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Arkadi 2012 / Table ronde à l’Ifci: Zadi Zaourou, Hampaté Bâ et Kankou Moussa ressuscités



«L’homme, être de désir» est le thème de référence d’une riche table ronde qui a réuni, dans le cadre d’Arkadi 2012, sur le thème de «Lénigmatique désir», trois experts plus un membre de la famille Hampaté Bâ, le samedi 1er décembre, à 10 h, à l’Institut français (Ifci), ex-Ccf d’Abidjan, au Plateau.
Pr. Agnès Monnet, une des disciples du maître, était naturellement bien inspirée lorsque l’honneur lui revenait de ressusciter «Zadi Zaourou : poète de désir». «A califourchon sur le dos d’un nuage». C’est sur cette œuvre de confidences qu’elle a essentiellement axé son exposé magistral. Comme dans un amphi. «J’aime la femme et je recherche volontiers sa compagnie». A travers cette prose poétique, a commenté Agnès Monnet, Zadi exprime son désir, sans évoquer explicitement le mot désir. Lequel, a-t-elle souligné, est à la racine et au cœur de la création poétique de l’écrivain. «Le désir vient fleurir la parole du poète», a-t-elle résumé, avant de citer une autre œuvre de Zadi où le désir du poète demeure abondant. Chez Zadi, Agnès Monnet a relevé que le désir est dans la quête de l’autre. Aussi, a-t-elle mentionné qu’avec lui, le désir n’est pas seulement le fait des humains, mais aussi de la nature et du cosmos, et qu’il prend différentes formes grammaticales. En somme, Agnès Monnet a soutenu qu’avec le poète Zadi Zaourou, «l’Afrique se confond à la femme, à la beauté de la femme et à la parole.»
«Kankou Moussa : la fascination de l’Orient» était la tâche dévolue au Pr. Kalillou Tera. L’orateur a indiqué que Kankou Moussa fut le premier empereur de l’Empire du Mali ayant succédé à son père, au 14ème siècle, au moment où le Mali était très ouvert, extrêmement riche en or et avait des relations avec l’Orient, l’Afrique du nord et l’Europe. L’Empire du Mali, a-t-il précisé, recevait régulièrement de belles Syriennes dont certaines d’entre elles devinrent ses concubines, notamment Soukeyna, qui ne cessaient de lui vanter les merveilles de leur pays, face aux certitudes de Kankou Moussa.

La transmission selon Hampaté Bâ et son héritage

C’est donc avec elles qu’il apprenait les fastes de l’Orient constitués entre autres de dôme, de minaret de mosquées et de vitres. Ce qui fut à l’origine de sa fascination pour cette partie du monde, au point d’en faire autant dans son Mandé natal. Un jour, il entreprit un pèlerinage à La Mecque avec une suite historique d’hommes et en revint totalement ravi, avec des architectes dont un d’entre eux construisit la mosquée de Tombouctou, trois cents lanciers turcs pour sa garde personnelle... Au bout de ce bref aperçu historique, Pr. Kalilou Tera a indiqué que «le désir naît d’une conscience de connaissance», avant d’ajouter qu’il «vient d’un manque et qu’il reste vide s’il n’y a pas de volonté ni de moyens ».
«L’héritage d’Hampaté Bâ : désir de continuité», c’est le sous-thème qu’abordait Rockya Hampaté Bâ, en tant que fille de l’illustre disparu. Selon elle, c’est grâce à un Sénégalais, alors qu’elle faisait ses études au Canada à l’âge de 18 ans, qu’elle prit conscience de l’œuvre de son père. Quelque temps plus tard, elle mit fin à ses études, se rappelant ce que son père lui confiait un jour, à savoir qu’elle aille «chercher la connaissance là où elle se trouve». Hésitante au départ, a-t-elle mentionné, Rockya finit par prendre les choses en main dès la disparition du père. En effet, lors de ses obsèques, elle demanda à Hélène Eckman, une Française à qui son père avait confié la gestion de ses œuvres littéraires dont la moitié est rédigée en langue peuhle, de les rapatrier de Paris où elles étaient gardées. En vain. Par la suite, Rockya découvrit une partie de ses manuscrits, à Marcory, à Abidjan, où il résidait. «Un véritable trésor culturel que je me consacre à préserver», dira-telle. Par exemple, elle a évoqué une fondation éponyme, Amadou Hampaté Bâ basée à Abidjan, par ailleurs toujours en attente d’un budget de fonctionnement.
Pour Pr. Marie-José (MJ) Hourantier, qui communiquait sur «Hampaté Bâ et le désir de transmission : beauté et profondeur de la culture africaine», le «Sage de Marcory» nous fait prendre conscience de notre être de désir». Si l’on en croit la Française, la parole d’Hampaté, qui fut pour elle le premier maître qu’elle rencontra en Afrique, «était de désir». Elle a surtout loué le «travail d’érudition» qu’il a abattu de son vivant, aidé de sa diversité culturelle, notamment sahélienne, musulmane et occidentale. «Il racontait lui-même son histoire et savait présenter l’Afrique. Son maître s’appelait Tierno Bokar (1875-1939), le sage de Ségou. Son enfance a été le ferment de son désir de transmettre», a-t-elle dit. Dans ses œuvres, faisait observer Marie-José Hourantier, Hampaté Bâ faisait montre d’un «désir inassouvi de la beauté et de la transmission : servir les hommes et retrouver son identité. Sa formule première, à en croire MJ, était les contes initiatiques (en citant abondamment en exemple «Kaïdara» ; la deuxième, sa suavité ou l’art de la persuasion ; la troisième, l’accomplissement pour dire que chaque période de l’Homme correspond à un degré d’initiation et la quatrième, la relation au métier, au travail. En outre, MJ a souligné que, chez Hampaté Bâ, l’ancêtre est la courroie de transmission entre les hommes et Dieu.

Schadé Adédé schadeci@yahoo.fr in NOTRE VOIE
Mardi 4 Décembre 2012
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