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CÔTE D'IVOIRE - AUTODÉTERMINATION APRÈS LA FARCE DES INDÉPENDANCES

C’est un secret de polichinelle, mais le procès à la CPI de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé en est une flagrante et aveuglante démonstration : à l’instar de la Catalogne, en Espagne, qui est sur le pied de guerre pour son indépendance, la Côte d’Ivoire demeure une province autonome dans le giron français. Elle doit donc choisir de se battre pour son autodétermination.


La Charte des Nations unies de 1945, fondatrice de l'ONU, inclut, parmi «les buts des Nations Unies», celui de «développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes» (article 1, alinéa 2).
Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, ou droit à l'autodétermination, est donc le principe issu du droit international selon lequel chaque peuple dispose d'un choix libre et souverain de déterminer la forme de son régime politique, indépendamment de toute influence étrangère.
Et l’heure sonne pour que les Ivoiriens de tout bord et de toute sensibilité pensent à organiser ou à arracher l’organisation d’un référendum sur ce droit inaliénable que leurs leaders n’ont jamais réclamé. Seuls des subterfuges jouent pour eux le rôle du miroir aux alouettes.
La crise politico-armée que la Côte d’Ivoire a vécue de 2002 à 2011 et les témoignages affligeants du général de corps d’armée Mangou à la Cour prouvent brutalement, en effet, par les réalités que la présumée indépendance qui aurait été acquise le 7 août 1960 est un cache-sexe de l’arnaque politique. De Félix Houphouët-Boigny à Alassane Ouattara.
Ainsi, de la zone gouvernementale à la zone rebelle pendant que le pays était divisé en deux, il n’y avait qu’un seul chef : la France et c’est elle seule qui tirait toutes les ficelles et imposait ses règles du jeu.
Au Sud, Laurent Gbagbo, pour ses beaux yeux, renouvelait contrat sur contrat aux sociétés françaises. Mais son sort était scellé et la France a choisi de se débarrasser de lui, de gré ou de force, et tant pis si mort devait s’ensuivre. Mouammar Kadhafi, avant lui, a été zigouillé et personne n’a trouvé à redire.
C’est pourquoi elle a brisé dans le sang la révolte des «Jeunes patriotes» sans aucune conséquence en novembre 2004. Durant cette période, elle a détruit, sans aucune réaction appropriée des autorités ivoiriennes de peur d’être emportées, tous les aéronefs militaires ivoiriens d’origine russe par bombardement ou à la hache, à l’exception d’un Puma de sa fabrication.
Tout comme elle a interdit toute visite des responsables ivoiriens sur le théâtre de l’auto-bombardement de son cantonnement à Bouaké, la France a menacé d’assimiler, en 2011, l’attaque de l’hôtel du Golf où vivaient reclus Alassane Ouattara et ses partisans à une déclaration de guerre, etc. et le pays est rentré dans sa coquille.
Au Nord, les rebelles étaient en couveuse. Ils bénéficiaient de l’armement et de la formation français. C’étaient des enfants gâtés montés pour éjecter, après «l’ivoiritaire» Bédié en décembre 1999, le «xénophobe» Gbagbo. Ils ont été baptisés, par euphémisme et pour faire bien, «Forces nouvelles» tout comme la coalition occidentale a donné le doux nom de «Forces démocratiques syriennes» aux rebelles et autres djihadistes préfabriqués pour renverser Bachar el-Assad de Syrie.
C’est pourquoi la France a toujours considéré les autorités ivoiriennes comme des valets et des pions sur un damier ou un jeu d’échec. La Constitution et les Institutions républicaines, on l’a vu durant la crise politico-armée, ne sont rien d’autre à leurs yeux que des chiffons qui n’ont de valeur que si et seulement si elles protègent ou confortent leurs intérêts.
La Côte d’Ivoire reste donc, dans les faits, une colonie sanctionnée par une parodie d’État avec, depuis toujours à sa tête, des autorités fantoches, cornaquées et téléguidées. Alassane Ouattara, le dernier, qui doit son pouvoir, tout son pouvoir à la France sait qu’il n’a qu’une seule alternative : se plier en quatre pour suivre les instructions et cirer les bottes.
Sous le mandat de François Hollande (2012-2017), le chef de l’État a établi un record; il a été reçu neuf fois à l’Élysée. Et depuis l’élection d’Emmanuel Macron en mai 2017, il est sur la lancée du préfet qui rend régulièrement compte au chef de la conduite des affaires de l’État : le Palais présidentiel hexagonal est devenu l’antichambre où il a déjà séjourné deux fois.
C’est pourquoi plus de cinquante ans après la farce des indépendances, les enjeux des prochaines élections, au-delà des hommes, devrait concerner d’abord et avant tout, selon moi, le statut de l’État ivoirien. Mais les Ivoiriens sont-ils prêts à effectuer librement ce saut salvateur (qui n'est pas dans l'inconnu) et se donner souverainement une identité politique ?

Bally Ferro M. Bally
Mercredi 4 Octobre 2017
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