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Au Burkina Faso, la solitude du président Compaoré


Au Burkina Faso, la solitude du président Compaoré
Compaoré, seul face à la pression de la rue

« Un Mardi Noir, de monde » , ironise Fasozine, après la manifestation géante à Ouagadougou ce mardi contre le projet de modification constitutionnelle. Pas loin d'un million de personnes étaient dans la rue ce mardi afin de « dissuader le président Blaise Compaoré de charcuter la Constitution du Burkina Faso pour briguer un troisième mandat en 2015 », estime Fasozine. Et en pleine page, sur une photo prise dans la rue, on découvre l'ampleur de cette marée humaine qui a submergé littéralement, le centre de Ouagadougou.

Le quotidien Sidwaya revient largement lui aussi sur cette manifestation avec moult photos, et constate que « ce n’est plus la lutte de l’opposition, mais celle du peuple burkinabè tout entier ». Pour lui, le destin de cette lutte va se jouer le 30 octobre au sein de l’Assemblée nationale quand les députés vont se réunir pour discuter du projet de loi. « Quand on change un article important de la Constitution, peut-on lire toujours dans Sidwaya, on aboutit à un régime que le peuple n’a pas choisi. La modification de l’article 37 de la Constitution pourrait conduire à une monarchie », lit-on dans Sidwaya.

Risques de coup d'état ?

Le Faso.net parle lui aussi d'une marée humaine, avec cette photo impressionnante prise du ciel, au-dessus de la place de la nation, où l'on ne peut que constater l'ampleur de cette mobilisation phénoménale selon ses propres mots. « Du jamais vu, même pas le 3 janvier 1966 » , selon de nombreux observateurs sur place. Le 3 janvier 1966 marque la fin de la première république de ce qui s'appelait la Haute Volta, lorsque suite à une grève générale conduite par les syndicats, après des années d'austérité, le président Maurice Yaméogo avait dû démissionner sous la pression de la rue.

Pour Le Reporter, si Blaise Compaoré s'entête à vouloir rester au pouvoir. « Son offre de dialogue auprès de l'opposition, lit-on; ressemble finalement à une nouvelle tentative de rouler les autres dans la farine. Elle risque de subir le même sort que celui de l’ancien Président Jean-Baptiste Ouédraogo renversé en août 1983 par le capitaine Sankara. Comme quoi la recette du médiateur international manque de saveur dans les plats locaux», s'exclame Le Reporter pour qui « toutes les options sont envisageables, y compris le coup d'état».

Et aujourd'hui.net publie même en Une cette photo très symbolique d'une statue de Blaise Compaoré, déboulonnée à Bobo Dioulasso, qui rappellent celles par exemple de Saddam Hussein en Irak, après le soulèvement populaire contre son régime, suite à l'intervention militaire américaine.

Une chose est sûre, à lire la presse burkinabè, pour ou contre Compaoré, jamais la liberté d'expression ou d'opinion n'aura été aussi libérée et respectée qu'aujourd'hui. Il faut quand-même le souligner. A tel point qu'on se demande même s'il y a un seul journal pro Compaoré.

La peur d'une dégradation de la situation

Face à cette montée de la contestation, les burkinabè s'inquiètent et se préparent au pire...
Pour L'Observateur Paalga, « instruit par le précédent fâcheux des mutineries à répétition du premier semestre 2011 au cours desquelles le carburant, le pain et d’autres produits de première nécessité se négociaient au marché noir deux à trois fois leurs prix habituels, certains constituent déjà des stocks de sécurité pour tenir un moment. Un véritable kit de survie circule ainsi de bouche à oreille» relate le quotidien burkinabè. On stocke des denrées alimentaires, jus de fruit, médicaments, et aussi de l'essence... Pour L'Observateur Paalga cette « frénésie acheteuse» comme il dit, installe une certaine « psychose», susceptible de créer des pénuries artificielles, voire une poussée inflationniste dont on se passerait bien.

Du jamais vu en Afrique de l'ouest

Et du côté de la presse régionale ouest-africaine, Guinée Conakry Info parle « d'avertissement », avec cette photo pleine page de manifestant qui arbore une affiche sur lequel il est écrit « Blaise dégage », à l'image du slogan des tunisiens durant la révolution de janvier 2011 contre l'ex dictateur Ben Ali. « Pareille mobilisation n’est pas fréquente dans les pays de l’Afrique au sud du Sahara, considère le site d'information en ligne pour qui « les Burkinabè sont décidés à cracher leurs vérités à «leur» président».

Pour La Nouvelle Tribune du Bénin, « ça chauffe au Burkina Faso ». Le journal s’inquiète des affrontements violents qui ont eu lieu en marge de la manifestation, entre forces de l’ordre et militants de l'opposition.
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Mercredi 29 Octobre 2014
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