Connectez-vous S'inscrire
La Dépêche d'Abidjan

Bienvenue à Duékoué, laboratoire de Ouattara


Bienvenue à Duékoué, laboratoire de Ouattara
Le journal Le Figaro ne s'est pas contenté des mensonges de l'AFP sur la Côte d'Ivoire, mais a dépêché un envoyé spécial à Duékoué pour faire la lumière sur les massacres. Malgré quelques analyses entachées de la propagande française, il convient de rendre hommage à ce travail globalement honnête.

À Diahouin, à 11 km de Duékoué, les six puits du village sont encore remplis de cadavres. Les maisons qui n'ont pas été incendiées ont été pillées. Les pépinières de cacaoyers sont détruites. Quant aux rares villageois à être restés sur place, ils attendent le retour improbable de leurs proches, qui ont fui pour se cacher en brousse. Quatorze personnes ont été enterrées, d'autres sont portées disparues. Personne n'a le courage de vider les puits.

La conquête de Duékoué (ouest) par les forces armées fidèles à Alassane Ouattara les 28 et 29 mars a été sanglante. Les exactions envers les partisans avérés ou supposés de Laurent Gbagbo se comptent par dizaines. Le nouveau président ivoirien a beau avoir promis de faire la lumière sur «tous les massacres» lors de son allocution télévisée du 11 avril, les habitants de Duékoué savent que là où la guerre a été la plus dure, la paix sera plus difficile.

«Ils nous poursuivaient avec des chiens et nous tuaient. Mon mari est mort. Je me suis enfuie avec les cinq enfants. Ils ont pillé ma case», affirme une habitante de Diahouin. «Ils», ce sont à la fois des soldats en tenue des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) du président Ouattara et les «dozos», les chasseurs traditionnels du Nord, qui se sont joints aux combats. La mère de famille a aussi reconnu des habitants du village «allogène» voisin. «Ce sont eux qui ont mes gamelles et mes cabris. On les entend rire et manger. On est entre leurs mains», dit-elle.

Bataille de chiffres

Entre les «autochtones» (communautés guérées, qui sont propriétaires des terres) et les «allogènes» (communautés dioulas, non originaires de la région, qui les travaillent [cette partie de l'article suggère que les guérés ne travaillent pas la terre, ce qui est faux. Tous travaillent la terre. Celle dont dispose les allogènes leur a été prêtée par les autochtones, et les allogènes n'en sont donc pas propriétaires, d'où le conflit foncier] ), les conflits fonciers existent depuis longtemps. La guerre n'a fait qu'envenimer les choses. Dans l'espoir de garder leurs champs, les Guérés ont soutenu Laurent Gbagbo. Dans l'espoir de les récupérer, les «étrangers» se sont rangés derrière Alassane Ouattara.

«Le conflit des terres, c'est le cœur du problème. Et il ne date pas d'hier!», commente Sidiki Konate. Ce ministre du gouvernement Ouattara rappelle qu'avant l'arrivée des Forces républicaines les miliciens pro-Gbagbo faisaient régner la terreur. «Les forces de l'ONU étaient bannies de la région. Les populations étrangères étaient régulièrement tuées. Laurent Gbagbo, qui voulait faire de cette zone sa base arrière en cas de problème, a armé plus de 5500 miliciens», affirme Sidiki Konate. À l'en croire, il y a eu à peine plus de 150 morts à Duékoué, peut-être autant dans le reste de la région. Il réfute le chiffre avancé par le Comité international de la Croix-Rouge, selon lequel, dans le seul quartier de Carrefour, à la sortie de Duékoué, «au moins 800 personnes avaient été tuées le 29 mars lors de violences intercommunautaires».

Les cadavres ne sont pas tous ramassés que la guerre des chiffres fait rage. Des enquêtes nationales et internationales sont en cours. Le colonel Zeidane, chef du bataillon marocain de l'Onuci à Duékoué, considère lui aussi le chiffre de 800 comme «exagéré». Il affirme que ses hommes ont enterré 198 personnes dans des fosses communes. Mais il reconnaît qu'ils n'ont peut-être pas vu tous les corps. Des responsables d'Amnesty International s'indignent «qu'on puisse chipoter sur des chiffres tant le niveau des exactions est choquant». [voir la fin de cet article d'Associated Press pour plus de détails sur la bataille des chiffres et l'implication de l'ONU dans les massacres]

Des photos qu'a eues entre les mains l'envoyée spéciale du Figaro montrent des vieillards assassinés, des corps calcinés. Sur certaines d'entre elles, on distingue parfaitement des cartes d'identité jetées aux côtés de victimes sommairement exécutées. «On se demande pourquoi des personnes cherchant un refuge étaient contraintes de montrer leur carte d'identité», fait remarquer Gaétan Mootoo d'Amnesty. A-t-on tué en fonction de l'appartenance ethnique? Beaucoup n'avaient pas l'air de combattants. «J'ai vu un soldat abattre à bout portant un malade qui sortait de l'hôpital», affirme un témoin.

