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Reportage : Dans le supplice des handicapés de Songon, ces rejetés sociaux traités d’"enfants serpents"


Reportage : Dans le supplice des handicapés de Songon, ces rejetés sociaux traités d’"enfants serpents"
Songon. Petite localité lagunaire située à une vingtaine de kilomètre Ouest d’Abidjan. L’air mi-froid mi-chaud d’un mélange de mousson et d’harmattan qui se distille, cet après-midi dominical de fin janvier 2014, caresse avec harmonie le calme apparent. Mais un calme qui cache parfaitement une bien cruelle réalité dans cette sous-préfecture et ses nombreux villages: l’éternel supplice des personnes handicapées qui y vivent.

Le plus souvent, expressément cachées ou éloignées des regards d’autrui par leurs propres familles. Car, chez les Ebrié (ethnie autochtone) de Songon, certaines considérations sociales, notamment des préjugés et attitudes dégradantes (des stigmatisations) à l’égard des personnes handicapées demeurent vives. Avoir la malchance de naître ou devenir handicapé à Songon, c’est un prix qui se paie… durant presque toute sa vie.

"Chez nous, quand tu es handicapé, tu es considéré comme une honte pour ta famille", peste l’un d’entre eux. Condamnés dans un impitoyable piège fait d’outrages et de maltraitances, d’ostracisme et d’abandon, de faim et de mépris, d’indigence et de boutades, d’intolérance et d’agressions -physique et morale-, bref, les handicapés de Songon sont socialement rejetés, sans assistance, vomis sur la base de croyances absurdes ancrées dans les esprits, mieux, dans les mœurs, depuis les générations les plus reculées. En plein 21ème siècle, ces personnes déjà rendues vulnérables par la nature, continuent d’être perçues au travers de clichés des plus déshumanisants. Tantôt traitées de "sorciers", de "maudits", on est même allé jusqu’à leur attribuer la désignation générique d’«enfants serpents », leur niant du coup toute substance humaine.

Présumés coupables de tous les maux


En plein cœur du petit village d’Abéaté (12 km de Songon), Christine, 22 ans, est assise, seule, devant sa case. Handicapée moteur, elle est infirme des deux membres inférieurs depuis l’âge de deux ans. "Pendant toute mon enfance, je vivais très mal ma situation. Personne ne voulait s’approcher de moi. Les gens empêchaient leurs enfants de m’approcher. Même aujourd’hui, ça continue", dépeint-elle.

Pis, elle est constamment accusée au sein de sa famille d’être l’auteur de son propre malheur, mais aussi de ceux des autres. "Chez nous, on me traite de sorcière. Quand j’avais 10 ans, une de mes tantes m’a accusée d’avoir tué tous mes frères et sœurs par sorcellerie. Elle dit que j’ai vendu mes pieds à des mauvais esprits qui m’ont donné en retour la sorcellerie. J’ai eu très mal et j’ai eu envie de me suicider", sanglote-t-elle, gorge nouée et yeux rougis, écrasant de grosses goûtes de larmes.

Tout comme Christine, les autres handicapés de Songon subissent, au quotidien, les effets pervers de considérations conceptuelles absurdes. Insultés, écartés, moqués, ils sont victimes d’assimilation négatives de tous genres, par une sorte de conscience collective, subtile, sournoise mais surtout hypocrite. "On nous appelle +ipô dou+, c’est-à-dire +enfants serpents+ en Ebrié", se plaint A. Lambert, "presque 50 ans", assis sur sa charrette bleue, dans le village de Songon-Agban.

"Mes parents disent que j’ai perdu mes deux pieds depuis que j’ai sept mois. J’ai souvent été insulté, on m’accusait de sorcellerie. Dans mon enfance, je n’avais pas beaucoup d’amis, je jouais avec mes frères et mes neveux", raconte Lambert. "Je ne suis pas allé plus loin que le CP1 à l’école, car il fallait chaque jour me prendre pour m’envoyer à l’école, mais… à un moment il n’y avait plus personne pour le faire", poursuit-il. "Parfois, j’ai honte de moi-même, je n’ai pas de femme, je ne n’ai pas d’enfant. Qui va donner sa fille à un +ipô dou+ chez nous ici ?", s’interroge-t-il.

Face au rejet, à la stigmatisation, à la marginalisation dont ils sont l’objet, les handicapés de Songon ne veulent plus rester "assis". Ils ont décidé de se battre pour faire bouger les lignes et rétablir leur "dignité humaine". Ainsi, est née "Lobus action", une ONG initiée par l’un d’entre eux, Beugré Loba Jules, infirme des quatre membres, qui constitue, à ce jour, leur "seul espoir" pour se socialiser.

