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La Dépêche d'Abidjan

Bceao : Des responsables portés disparus / Fermeture des banques : Une autre forme de criminalité se développe


Où est donc passé Ouattara Issouf, le chef d’agence de la Bceao (Banque centrale des Etats de l`Afrique de l`Ouest) à San Pedro ? Bien malin qui pourra répondre. En effet, depuis quelques jours, des informations concordantes le donnent pour porté disparu. De sources bien infiltrées, cela fait un bon moment qu’il n’aurait pas mis les pieds à ses bureaux situés dans les locaux régionaux de la Banque centrale au quartier Balmer. Cette ‘’disparition’’ serait une conséquence de l’instruction donnée par le siège de Dakar aux agences locales ivoiriennes de ne pas collaborer avec le pouvoir de Laurent Gbagbo jugé illégitime par une bonne partie de la communauté internationale et par Alassane Ouattara, son adversaire au second tour de la présidentielle de 2010. Si certains pensent qu’il est parti à Dakar, pour d’autres il aurait quitté son domicile de Balmer, par mesure de sécurité, pour se réfugier à Abidjan. En plus de Ouattara Issouf, le chef de la comptabilité aurait aussi disparu et d’autres défections qui seraient liées au même ordre venu du siège central dakarois ont été notées au sein des employés. Certains sont simplement à la maison attendant d’avoir une meilleure lisibilité de la situation c’est-à-dire la normalisation des relations Bceao-Côte d’Ivoire. La banque n’est pour autant pas fermée. De nombreux autres employés sont restés en place et assurent avec d’indéniables difficultés le service au quotidien.

Nérou Kouadio (Correspondant)

Fermeture des banques : Une autre forme de criminalité se développe

Photo :DR
Photo :DR
Depuis l’éclatement de la crise, née de la proclamation des résultats du second tour de la présidentielle en Côte d'Ivoire, le peuple souffre, terriblement. La décision de fermer les banques pour contraindre Laurent Gbagbo, proclamé Président par le Conseil constitutionnel, à céder le pouvoir à son rival Ouattara Alassane, reconnu Président par la Commission électorale indépendante vient en rajouter à nos supplices. Cette situation déjà intenable donne malheureusement des idées aux malfaiteurs qui en profitent pour développer une autre forme de criminalité. De fait, quand il s’agissait de rumeur faisant état de la fermeture imminente de banques, c’est par milliers, chaque jour, que l’on voyait les clients des structures financières prendre d’assaut les banques. Qui, dans les guichets. Qui dans les distributeurs automatiques de billets où l’on observe de longues files d’attente. La raison de tout ce ballet est toute simple : retirer le maximum d’argent et aller le conserver soigneusement chez soi. Puis, voir les choses venir avec beaucoup plus de sérénité. Malheureusement, comme on l’a dit, un tel état de fait constitue une réelle aubaine pour des criminels. En effet, comme d’honnêtes citoyens et clients, les malfrats investissent les banques. Bien entendu, pas pour y retirer des sous, mais pour observer les clients effectuer des retraits. Et lorsqu’ils remarquent que l’un de ces honnêtes citoyens a fait le retrait d’une importante somme d’argent, ces bandits se soustraient tranquillement des rangs et prennent en filature ce client. Une fois dans un endroit jugé propice à l’attaque, ces lascars se ruent sur ce pauvre client de la banque et le détroussent. Et plus tard, pendant que la victime court aviser la police de son malheur, les scélérats reviennent sagement se mettre dans les files d’attente devant les banques, guettent encore une autre ‘’proie’’. A ce rythme, ces fripons ont fait et continuent de faire de nombreuses victimes parmi ces pauvres clients de banque, souffrant déjà du stress dû à la situation difficile du moment. Les clients, qui ne sont pas encore tombés dans l’escarcelle de ces vermines, sont donc avertis et, par conséquent, sont invités à redoubler de vigilance. Car tous ceux qui se tiennent dans les files comme eux ne sont pas forcément d’honnêtes citoyens. Dommage que des individus transforment le malheur des uns, en aubaines malveillantes.

Madeleine TANOU

In soir Infos
Vendredi 18 Février 2011
La Dépêche d'Abidjan



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