«Tout ça doit s'arrêter !»

Aujourd'hui, les survivants de Carrefour et des villages environnants s'entassent par milliers dans la concession de la mission catholique de Duékoué. «Ils seraient plus de 30.000. Nous n'arrivons plus à les compter. Il faut qu'on nous aide. La situation est trop pénible», dit le père Cyprien. Le chef de la mission catholique est épuisé. Il craint que la situation humanitaire ne s'aggrave. Deux ou trois personnes meurent tous les jours dans l'enceinte de sa paroisse.

Pour que les villageois rentrent chez eux, les nouvelles autorités veulent mettre en place des commissions de réconciliation représentant tous les acteurs de la région. Paul Mondeo, adjoint au maire de Duékoué, et Mamadou Kone, représentant du gouvernement Ouattara, font depuis quelques jours la tournée des villages. L'un s'exprime en we, l'autre en malinké. «La guerre est finie. C'est le docteur Alassane Ouattara qui gouverne le pays, point barre! Donc il n'y a plus de raison de s'entre-tuer. C'est vrai qu'il y en a qui en ont profité pour régler des comptes. Mais tout ça doit s'arrêter maintenant!», déclare Paul Mondeo aux habitants de Pinhou [voir le récit des massacres à Pinhou]. Mamadou Kone renchérit: «Pardon! Je vous demande pardon. Je vous demande aussi de vous pardonner. Car, sans ce pardon, notre avenir commun ne sera pas possible.»

Aujourd'hui les populations autochtones de Duékoué qui se sont réfugiées par milliers à la mission catholique, vivent dans des tentes du HCR car leur maison ont été brûlées. Les Forces dites Républicaines de Ouattara ont même commencés à arracher les terres cultivables aux populations autochtones pour les transmettre aux populations allogènes, ou à des individus fraîchement arrivés de la sous région avec les terroristes de Ouattara. "On installe des populations dans les villages désertés par les réfugiés fuyant les représailles dans l'ouest" a admis Odile Tobner, de l'association Survie.

Alors que les Ivoiriens autochtones ont été massacrés et spoliés, ils devraient maintenant se "réconcilier" avec leurs bourreaux, c'est à dire admettre la spoliation et accepter de mourir à petit feu dans des tentes du HCR, à la merci de l’aumône des ONG occidentales. Voilà tout le programme de Ouattara: exterminer les Ivoiriens autochtones au profit des allogènes et des étrangers sahéliens, afin de s'assurer un électorat fidèle, tout en offrant à ses parrains occidentaux les ressources minières, notamment les réserves de pétrole comparables à celles de l'Angola..


Par livejournal.com
Samedi 5 Mai 2012
La Dépêche d'Abidjan



Lu pour vous
Notez

Dans la même rubrique :
< >

Actualité | Opinion | Contributions | Vidéos | Zouglou Feeling | People | Reportages | Tribune | Lu pour vous | Arts et Cuture | Insolite | Communiqué | Sports | Santé | Tourisme - Voyages | À ne pas manquer | VOTRE PUBLICITÉ SUR LA DÉPÊCHE D'ABIDJAN | Espace Kamite



"Le Franc des Colonies Françaises d'Afrique (FCFA) est une propriété à part entière de la France."

La Dépêche d'Abidjan | 14/07/2020 | 3016 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
La Dépêche d'Abidjan | 31/03/2019 | 3583 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
La Dépêche d'Abidjan | 26/02/2019 | 3992 vues
44444  (2 votes) | 0 Commentaire
La Dépêche d'Abidjan | 20/12/2017 | 3224 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
La Dépêche d'Abidjan | 09/11/2015 | 6485 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
La Dépêche d'Abidjan | 09/06/2015 | 5275 vues
33333  (1 vote) | 0 Commentaire
La Dépêche d'Abidjan | 22/04/2015 | 3770 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire