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La Dépêche d'Abidjan

AFRIQUE - Les jeunes et l’alcool

L’alcool n’est pas un produit ordinaire. Il fait partie de la vie humaine depuis des mil-liers d’années et, s’il est souvent synonyme de plaisir et de sociabilité, son usage peut avoir des conséquences désastreuses. On pourrait penser que l’alcoolisation des jeunes ne touche que les pays occidentaux. Mais le phénomène est mondial et il n’épargne pas l’Afrique. Les jeunes, garçons et filles, consomment de plus en plus d’alcool.


Traditionnellement, l’alcool est présent pour célébrer une naissance, pour accueillir un visiteur, ou encore pour fêter un mariage. Mais de plus en plus, les gens consomment de l’alcool en dehors des fêtes culturelles, ou des événements de famille…

Les jeunes eux-mêmes boivent de plus en plus d’alcool. On peut mettre en cause un certain type de développement, la publicité et la non-régulation du marché des spiritueux. Cet abus d’alcool dans les milieux des adolescents africains pose un véritable problème de responsabilité à la société et surtout aux différents États du continent africain.

L’alcool affecte durablement les jeunes et les choses se compliquent partout. Face à cela, les parents sont souvent mis au banc des accusés en raison de leur incapacité à apporter une solution fiable pour limiter, arrêter totalement ou interdire à leurs enfants la consommation d’alcool. Mais beaucoup d’entre eux sont aussi grands consommateurs.

L’alcool ne concerne pas seulement les garçons. Les jeunes filles sont elles aussi touchées. Avant c’était très mal perçu. Maintenant, les publicitaires s’évertuent à démontrer que les femmes qui boivent sont plus indépendantes, plus à l’aise avec elles-mêmes, avec leur image... Bref, qu’elles sont l’égal des hommes.

Au-delà de la bière ou des alcools forts, les boissons traditionnelles fabriquées localement sont très prisées car elles sont moins chères que les boissons industrielles. De plus, ces boissons traditionnelles ont généralement un taux d’alcool moins élevé et jouent un rôle socio-économique important au sein des communautés locales.

Pourquoi les jeunes ?

L’adolescence est une période de changements. Lors de cette transition très délicate, l’adolescent est particulièrement vulnérable aux tentations de toutes sortes : goût du risque et des excès, attirance pour l’interdit, désir d’expérimenter. De nos jours, au-delà d’une vie sexuelle précoce, cette période d’expérimentation inclut la consommation des drogues tant légales qu’illégales.

Cela dit, alors que les autres drogues sont illégales, l’alcool, tout comme les cigarettes, reste une drogue légale. Aucune loi n’en interdit l’achat ou la consommation. Bien que l’accès aux mineurs soit légalement interdit dans la plupart des pays, les adolescents réussissent à s’en procurer facilement lors des fêtes, grâce à leurs amis ou parents plus âgés.

Les dangers de l’alcool


On sait que l’alcool cause beaucoup d’accidents de la route chez les jeunes. L’alcool favorise aussi le développement de maladies infectieuses, comme la tuberculose et le VIH. Souvent les jeunes qui boivent ont des comportements sexuels à risque. La boisson peut encore amener les jeunes à être violents, à passer plus de temps en dehors de la maison, à laisser d’autres membres de la famille dans le besoin, ou à les rendre anxieux, inquiets et dépressifs.

Les manifestations de cette violence sont multiples, qu’il s’agisse d’intimidation, d’actes violents perpétrés par des bandes, d’agression sexuelle ou de bagarres dans les rues, les bars et les boîtes de nuit. À la base de cette violence, il y a souvent un élément déclencheur - avances à l’endroit du partenaire sexuel d’une autre personne, consommation renversée ou autre incident. Pour justifier leur réaction violente, les jeunes hommes font valoir la défense de leur honneur et la conservation du respect de leurs pairs. Toutefois, le plaisir de se bagarrer est aussi couramment évoqué.

Et l’alcool traditionnel ?

Mais il n’y a pas seulement la bière ou les ‘liqueurs‘. D’un bout à l’autre du continent, les officines ne chôment pas. Pour les victimes des crises, économiques ou politiques, l’alcool traditionnel est un fidèle compagnon d’infortune. Sous les tropiques, le soleil tape à la verticale et fournit un prétexte facile aux éternels assoiffés.

