier de 137 milliards avec des partenaires Italiens.
Et toutes ces choses ont été faites pendant au moins 5 ans avec la caution morale et politique de l’Etat qui n’y voyait aucun inconvénient, patronnant des cérémonies de remise de chèques publics.
Pour freiner les critiques qui l’accusaient de fonctionner comme une structure financière alors qu’elle n’en avait pas l’autorisation, Mon Hévéa a créé une structure de microfinance « Microcred » dont elle n’a pas eu d’agrément de la part de la BCEAO.
Au moment où le gouvernement a décidé de mettre sous scellé les comptes des structures d’agrobusiness et donc de les interdire de facto, l’on apprend qu’un certain nombre de compagnies dans le même secteur sont sur le point de voir le jour. L’une de ces nouvelles structures est dénommée « Leader Investisments ». L’autre s’appelle « Agribio ». Sur une affiche de promotion attribuée à la première, les noms de la BOA et de NSIA sont mentionnés comme partenaires.

Interprétation Politique

L’objet de ce dossier n’est point de dire que le secteur d’agrobusiness est sans reproche. Il y a certainement des compagnies qui ont du s’adonner à des activités exclusivement délictuelles et criminelles et dont certains clients ont pu faire du blanchiment d’argent et de l’escroquerie. Mon Hévéa a peut-être souscrit des individus qui ont obtenu de façon illicite leurs fonds. Mais à qui incombe la responsabilité de démanteler les réseaux criminels? Le gouvernement ou une structure privée dont le but n’est pas de traquer les criminels dans la société?
S’il était avéré qu’il y a des personnes physiques et morales coupables de délits et de crimes financiers dans le secteur, n’est-il mieux de séparer le bon grain de l’ivraie ou de séparer le vrai de l’ivraie? Ou encore, n’est-il pas préférable d’assainir le secteur afin d’en tirer meilleur profit pour le bénéfice de notre économie ? Ce qui est à reconnaitre, c’est que le secteur Agribusiness a réussi à faire une mobilisation nationale de l’épargne, à créer la confiance chez les Ivoiriens au point que ceux-ci aient souscrit par milliers. Ce que les banques traditionnelles n’arrivent pas à faire.
Mon Hévéa serait donc victime de la cabale de certaines institutions financières et bancaires ainsi que de celle du régime. Christophe Yapi ne fait pas partie du gotha ethnocentriste en Côte d’Ivoire qui s’arroge tous les droits, au nom du rattrapage ethnique et de la supposée alliance dioulas-Baoulés. Lui-même a déclaré qu’il lui est parvenu qu’il serait dans l’œil du cyclone, des autorités ivoiriennes qui ont pris peur de ce qu’il soit devenu si puissant et qu’il pourrait bien être candidat aux élections de 2020.
Bien que l’on puisse comprendre les manœuvres politiciennes et anti-démocratiques du régime d’empêcher l’émergence de potentiels candidats de poids pour la présidentielle de 2020, l’on ne saurait accepter que cela se fasse au détriment des souscripteurs ivoiriens transformés ainsi en moutons du sacrifice. L’Etat ivoirien pénalise ainsi des milliers d’Ivoiriens de toutes les religions, de toutes les régions, de toutes obédiences idéologiques qui trouvaient dans ce secteur agro-business une réelle bouffée d’oxygène dans un pays où le rattrapage ethnique fait rage, où les ivoiriens deviennent de plus en plus pauvres, où les multinationales renforcent leur joug et étouffent et détruisent les initiatives de nombreux locaux.
MonHeveaGate est donc un autre front social qui s’ouvre en Côte d’Ivoire. En plus des scandales de mal gouvernance, de mutineries de soldats qui réclament leur butin de guerre, des grèves des fonctionnaires demandant un traitement salarial digne, des marches d’élèves et étudiants exigeant la reprise de l’école publique dans une ambiance de révolte populaire. Peut-être la goutte d’eau de trop !

Gnaka Lagoké
Lundi 6 Février 2017
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