"Lobus action", pour rétablir leur "dignité humaine"


Créée en 2005, "Lobus action" – "Lobus" une déformation du patronyme "Loba" de son fondateur, surnom qu’il porte depuis son jeune âge- est née de la volonté de cet homme de 50 ans, qui a décidé de rassembler ses "frères" handicapés de Songon, pour "se battre ensemble" contre les mauvais traitements et autres "méchancetés" dont ils sont régulièrement victimes. Mais surtout, d’amener les autres membres de la communauté à les accepter tels qu’ils sont.

Le président-fondateur de "Lobus action" est né en 1963 à Sakassou. Pourtant bien valide depuis sa naissance, il est frappé à l’âge de trois ans par une maladie qui paralyse et déforme tous ses membres : la poliomyélite.

"De retour d’une promenade, j’ai eu une forte fièvre qui a paralysé tous mes quatre membres. Après plusieurs mois de traitement dans des hôpitaux comme le CHU de Treichville, il n’y a pas eu d’amélioration. Depuis ce moment, je me traîne par terre pour me déplacer. Sinon, j’étais bien portant avant cette maladie, je marchais, je courais", se rappelle-t-il, brandissant une photographie de lui à trois ans, qui le montre en bonne santé, débout auprès de ses frères.

"Au départ, on creusait un trou dans le sol pour me permettre de m’asseoir, mais quand il n’y avait personne pour le faire, je restais couché. Mon propre père m’avait éloigné, dans une maison isolée, loin du regard des autres villageois. Personne ne voulait s’occuper de moi. Très souvent, je faisais la selle, j’urinais sur moi sans que personne ne vienne m’aider. Aujourd’hui, je ne veux plus que quelqu’un d’autre souffre d’un tel traitement inhumain chez nous. C’est pourquoi j’ai décidé de créer cette ONG. C’est pour permettre à plusieurs handicapés de notre région de se retrouver et de partager leurs expériences en se parlant et de nous soutenir les uns les autres", narre-t-il, assis à même le sol, au seuil de sa maisonnette, le regard creux et ferme. Son grand sens de l’humour – il n’aligne pas trois phrases sans faire une blague-, porté par une voix roque et imposante, transforme très vite en rires, le sentiment pitoyable qui anime, d’entrée de jeu, tout visiteur au vu de son minuscule torse frappé de malformations par endroits, flottant dans une chemise blanche aux rayures bleues délavée, avec des membres déformés en forme de crochet.

Aujourd’hui, selon ses dirigeants, Lobus Action compte quelque 250 membres répartis dans les 53 villages de la sous-préfecture de Songon : Songon-M’brathé, Songon-Agban, Songon-Té, Songon-Dagbé, Songon-Kassanblé, Adiapoto I et II, Gôdoumé, Adiapoté, Bimbresso, Abadjandoumé, Abadjankouté, Nonkouagou, Bago, PK44, Kossihouan, etc.

En 2008, un Kinésithérapeute espagnol, Hector Boix Noguera, a séjourné durant quatre mois à Songon-M’brathé, village de Loba Jules, et où le siège de l’ONG est situé. M. Boix Noguera a connu l’ONG sur l’internet, à travers sa page facebook, et des vidéos qu’elle publiait sur youtube rendant compte de ses activités. "Il a voulu se rendre ici pour vivre nos réalités. Son arrivée ici nous a beaucoup apporté, car il a donné des cours pratiques de massage à certains de nos membres et des personnes valides qui nous aident en tant que bénévoles.

Avec l’encadrement de Boix Noguera, l’organisation a pu recenser plus de 300 handicapés dans la zone. "Lui-même se rendait chaque jour avec les gens qu’il a formés chez les handicapés pour leur apporter de l’assistance et masser leur corps", relate le président-fondateur de Lobus Action.

Depuis lors, au moins une fois par mois, les handicapés de Songon se retrouvent à leur siège à Songon-M’brathé pour échanger. Des moments parfois pleins d’émotions, qu’ils affectionnent particulièrement. "C’est des moments où nous nous sentons comme des êtres humains. Nous nous sentons aimés des autres, nous nous encourageons à affronter tous ces préjugés sur nous", affirme avec fierté l’un d’entre eux, avant d’ajouter : "depuis que quelqu’un passe chez moi à la maison pour me masser les jambes, j’ai commencé à vivre vraiment".

Ce dimanche, les membres de Lobus Action sont nombreux au rendez-vous mensuel. Mais très peu osent aborder devant l’équipe de reportage de l’AIP, leurs conditions de vie. Qui demeurent jusque-là un tabou au sein de la communauté locale.

