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La Dépêche d'Abidjan

Au Maroc, des migrants prêts à tout pour rejoindre l’Europe

Les migrants subsahariens se regroupent à plusieurs centaines pour tenter de franchir en force les frontières espagnoles de Ceuta et Melilla.


Des immigrants africains, le 24 février à Melilla. Ces deux dernières semaines, près de 500 d’entre eux ont atteint l’enclave espagnole. © Stringer Spain/Reuters
Des immigrants africains, le 24 février à Melilla. Ces deux dernières semaines, près de 500 d’entre eux ont atteint l’enclave espagnole. © Stringer Spain/Reuters
Ils sont victimes d’une violente répression sécuritaire et de réseaux mafieux très organisés.

« J’ai essayé de passer 18 fois. Pendant six mois, j’ai dormi dans la forêt que je quittais à cinq heures du matin pour tenter d’échapper aux rafles, parfois très violentes, de la police. Le pire, c’était les blessures, les pustules… Mais quand depuis la colline où nous étions des centaines à nous préparer, j’apercevais les lumières de l’Espagne, je pensais que Dieu me donnerait un jour la chance d’arriver de l’autre côté. »

Regard déterminé et tête de mort en pendentif, Ferdinand est un Camerounais de 29 ans. Il est l’un des acteurs de la multiplication depuis un an des passages en force depuis le Maroc jusqu’aux enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla . Situés au nord du pays, ces « îlots » européens en Afrique attirent chaque année des milliers de Subsahariens.

Malgré la crise sur le Vieux Continent, dont ils ont souvent entendu parler par leurs « frères » ayant réussi le grand saut. Malgré le fait que Dieu ne « donne un bain », selon l’une des expressions consacrées, qu’à une toute petite minorité d’entre eux.

« On se rassemble à 300, et on force le barrage »

Ces derniers temps, la méthode de la « frappe » est la plus utilisée. « On se rassemble à 300, et on force le barrage », explique Ferdinand. Une série de trois clôtures de 11 km de long, surmontées de barbelés, bordent Melilla. « On bricole une échelle en bois, on pousse un cri de guerre, et on se précipite de l’autre côté. Le plus souvent, on se blesse ou on se fait attraper. Mais certains passent. »

Depuis deux semaines, plus de 500 immigrants ont réussi à atteindre Melilla, rappelant à la ville les vagues d’immigration massive qu’elle avait connues en 2005. Mardi, plus de 1 600 immigrants subsahariens ont encore tenté de pénétrer à Ceuta. « Une fois là-bas, on peut espérer obtenir un laisser-passer et prendre le bateau », raconte Georges (1), congolais.

« Parfois, des frères m’appellent pour me proposer une frappe, poursuit le jeune homme, qui vit à Casablanca. Moi, je pense plutôt essayer de me cacher dans un camion, ou en achetant une place dans un Zodiac. C’est organisé par des Sénégalais. Mais ça coûte au moins 1 500 €. Il va me falloir du temps pour rassembler cette somme. »


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Vendredi 7 Mars 2014
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