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AFFAIRE ARSÈNE TOUHOU - CISSÉ ABDOURAHAMANE : IL FAUT SAVOIR TERMINER UN DÉBAT


"CISSE ABDOURAHAMANE : CE QU'IL FALLAIT COMPRENDRE ET CE QU'IL FAUT COMPRENDRE !!!" Tel est le titre d'un post publié hier par Arsène Touho. Ce post venait préciser sa pensée relativement à un post fait quelques jours plus tôt, et qui avait suscité l'incompréhension, voire l'indignation dans son camp, le camp des partisans du président Gbagbo.

Pour la bonne compréhension donc de ce qui va suivre, je publie ci-dessous le post à l'origine de la polémique:

"COTE D'IVOIRE : FAIRE CONFIANCE AUX JEUNES !!!Quand en Cote d'Ivoire, un jeune de 32 ans devient Ministre après avoir été Conseiller à la Présidence puis Directeur de Cabinet, je me sens dans l'obligation citoyenne de saluer un événement qui n'est pas courant dans mon pays. Je l'ai dit en d'autres mots dans mon dernier livre, comme un feu de brousse, la parenthèse Alassane Ouattara n'aura pas provoqué que le recul de la forêt; ce feu de brousse aura permis aussi de défricher le champs pour les jeunes du village. Félicitations au jeune Ministre Abdourahamane Cissé qui montre ainsi que devenir Ministre Jeune en CI reste possible sans prendre un pistolet pour tirer sur ses compatriotes.

Ung Délégation Europe." Fin de citation.


La signature " UNG Délégation Europe " sera retirée quand , avec insistance, il lui sera demandé de préciser à quel titre il s'exprime. Il justifiera cette décison en publiant ce commentaire qui suit :
Arsene Touho : " Je veux rassurer tous mes amis qui se demandent si jai fait ce post en mon nom ou au nom de mon parti. Qd l'UNG veut s'exprimer, il ne le fait pas par un post mais à travers une déclaration officielle. Tt ce ke je dis sur ce profil m'engage personnellement et non le parti. Cè prqoi jai suppimé l'identification de la page Ung Délégation Europe pr ne pas laisser se prolonger la confusion ki sinstallait. Merci."

On aurait pu s'arrêter là, mais Arsène Touho continuera d'assumer ses propos sans arriver à se faire clairement comprendre. Et c'est ce qui explique qu'il a cru devoir faire un autre post pour mieux expliquer le premier.

Et pourtant, pour mettre fin à la polémique, il avait la possibilité de retirer son poste qui divise son camp. Mais non, puisqu'il n'est pas possible qu'il ait été mal inspiré, et c'est là une déformation regrettable qu'on retrouve chez beaucoup de nos intellectuels, ce sont les autres qui ont forcément un problème de compréhension. Alors , il va leur expliquer. Et il sort donc ce nouveau post dans lequel il change la nature du débat puisqu'il y répond plus à ceux qui décrient la nomination tous azimuts des ressortissants du nord, alors qu'il sait très bien que ce n'était pas le sujet. Il n'arrive pas à convaincre.

Je dois avouer que , après avoir lu et relu son nouveau post, je n'ai toujours pas compris pourquoi Arsène Touho a salué la nomination de ce jeune ministre. Dans le post à l'origine de la polémique, il ne salue pas la nomination d'un jeune nordiste, mais simplement la nomination d'un jeune. Pour lui, il s'agit là d'un événement car il n'est pas courant de voir des jeunes nommés à de tels postes de responsabilité, et se réjouit du fait que la parenthèse Ouattara, comme un feu de brousse n'aura pas provoqué que le recul de la forêt, mais " aura permis aussi de défricher le champs pour les jeunes du village ".

En clair, pour lui, l'exercice du pouvoir de Ouattara qu'il appelle "La parenthèse Ouattara" a quand même du bon puisque, même si beaucoup de jeunes se retrouvent aujourd'hui en prison ou sont contraints à l'exil, il aura permis aussi de découvrir un jeune comme Abdourahamane Cissé !

Et pourtant, avant ce jeune, il y a eu Guillaume Soro, Sidiki konaté, Roger Banchi, et j'en passe. Mais Arsène Touho répondra sans doute que ces derniers font partie de la rébellion alors qu'il parle lui d'un jeune qui , pour devenir ministre, n'a pas eu à " prendre un pistolet pour tirer sur ses compatriotes", oubliant que c'est le combat de Soro, Sidiki et autres Banchi qui a donné Aboudrahmane Cissé.

D'ailleurs connait-il le niveau de complicité avec la rébellion de chacun de ceux qui animent aujourd'hui le régime Ouattara ?

Comment peut-on donc saluer la nomination de ce jeune ministre alors que ce " feu de brousse " n'aura permis de défricher le champs que pour certains jeunes du village ? Les autres, qui constituent " la forêt " puisqu'ils sont de partout, de tous les bords politiques, et même de la rébellion, s'ils ne sont pas morts, sont lourdement handicapés à jamais ou, comme je l'ai écrit plus haut, sont en exil comme Arsène Touho lui-même, comme ce jeune président des jeunes majeurs du PDCI, comme Ben Rassoul de la rébellion, oui ben Rassoul qui a lui aussi au moins autant de mérite qu'un Tuo Fozié qui est aujourd'hui préfet de région, quand ils ne connaissent pas le sort d'un Martial Yavo ou d'un Angenor Youan Bi qui croupissent en prison, et qui attendent depuis de longs mois d'être fixés sur leur sort. Ou encore, comme tous ces jeunes policiers, douaniers, gendarmes et militaires en prison ou en exil, et dont les postes sont occupés par d'autres jeunes issus de la rébellion, ou sont restés non pourvus. la liste est longue. Une telle politique qui est d'abord et surtout une politique de promotion de certains jeunes d'un certain bord politique peut-elle être considérée comme une politique de promotion des jeunes, au point qu'on s'en réjouisse ?

