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Reportage/ un week-end dans un village de Dabou Dabou: Angoisse et désolation après le départ des FRCI Des habitants bastonnés et blessés, or, argent et divers biens emportés


Des personnes bastonnées et blessées, des portes défoncées...tel est le triste bilan causé après la descente musclée des FRCI à Kpass (Ph:B.G.)
Des personnes bastonnées et blessées, des portes défoncées...tel est le triste bilan causé après la descente musclée des FRCI à Kpass (Ph:B.G.)
Les attaques meurtrières perpétrées à Dabou ont donné lieu à des représailles dans certains villages de la région. Les habitants de Kpass n'ont pas été épargnés. Notre témoignage après une nuit passée dans le village.
Samedi 25 août 2012. Il est 18h30. Nous voici à Dabou. À cette heure, inutile de s’attarder dans les rues d’une ville qui a connu des tensions, suite à l'attaque meurtrière contre les positions des Forces républicaines de sécurité(FRCI). L'ambiance n'invite pas à la sérénité. Nous embarquons aussitôt dans un taxi que nous prenons en course. Direction, Kpass, un village situé à 15 Km de Dabou. Sur le chemin, Yapo, le conducteur du véhicule n'hésite pas à engager la causerie.

«Depuis les attaques, plus rien ne marche, surtout au niveau des véhicules de transport en commun. Les gens ont peur et limitent de plus en plus leurs déplacements », se désole-t-il. D'ailleurs, fait-il remarquer, de nombreuses personnes venues passer les vacances sont retournés, par crainte d'être pris dans l'engrenage du conflit. «Il devient difficile de faire des recettes dans une telle situation», ajoute le chauffeur, tout en se pressant d'arriver à destination et de retourner au plus vite sur Dabou. «Après 19 h, ça devient compliquer. On nous harcèle sur les routes», explique-t-il, sans toutefois citer les auteurs. Visiblement, il indexait ainsi les éléments des Forces de l'ordre. 19h, nous voici à Kpass. Une atmosphère de couvre-feu règne sur le village.

Dans les rues, les passants se comptent du bout des doigts. Nous nous empressons de retrouver un habitant avec qui nous avons convenu de passer la nuit dans le village. Une nuit qui vaudra pour nous plus que mille. Tellement elle a été longue, mêlée de crainte et d’angoisse. Dans ce village de près de 5 mille âmes, les populations n'ont qu'une seule angoisse : à quand le retour des FRCI ? Ce retour a été promis le 17 août dernier, date de leur passage à Kpass. Ces militaires l'ont dit assez clairement : «A la prochaine visite, ce ne sera pas en messie». Pourquoi une telle mise en garde ?

Les origines

Tout est parti de l'attaque qui s'est déroulée dans la nuit de mercredi à jeudi 16 août 2012 par des ‘’assaillants’’ contre des positions des forces armées à Dabou ayant fait 6 personnes tuées. Depuis, c'est la traque aux ‘’déstabilisateurs’’ et autres ‘’miliciens’’ dits partisans de l'ex-président Laurent Gbagbo, vivant dans la région. A Kpass, l'on a encore en mémoire cette descente musclée des hommes en armes le vendredi 17 août. Selon les témoignages recueillis auprès des habitants de Kpass, quelques heures après les fusillades de Dabou, un groupe de militaires pénètrent dans le village. Reçus par Aké Maray, chef résident de Kpass, ces hommes armés expliquent que leur présence vise à assurer la sécurité des populations. «Ils ont tenu des propos rassurants et m'ont demandé de sensibiliser les habitants de Kpass de la nécessité d’œuvrer pour la paix», témoigne M. Aké. Si de cette rencontre avec les militaires, les populations de ce village avaient ressenti du soulagement, le lendemain, ce sentiment va se transformer en un véritable cauchemar.

La preuve! Vendredi 27 août. Il est 11 heures. Alors que les habitants sortent d'une réunion sur la place publique avec la notabilité, le village est soudain assiégé. «Nous avons entendu des armes tonner comme si nous étions en guerre. C'était terrible», raconte A.K., un jeune d'une trentaine d'années. Dans le village, c'est la débandade totale, chacun voulant s'abriter chez lui. S. A., un vieillard d'environ 80 ans est pris au piège. Sous le poids de l'âge, il n'a pas la force nécessaire pour détaler. Deux militaires l'arrêtent, et le forcent à les conduire chez le chef du village. Ce dernier n'attend pas d'être interpellé. «Je suis sorti de chez moi pour aller aux nouvelles, même si je mesurais le risque encouru», relève Aké Amary. Un autre habitant, d'une soixantaine d'années, porte encore les séquelles de cette expédition punitive. «Ils ont fracassé ma porte et m'ont battu, sans explication. J'ai même perdu connaissance», raconte-t-il.

Sur l'épaule gauche, il présente les points de sutures, après sa bastonnade. «Dans ma chambre, ils ont emporté mon argent, de l'or ainsi que mes deux téléphones-portables», ajoute-t-il. «Au début, j'avais pensé à une simple perquisition. Mais après, je me suis rendu compte que ce sont des voleurs», soutient B.K. Un autre habitant, fait également partie des nombreuses victimes de cette descente musclée. «Mon coffre d'argent, de l'or, tout a été emporté, sous la menace de leurs armes», affirme-t-il. «Dans mon état de maladie, j'ai été bastonné comme un vulgaire bandit», ajoute-t-il. De l'avis des habitants de Kpass, le calvaire a duré deux heures. De nombreux jeunes ont été arrêtés, puis relâchés, non sans subir des sévisses corporelles. «Depuis, on dort les yeux ouverts avec la peur au ventre. En se repliant, ces militaires ont promis revenir. Ils ont dit qu'ils allaient tout éliminer sur leur passage», indique le chef du village. «Juste après leur départ, la moitié des habitants de Kpass a fui le village. Ils ont passé deux jours dans la forêt, avant de retourner au village, la peur au ventre», ajoute-t-il. Ce soir-là, nous l'avons rencontré en pleine communication téléphonique avec un commandant des FRCI basé à Dabou.

