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Universités de Côte d’Ivoire : Quand l’exclusion de 5800 étudiants provoque l’indignation


Universités de Côte d’Ivoire : Quand l’exclusion de 5800 étudiants provoque l’indignation
La dernière décision du ministre Cissé Bacongo, enseignant(?) à l’université de Cocody-Abidjan, d’exclure après deux années blanches 5 800 étudiants des universités, ne doit laisser indifférents, étudiants, parents, enseignants, hommes politiques, société civile et même, tout ivoirien de quelque sensibilité politique qu’il soit. C’est pourquoi il importe de rechercher les raisons profondes d’une si grave décision. Avant tout, il faut se souvenir que Monsieur Ouattara en qualité de Premier ministre, avait déjà en 1990 pris plusieurs mesures incongrues à l’encontre des étudiants: suppression des cars de transport, limitation drastique du nombre de boursiers de l’Etat, emprisonnements des responsables de la Fesci, tentative de dissolution de ce syndicat estudiantin. C’est encore sous lui qu’a eu lieu, la fameuse descente punitive des militaires sur la cité universitaire de Yopougon (quartier d’Abidjan) qui a entraîné viols, bastonnades et autres actes inhumains.

Ces différentes actions entreprises, pendant qu’il était chef du gouvernement d’Houphouët, attestent suffisamment du peu d’intérêt accordé à la jeunesse et surtout à la formation de celle-ci. Depuis sa prise de pouvoir, suite à la guerre livrée par la coalition Onu, Usa de Obama, France de Sarkozy, il a confirmé de façon spectaculaire son aversion pour le monde estudiantin. L’une de ses premières décisions a été, sitôt parvenu au pouvoir, de fermer les universités d’Abidjan. Comment comprendre qu’un Etat puisse fermer ses universités pendant deux longues années? Officiellement, il s’agissait de réhabiliter ces universités. Et pourtant, aujourd’hui plus qu’hier, la situation de ces lieux du savoir est dramatique. Elle va de mal en pis hypothéquant davantage la probable rentrée de septembre 2012. Les raisons de cette fermeture sont à rechercher ailleurs. En effet, les universités ont été, pour ces forces internationales coalisées et les supplétifs rebelles de Ouattara, un vaste champ de bataille et de pillage.

Ainsi, des destructions sauvages ont-elles été opérées dans les amphithéâtres, bureaux, laboratoires, salles de classes et de Td, rendant difficile mais non impossible une reprise immédiate des cours. On se rappelle bien les efforts financiers réalisés par Gbagbo pour réussir la délocalisation de l’université de Bouaké à Abidjan, montrant de ce fait son engagement pour l’avenir de la jeunesse ivoirienne et africaine maintenant, que tout a été mis sens dessus dessous sur tous les campus, qu’après avoir pris le pouvoir on chasse les étudiants des cités universitaires, que depuis le début de la rébellion et la décision de prendre à tout prix et sans attendre le pouvoir d’Etat, qu’on a fait passer les étudiants pour des pro-Gbagbo, des miliciens, que certains ont vu leurs camarades exécutés par les rebelles Dozos, il ne restait plus qu’à ces jeunes de chercher à sauver leurs vies en s’exilant. Il se trouve malgré tout, des personnes comme l’ex premier ministre, chef rebelle, pour affirmer que ce sont les étudiants qui ont pillé leurs propres outils de travail. Est-ce donc les étudiants qui ont pillé l’université et les écoles de Bouaké? Est-ce encore eux qui ont tué les gendarmes dans cette ville? Est-ce toujours eux qui ont assassiné les ministres Boga Doudou et Désiré Tagro, les danseuses traditionnelles d’Adjanou de Sakassou (près de Bouaké), et bien d’autres crimes et génocide commis par les Dozos, tontons macoutes de Ouattara ? De plus, la guerre sur les campus a occasionné de nombreux morts parmi les étudiants, surtout quand on connaît la barbarie des rebelles de Ouattara et les armes lourdes qu’ils ont utilisées; d’ailleurs des obus non explosés ont été re- trouvés sur les campus. De plus, ces étudiants ont été pourchassés dans toutes les villes, car suite à la propagande haineuse des affidés du Rdr (parti de Ouattara), les mercenaires cherchaient à tuer des Ivoiriens d’ethnies proches de Gbagbo ainsi que des étudiants que ces rebelles analphabètes considéraient comme un groupe ethnique.

C’est pourquoi de nombreux étudiants ont été froidement exécutés au vu et au su des Ong des droits de l’homme, de l’Onuci et de la Licorne. Le silence condamnable des Ong internationales, des Ong ivoiriennes dont celle de monsieur N’Gouan (Csci) autrefois très zélé contre Gbagbo et celui plus assourdissant de la commission nationale des Droits de l’Homme de madame Wodié, une des rares personnalités à être passée au travers des mailles du filet de la honteuse politique de rattrapage, sans doute pour faire plaisir à son époux nommé contre toutes les règles de droit, Président du Conseil Constitutionnel, perdurent devant tant d’atrocités, qui se poursuivent encore aujourd’hui jusque dans les lieux les plus reculés de ce pays. En effet, chaque hameau comme chacune des anciennes cités universitaires, dispose actuellement, d’un commissaire-Dozo et d’autres rebelles devenus Frci, chargés de semer la terreur, d’occuper illicitement des plantations, des forêts, des domiciles et de racketter les honnêtes citoyens en rémunération des «services rendus par la rébellion à Ouattara». Ces hommes aux pratiques dignes de la Gestapo rendent leur propre justice sur les pauvres ivoiriens et disposent de camps de concentration regroupant et martyrisant parfois au fer rouge clandestinement les pro-Gbagbo comme à l’ère du nazisme. Quand la presse, chaque jour, se fait l’écho de ces atrocités, ces Ong continuent de façon cynique de rester muettes comme des carpes.