Le plus souvent, la production d’alcool artisanal ne rencontre aucun problème d’écoulement. Elle gagne même une nouvelle clientèle, celle des élèves. Les bars, maquisbars et autres bistrots “envahissent” les périmètres des établissements scolaires.” On y sert, en plus de la bière industrielle, du vin de palme et même du “koutoukou”, un alcool fort, officiellement interdit mais largement toléré. Ces bars ont une influence néfaste sur l’éducation des élèves.

Bière de mil (dolo) ou de banane, elle est très prisée par les jeunes. Relativement bon marché, on peut aussi en boire beaucoup car elle est peu alcoolisée. Avec les calebasses de dolo qui se boivent rapidement, les discussions sont animées, on retrouve les amis, les voisins et les connaissances et on partage un bon moment ensemble.

Quelles solutions

Pour les États africains, les choses sont assez compliquées : certains pays n’ont aucune loi interdisant la consommation d’alcool à partir d’un certain âge et surtout chez les adolescents. Il faut reconnaître que les chefs d’État font preuve d’une grande irresponsabilité et d’un manque notoire de conscience.

Dans un colloque sur la jeunesse africaine, un évêque catholique a posé la question : « Qu’est-ce qu’une jeunesse qui sombre dans l’alcoolisme total ? Qu’est-ce qu’une jeunesse dont aucun chef d’État n’a conscience de toutes les difficultés qui l’affectent ? » Tel est le défi que cet évêque a lancé à tous les conférenciers, malheureusement personne n’a réagi. Ni les autorités administratives représentant les État africains, ni les associations locales, ni même les jeunes n’ont été capables de donner une réponse satisfaisante à l’auteur de ces deux questions. C’est une grande honte. La jeunesse africaine est dans la dérive car elle manque de repères.

Alors que l’eau et l’électricité sont presque inexistantes dans le monde rural, la drogue et l’alcool (de même que le préservatif) sont à portée de main dans les localités les plus reculées du pays. Coïncidence ou hasard ? On ne sait pas trop. Mais, de 2001 à nos jours, il existe dans toutes les capitales régionales et presque dans tous les lieux d’affluence des points de vente d’alcool du fait du laxisme des autorités et la non application de la loi. Mieux encore, la loi interdisant la publicité de l’alcool (et du tabac) semble expirer : il n’est pas rare d’apercevoir dans les villes ces panneaux publicitaires placés dans les meilleurs endroits et qui vous montrent ‘les bienfaits de la bière’ et le ‘charme des fumeurs de Marlboro’.

Il est vrai que beaucoup de maux minent la vie des Africains et nécessitent de grands investissements pour apporter des solutions durables, mais pour autant la lutte sans merci contre l’alcoolisme sauvage devrait être gagnée. Car, derrière l’alcool, beaucoup de dangers affectent désespérément les adolescents. C’est le plus grand problème de santé publique aujourd’hui et c’est un devoir pour tout Africain qu’il soit musulman, chrétien, animiste ou autre, de lutter efficacement contre ce terrible fléau source de nombreux malheurs dans les foyers africains.

Y a-t-il de bons élèves dans la lutte contre l’alcoolisme ? Le Botswana, la Namibie et le Ghana, notamment, développent des politiques orientées sur la régulation du marché des boissons alcoolisées (contrôle des lieux de vente, de leur densité, des heures de vente...) Certains pays fixent également un âge minimum pour la consommation d’alcool.

L’OMS suggère aussi de s’attaquer à deux autres points sensibles : les prix et la publicité. De fait, la publicité est particulièrement pernicieuse pour les jeunes, car elle utilise les nouveaux supports tels que les courriels, SMS et forums sociaux sur Internet. Le marketing fait également « appel à des techniques publicitaires et promotionnelles de plus en plus élaborées, qui associent notamment les marques d’alcool à des activités sportives ou culturelles».

De sources diverses
Voix d’Afrique
Mardi 31 Octobre 2017
La Dépêche d'Abidjan



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