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Adébem (Sassandra). Ouattara Bamory, un autre Amadé Ourémi règne en maître sur les autochtones

Bien que plusieurs médias et organisations humanitaires (Radio France internationale, Notre voie, L’Inter, Le Temps, Le Jour plus, Amnesty internationale, Comité international de la croix rouge, etc.) aient déjà révélé le carnage d’Adébem au monde, la cruauté et le cynisme des méthodes utilisées, pendant plus d’une semaine, à partir du 6 mai 2011, par les soldats des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) et les dozos, conduits par leur chef burkinabé Ouattara Bamory, continuent de donner froid dans le dos.


Bien que plusieurs médias et organisations humanitaires (Radio France internationale, Notre voie, L’Inter, Le Temps, Le Jour plus, Amnesty internationale, Comité international de la croix rouge, etc.) aient déjà révélé le carnage d’Adébem au monde, la cruauté et le cynisme des méthodes utilisées, pendant plus d’une semaine, à partir du 6 mai 2011, par les soldats des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) et les dozos, conduits par leur chef burkinabé Ouattara Bamory, continuent de donner froid dans le dos. « Dago Laga Rose (une jeune fille enceinte brûlée vive dans sa maison). Kpassou Benahi Germaine (une femme brûlée vive dans sa maison). Dally Teti Abel (un vieillard malade brûlé vif dans sa maison). Etc. » (Extraits de l’article de Deuxer Céi Angela)
Je suis un Ivoirien originaire du nord de la Côte d’Ivoire. J’ai visité deux fois Adébem, ce gros village du département de Sassandra, lors d’activités organisées par sa mutuelle. La seconde fois, les parrains des manifestations étaient les généraux Adou et Bruno-Clément Bollée, commandant de la force de l’opération Licorne, à l’occasion de la réception des travaux de construction et de réhabilitation effectués par des militaires ivoiriens et français à l’Ecole primaire publique (Epp) d’Adébem. Le général Bollée a été fait fils du village, avec honneurs et tenue traditionnelle d’apparat. Entend-il les pleurs d’Adébem ?
Après la lecture de l’article de Deuxer Céi Angela, j’ai recueilli davantage d’informations. Il en ressort qu’aujourd’hui, la situation est grave et insupportable pour les autochtones Godiés à Adébem. Le chef dozo burkinabé Ouattara Bamory vit toujours sur les terres du village et continue, en toute impunité, à terroriser et à spolier les Godiés avec ses hordes de hors-la-loi, sous l’œil complice des Frci.
Tous les moyens sont utilisés pour maintenir les Godiés dans une forme d’esclavage qui ne dit pas son nom. Ci-après quelques cas de torture physique et morale dont certains ont été révélés par la presse. Un jeune Godié battu à sang et enfermé dans un cercueil n’est relâché qu’après le paiement d’une rançon. (Cf Notre voie, 17 juin 2011). Sous le prétexte grossier de la recherche d’une somme de 60.000 francs que leurs gris-gris accusent les Godiés d’avoir volée dans la boutique d’un Nigérien et d’une Malienne, des dizaines de dozos conduits par Ouattara Bamory envahissent Adébem, le 10 mars 2012. Ils menacent d’exécuter des Godiés. (Cf Notre voie, 14 mars 2012 et Le Temps, 23 mars 2012). Le 1er juillet 2012, contre la volonté des Godiés et sous la direction du même Ouattara Bamory, plus de trois cents dozos armés jusqu’aux dents envahissent à nouveau Adébem pour « fêter ». Koné Diraté, le sous-préfet de Sago, ne bouge pas le petit doigt. Aujourd’hui, les dozos de Ouattara Bamory ont construit leur camp sur le site de l’Epp. Plusieurs instituteurs ont pris la fuite pour éviter la mort.
Les gouvernements du chef de l’Etat Alassane Ouattara voient, se taisent et laissent faire. Comme voient et se taisent Bert Koenders et l’Opération des nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) dont les soldats, dans une forme évidente de fraternisation, ont rendu visite à Ouattara Bamory dans son campement. Se tairont-ils plus longtemps encore ? Le martyr des Godiés d’Adébem doit cesser. Les bourreaux sont connus. Ils ont pour noms des soldats des Frci, Ouattara Bamory, ses dozos et tous les individus qui vivent dans le village, alors que leur participation au carnage de mai 2011 est de notoriété publique. Ils doivent répondre de leurs crimes. Les charniers doivent être ouverts afin que les Godiés qui y ont été jetés à la sauvette aient une sépulture digne. Des indemnisations à la mesure des préjudices humains et matériels doivent être versées aux rescapés du carnage. Soro Bakary Benjamin et Koné Diraté, respectivement préfet de Sassandra et sous préfet de Sago, ont donné cent mille (100.000) francs par mort aux Godiés. Est-ce cela le prix d’un Godié fusillé, égorgé ou brûlé vif ? Où sont donc passées Fatou Bensouda et la Cour pénale internationale ? Ouattara Bamory, l’autre Amadé Ourémi, sévit nuit et jour à Adébem et dans la région de Sassandra. En toute impunité.
Une contribution de S.B., un citoyen ivoirien
Nota bene. L’article de Deuxer Céi Angela intitulé « Les 60 fusillés, égorgés ou brûlés vifs d’Adébem (Sassandra). Crimes des Frci et des dozos de Ouattara » a été publié par plusieurs sites internet dont Infodabidjan

Source : Notre voie du jeudi du 31 janvier 2013 ; page 5
Jeudi 31 Janvier 2013
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