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La Dépêche d'Abidjan

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Asecna (Dakar) : Élection du directeur général - Dernières manœuvres aériennes pour le contrôle d’un cockpit - Le très influent président Denis Sassou Nguessou parraine le candidat centrafricain


Comme l’avait révélé « Le Témoin » quotidien, l’élection du directeur général de l’Asecna n’aura pas lieu à Niamey (Niger) pour des raisons de sécurité et d’éthique. Elle a été finalement rapatriée dans notre pays. Elle se tiendra donc le lundi 14 septembre prochain à Dakar. Le directeur général sortant, le Nigérien Mohamed Moussa, est candidat à sa propre succession. Il va affronter trois autres candidats à savoir le Centrafricain Théodore Jousso, le Mauritanien Hassen Ould Ely et le Camerounais Zoa Etoundi. Dans ce ballet aérien, les pilotes-postulants entament les dernières acrobaties diplomatiques pour le contrôle d’un cockpit à 400 milliards CFA d’enjeux. La bataille de la tour de contrôle continentale est lancée !

L’élection du directeur général de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna) se tiendra le 14 septembre prochain à Dakar. Le Nigérien Mohamed Moussa, actuel Dg et candidat à sa succession, fera face à trois challengers de poids. Il s’agit du Mauritanien Hassen Ould Ely, du Centrafricain Théodore Jousso et du Camerounais Zoa Etoundi. Le quatrième prétendant, le Tchadien Mahamat Awaré Neissa, a finalement jeté l’éponge. Il n’aurait pas pu bénéficier du soutien du tout-puissant maréchal (défense de rire !) Idriss Déby, président du Tchad. Quant au candidat Mauritanien Hassen Ould Ely, il s’active pour recrédibiliser sa candidature quelque peu chahutée par ses propres compatriotes qui l’accusent de « crimes économiques » commis alors qu’il était directeur général de la toute-puissante Société nationale industrielle et Minière de Mauritanie (Snim), véritable Etat dans l’Etat au niveau de ce pays voisin.
Toujours est-il qu’ils seront quatre mousquetaires à croiser le fer le 14 septembre prochain pour l’élection du directeur général de l’Asecna. A un peu plus d’une semaine du scrutin, c’est donc le branle-bas de combat politique et diplomatique dans les différents états-majors. Autant dire que les aéronefs des différents candidats ont entamé leur descente vers le siège de l’Asecna. Surtout, le manche à balai est manié à fond pour obtenir le parrainage des chefs d’Etat membres de l’Agence.

Le Dg sortant, le Nigérien Mohamed Moussa, part avec la faveur des pronostics et ne manque de sponsors au sein de la sous-région. Et pas les moindres puisque les présidents Macky Sall du Sénégal, Umaro Sissoco Embaló de la Guinée Bissau et, naturellement, Issoufou Mahamadou du Niger ont décidé de parrainer officiellement sa candidature. Macky Sall n’est pas rancunier assurément quand on sait qu’Issoufou lui en avait fait voir de toutes les couleurs pour que le Sénégal dégage du fauteuil de président de la Commission de l’UEMOA afin qu’il puisse placer son propre protégé ! Mais la raison d’Etat étant ce qu’elle est, Macky Sall est cette fois-ci l’un des plus déterminés soutiens de Mohamed Moussa qui n’a évidemment pas manqué de s’en glorifier. Il fait dire que Mohamed Moussa détient les clés de l’immense patrimoine financier et foncier de l’Asecna qui aiguise l’appétit des parrains et souteneurs.

Alerte de «moralité» à bord !

Malgré la campagne de déstabilisation sur fond de « mensonges » orchestrée par ses adversaires, le candidat mauritanien Hassen Ould Ely reste un très sérieux candidat soutenu par son gouvernement. Ancien directeur général de Mauritanie Airlines, Hassen Ould Ely a eu à diriger également plusieurs sociétés publiques avant d’être ministre dans différents gouvernements. Reconnu pour ses qualités techniques et ses compétences en matière de management, ce candidat de la Mauritanie espère pouvoir compter sur le soutien du Mali — qui a d’autres chats à fouetter en ce moment — et de la Côte d’Ivoire pour éjecter le Nigérien Mohamed Moussa du cockpit.
Malheureusement, le manque de fair-play et les alertes de corruption sont en train de « fausser » le jeu pour le contrôle des commandes de l’Asecna. Car depuis deux semaines, la campagne électorale est minée par des campagnes de dénigrement et d’intoxication par presse interposée. Dans les journaux de chaque pays ayant un candidat comme dans les sites d’informations, les accusations de corruption, de mauvaise gestion, de détournements de deniers publics, bref les procès en sorcellerie font rage. Comme le Mauritanien Hassen Ould Ely, le Camerounais  Engelbert Zoa Etoundi est lui aussi l’objet d’accusations plus ou moins fondées. Rien de nature à ébranler sa détermination, toutefois, nous assure-t-on.

