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La Dépêche d'Abidjan

24 h après l`attaque du 14ème arrondissement : Des personnes égorgées découvertes


Les locaux abandonnés par les policiers

Mardi 8 février 2011 soit 24 h après les évènements survenus dans la commune d`Abobo, notre équipe de reportage est retournée sur les lieux. Le commissariat du 14ème arrondissement, attaqué par des hommes lourdement armés la veille, présente désormais un visage de cimetière. A cause du calme plat qui y règne. Les locaux défigurés par les tirs-les vitres et les portes ayant volé en éclats- ont été purement et simplement abandonnés par les occupants. Dans la cour, nous accostons le commissaire, chef de service, pour en savoir plus, sur ce qui s`est réellement passé, dans l`après-midi du lundi 7 février. Venue certainement faire l`état des lieux, l`autorité policière nous oriente vers son supérieur hiérarchique qu`est le chef du district 1 de la police. Sans perdre de temps, nous nous déportons au commissariat du 15ème arrondissement d`Abobo dont les locaux abritent le district de police. Là non plus, nous n`avançons pas dans la recherche de l`information. De fait, le chef de district joint par un de ses collaborateurs, à notre demande, laisse entendre que c`est le Dg de la police qu`il faut aller voir. Alors que le préfet de police d`Abidjan, son responsable immédiat, nous avait déjà indiqué qu`il était celui-là même qui peut nous expliquer, dans les détails, ce qui s`était passé. Dès lors, nous comprenons que l`on nous oppose un refus poli. Nous retournons donc sur le terrain, avec le sentiment que l`on a des choses à protéger. Au quartier « Derrière pont », avant Pk 18, où nous mettons le cap, nous faisons de tristes constats.

Les corps sans vie de trois individus qui présentent des similitudes. En effet, toutes les trois dépouilles ont les mains et les pieds liés et la gorge tranchée. Si l`un des corps a été identifié comme étant celui de Traoré Siaka, parce que reconnu par son frère, cela n`est pas le cas pour les deux autres. Au nombre des curieux accourus, un homme d`une trentaine d`année nous explique comment ces corps se sont trouvés là. Selon lui, les trois individus ont été préalablement enlevés, le samedi dernier 5 février, par des hommes armés et en tenue militaire. « Ensuite, hier nuit (nuit du 7 au 8 février), des individus, à bord d`un véhicule d`une unité des Fds(?), sont venus balancer les corps avant de repartir », a-t-il confié, la gorge nouée.

Hormis ces découvertes macabres, il faut dire que la commune d`Abobo a retrouvé son ambiance habituelle. Les transports ont repris et les commerces ont ouvert. Le rond-point de la gare routière, pietons, vendeurs ambulants et automobilistes font oubler ce qui s`est passé la veille.

FOFANA Mambé in Soir Infos
Mercredi 9 Février 2011
La Dépêche d'Abidjan



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