Décrire ces faits dramatiques, ce n’est pas attiser la haine d’un camp contre un autre, mais plutôt rétablir la vérité qui est très loin d’être l’apanage des tenants du pouvoir actuel. S’agissant des travaux que l’homme de la communauté internationale dit effectuer, il est donné de voir des tâcherons occupés à démolir des murs pour en élever d’autres et à badigeonner à la chaux vive des troncs d’arbre alors que, pour une si haute institution du savoir, le plus important est l’acquisition de matériels, didactique, livresque et surtout scientifique, indispensables au fonctionnement des départements et laboratoires. Déjà, se dessine encore là un autre sacrifice programmé de la jeunesse ivoirienne pour l’hypothétique rentrée; il faut légitimement craindre l’ouverture officielle des universités qui, dans les faits seront non fonctionnelles. De plus, certains professeurs chevronnés sont décédés, des suites de l’embargo cruel imposé par le couple Sarkozy-Ouattara et de la guerre lâche déclenchée par la coalition destructrice Licorne-Onuci. D’autres enseignants et pas des moindres, croupissent dans les goulags du nord ou demeurent encore en exil forcé. En plus tous les agissements actuels du pouvoir commandent de s’interroger sur le vrai sort de ces 5 800 étudiants que le régime voudrait jeter à la rue et ce, après avoir demandé que tous se fassent recenser auprès de leurs universités.

Ne serait-ce pas le fait, que ce régime fondé sur la terreur du rattrapage, se soit rendu compte maintenant plus que jamais, du grand nombre d’étudiants tués par la coalition: soldats de l’Onu (Onuci), soldats d’élite français de Sarkozy (Licorne) le terroriste ex-Président, mercenaires de la Cedeao conduits par les soldats de Compaoré le Chef de l’Etat burkinabè et les rebelles hétéroclites du couple Ouattara-Soro. Il faut donc dès maintenant, justifier un effectif d’étudiants beaucoup moins élevé qu’avant la guerre post-électorale en excluant près de 6 000 d’entre eux. Il serait judicieux de connaître combien d’étudiants sont tombés sous les balles assassines de ce conglomérat d’armées levées contre le seul Gbagbo. Il serait alors indispensable que soient physiquement identifiés par Ufr, les étudiants que Ouattara a dit avoir renvoyés. C’est ainsi que la réalité du carnage opéré dans le milieu estudiantin sera connue de tous. De surcroit pourquoi supprimer pour ces étudiants ce «parapluie atomique» quand on sait la grande faiblesse des taux de réussite des universités de Côte d’Ivoire qui sont identiques aux taux d’échec des universités des pays développés? Les besoins quantitatifs et qualitatifs de main d’œuvre ne commandent-ils pas de continuer de donner des chances à ces jeunes Ivoiriens titulaires d’un Bac +2 ou d’un Bac +3? La décision de jeter à la rue ces jeunes survivants de cette guerre imposée par l’Onu et Sarkozy a aussi pour objet de les punir, pour leur soutien à Gbagbo.

La peur de la maturité politique des enseignants et de leurs étudiants est l’une des principales raisons de la destruction sauvage et de la fermeture des universités; les expériences précédentes vécues par Ouattara avec la Fesci ont suffi de convaincre le Président du Rdr de la maturité de l’intelligentsia ivoirienne et donc de l’impérieuse nécessité de maintenir éloignés les enseignants, leurs étudiants et tous les autres pro-Gbagbo du monde universitaire. En prenant sur lui de renvoyer ce nombre si important d’étudiants, Ouattara voudrait là encore confirmer sa politique du rattrapage; en effet l’université de Bouaké a continué de dispenser les cours aux étudiants du centre et du nord c'est-à-dire aux rattrapés du Rdr sans réduction des effectifs, tandis que ceux d’Abidjan étaient sous occupation des Frci.

Finalement, la fermeture des universités et le renvoi de ces milliers d’étudiants montrent encore, s’il en était besoin, l’aversion totale de Ouattara vis à vis de la jeunesse de ce pays contrairement à Hollande qui en fait une priorité; il montre ainsi que ses thèses sont plus proches de celles de Sarkozy que de celles de Hollande. Il a aussi préféré ses intérêts personnels à ceux de l’ensemble des Ivoiriens et particulièrement des étudiants et de leurs maîtres. A la vérité les universités ne pourront rouvrir sans la totalité des enseignants dont un grand nombre demeure en prison et en exil. Si malgré tout les universités devaient reprendre leurs activités, l’amer constat de l’absence d’un grand nombre d’étudiants sera fait; il s’agira sans nul doute de ceux assassinés par la soldatesque hétéroclite internationale.

Kobazeyret Laurent in Le Temps
Jeudi 31 Mai 2012
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