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Tiken Jah Fakoly : «Dans la vie, chacun a son prix »

Principal initiateur de la caravane de la paix et de la réconciliation, avec Alpha Blondy, Magic System et Meiway, le reggae-maker Tiken Jah Fakoly que nous avons joint au téléphone à Bamako fait le bilan de la tournée et jette un regard sur l’actualité en Côte d’Ivoire.


Tiken Jah Fakoly : «Dans la vie, chacun a son prix »
Vous faites partie des principaux organisateurs de la Caravane de la paix qui s’est déroulée récemment. Quel bilan faites-vous après la tournée ?

Je voudrais d’abord dire que je fais plutôt partie des initiateurs, et non des organisateurs. Il faut que cela soit clair dans la tête de tous les Ivoiriens. Je suis un artiste, je sais peut-être chanter, mais je ne sais pas organiser. Donc, nous avons souhaité que l’organisation de la caravane soit confiée à des structures mieux indiquées. Néanmoins je reste l’un de ceux qui ont été les premiers à parler de cette caravane, afin d’apporter notre contribution à la réconciliation dans notre pays.

En tant qu’initiateur, quel regard jetez-vous sur l’ensemble de la tournée ?

En termes de bilan, je peux dire que la tournée a été porteuse. Nous sommes allés à cette caravane pas seulement pour chanter. Nous nous sommes approchés des populations, nous avons donné des fonds aux victimes de la crise, nous avons rencontré des militants Lmp et des militants Rhdp qui se sont parlé devant nous, à San Pedro, Gagnoa, Man et partout où nous sommes passés. Donc, pour moi le bilan est positif.

Pensez-vous donc qu’après cette caravane, les Ivoiriens se sont réconciliés à jamais ?

Il serait prétentieux de notre part en tant qu’artistes de croire qu’on peut réconcilier les Ivoiriens en deux semaines après quelques concerts. Ce qui était important, c’est que nous en tant qu’artistes ivoiriens, apportions notre contribution à la réconciliation et à l’apaisement. Parce que, s’il n’y a pas de réconciliation, s’il n’y a pas d’apaisement, aucun gouvernement ne pourra travailler tranquillement. Et si aucun gouvernement ne travaille tranquillement, les hommes politiques vont continuer à grossir et le peule va continuer à maigrir et tout le monde dira : «On n’a pas pu travailler parce qu’il n’y avait pas de stabilité». Que ce soit les hommes politiques, la société civile, tous les Ivoiriens doivent mettre leurs énergies dans le positif pour que nos enfants puissent aller à l’école, pour que des emplois puissent être créés. Donc, nous pouvons dire que le bilan est positif, parce qu’on a essayé d’apporter notre contribution à la réconciliation.

Depuis la fin de la caravane, des voix de contestation s’élèvent pour dire que, pour cette caravane, il y a 4 principaux artistes qui se sont taillés la part du lion en ce qui concerne les cachets. En tant qu’initiateur de cette caravane, qu’est-ce que vous pouvez répondre ?

Vous savez, dans la vie, les gens n’ont jamais été traités au même niveau, chacun a son prix. Le Président de la République n’a jamais eu le même traitement que les ministres. Les ministres n’ont jamais eu les mêmes salaires que les directeurs de cabinet. Quand vous allez dans les grandes équipes comme Chelsea, Drogba n’avait pas le même salaire que les autres joueurs. Je ne veux pas faire de polémique, mais je dis qu’il y a une réalité. Aujourd’hui, des artistes comme Magic System de renommée mondiale, il est important que ces artistes soient récompensés pour le travail qu’ils font pour leur pays. Donc, les voix qui s’élèvent aujourd’hui sont des voix qui viennent en retard. Moi j’aurais été à la place de ces artistes que j’aurais dit : «Je veux savoir le salaire des autres sinon je ne tourne pas». Mais quand des artistes acceptent des cachets, qu’ils vont faire un concert et qu’après ils viennent pleurer, c’est dommage. On ne peut pas aujourd’hui demander à Alpha Blondy ,Magic System ou à Meiway de jouer au même cachet que des artistes qui n’ont pas la même aura qu’eux.

Mais des artistes comme Magic System, Alpha Blondy, Tiken Jah, Meiway auraient quand même pu aller à cette caravane de façon bénévole, au nom de la paix et la réconciliation ?