Dans l'urgence, il devait régler le cas d'un jeune habitant de son village arrêté alors qu’il se rendait dans un village près de Toupah. Il se nomme Essoh Lath Claude, transporteur de son état. Inquiets, ses parents ont saisi le chef du village, à l'effet de faciliter sa libération. Au téléphone, le chef militaire donne des assurances au chef. Mais pour les parents, l'heure n'est pas à la sérénité. «Les FRCI ont tiré sur mon frère. Il est blessé au bras, pourtant c'est un diabétique», sanglote Solange.

Détenu dans un camp militaire basé à Dabou, Claude n'a reçu aucun soin particulier. «Pour lui rendre visite, nous devons payer 1000 francs par personne. Pour ses soins, les militaires nous ont réclamé 35 mille francs. Nous avons payé cette somme, mais notre frère n’a pas reçu la visite d'un médecin», explique-t-elle. Hier mardi, la famille nous rapporte que leur fils a été transféré à Abidjan. «Il est en ce moment détenu au camp BAE de Yopougon», révèle Solange, inquiète. Un autre cas porté à notre connaissance, c'est la mort de Botty Assa Désiré. Il a été abattu sur l'axe Abidjan-Dabou. Originaire de Kpass, son inhumation a eu lieu le jour de notre arrivée dans le village.

Dans la cour familiale, l'on se demande encore pourquoi ce jeune qui traverserait des problèmes mentaux a été pris pour cible par les militaires. La consternation se lit sur tous les visages. Mais personne n'ose exprimer publiquement son amertume. «Le danger plane sur tout le monde», indique un membre de la famille du défunt, sans décliner son identité. Quand nous quittons Kpass pour Dabou en fin de journée du dimanche 26 août, un seul message a été livré par le chef du village : «Kpass est un village de paix. Nous n'abritons pas de mercenaire ni de milicien. D’ailleurs, les perquisitions faites n'ont rien donné car aucune arme n'a été découverte». Sur les principales artères du village, c'est une relative animation. Les différents cultes du dimanche venaient ainsi de s'achever. Le village compte 5 églises, en effet. «Tout le monde est chrétien ici. Nous ne connaissons pas le maniement des armes», lance le chef. Il nous montre la résidence de feu Cardinal Bernard Yago, le tout premier cardinal ivoirien.

Bertrand GUEU in L'inter


Trois questions à

AKE Amary, chef résident du village de Kpass : « Ici, on ne fait rien pour aller contre le pouvoir»

Quel est le sentiment qui vous anime après le passage des FRCI dans ce village ?

C’est une situation très désagréable. Que cela ne se répète plus. Parce que non seulement la population est traumatisée, mais elle devient l’ennemi du pouvoir en place parce qu’elle a été victime des actes qu’il ne fallait pas commettre. La population a été maltraitée, pillée, traumatisée. Alors, en tant que chef du village, je demanderai à l’autorité de faire en sorte que ce genre de situation ne se reproduise plus. Traumatiser une population pour un rien, la battre jusqu'à ce qu'elle aille se réfugier en brousse pendant 48 h ? Vraiment c’est inadmissible ! Tous, nous sommes là pour le pouvoir en place. Le pouvoir est donné par Dieu. Nous sommes des croyants. Nous respectons la volonté de Dieu. Donc nous ne pouvons pas aller contre ce pouvoir. S’il y a des personnes impliquées dans cette affaire, que le pouvoir aille directement vers elles, les prendre et mener ses enquêtes.

On accuse les chefs de Dabou d’abriter des miliciens. Que répondez-vous ?

Je mets quiconque au défi en ce qui concerne mon village de Kpass, de venir ici. Voyez ma demeure. Où est-ce que je pourrais abriter des miliciens ? A Kpass ici, depuis belle lurette, il y a des Maliens et Béninois qui résident au bord de la lagune. Et nous vivons en bonne intelligence. A Kpass ici, on n’a jamais reçu un seul mercenaire. On peut être des opposants, certes. Mais dire qu’on héberge des miliciens ici, je dis non !

Est-ce que les perquisitions ont donné lieu à des découvertes d’armes ?

Rien n’a été découvert ici. Personne n’a été pris ici. Ceux qui sont venus là, ils ne sont pas venus pour perquisitionner mais plutôt pour voler. Et c’est ce qu’ils ont fait. Ils ont soulevé des matelas, pris de l’argent des populations. Si tu résistes à leur donner ce que tu as, ils te bastonnent. Sinon les perquisitions n’ont rien donné à Kpass ici. Kpass peut être soupçonné, certes. Mais il n’y a jamais de preuve de son implication dans une telle affaire. C’est un village où il peut avoir des opposants, mais pas jusqu’à donner gîte et couvert aux déstabilisateurs. Le chef titulaire de Kpass est un homme de Dieu. Il a toujours prôné la patience et l’honnêteté. Donc ici, on ne fait rien pour aller contre le pouvoir en place.

Propos recueillis par Bertrand GUEU in L'Inter


Mercredi 29 Août 2012
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1.Posté par Lette naa Lette le 29/08/2012 17:34 (depuis mobile) | Alerter
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Si à Kpass il y a des opposants donc il y a forcément des miliciens. Les opposants!!!! Dans un régime totalitaire et criminel, il n'y a pas d'opposition. Si elle existe, elle est conspiratrice. Elle est milicienne et déstabilisatrice du régime.

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