Le Centrafricain Théodore Jousso sur orbite 

La sortie de piste du Tchadien Mahamat Aware Neissa suite au retrait de sa candidature a remis sur orbite le Centrafricain Théodore Jousso. Beaucoup de pays d’Afrique centrale comptent sur lui pour mettre fin au règne du Nigérien Mohamed Moussa qui aura fait quatorze (14) longues années à la tête de l’Asecna au terme de son second mandat s’il est réélu. Or, après le Malien Guittèye et maintenant Mohamed Moussa, tous deux de l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale estime qu’il est temps qu’elle prenne les commandes de l’agence. Ce qui ne serait que justice.
Après le retrait de la candidature de son ressortissant, le Tchad du Maréchal Idriss Déby aurait manifesté son désir de soutenir le Camerounais Engelbert Zoa Etoundi. Seulement voilà, « Le Témoin » quotidien a appris que le très influent président congolais Denis Sassou Nguesso compte prendre en main la candidature du Centrafricain Théodore Jousso. Non seulement pour parrainer ce dernier mais aussi pour le soutenir diplomatiquement, la Centrafrique étant un nain dans ce domaine en Afrique. On nous souffle même que le président Nguessou pourrait tenter de rallier des pays comme le Bénin et le Togo autour de la candidature du Centrafricain. Une chose est sûre : en décrochant le précieux parrainage du président Sassou Nguesso, Jousso rebat spectaculairement les cartes en sa faveur. Car il est secret de polichinelle que ces dernières années, le président Sassou Nguessou est devenu le médiateur le plus écouté et le plus influent d’Afrique. Du moins dans sa partie centrale. Dans tous les conflits qui agitent le continent, le nom du président congolais revient toujours comme un sceau voire un cachet homologuant une solution de sortie de crise. Mais quoi qu’il en soit, le Centrafricain Théodore Jousso entend mettre tous les atouts de son côté pour prendre les rênes de l’Asecna. Il en a toutes les qualités techniques et les capacités professionnelles et bénéficie, en plus, du soutien d’un redoutable manœuvrier comme le président Sassou Nguesso. Entre ce dernier et Macky Sall, à travers leurs candidats interposés, faites vos jeux car rien ne va plus !

Pape Ndiaye
« Le Témoin » quotidien sénégalais (Dakar : 04 Septembre 2020)




Encadré

Déjà à la tête de cinq organismes africains
Le Niger veut encore consolider son leadership


Le Niger, par le biais du directeur général sortant Mohamed Moussa est candidat à sa propre succession pour briguer un second mandat de sept (07) ans à la tête de l’Asecna. Soit quatorze (14) ans de vol sans atterrissage aux commandes de l’institution panafricaine regroupant dix-huit (18) Etats membres que sont le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Centrafrique, les Comores, le Congo, la Côte d’Ivoire, la France, le Gabon, la Guinée Bissau, la Guinée Equatoriale, Madagascar, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo.  Beaucoup parmi ces Etats membres se sont ligués pour éviter une telle longévité qui ne fera que plomber les ailes de l’Asecna déjà touchée par les dégâts collatéraux de la crise sanitaire du coronavirus. Certaines mauvaises langues estiment que les souteneurs et parrains du Niger veulent surtout conserver leurs privilèges et avantages au sein de l’Asecna. Par contre, d’autres Etats membres mettent en avant l’hégémonie du Niger sur plusieurs organisations continentales. Cinq plus exactement sont sous les drapeaux du Niger : Autorités Africaines et Malgache de l’Aviation Civile (Aamac), Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (Nepad), Comité Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse au Sahel (Cilss), Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (Uemoa) et Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna). Certains spécialistes se disent convaincus que si Niamey (Niger) s’est lancée dans une telle chasse aux institutions, c’est parce qu’il aspire à asseoir son leadership africain. Une manière sans doute de compenser les failles d’une sécurité intérieure. Comme quoi, il n’est pas question pour le Niger de laisser échapper la direction de l’Asecna devenue un instrument d’influence diplomatique. Un instrument doublé d’un levier politique lui permettant d’enrôler toutes les communautés internationales dans sa lutte contre le terrorisme.

Pape Ndiaye
« Le Témoin » quotidien sénégalais (Dakar : 04 Septembre 2020)




Vendredi 4 Septembre 2020
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