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CÔTE D'IVOIRE - ATTENTION, LE CORONAVIRUS NE DOIT PAS CRÉER DES « CORONADIPLÔMES»

Depuis le début de cette année 2020, le monde entier est secoué par un virus qui tue, paralyse les économies et éprouve pour une fois les scientifiques les plus respectés. Il s’agit du CORONAVIRUS.


CÔTE D'IVOIRE - ATTENTION, LE CORONAVIRUS NE DOIT PAS CRÉER DES « CORONADIPLÔMES»
Pour rappel, notons que les coronavirus forment une famille comptant un grand nombre de virus qui peuvent provoquer des maladies très diverses chez l’homme, allant du rhume banal au SRAS, et qui causent également un certain nombre de maladies chez l’animal. Mais ce nouveau coronavirus est une souche particulière jamais encore identifiée chez l’homme. La maladie à coronavirus 2019, abrégée en Covid-19 ou COVID-19 (anglais : coronavirus disease 2019,) est une maladie infectieuse émergente causée par une souche de coronavirus appelée SARS-COV-2. Ses symptômes les plus fréquents sont la fièvre, la toux et la gêne respiratoire, le plus souvent bénins. Les conséquences de cette maladie sont nombreuses car le confinement total impacte négativement l’activité économique avec son corollaire de chômage. Les écoles sont fermées, les lieux de cultes également. Justement, à propos de la fermeture des écoles dont on ne connait pas la réouverture, tout le monde s’inquiète au sujet des concours et examens de fin d’année. Et c’est bien l’objet de cette présente réflexion.

En effet, pour que les examens et concours se déroulent à la bonne date, les autorités de certains pays prévoient des aménagements profonds afin de délivrer les diplômes comme prévu. En Afrique, pour respecter les dates et faire plaisir aux institutions internationales comme l’UNESCO, les autorités en charge de l’éduction, de l’enseignement technique et supérieur, seront tentées de « distribuer » des diplômes au rabais aux élèves et étudiants. Ce sont ces diplômes au rabais obtenus à la faveur du coronavirus, que nous appelons les « Coronadiplômes ».

Dans une telle situation, il y a au moins trois cas qui se présentent.

La première proposition : une année blanche. En général, une année scolaire ou universitaire est validée, selon les normes internationales, lorsqu’elle remplit les conditions nécessaires de programmation, de durée, d’accréditation, d’implémentation physique et psychologique, de profil pour les enseignants et les apprenants, entre autres. Inversement, une année scolaire ou universitaire est dite blanche lorsque les enseignements et activités annexes sont entièrement ou partiellement invalidés pour des raisons multiples et diverses. Dans ce cas, tous les élèves et étudiants reprennent leur année. Mais, il n’y a aucune répercussion sur le cycle. Celui qui est en première année par exemple reprend l’année sans être un redoublant, de même que le cartouchard. Mais ce cas est tellement impopulaire que tous les gouvernements n’en veulent pas. L’hypothèse d’une année scolaire blanche n’est pas à l’ordre du jour à moins que la situation de confinement dure très longtemps.

La deuxième proposition : dispenser dans la précipitation des cours pour tenir dans les dates prévues. Pour éviter ce cas, dans les pays développés, les autorités en charge de l’éducation proposent des plateformes dites « Ma classe à la maison ». Le premier volet de ce dispositif propose, de la grande section à la terminale, des exercices qui portent sur les programmes des deux premiers trimestres. Chaque jour, pendant un total cumulé de quelques heures fractionnées en plusieurs séances, l'élève peut réviser les notions déjà apprises. Un questionnaire permet d'adapter les exercices au niveau de chacun. Le deuxième volet est une « classe virtuelle », où le professeur peut faire cours à ses élèves par visioconférence. Les connexions sont possibles par ordinateur, tablette ou téléphone. Notons toutefois que ce dispositif pose des problèmes même en Europe car pour aborder des notions nouvelles, il faut un accompagnement pédagogique qu'on ne peut demander aux familles. Elles n'ont pas la compétence, la patience ou la disponibilité. En outre, les enseignants doivent être formés au logiciel, et de toute façon rien ne remplace la présence physique en classe ou dans un amphithéâtre. En Afrique, ces dispositifs manquent et la seule alternative est d’attendre la fin du confinement pour reprendre les cours. Après la reprise des cours, la tentation sera forte pour vite faire afin d’achever les programmes. Pour dire les choses franchement, les enseignants bâcleront les cours parce qu’ils doivent respecter les délais fixés par les ministères en charge de l’éduction et de l’enseignement supérieur. Un diplôme acquis dans ces conditions n’est rien d’autre qu’un « coronadiplôme ». Toujours sur ce second point que nous développons, les autorités compétentes peuvent annuler le troisième trimestre pour le secondaire, en prenant en considération uniquement les moyennes des deux premiers trimestres et organiser les examens sur la base de ces deux périodes. A l’université, les étudiants seront interrogés sur la base de la période où les cours ont été dispensés. Ce serait un mauvais signal, que de « donner les diplômes », certes il s’agira d’un diplôme aménagé mais pas au rabais. Toujours est-il qu’il faut éviter de distribuer des diplômes au rabais à une génération qui n’a déjà pas un niveau rompu à la haute compétition intellectuelle.

La troisième proposition : dispenser correctement les cours et rattraper le temps sur au moins trois années. Lorsqu’on envisage de quitter l’Afrique pour étudier à l’étranger, l’épineuse question de la reconnaissance des diplômes africains à l’étranger se pose à un moment ou un autre. Pour éviter cette situation, il faudra un jour décider de former correctement les élèves et étudiants une année complète. En raison de la mondialisation, les pays occidentaux harmonisent leurs systèmes académiques, pour une raison simple : la mondialisation. Avec la globalisation des échanges économiques, les Hommes se déplacent de plus en plus à travers le monde pour des raisons diverses, et ce sans limite. Avec l’instauration du système LMD (Licence, Master, Doctorat), les pays n’ont plus d’excuses s’ils veulent donner une chance aux futurs diplômés, de compétir partout dans le monde. Pour ce faire, le coronavirus ne doit pas créer des faux diplômes, en Côte d’Ivoire. Les universités doivent dispenser correctement et totalement les cours sans se fixer une date contraignante. Les deux années à venir permettront de rattraper le retard et revenir à une année universitaire normale. En définitive, au primaire et au secondaire, les autorités pourront approfondir notre deuxième proposition et au supérieur, la troisième.

Pr. PRAO Yao Séraphin

Mardi 31 Mars 2020
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