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La Dépêche d'Abidjan

CÔTE D’IVOIRE : «LE TEMPS DES REGRETS AVEC À LA CLÉ UN COMPORTEMENT VICTIMAIRE»


Depuis son départ « forcé », c’est selon, de la présidence de l’Assemblée nationale, le député de Ferkessédougou et ex-Pan est devenu de plus en plus prolixe et même un grand tribun sur les bords de la lagune Ebrié. Un ballet de délégations des différentes régions de la Côte d’ Ivoire défile à sa résidence sise à Marcory. Une occasion pour le désormais président d’un certain Comité politique de se mettre dans une posture d’explication et aussi avec à la clé un « comportement victimaire ». Même si les quelques tweets avec une once de chatouillement depuis l’arrestation de Kamaraté Souleymane alias Soul to Soul, son chef protocole, pour détention illicite d’armes, pleuvaient pour marquer son agacement, les choses ont pris une autre tournure depuis sa démission du parlement, le 8 février 2019. Mais bien avant une autre arrestation, celle de Alain Lobognon pour un tweet, avait alourdi l’atmosphère et participé à creuser l’aqueduc entre le fils « rebelle » et le père « magnanime ». Les partisans des deux camps s’affrontaient via les réseaux sociaux et autres cadres d’expressions (journaux…acquis à leurs causes). Finie cette phase. L’on est à l’affrontement même s’il n’est pour l’instant pas encore frontal. Il ne se passe de jour sans que notre ex-Pan ne sorte une pertuisane contre son ancienne famille politique qu’il dit abandonner pour des questions idéologiques. Lui, homme de gauche…ne pouvait vraiment pas rester longtemps à droite pour paraître aux yeux de toute la planète comme un homme gauche ! Pardi… Si les pères fondateurs des mouvements de gauche pouvaient repriser leur pensée ! Bref !
Récemment dans un tweet qu’il s’est fendu après que Soul to soul soit appelé à se présenter d’urgence au ministère des Affaires étrangères pour affaire le concernant, Soro Guillaume a même regretté Laurent Gbagbo en ces termes. « Eh pourquoi séparer deux frères? Même Gbagbo ne nous a pas séparés. Soul tu peux partir… Ne regarde pas ma situation … Dieu nous réunira un jour ». Qui aurait cru ? Les voies de la politique sont vraiment insondables !
Eh bien ! En Côte d’Ivoire, tout allait bien dans le meilleur des mondes possibles comme Candide dans le château de Thunder-ten-tronckh, jusqu’au moment où les proches de Soro Guillaume soient aux prises avec la Justice. Cette Justice qu’Alain Lobognon, lui-même, qualifiait de « presque » parfaite après l’arrestation de Laurent Gbagbo. Les prisonniers d’opinions qui étaient dans les geôles de la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca) le méritaient amplement que depuis 2011, aucune prise de position officielle de l’ex-Pan pour ces derniers n’a été faite. On est allé jusqu’à nier qu’il existe de prisonniers politiques ou d’opinions en Côte d’Ivoire, malgré les interpellations des organisations non gouvernementales telle que Amnesty international.
L’un des cas les plus flagrants est celui de Samba David, président de la Coalition des indignés de Côte d’Ivoire (CICI), présenté comme un « criminel » et son organisation comme une organisation « terroriste », ennemi de la démocratie et la Paix.
Il croupissait depuis trois ans derrière les barreaux des sinistres maisons d’arrêt et de correction d’Abidjan et de Korhogo. Condamné le 02 octobre 2015 à six (06) … pour « trouble à l’ordre public », le porte-parole des Indignés ivoiriens, Douyou Nicaise alias Samba David a été remis en liberté dans la soirée du mardi 24 Juillet 2018. Libre mais brisé !
Ils sont libres pour certains, grâce à la loi d’amnistie du 6 août 2018 qui a donné la liberté à 800 prisonniers dont Assoa Adou, Simone Gbagbo, Lida Kouassi Moïse, Kamaraté Souleymane dit Soul To Soul … mais gardent encore les stigmates de leur passage à la Maca. Des problèmes de santé liés aux tortures lors de leurs arrestations à partir de 2011. Tous ces détenus de la vague de 2011 ; 2012 ; 2013 sont presque des morts ambulants, tous malades, certains hypertendus, d’autres trainent des hémorroïdes chroniques, des maux d’yeux, problèmes cardiaques…
Le temps des regrets
« Ce n’est pas un jeu quand je me lève pour demander Pardon aux ivoiriens. Je leur demande Pardon pour la guerre, pour tout ce qu’on a pu faire. Quand tu regardes le résultat qu’on a obtenu, il faut qu’on demande dix fois plus pardon. Au moins après toute cette guerre, si la Côte d’Ivoire était devenue le Rwanda ou la Suisse, on n’aurait pas à demander Pardon, mais qu’est devenue la Côte d’Ivoire ? Un pays où un député qui a une immunité, où un ancien ministre s’en va en prison pour un tweet ? C’est pourquoi je demande avec insistance pardon. » Clamait, le dimanche 10 mars 2019, devant une délégation venue de Grand-Bereby… Ces propos ne sont guère une invention, mais ceux de Soro Guillaume après avoir publié, aux éditions Hachette (avril 2005), un livre : « Pourquoi je suis devenu rebelle », dans lequel il justifiait le plus naturellement possible et fièrement la prise des armes contre la mère patrie. Lisons ensemble la note alléchante de l’éditeur : « Qui sont les ” rebelles ” ivoiriens ? Que veulent-ils exactement ? Quelle responsabilité portent-ils dans les événements qui ont ensanglanté la Côte d’Ivoire ? Comment en sont-ils venus à prendre les armes ? Ont-ils une issue à proposer à la crise ? Tout juste sait-on qu’ils contrôlent le nord du pays et que la force d’interposition s’est déployée entre eux et l’armée du président Gbagbo. Pour la première fois, Guillaume Soro, le leader des rebelles, s’explique. Il évoque son itinéraire, celui d’un jeune étudiant ivoirien qui se retrouve chef d’une rébellion armée amenée à contrôler plus de la moitié du pays (…) Mais il évoque aussi l’amour profond qu’il a pour son pays, défiguré par la xénophobie des partisans du président Gbagbo, qui, loin de toucher les seuls Français, fut l’une des origines majeures de la crise. Un livre personnel, qui signe l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants africains, lucide et décomplexée ».
Mais tout cela devrait être du passé. Il faut en tirer les leçons. Même si les ivoiriens qui aspirent ardemment à la Paix devraient pardonner, ils ne devraient jamais oublier cette page noire de cette jeune histoire de sa juvénile démocratie. Ce n’est vraiment pas un jeu de vouloir le « fauteuil » présidentiel !

FRANCIS TAKY
Jeudi 4 Avril 2019
La Dépêche d'Abidjan



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