Les cas de non-assistance à personne handicapée à Songon, les membres de Lobus Action en ont à profusion. N. Marina, jeune bénévole de l’organisation formée à la Kinésithérapie, en a vu de toutes sortes. Elle qui compte sur sa liste de "patients", "plus de 230 handicapés moteurs et psychomoteurs" qu’elle et son équipe visitent régulièrement. Témoignages…

"Des vécus qui donnent froid dans le dos, Marina témoigne"


"Il y avait une vielle dame à Songon-Agban qui avait été paralysée après un accident de la circulation. Elle était devenue totalement invalide et ne pouvait rien faire d’elle-même. Sa famille l’avait mise dans une maison qui servait avant de cuisine. Elle vivait toute seule là-bas. On ne s’occupait pas d’elle. Même ses propres enfants l’avaient abandonnée. C’est nous qui venions nous occuper souvent d’elle. Elle est décédée l’année dernière", témoigne Marina, exposant, au passage, des dossiers de patients décédés.

Un autre cas, celui d’un vieillard de Songon-Té paralysé, depuis l’âge de 45 ans, après un accident de travail. "Il était manœuvre dans une société privée à Abidjan. Mais depuis qu’il a connu ce malheur, il avait été délaissé par tous ses parents, même ses enfants. Il est mort à l’âge de 70 ans en 2011. Ce qui m’a le plus choqué, c’est qu’il est mort à 2 H du matin, mais c’est à 18 H qu’on l’a découvert mort dans sa chambre", affirme la kiné bénévole.

Les exemples du même genre, aussi infâmes qu’avilissants, se succèdent aux lèvres de Marina. Elle évoque le cas d’une fillette de Songon-Attié, née en 2003, devenue handicapée des suites d’une crise de méningite.

"Sa mère l’a abandonné aux mains de son père. C’est son père qui s’occupait d’elle. Son père a pris une nouvelle femme, mais un jour, nous avons trouvé la petite couchée au milieu des poulets dans la cour, alors que sa nouvelle maman était assise juste à côté", témoigne la masseuse.

On note également d’autres cas similaires, notamment celui d’une vieille handicapée décédée l’année dernière à Songon-Agban, dont les enfants, la traitant de sorcière, avaient interdit à leurs enfants de l’approcher. "La pauvre ne pouvait même pas voir ni toucher ses propres petits-enfants", regrette Marina.

"Il y a actuellement un cas très alarmant Bimbrésso (village situé au Sud de Songon) : il n’y a pas longtemps, j’ai rendu visite à une dame paralysée de ses quatre membres vivant dans ce village. Ce jour-là, cette femme était couchée dans la maison inachevée dans laquelle ses parents l’ont mise. Elle souffrait, elle avait un besoin pressant.

Elle voulait qu’on l’accompagne à la douche. Pourtant, sa fille était assise non loin de là et entendait bien ses cris mais n’a pas réagi. Devant cette scène, nous étions scandalisés. Alors j’ai demandé à sa propre fille si elle n’entendait pas les gémissements de sa mère. Elle m’a répondu : + ma chère, moi je n’ai pas le temps pour celle-là, je n’ai pas encore fini de faire mon attiéké que je vais vendre pour me nourrir, ce n’est pas d’une sorcière comme ça que je vais m’occuper", retrace N. Marina qui n’arrive pas à contenir ses larmes.

Dans un siège sans le moindre équipement, les membres de Lobus Action bavardent sans retenue. Plaisanteries, confidences, encouragements mutuels, bref, tout y passe. Ils abordent divers sujets, oscillant essentiellement autour des péripéties qui jalonnent leurs vies de tous les jours. Des quotidiens profondément marqués par des coups durs : des trahisons, mais aussi des abus de tous genres dont ces handicapés sont fréquemment l’objet. En effet, ils sont très souvent victimes de personnes indélicates qui profitent de leur faiblesse, de crédulité.

Victimes d’abus sexuels


Poéri Vincent est le secrétaire général de Lobus Action. Jeune de Songon-M’brathé, il s’est engagé, bien que valide, auprès de l’organisation, contre le gré de certains membres de sa famille - il tient à le préciser-. Il ne manque pas d’occasion pour dénoncer ces "personnes de mauvaise moralité (qui) vont jusqu’à profiter des personnes handicapées qu’ils traitent comme des objets sexuels". "Ici, les personnes handicapées de sexe féminin sont très souvent victimes de toutes sortes d’abus. On abuse de leur confiance, on abuse d’elles sexuellement, dénonce-t-il. Des hommes mal intentionnés sortent avec elles en cachette, et les maltraitent. Quand elles veulent qu’ils mettent leur amour au grand jour, ils les battent ou les abandonnent. Ça fait qu’elles se replient sur elles-mêmes et refusent de se confier au gens. Nous les côtoyons, on sait qu’elles sont intelligentes et qu’elles ont envie de vaincre leur handicap pour se prendre en charge et vivre comme toutes les autres femmes. Mais ce qui intéresse les hommes qui les fréquentent, c’est de satisfaire leur libido".

