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Réponse de Koné Katinan à Hamed Bakayoko : "Non monsieur le Ministre d’État, tout le monde ne peut pas être comme vous"


Réponse de Koné Katinan à Hamed Bakayoko : "Non monsieur le Ministre d’État, tout le monde ne peut pas être comme vous"
M. Hamed Bakayoko, alors qu’il était l’invité, le jeudi 19 avril 2012, à Abidjan, du Groupement des éditeurs de presse de Côte d’Ivoire (GEPCI), a tenu des propos certes grotesques mais assez graves de nature à porter atteinte à mon honneur et à ma dignité. Il a, en effet, déclaré à l’occasion que « ceux qui ont pris à la BCEAO des caisses d’argent et qui ont signé avant de partir au GHANA, comme Katinan Koné, ce sont eux qui se cachent (…) ».
Je suis resté longtemps impassible à ces propos qui me sont souvent rapportés, ne leur accordant pas de crédit parce que pour moi, ils faisaient partie des nombreuses rumeurs qui ont toujours animé la vie politique en Côte d’Ivoire. Je n’entendais donc pas y répondre.
Mais, lorsque ces propos sont tenus par des personnes qui, par un concours de circonstances malheureuses pour notre pays, se trouvent à assumer des responsabilités au sein de l’appareil d’Etat, ne pas y répondre pourrait jeter des troubles dans l’esprit des Ivoiriens dont beaucoup me témoignent de leur amitié. J’ai donc décidé de répondre.
Je le fais d’abord pour mes enfants dont j’entends conduire la croissance morale sur un chemin rigoureusement balisé par un certain nombre de valeurs humaines que je juge nécessaires pour faire d’eux des hommes et des femmes de rupture de demain. Je ne peux admettre que cet héritage que je surveille jalousement soit souillé par des esprits à la fois simples et légers qui n’ont pour seul repère moral que leur dévotion pour l’argent.
Je le fais ensuite pour rassurer le peuple ivoirien qui est tenu prisonnier depuis septembre 2002 par une société moralement déliquescente, qui érige au rang de vertus ce qui constituait naguère, la pire des formes de dégénérescence mentale dans nos belles sociétés traditionnelles. Désormais, arrivés au faite de leur gloire après avoir emprunté les chemins sombres du mensonge, des vols et des assassinats, ils jugent tous les autres à travers le prisme déformant de leur perversité morale. Ils sont convaincus que tout le monde ne peut être que comme eux. Ce qui les rendrait finalement heureux.
Non monsieur le Ministre d’Etat, tout le monde ne peut pas être comme vous. Vous n’arriverez jamais à m’assimiler et tant pis si cela accroît votre haine à mon égard. Non, je ne serai jamais des vôtres.
Non Koné Katinan n’a jamais pris un seul sou à la BCEAO !
Tout dans mon parcours m’interdit cela.
Après avoir subi dès ma tendre enfance, la rigueur de l’éducation d’une société hautement vertueuse (Tagbana) j’ai eu l’honneur de rencontrer sur le chemin de ma progression des hommes de grandes qualités. Et quand j’ai décidé de me lancer dans la politique, la fortune m’a mis sur le chemin d’un homme exceptionnel, le Président Laurent Gbagbo dont le monde entier découvre indigent alors qu’il a dirigé la Côte d’Ivoire dix ans durant. Parce qu’il est possible sous les tropiques de gérer la chose publique sans en voler.
Les propos de M. Hamed Bakayoko traduisent deux choses :
Soit il ne connait rien du fonctionnement de l’Etat, et cela n’étonnerait personne, parce dans la sagesse africaine, on ne demande pas un os au ver de terre, il ne peut en avoir,
soit en attendant ma mise à mort physique qu’il a programmée depuis son sanctuaire du golf (je suis informé des missions qui sillonnent le monde entier à ma recherche sur ses initiatives pour m’éliminer physiquement) , il veut à coups de mensonges me détruire moralement. Le tout étant d’affaiblir le Président Laurent Gbagbo.
Il est, en effet, troublant que cette rumeur grossière ait pris forme le lendemain de ma nomination, par le Président Laurent Gbagbo comme porte-parole. Bien avant cela, personne n’en avait parlé. Mais si tel est vraiment l’objectif poursuivi par cette honteuse entreprise, je conseille vivement à ses promoteurs d’y mettre fin, puisqu’elle ne prospérera jamais. Le combat que je mène aux côtés du Président Laurent Gbagbo porte sur des questions existentielles pour moi. La soumission de mon pays à un ordre infamant comme c’est le cas aujourd’hui est inadmissible. Ce combat va au-delà de ceux que le Général De Gaulle appelle dans ses mémoires les figurants, parlant du Maréchal Pétain et de tous les dignitaires du régime collaborationniste de VICHY. Je ne peux comprendre par exemple que 50 ans après son indépendance, le ministère de l’intérieur de la Côte d’Ivoire soit géré depuis la place Beauveau à Paris. Pour ce combat, ma vie compte peu.
