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BURKINA FASO - CÔTE D'IVOIRE : 1er août 2002 – 1er août 2017, 15 années de brouillard sur la mort de Balla Kéita


Il y a quinze ans, dans la nuit du 1er au 2 août 2002, Balla Kéita, alors Secrétaire général de l’UDPCI (parti ivoirien fondé par le général Guéi Robert), est assassiné à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Aussitôt, le pouvoir ivoirien est suspecté d’avoir éliminé un adversaire politique.
Ayant fui la Côte d’Ivoire au lendemain de la défaite électorale et populaire, le 25 octobre 2000, du général Guéi, son mentor dont il était le conseiller sous la transition militaire, Balla Kéita avait le statut de réfugié politique au Burkina Faso. Alors que les autorités burkinabè privilégiaient l’hypothèse d’un crime politique «commandité, organisé et planifié», l’ambassadeur de la Côte d’Ivoire au Burkina, Richard Kodjo, se plaignait de n’avoir pas été associé à l’enquête.
«Ce qui est troublant, c'est qu'on n'ait pas été associé au constat, déplorait Richard Kodjo dans un entretien avec l'AFP. Dès les premières heures suivant la découverte du corps, il aurait fallu saisir l'ambassade en même temps que le procureur». «Réfugié ou non, il était un Ivoirien célèbre», expliquait le diplomate, qui affirme avoir été officiellement averti du décès 24 heures après.
Réfugié politique, l’ancien ministre ivoirien était sous la charge et la protection des autorités burkinabé. Il habitait la villa officielle (n°325) des hôtes de l’État dans le quartier résidentiel de la Zone du bois et disposait d’une garde installée devant sa maison. C’est dans cette résidence de la Cité hautement sécurisée que Balla Kéita a été poignardé à mort de sept coups de couteau dans sa chambre, selon le Procureur général du Faso, Abdoulaye Barry.
Les circonstances de cette mort atroce n’ont jamais été élucidées. Et le mystère reste entier au moment où le premier sachant, le président Blaise Compaoré, naturalisé ivoirien pour fuir les ennuis judiciaires au «Pays des Hommes intègres», est un résidant du «Pays de l’hospitalité» depuis son renversement, le 31 octobre 2014, par ses ex-compatriotes burkinabè.
Les assassins de Balla, de leur côté, ne courent plus; ils se la coulent douce. Et leurs commanditaires dorment (!?) sur leurs deux oreilles.

Une contribution de Ferro Bally

Mardi 1 Août 2017
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