Arsène Touho peut-il être promu par Ouattara ? N'est-il pas condamné pour ses opinions politiques alors que d'autres sont récompensés pour leurs opinions politiques ? Arsène Touho est pourtant lui aussi un jeune diplômé dont les études ont été financées par la Côte d'Ivoire, et qui ne demande qu'à faire valoir ses compétences dans son pays pour lui rendre un peu de ce qu'il lui a donné. Quand un gouvernement travaille, il est censé travailler pour le pays tout entier, et non pour une catégorie de personnes. Non, Ouattara ne mérite pas d'être salué pour la nomination d'un jeune qui plus est, était déjà son collaborateur. Ouattara a nommé un complice, et non un jeune. Ce n'est pas le jeune qu'il a vu, mais le complice. Voir donc dans cette nomination un événement à saluer est sans aucun doute une erreur d'appréciation.

Mais regardons maintenant de plus près l'argumentation dans l'autre débat que crée Arsène Touho, plus pour échapper au premier que pour l'expliquer véritablement. " Ce n'est pas parce que Alassane Ouattara officialise ses désirs de tribalisme par son concept de "rattrapage" que tous les ivoiriens du Nord de la CI qui accèdent à des postes de responsabilités ou à l'emploi le doivent à ce concept. Des Malinkés intelligents, j'en connais et il en existe même que je ne connais pas. C'est à nous d'aider nos compatriotes du Nord à comprendre que par ce concept, Alassane venait de leur dénier officiellement leur intelligence, leur mérite et leur droit à la promotion." écrit-il.

Il est évident que " Ce n'est pas parce que Alassane Ouattara officialise ses désirs de tribalisme par son concept de "rattrapage" que tous les ivoiriens du Nord de la CI qui accèdent à des postes de responsabilités ou à l'emploi le doivent à ce concept."

Nous connaissons tous aussi des Malinkés intelligents, et il en existe même que nous ne connaissons pas. Ce que je qualifierais de désaccord profond entre lui et moi est donc ailleurs.

La politique de rattrapage ethnique dénierait, selon lui, aux ressortissants du nord leur intelligence et leur mérite, et c'est vrai que sur ce point aussi il n'a pas tort parce que quand on a fait des études en bossant dur, on voudrait qu'on reconnaise notre parcours et notre mérite plutôt que d'être promu parce qu'on vient d'une région ou d'une communauté. Venir d'une région ou d'une communauté ne confère pas un diplôme. Donc, quand on est recruté sur ce seul critère plutôt que sur des critères objectifs qui prendraient en compte la compétence, on peut en éprouver une certaine frustration.

Mais là où je ne le suis plus, c'est quand il dit que cette politique de rattrapage ethnique dénierait aussi aux ressortissants du nord leur droit à la promotion. J'aurais besoin là d'une explication parce qu'il me semble que ce droit à la promotion est même un droit dont les ressortissants du nord ont la quasi-exclusivité. Si ce n'était pas le cas, il n'y aurait aucune raison de parler de rattrapage ethnique et de tribalisme.

Je l'avais déjà dit dans ce débat, je le redis encore, si le régime Ouattara était vraiment disposé à mener une politique de promotion des jeunes, il n'y a pas que les postes de ministre. Il y a beaucoup d'autres postes, dans la fonction publique mais aussi dans les sociétés où l'état est présent, des postes pour permettre aux jeunes, à tous les jeunes de Côte d'Ivoire, de faire valoir leurs compétences.

Il peut aussi les aider à monter et à mener à bien des projets qui leur permettraient de sortir de l'inactivité et les mettre ainsi à l'abri de ses dangers qui conduisent certains au " broutage ", et parfois au crime.

Pour finir, je voudrais donc dire à Arsène Touho et à tous ceux de notre camp qui ont participé à ce débat qui a fait des vagues, que l'essentiel est ailleurs. Comment comprendre qu'au moment où Ouattara, dans une sorte de célébration d'une victoire acquise dans le sang, retourne sur le lieu même d'où la rébellion s'est métatastasée comme un cancer dans tout le corps du pays avec désormais des dozos partout, on en soit à nous étriper ?

Et ça fait des jours que ça continue avec des réponses du tac au tac qui prolongent un débat qui divise. Assez donc ! La contradiction fait certes partie de la démocratie au sein de notre mouvement, de notre lutte, et il faut la préserver sûrement, mais elle doit avoir pour finalité de rapprocher les points de vue, et non d'éloigner les uns des autres à cause des esprits qui s'échauffent, et des paroles malheureuses qui sont parfois prononcées.

Il faut savoir terminer un débat.



Alexis Gnagno
Mardi 26 Novembre 2013
La Dépêche d'Abidjan



Tribune
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