Ceux à qui je dois rendre compte de ma vie, mon épouse et mes enfants y sont suffisamment préparés.
Cependant, par respect pour ma famille et surtout pour le peuple ivoirien, je voudrais lever un coin de voile sur le fonctionnement de la BCEAO et ses rapports avec l’Etat ivoirien.
L’Etat ivoirien, à travers le Trésor Public, a ouvert des comptes dans les livres de la BCEAO. L’un des comptes le plus important est celui tenu par l’Agent Comptable Central du Trésor (ACCT). Ce compte reçoit chaque jour les recettes collectées par les principales régies financières de l’Etat que sont la Direction Générale des impôts (DGI), la Direction Générale des Douanes (DGD) et accessoirement par la Direction Générale de la Comptabilité Publique et du Trésor (DGCPT) communément appelé Trésor Public. Ce compte est mouvementé par la seule signature de l’ACCT. C’est à partir de ce compte que tous les autres comptes du Trésor sont alimentés. Les signataires de ces sous comptes sont tous des comptables publics. Sur la base des fonds mis à leur disposition par l’ACCT, ils effectuent le paiement des dépenses publiques arrivées à maturité après avoir suivi toutes les étapes prévues par la procédure des dépenses publiques.
Par exemple à la fin du mois, en fonction de la position nette de son compte à la BCEAO, l’ACCT vire sur le compte de celui que tout le monde appelle le Payeur Général, la somme correspondant à la masse salariale arrêtée chaque mois par la Direction de la solde de la Direction Générale du budget. C’est le Payeur Général du Trésor (PGT) qui vire à partir de son compte crédité en amont par l’ACCT, sur les comptes des fonctionnaires ouverts dans les livres des banques privées les salaires de ceux-ci.
Comme l’on peut bien le constater, ni le Ministre de l’Economie, ni le Ministre du budget ne signe sur des comptes à la BCEAO.
Je tiens à préciser que le Ministre Désiré Dallo, s’appuyant sur l’expertise avérée des grands cerveaux qui compose le Ministère de l’Economie et des Finances, a géré les Finances de l’Etat dans le respect de l’orthodoxie budgétaire. Malgré la crise, le Gouvernement du Premier Ministre Aké N’Gbo a fait fonctionner l’Etat sur fonds propres. Ainsi, les salaires des fonctionnaires des mois de décembre, janvier, février et mars avaient été versés sans aucun concours direct de la BCEAO. Le Gouvernement avait déjà programmé la prise en compte des augmentations des salaires que le Président GBAGBO avait accordées à certaines catégories de fonctionnaires de l’Etat dont les diplomates, les secrétaires, les informaticiens, les sages femmes etc. Les premiers effets de ces augmentations étaient prévus pour fin juillet 2011. Il semble aux dernières nouvelles que les magiciens qui avaient promis le paradis aux Ivoiriens à coup de leurs baguettes, les tuant au passage pour les obliger à entrer dans ce paradis finalement infernal, ont annulé ces mesures sociales importantes. C’est certainement à ce niveau qu’il faut rechercher l’origine de tous ces mensonges. Il faut bien trouver des prétextes pour justifier leurs incapacités à assumer des fonctions qu’ils exercent d’ailleurs par procuration.
Le Gouvernement du Premier Ministre Aké N’Gbo a donc fait fonctionner l’Etat sur les recettes de l’Etat. Si c’est ce que les mauvais esprits veulent faire passer pour du vol, il faudra bien admettre qu’il y a beaucoup de receleurs encore en liberté en Côte d’Ivoire. Mais ils savent personnellement que leurs propos manquent de crédit. Ils en auraient peut-être, si à leur arrivée, considérant que les fonctionnaires et agents de l’Etat avaient été payés avec de l’argent volé par le Gouvernement Aké N’Gbo à la BCEAO, ils décidaient, pour éviter de ternir l’honorabilité de ces fonctionnaires de leur payer derechef les mois pour lesquels ils avaient déjà perçu de l’argent.
Il est bon de savoir que du 4 décembre 2010 au 7 mai 2011, le seul gouvernement qui avait la légitimité et la légalité d’engager les dépenses de l’Etat parce que constitutionnellement investi à cette fin, reste bien le gouvernement Aké N’Gbo . Or nous savons que pendant ce temps, la BCEAO depuis DAKAR, a effectué des paiements au profit d’une association privée qui s’était réunie au Golf et qui n’avait aucune légitimité de recevoir des fonds de l’Etat. En droit c’est ce que l’on appelle le vol. Et toutes les personnes au sein de la Banque Centrale qui se sont rendues coupables de cette forfaiture répondront de leurs actes un jour, même à leur retraite.
Par ailleurs, j’entends également dire par certaines personnes qu’il y aurait eu vol à la BCEAO parce qu’à leur arrivée, il n’y avait plus d’argent dans les caveaux de la BCEAO.
A l’attention de nos compatriotes, je voudrais faire les précisions suivantes.
La BCEAO est la banque de deux sortes de clients essentiels :
l’Etat
les banques commerciales.