Ecoutez, rien qu’en 2012, combien d’artistes ont été enterrés parce qu’ils sont tombés malades et n’ont pas pu se soigner. On voit souvent des SOS dans les journaux quand les artistes sont malades, il faut aider Kokoré, il faut aider Marie-Laure, il faut aider Tatiana… Vous voyez. La patrie a besoin des artistes, comme elle a souvent besoin des ministres, des Présidents de la République, des institutions comme la Cdvr qui ont des budgets. Tout le monde aurait pu aller travailler pour la partie gratuitement. Mais pourquoi tous ceux-là sont rémunérés et pas les artistes ? Il faut que les gens arrêtent. Moi, quand je fais un festival en France, je suis payé à 30 millions de Francs Cfa l’heure et demi. Je ne connais pas le cachet d’Alpha, de Magic System… Mais je parle de mon cas. Si des musiciens qui sont payés et déclarés en France viennent jouer pour leur pays et sont payés à la moitié de ce qu’ils gagnent, je pense qu’il faut les féliciter. Les artistes sont traités comme des moins que rien de façon générale en Afrique. Moi je dis non. Des artistes comme Marie-Laure et Kokoré sont des artistes qu’on est souvent venus chercher pour faire des choses pour la patrie. Quand ils sont malades ou quand ils ont des problèmes pour payer leur maison, personne ne vient les voir et il faut qu’on aille dans les journaux pour lancer un SOS. Il faut arrêter cela. Nous sommes dans un processus de réconciliation, les membres du gouvernement n’ont pas diminué leur salaire, la Cdvr n’a pas diminué son budget, tous ceux qui travaillent dans ce processus sont rémunérés, donc c’est normal que les artistes aussi le soient.

Il y a des artistes comme Serges Kassy, Gadji Celi qui étaient annoncés mais qui finalement ne sont pas arrivés. Que faites-vous pour que ces derniers puissent regagner la Côte d’Ivoire ?

Voila ce que je vais vous dire. Gadji Celi, depuis le premier jour de son exil, nous sommes en contact. Serge Kassy, je l’ai rencontré aussi, lorsque les organisateurs de la caravane nous ont appelés pour nous dire que les choses se précisent. J’ai fait une première démarche auprès du président Gadji Celi et de Serge Kassy, je les ai invités à ma résidence à Paris, nous avons parlé. Je leur ai dit que je ne viens pas vers eux en tant qu’envoyé du gouvernement ivoirien ou d’Alassane Ouattara, que je viens en tant que frère et en tant que collègue parce que la Côte d’Ivoire a besoin de se réconcilier et qu’en tant qu’artistes, il serait bien que nous allions apporter notre contribution à la réconciliation. Ils ont évoqué la question de la sécurité. J’ai répondu que je vais souvent en Côte d’Ivoire et que je ne vois pas de problème de sécurité au niveau des artistes. Je leur ai expliqué que des artistes comme Pat Sacko, des artistes comme certains membres des Galliets qui ont lutté pour Laurent Gbagbo sont aujourd’hui en Côte d’Ivoire. Il y a des artistes qui ont pris position pour Laurent gbagbo qui sont en Côte d’Ivoire, donc qu’ils pouvaient rentrer... Je crois que Meiway les a rencontrés, Asalfo aussi. Moi je les considère comme des artistes. Maintenant, s’ils ont des revendications politiques, je respecte cela. Mais, nous ne pouvions pas les attacher pour les faire venir en Côte d’Ivoire pour apporter leur contribution à la réconciliation. Donc, c’est dommage que Serge Kassy et Gadji Céli n’aient pas été là, mais il faut que la communauté nationale et internationale comprenne qu’ils ont posé un certain nombre de conditions que nous ne pouvions pas régler. Donc voila ma version. Moi, j’aurais souhaité qu’ils viennent et que sur scène, ils fassent passer leurs revendications. On a eu un livre blanc, on y a écrit nos revendications, on attend le rendez-vous avec le Président de la République pour lui remettre ce livre blanc.

On sait que vous êtes un artiste très engagé, est-ce que vous pensez qu’aujourd’hui avec le changement de régime, les choses se sont améliorées en Côte d’Ivoire ?