Cette situation, la jeune A. Christine en sait quelque chose. Mère d’un garçon de sept ans, elle a élevé son enfant toute seule, avec l’aide de son père. "J’avais 15 ans quand je suis tombée enceinte. Le père de la gosse a disparu dès que je l’ai informé de mon état", dit-elle, relevant ne pas avoir de moyen pour scolariser son fils. "Même si je veux le mettre à l’école… qui va m’aider ?", s’interroge-t-elle, impuissante.

Pour sortir de ce calvaire et se voir acceptés par tous dans le respect leur dignité, les handicapés de Songon ne jurent que par une seule alternative : relever le défi de l’insertion socioéconomique. "On veut aider nos membres à se prendre en charge à travers des activités génératrices de revenus", affirme Loba Jules.

Le défi de l’insertion socioéconomique

"Nous manquons de tout. Même les pommades de massage, nous en manquons très souvent. Quand on n’a pas une âme généreuse pour nous en offrir, nous restons là sans traitement pendant des semaines, or ces séances de kiné sont très bénéfiques pour nous physiquement, et surtout au plan psychologique. Si nous-mêmes nous ne pouvons pas nous aider, comment les autres peuvent continuer à le faire ?", poursuit-il.

Quelques rares chanceux comme A. Lambert ont pu obtenir de l’aide de leurs parents pour démarrer des activités, mais ils ont besoin de développer pour les rendre plus rentables. "Je me débrouille avec une petite boutique que mon père m’a aidé à créer. Je veux l’agrandir", souhaite Lambert. "La boutique marche à quatre pattes comme moi-même", ironise-t-il.

De même pour Christine qui dit savoir tresser mais peine à avoir des clientes. Elle est persuadée que si elle parvient à s’approvisionner en mèches et à disposer d’un minimum de de matériel, elle pourra avoir beaucoup plus de clientes. Mais au-delà, Christine souhaite voir son fauteuil roulant remplacé par un autre plus praticable : "cette roulette m’a été offerte en 1999 par l’ONG ‘Servir’ de Madame Henriette Konan Bédié. Je l’utilise depuis ce temps mais elle ne m’arrange plus aujourd’hui parce qu’elle n’a pas de pédales. C’est comme les roulettes qu’on trouve à l’hôpital, il faut forcement que quelqu’un me pousser pour que je puisse me déplacer. Moi, je veux être autonome, j’ai juste besoin d’une roulette avec des pédales que je peux moi-même conduire pour me déplacer seule sans avoir besoin de l’aide de quelqu’un. C’est ce qui va me permettre aussi de bien mener mes activités".

Engagement… au-delà de Songon


Son rêve et son engagement pour les personnes handicapées, Lobas Jules ambitionne de les porter loin avec ses amis. "Je veux sensibiliser les gens au-delà de Songon. Je veux trouver des moyens pour former des personnes à la Kinésithérapie, pour qu’ils apportent un peu de réconfort physique et psychologique aux handicapés sans assistance. Je veux passer dans les écoles pour exhorter les enfants au travail car si un homme sans main ni pied comme moi a pu apprendre à lire sans aller à l’école, ce n’est pas eux qui sont valides qui n’arriveront pas réussir leurs études et leur vie. Je retiens de mes souffrances beaucoup de leçons que je veux partager avec les autres", professe cet homme, marié (coutumièrement) et père de deux fillettes.

Pour ce qui concerne la représentation sociale au sujet des handicapés à Songon, Loba se dit "convaincu qu’avec les actions de l’ONG, les mentalités vont finir changer un jour". "C’est une question de temps, se convainc-t-il, optimiste. Parce que ceux qui nous traitent d’enfants serpents sont eux aussi victimes d’un autre handicap qu’ils ne savent pas : c’est le handicap de la mentalité. Eux aussi ont besoin d’être assistés par une bonne sensibilisation, car s’ils savaient qu’eux mêmes n’étaient pas à l’abri d’un éventuel handicap, il ne se comporteraient pas ainsi".

Sa "plus grande fierté", admet-il, c’est sa famille. Sa fille cadette se prénomme "Persévérance". Un nom évocateur qui, selon lui, traduit la trame de sa propre vie : "On m’a chicoté, rejeté, mais j’ai avancé. J’ai persévéré", avance-t-il.

AIP

Jeudi 13 Février 2014
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