Chacune de ces entités détient dans les livres de la Banque Centrale des comptes sur lesquels elle fait des opérations de dépôts et de retraits comme chacun de nous le fait à sa banque. Lorsque les Receveurs des impôts ou de la Douane effectuent des dépôts sur les comptes du Trésor Public ouverts à la BCEAO, l’Etat en dispose pour fonctionner comme par exemple, payer les fonctionnaires.
Les banques commerciales sont également obligées de déposer leurs avoirs à la BCEAO. Les banques commerciales ne sont autorisées à avoir dans leur coffre de l’argent au-delà d’un plafond que je tais volontairement pour ne pas exposer nos banquiers. Toutes les sommes qu’elles détiennent au-delà de ce montant sont versées sur leurs comptes ouverts à la BCEAO. D’ailleurs, les assurances ne couvrent les sommes détenues dans les coffres des banques commerciales que dans la limite du plafond autorisé. L’Etat et les banques commerciales étant les macro-acteurs financiers, leurs rapports avec la Banque Centrale donnent l’opportunité à celle-ci de recycler l’argent à un double niveau.
D’abord, toutes les sommes d’argent qui circulent dans un pays à faible taux de bancarisation comme le nôtre, ne sont pas forcément dans des circuits bancaires.
Ensuite, même étant dans les circuits bancaires, l’usage des billets de banque les détruit. Or tout le monde sait que la faiblesse des moyens de paiement électronique et le peu de confiance accordée au chèque font des billets de banques, l’instrument de paiement privilégié de nos concitoyens. La négligence qui entoure l’usage des billets de banque les expose à des destructions prématurées.
Pour renouveler la masse d’argent sortie du réseau bancaire pour plusieurs raisons (les billets détruits par exemple), la banque centrale reçoit régulièrement des nouveaux billets ou rachète les billets de sa zone qui sont en circulation dans d’autres zones monétaires. Il est en effet constant que le CFA qui reste une devise relativement forte dans la zone ouest africaine soit détenue en quantité énorme au Nigéria, en Guinée ou au Ghana. Cela constitue autant de déperdition de la monnaie et la BCEAO est tenue de racheter ou alors de renouveler par de nouveaux billets de banques qu’elle émet.
Or, notre banque centrale a décidé, depuis la crise ivoirienne, de faire de la politique et de choisir les Présidents de la République de nos Etats, agissant en cela par procuration de ses vrais maîtres qui se trouvent bien au-delà des frontières africaines sur l’autre rive de la méditerranée. En Côte d’Ivoire, depuis la réunion des ministres de l’Economie et des Finances de la zone UEMOA tenue à Bissau le 21 décembre 2010, les agences de la Place d’Abidjan n’ont plus jamais été ravitaillées en nouveaux billets. Lorsque, en Février 2011, les banques commerciales ont été sommées de ne plus collaborer avec la BCEAO, elles ne faisaient plus de dépôts. Les entreprises elles-mêmes, par crainte d’être asséchées, faisaient de la thésaurisation au-delà du normal. A partir de cet instant, la banque centrale enregistrait plus de sortie d’argent que d’entrée dans la mesure où, ceux qui détenaient des positions nettes positives dans les comptes de la BCEAO comme l’Etat, et qui continuait d’y verser ses recettes, étaient en droit de retirer leurs avoirs quand ils veulent, suivant leurs besoins. C’est la Loi bancaire. Le déposant reste maître de ses dépôts.
Dans ces conditions, comme un étang d’eau qui ne reçoit plus d’eau en amont s’assèche, la banque centrale s’asséchait. Il a fallu tout le génie des fonctionnaires du Trésor et des braves agents de la BCEAO pour gérer cette situation de rareté.
Faire croire aux Ivoiriens que les caisses de la BCEAO étaient vides parce que des personnes auraient fuit avec des sacs d’argent est non seulement un gros mensonge, mais c’est surtout mépriser les Ivoiriens et insulter le courage et l’honnêteté des travailleurs de la BCEAO qui ont travaillé dans des conditions pénibles par amour pour leur patrie.
Je suis tout de même surpris par la compassion sélective de certaines personnes pour notre banque centrale. Il faudra bien admettre que la seule casse enregistrée dans l’Histoire de la BCEAO a été opérée par et pour le compte de ceux avec lesquels le Ministre d’Etat partage le pouvoir d’Etat qui l’enivre tant. Ils ne vont tout de même pas falsifier l’Histoire récente de notre pays à coups de mensonges ou de négations des évidences.
Assurer le peuple ivoirien, tel est l’objectif de cette mise au point. L’essentiel pour moi est atteint s’il en est ainsi.
Pour les autres, hélas la mauvaise foi n’a pas de remède.

Le Ministre Koné Katinan Justin
Porte parole du Président Laurent Gbagbo



Mardi 24 Avril 2012
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1.Posté par lyad le 24/04/2012 11:33 | Alerter
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MERCI Monsieur le MINISTRE, malheureusement hamed bakayoko, ne comprendre rien dans tout ce que vous avez dit , c'est trop compliqué pour lui.

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