Aujourd’hui, on a un Président qui est conscient de ses responsabilités, qui est au travail, les Ivoiriens sont au travail .C’est le changement qu’il y a aujourd’hui, mais il y a des problèmes politiques. Ces problèmes doivent trouver une solution politique. Vous avez vu, nous en tant qu’artistes avons dit que nous souhaitions que des prisonniers politiques soient graciés. Que les attaques cessent, mais aussi que le gouvernement fasse un pas, des gestes pour aller dans le sens de l’apaisement. Donc, je pense qu’on ne peut pas dire aujourd’hui que rien n’a changé. Je suis sûr que si l’on arrive à obtenir la réconciliation, la stabilité, le Président actuel, sans apparaître comme l’un de ses supporters, parviendra à quelque chose de positif pour la Côte d’Ivoire.

Le gouvernement a été dissous, quel est votre point de vue sur la question ?

Je n’ai pas suivi la situation dans le détail, mais je pense que quelles que soient les raisons, on s’attendait à un remaniement ministériel. Et donc, les membres du gouvernement savaient que tôt ou tard, il y aurait un changement. Nous souhaitons que le Président de la République, qui est mon ami, en tant que chef d’Etat élu démocratiquement, reconduise les ministres qui ont fait leur travail correctement.

Des Ivoiriens avaient reproché au Chef de l’Etat d’avoir fait la part belle à ses proches dans le gouvernement précédent notamment son petit frère «photocopie ». Quel genre de gouvernement Tiken Jah voudrait pour la Côte d’Ivoire ?

D’abord, je ne souhaiterais pas la reconduction du frère du Président de la République comme ministre, c’est une copie de trop. On a déjà Alassane Ouattara, c’est mon grand souhait et je le dis avec force, on n’a plus besoin de photocopie. Il faut éviter les erreurs du passé. Il faut à la Côte d’Ivoire des ministres travailleurs. Je ne connais pas les ministres actuels, je ne sais pas qui a fait quoi, mais je dis que le Président de la République sera le seul responsable du bilan en 2015. Ce ne seront pas les présidents du Pdci, du Fpi, du Pit, du Mfa… qui rendront compte au peuple. C’est Alassane Ouattara qui a gagné les élections, celui que les Ivoiriens ont choisi, à plus de 54% qui rendra compte. Il doit prendre les dispositions pour que les ministres travaillent pour le bonheur de tous les Ivoiriens et non pour le bonheur d’un groupuscule. C’est ce que les Ivoiriens attendent de lui dans leur majorité et non ces histoires d’alliance qui généralement finissent très mal. D’ailleurs, c’est la première fois en Côte d’Ivoire qu’une alliance tient pendant un bon moment. Mais, il faut que le Président de la République sache qu’il est le premier responsable de son bilan et qu’en 2015, c’est lui que les Ivoiriens vont juger. Mais si on retrouve le frère du Président au gouvernement, cela risque de créer une guerre au moment de sa succession, alors que la Côte d’Ivoire a déjà suffisamment de problèmes à gérer. On a vu le cas au Sénégal avec Wade.

Un message aux Ivoiriens

Je leur dis que nous avons tous intérêt que le pays ne plonge plus dans la guerre et la violence. Il faut tout faire pour que la démocratie rentre dans nos comportements. Que ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui, sachent que si leur bilan n’est pas positif, on va les dégager pour d’autres Ivoiriens. Qu’on se mette au-dessus des religions, des ethnies et qu’on défende seulement la Côte d’Ivoire qui est notre bien commun. Nos parents nous ont légué une Côte d’Ivoire qui était enviée de tous, on a vu plusieurs chefs d’Etat défiler ici. Que cette Côte d’Ivoire soit aujourd’hui un foyer de tension, je trouve que c’est dommage. Il faut qu’on continue nos critiques s’il y a lieu de critiquer, ce sont ces critiques-là qui vont permettre aux autorités actuelles de se corriger et ne pas tomber dans les mêmes erreurs que Laurent Gbagbo. La Côte d’Ivoire est notre intérêt commun. Si les politiques ont de bons comportements, il n’y a pas de raisons que nous n’avancions pas.

Interview réalisée par Coulibaly Vamara in Soir Info

Mardi 20 Novembre 2012
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